« La motivation est toujours l'accomplissement du bienfait des autres, le souhait que tous les êtres puissent atteindre l'Eveil aussi vite que possible ». « Guendune Rinpoché
L'enseignement du Bouddha est un chemin spirituel qui nous permet de développer la clarté de l'esprit, de vivre plus lucidement, et, par là, de nous ouvrir aux autres. Selon le Bouddha, chaque être a en lui un potentiel de sagesse, voilé par les émotions, les habitudes mentales, la confusion. Mettre en pratique cet enseignement nous amène à dissiper progressivement les voiles de l'esprit et à faire mûrir nos qualités éveillées. Que ce soit dans la rencontre avec les autres, dans l'activité ou par la méditation, toutes les situations de la vie deviennent un matériau d'Eveil, une opportunité d'accomplir son propre bienfait et celui des autres. La pratique du bouddhisme nous permet de mieux vivre, et, ultimement, d'accomplir un but spirituel : la réalisation de l'Eveil pour le bienfait de tous les êtres, la réalisation de la sagesse et la compassion.
Des mérites aussi vastes que le ciel
"Si vous pensez en terme de don, toutes les actions deviennent des vertus ... C’est également ainsi que vous pourrez constater à quel point les êtres sont précieux dans votre vie, si bons et si précieux pour vous."
Par Lama Zopa Rinpoché
Une jeune femme indienne m’a dit qu’elle recevait souvent du monde chez elle. Alors je lui ai dit qu’inviter des amis pouvait devenir une pratique du Dharma. Cela peut devenir un moyen d’accumuler beaucoup de mérites pour soi ou pour sa famille, particulièrement si c’est fait avec la pensée de l’esprit d’Eveil (Skt. Bodhicitta). Si vous y pensez en terme de don, toutes les actions deviennent des vertus. Avec la Bodhicitta, quand vous faites un don, peu importe à combien de personnes vous faites cette offrande, -une personne ou une centaine ou un millier- avec chaque personne vous accumulez des mérites aussi vastes que le ciel.
Il en est de même pour les lumières de Noël et les bougies d’anniversaire. Si vous faites des offrandes au Champ de Mérite, aux Trois Joyaux, alors de toute évidence, vous accumulez des mérites inconcevables pour chaque lumière, aussi petite soit-elle. à partir du moment où elle est offerte au Bouddha, avec la moindre offrande, vous créez immédiatement la cause pour l’Eveil. Il en va de même pour chaque offrande faite avec la pensée de Bodhicitta. Que ce soit du thé ou de la nourriture, chaque don devient la cause de l’Eveil. Cette offrande devient tout d’abord une cause pour une bonne renaissance et la richesse dans votre vie future et par la suite pour se libérer du samsara. En conclusion, la cause de la libération totale des océans de la souffrance est la réalisaton de la cessation des deux types d’obscurcissement : grossier et subtil. Cela devient ensuite une cause pour parachever la qualité d’une réalisation parfaite et complète. De plus, après avoir reçu tous ces bienfaits, vous occasionnez alors le même bienfait à d’innombrables êtres, les amenant finalement à l’Eveil parfait, l’état de félicité totale et suprême. Existe-t-il quelque chose de plus important, de plus excitant à réaliser dans votre vie que cela ? Je ne le pense pas ! Si vous croyez qu’il y a quelque chose de plus que cela, alors je pense que l’esprit est halluciné ou fou.
Si toutes ces petites fêtes n’ont pas lieu dans cet état d’esprit, elles ne représentent que du karma négatif supplémentaire. Cela revient à donner une fête afin de renaître dans les royaumes inférieurs pour y expérimenter leurs souffrances. Toutes ces lumières que l’on offre lors des mariages, et à Noël engendrent de la même façon du karma négatif supplémentaire si ces offrandes sont faites avec attachement. Offertes pour notre seul désir et notre propre satisfaction, ces lumières sont autant de karma négatif. Même si l’offrande est faite au minimum avec un bon cœur, pour rendre les autres heureux, sans attendre quoi que ce soit en retour, cela peut devenir une vertu du Dharma.
La même chose s’applique au fait de déposer des fleurs au cimetière sur la tombe de l’un des membres de votre famille. Même en n’étant pas bouddhiste, si vous déposez les fleurs pour faire acte de charité pour tous les êtres, alors par cette action, vous accumulez du mérite et générerez un karma positif.
Pour celui qui croit en Dieu, ceci peut aussi devenir une action profitable en pensant à Dieu, non pas comme étant quelque chose de semblable au ciel, mais plutôt en le considérant comme quelqu’un qui s’est libéré de toutes les fautes de l’esprit, de tous les obscurcissements grossiers et subtils et qui a parachevé toutes les réalisations, quelqu’un qui a une grande compassion pour tous les êtres. En pensant ainsi puis en offrant les fleurs, vous avez accumulé du mérite. Ensuite, le mérite que vous avez créé, soit en faisant une offrande aux autres êtres ou même à Dieu, vous le donnez au membre de la famille qui est décédé. Vous dédiez le mérite à cette personne afin qu’elle puisse atteindre le bonheur suprême et éternel. C’est alors très pratique. Autrement, si vous ne faites que penser avec attachement « Voici ma femme, mon enfant », déposer une fleur sur cette tombe ne fait que créer un autre karma négatif. Il n’y a pas de bienfait réel pour vous et en particulier aucun bienfait pour la personne décédée.
Lorsque vous accueillez des gens chez vous, il est très bon de toujours leur offrir quelque chose avec une motivation de Bodhicitta. Ainsi toute personne qui vous rend visite vous aide à accumuler d’immenses mérites et à atteindre l’Eveil rapidement, surtout lorsqu’il s’agit d’un disciple du même guide spirituel. Dans ce cas, si vous leur offrez quelque chose en pensant à votre Lama, vous accumulez beaucoup plus de mérites que d’avoir fait des offrandes aux innombrables Bouddhas et Bodhisattvas du passé, du présent et du futur, et aux innombrables statues, textes sacrés et stoupas des dix directions. En ne donnant même qu’un verre d’eau ou un bonbon à un étudiant du même Maître, vous accumulez un nombre incroyable de mérites. Comparé à cela, faire des offrandes aux innombrables Bouddhas des trois temps et à tous les objets sacrés des dix directions est insignifiant.
Le texte de L’Offrande au Maître (Tib. Lama Tcheupa) en parle. C’est le yoga du Maître le plus secret et le plus profond et la pratique tantrique la plus élevée qui nous permet d’atteindre l’Eveil total de la manière la plus rapide dans des temps de dégénérescence : non seulement en une vie, mais dans la vie brève des temps dégénérés qui ne représente qu’un nombre d’années. C’est cette pratique qui a permis à tant de grands yogis de l’Inde, du Népal, du Tibet, et d’autres pays d’atteindre l’Eveil en peu d’années. Bien sûr, ils ont obtenu l’Eveil sur la base des réalisations du Lam.rim, de la dévotion au guide spirituel, du renoncement, de la bodhicitta et de la vacuité.
Le texte de L’Offrande au Maître a été composé par Panchèn Losang Gyaltsèn, l’une des incarnations du Panchèn Lama. « Je fais la requête auprès du sauveur, du refuge compatissant, dont même un pore est plus vénéré en tant que champ d’accumulation de mérites pour nous, que tous les Victorieux des trois temps et des dix directions ».
Ici, le mot « pore » signifie étudiant du guide spirituel, par exemple. Mais ce n’est pas tout. Il peut tout aussi bien se rapporter à un chien ou un cheval appartenant au guide spirituel. Ce qui veut dire qu’en donnant juste une poignée de nourriture au chien de l’ami vertueux, ou une poignée d’herbe à son cheval, on accumule des mérites aussi vastes que le ciel, bien plus immenses que d’avoir fait des offrandes aux Bouddhas infinis des trois temps et des dix directions, à tous les Bodhisattvas, et à toutes les statues, à tous les textes sacrés et les stoupas des dix directions.
Ce qui signifie que si le guide spirituel est laïque, on accumule des mérites en faisant des offrandes à ses enfants, à sa femme, ou à tout autre membre de sa famille, ou même à ses voisins ou amis. Par conséquent, puisque tant de mérites proviennent des offrandes faites aux « pores » du guide spirituel, alors il n’y a aucun doute quant aux offrandes faites aux amis vertueux eux-mêmes.
C’est pour cette raison que Nagarjouna dit, dans l’enseignement du tantra Les Cinq Etapes : « Abandonnez toutes les (autres) offrandes et faites des offrandes au Maître. En lui faisant plaisir, vous atteindrez la suprême sagesse transcendantale, l’esprit omniscient. »
Quand on fait une fête ou que l’on offre de la nourriture ou des boissons, on peut visualiser chaque personne sous la forme du guide spirituel. Ainsi en leur offrant ces choses, on pratique le gourou yoga.
De cette façon, si vous savez comment pratiquer le Dharma, plus vous connaissez de Dharma, plus vous rencontrez d’occasions incroyables dans votre vie, sans cesse, pour créer tant de causes de bonheur et de causes pour atteindre l’Eveil et être capable rapidement d’amener les autres êtres à l’Eveil
A propos, si vous faites des efforts dans votre vie de tous les jours et essayez de saisir chaque occasion qui se présente pour accumuler des mérites de cette façon, alors, dans cette vie et dans vos vies futures vous aurez toutes les conditions nécessaires pour pratiquer le Dharma et pour rendre davantage de bienfaits aux autres. C’est également ainsi que vous pourrez constater à quel point les êtres sont précieux dans votre vie, si bons et si précieux pour vous.
Extrait du Mandala, le magazine internationl du FPMT (juillet-aout 99)
Publié par swadisthana à 07:54:48 dans Le Dharma... | Commentaires (2) | Permaliens
Le grand public a du bouddhisme l’image d’une religion de paix et de non-violence. Mais il n’en connaît pas les fondements doctrinaux. Un exposé sous forme de questions-réponses clair et concis
Par Min Thin-Oen
Min Thin-Oen
Congrégation Bouddhique Mondiale Linh Son
9, avenue Jean Jaurès - 94 340 Joinville-le-Pont
Tél : 01 48 83 75 47 - Fax : 01 48 83 77 59
http://linhsonphapquoc.org/
question 1 : Je n’ai qu’une connaissance disparate et incohérente du bouddhisme. Pouvez-vous en une demi-heure me fournir une connaissance de base élémentaire, synthétique mais juste de cette religion ?
réponse : Vous savez sans doute que le bouddhisme existe depuis plus de 2.500 ans. A part le grand nombre des recueils officiels des prédications du Bouddha, il existe d’innombrables études, traités, commentaires des grands maîtres qui enrichissent encore ce sujet déjà très vaste et profond. C’est bien dommage que nous n’ayons pas le temps d’approfondir ce thème si important pour notre bonheur et pour celui de l’humanité. Cependant, pour répondre à votre demande, je vais essayer de me limiter aux questions que les gens comme vous se posent le plus souvent.
question 2 : Qu’est-ce que le bouddhisme ?
réponse : C’est la manifestation de l’existence du Bouddha, de son enseignement (Dharma) et du Sangha (ordre des moines). Ce sont les trois éléments les plus importants du bouddhisme. Le Bouddha disait à ses disciples avant son entrée dans le nirvâna : "Ne soyez pas tristes et affligés par Ma disparition, tant que Mon enseignement et le Sangha existent, Je suis toujours vivant en ce monde."
question 3 : Qui est le Le Bouddha ?
réponse : Le mot "Bouddha" vient du mot "Bodhi" qui veut dire Sagesse. Un Bouddha est une personne complètement éveillée, une personne qui a atteint la perfection totale. Comme il y a eu une infinité de personnes qui ont déjà atteint la perfection, il y a donc une infinité de Bouddhas. Le dernier Bouddha qui s’est fait connaître sur la terre, est le Bouddha Sakyamouni, le Fondateur du bouddhisme actuel. il était né vers l’an 563 avant J.C. dans un petit pays au Nord de l’Inde, près de l’Himalaya et du Népal actuel. Son père était le roi Sakya Souddhodana, dont le palais était dans la citadelle de Kapilavastou. sa mère, la reine Maya, mourut sept jours après sa naissance. Sa tante Prajapati, qui était devenue reine, s’occupait de Lui et L’aimait comme son propre fils. Quand il était jeune, il était connu en tant que prince héritier Sakya Siddharta. il était marié à la princesse Yasodara, fille du roi Souprabouddha, et avait un fils, Rahoula. A 29 ans, il quitta le palais royal pour mener une vie d’ascète sous le nom de Gautama, à la recherche d’un remède pour guérir les souffrances humaines. A 35 ans, il fut illuminé quand il était en méditation au pied de l’arbre Bodhi, et devenait le Bouddha Sakyamouni. il passait le reste de sa vie à voyager et à prêcher sa doctrine. il avait 1250 disciples fervents dont une partie avait quitté la vie familiale pour constituer autour du grand maître, la première communauté bouddhiste, le Sangha. il mourut à l’âge de 80 ans à Kusinagara.
question 4 : Qu’est-ce que le Sangha ?
réponse : C’est la Communauté formée de plus de 4 disciples fervents du bouddhisme qui ont reçu l’ordination majeure, l’ensemble des règles pour mener une vie pure et harmonieuse suivant l’enseignement de Le Bouddha. ils doivent servir d’exemples et de guides pour aider les autres à comprendre la Doctrine (Dharma) et à suivre le bon chemin du vrai bonheur. Dans le Sangha, il y a des moines appelés bhiksus et des nonnes appelées bhiksunis.
Les bouddhistes qui n’ont pas quitté leur vie familiale ne font pas partie du Sangha. ils sont appelés upasaka, quand il s’agit d’une homme, upasika quand il s’agit d’une femme.
question 5 : Quel est l’enseignement du Bouddha ?
réponse : L’enseignement du Bouddha (Dharma) se base sur l’observation de la vie courante : la vie est souffrance ; puis sur la recherche de la cause profonde de cette souffrance : l’ignorance ; sur son expérience personnelle d’une vie bienheureuse sans souffrance ; et enfin sur les méthodes pratiques pour mettre fin à cette souffrance : la purification et la méditation. Le Bouddha a enseigné une multitude de méthodes qui peuvent se résumer ainsi : il faut se purifier pour pouvoir se concentrer, il faut se concentrer pour pouvoir méditer et développer sa sagesse. Quand la sagesse est pleinement développée, il n’y aura plus de souffrance. C’est alors le vrai bonheur universel et non plus un bonheur relatif et temporaire. Le Bouddha nous apprend son expérience personnelle, les épreuves qu’il a traversées, les méthodes pratiques qu’il a expérimentées, les connaissances successives qu’il a acquises, le chemin qu’il a suivi . il nous assure qu’en suivant le même chemin, chacun de nous peut devenir un Bouddha, un Bienheureux comme lui.
question 6 : Les bouddhistes ne sont-ils pas pessimistes en ne voyant que des souffrances dans la vie ?
réponse : Pas du tout, on est pessimiste quand on ne trouve pas de solutions devant une situation difficile. Ce n’est pas le cas des bouddhistes.
Essayons d’analyser sommairement les souffrances humaines. Elles sont de deux sortes : physiques et morales. Les souffrances physiques sont : la faim, la soif, la vieillesse, la maladie, la mort, le manque de confort, l’indigestion, l’incapacité ... Les Souffrances morales sont : la séparation de ceux qu’on aime, la réunion avec ceux qu’on hait, les désirs non satisfaits, les ambitions irréalisables...
A part les souffrances quotidiennes, s’ajoutent la guerre, les épidémies, les catastrophes naturelles ...
Certes, tout le monde connaît des moments de bonheur et de plaisir, mais combien de temps cela peut-il durer puisqu’ils sont liés directement aux souffrances qui s’en suivent ? On est heureux d’avoir un enfant, et on est malheureux quand il est malade, quand il souffre, quand il fait des bêtises, quand il n’écoute pas les bons conseils, quand il est malheureux, et enfin quand il est mort.
Les bouddhistes, en pratiquant l’enseignement du Bouddha, constatent que leurs souffrances disparaissent au fur et à mesure de leur évolution dans la purification, dans la concentration, et dans la méditation. ils sont donc optimistes, puisque pour eux les souffrances ne sont pas inévitables.
question 7 : Le bouddhisme est-il une Philosophie ?
réponse : Etymologiquement "philo" veut dire amour, et "sophie" veut dire sagesse. Si philosophie est amour de la sagesse, on peut dire que le bouddhisme est une philosophie, car la Sagesse est la qualité la plus importante dans le bouddhisme, elle prédomine la foi et l’amour. Le travail d’un bouddhiste consiste à développer sa sagesse. Un Bouddha est celui qui a sa Sagesse pleinement développée.
D’une façon générale, la philosophie est l’étude rationnelle et expérimentale de la nature et de la vie. Avec cette définition, on peut dire aussi que le bouddhisme est une philosophie, car c’est grâce à son étude rationnelle et expérimentale de la nature et de la vie que Le Bouddha a développé sa doctrine (Dharma).
Mais alors que l’objet de la philosophie est limité dans le monde phénoménal, l’objet du bouddhisme est sans limites, il s’étend à l’univers tout entier et englobe toute chose. Le bouddhisme n’est pas seulement une étude rationnelle et expérimentale mais c’est aussi une pratique méthodique et expérimentée pour arriver à l’objectif final : le vrai bonheur, la libération totale de l’Homme.
question 8 : Le bouddhisme est-il une religion ?
réponse : Si l’on entend par religion, la reconnaissance et le culte d’un dieu créateur tout puissant de qui dépend la destinée humaine, le bouddhisme n’est pas une religion. Le Bouddha affirme que la destinée de l’homme dépend de lui-même, de sa pensée, de ses paroles, de ses actes. L’homme est complètement responsable de son bonheur comme de ses malheurs.
Si l’on entend par religion, une organisation cultuelle avec des rites, des prières... ., on peut dire que le bouddhisme est une religion, car les bouddhistes ont le culte du Bouddha, du Dharma et du sangha. ils les considèrent comme des modèles parfaits à suivre.
question 9 : Le bouddhisme est-il un humanisme ?
réponse : Oui, en ce sens que le bouddhisme est une religion qui prend pour fin la personne humaine et son épanouissement total. Le Bouddha nous révèle que la capacité de l’homme est immense, sans limites, et que nos attachements ont limité et conditionné notre pouvoir. il suffit de nous libérer de tous nos attachements pour retrouver notre pouvoir universel.
question 10 : Le Bouddha est-il un Dieu ?
réponse : Les bouddhistes considèrent Le Bouddha comme un Grand maître, un Être Parfait, mais non pas comme un Dieu tout puissant, ni comme le créateur de l’univers. Le Bouddha lui-même ne prétendait jamais être un Dieu ou un messager de Dieu.
Dans le bouddhisme, la notion du Dharma peut être considéré comme l’équivalent de la notion de Dieu créateur tout puissant. En effet, le Dharma est la Perfection, la Pureté, l’Eternel, l’Immensité, la Loi naturelle, l’Origine et l’Essence de Toute Chose. Le Dharma peut être considéré comme la force naturelle latente qui tend toujours à rétablir l’équilibre universel. Mais il ne faut pas personnaliser le Dharma en créateur ou en législateur. A part ce sens métaphysique, le mot "Dharma " veut dire aussi l’enseignement du Bouddha, ou simplement toute chose.
Dans le bouddhisme, on parle aussi des dieux, les devas, qui ont la même signification que les dieux dans la mythologie gréco-latine. Ce sont des formes de vie supérieures à l’homme mais encore imparfaites. Pour les bouddhistes, Le Bouddha est non seulement le grand maître de l’Homme mais aussi ceux des dieux.
question 11 : Pourquoi les bouddhistes prosternent-ils devant les statues ? Peut-on dire qu’ils sont des idolâtres ?
réponse : Je ne pense pas. Les idolâtres considèrent la statue comme leur Dieu tout puissant qui a tous les droits de vie et de mort sur eux. Les bouddhistes, en se prosternant devant la statue de Bouddha, rendent hommage à leur Grand maître et à Son Enseignement (Dharma) salvateur ; ils LE considèrent comme un parfait exemple qu’il faut avoir toujours en tête.
question 12 : Qui est-ce qui a créé le Monde et l’univers ?
réponse : Personne n’a créé le Monde et l’univers. C’est l’imperfection de nos organes de sens qui nous fait percevoir le Monde et l’univers à notre façon. C’est parce que nos yeux ne peuvent voir que des rayons lumineux de longueur entre 420 et 650 nanomètres, et que nos oreilles ne peuvent entendre que des sons de fréquence entre 20 hertz et 20 kilohertz, que nous percevons ainsi le Monde et l’univers. Un chien, une vache ou un oiseau voient le Monde et l’univers autrement. Le Bouddha disait : "Nous sommes tous dans le Dharma pur et serein, mais chaque être vivant perçoit le Monde et l’univers à sa façon, selon son KARMA, c’est-à-dire selon sa nature actuelle qui est la conséquence de ses ambitions et de ses actions antérieures."
question 13 : Qui est-ce qui a créé l’Homme ?
réponse : Personne n’a créé l’Homme. C’est notre ignorance originelle qui a engendré notre existence à travers le temps. A l’origine le Dharma est pur et serein. Dans cette sérénité règne la Sagesse. A partir de la Sagesse s’est élaborée la connaissance qui est notre ignorance originelle, car la connaissance implique la distinction entre celui qui connaît et les choses connues. Avec l’apparition de la connaissance, nous commençons d’ignorer notre nature première qui est le Dharma pur, serein, sans aucune distinction. C’est le commencement de la Chaîne des douze relations causes-effets :
1.- l’ignorance originelle fait apparaître l’évolution (les actions).
2.- L’évolution (les actions) fait apparaître la conscience.
3.- la conscience fait apparaître les phénomènes.
4.- les phénomènes font apparaître les 6 organes des sens.
5.- les 6 organes des sens se mettent en contact avec les 6 phénomènes externes (les formes et couleurs, les sons, les odeurs, les saveurs, la matière, les idées).
6.- le contact fait apparaître les sensations (la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher, les sentiments).
7.- les sensations font apparaître les désirs.
8.- les désirs font apparaître les attachements.
9.- les attachements incitent aux actions.
10.- Pour AGIR, il faut une existence, une vie.
11.- l’existence évolue nécessairement vers la vieillesse et la mort.
12.- la mort est le commencement d’une autre vie.
A partir de là, l’Homme prisonnier de ses désirs et de ses attachements, patauge dans le courant infernal de la vie et de la mort, dans l’océan des passions et des souffrances. il ne sait plus comment s’en sortir.
Pour notre Libération, Le Bouddha nous conseille d’éteindre nos désirs, de briser la chaîne d’attachements, d’être conscient que nous faisons partie du Dharma pur, serein et sans aucune distinction.
question 14 : Qu’est-ce que la renaissance ?
réponse : il n’y a pas d’âme immortelle, mais il y a dans chaque être vivant une énergie vitale qu’est la Conscience. Après la mort, cette énergie vitale, toujours conditionnée par son Karma, ses désirs et ses attachements va trouver une autre forme d’existence ou de vie pour manifester son Ego et réaliser ses souhaits. Elle sera alors conditionnée en plus par le nouveau support matériel qui est son corps et oubliera sa vie antérieure. Une personne sage, après sa mort, reste clairvoyante et peut choisir et planifier sa prochaine vie. Une personne moins évoluée, après sa mort, se laisse entraîner par son Karma, ses désirs, ses attachements vers un nouveau support matériel qui lui convient.
question 15 : Y a-t-il un enfer ?
réponse : Oui, l’enfer est un lieu ou un état de souffrance intense. C’est la conséquence inévitable de l’homme méchant qui a commis de mauvaises actions.
question 16 : Qu’est ce que le Nirvâna ?
réponse : Le Nirvâna est un monde ou un état d’âme de bien-être sans souffrance. C’est la conséquence naturelle de l’homme sage qui a éteint ses désirs et brisé ses attachements. Le Nirvâna a plusieurs niveaux selon le degré de pureté acquis par chacun.
question 17 : Quelles sont les méthodes pratiques du bouddhisme pour devenir un Bouddha ?
réponse : Quand Le Bouddha était vivant, il a enseigné 84.000 méthodes correspondantes à 84.000 types de caractères humains. Maintenant, un Bouddhiste averti doit choisir la méthode qui lui convient. Pour bien choisir une méthode, il faut d’abord trouver un bon maître. Voici quelques méthodes les plus répandues :
- Ayana ! observer et méditer pour corriger nos erreurs et nos défauts, pour trouver l’origine première d’une Chose.
- Méditer sur un squelette pour voir les souffrances et les vanités de la vie, pour abandonner notre attachement au corps et à la vie.
- Méditer sur la saleté du corps humain pour abandonner notre attachement au corps et à la sexualité.
- Méditer sur l’impermanence des choses pour abandonner notre attachement à la propriété, à la richesse.
- Méditer sur la souffrance qu’entraîne la possession, pour éliminer nos convoitises. En effet, posséder un corps, c’est avoir des besoins, des maladies, des incapacités, des soucis de confort et d’insécurité... ; posséder une maison, c’est avoir des obligations pour l’entretenir et pour la maintenir en ordre, des charges, des impôts et des taxes à payer.
- Méditer sur l’impermanence de notre Mental pour supprimer notre attachement à notre Ego. En effet, notre Mental change constamment : tantôt gaie, tantôt triste, tantôt calme, tantôt tourmentée, tantôt généreuse, tantôt égoïste... Où donc le vrai Moi permanent ?
- Anapanasati : se concentrer sur la respiration pour maîtriser nos sentiments et le vagabondage du Mental.
- La récitation des Dhâranis (formules magiques) ou des Sutras (recueils de l’Enseignement du Bouddha).
- L’utilisation du chapelet et la récitation du nom du Bouddha AMITABHA.
- La Méditation sur un Bouddha.
- La méditation sur un thème bouddhique ; les 4 nobles vérités, la chaîne des 12 relations causes-effets...
Pour être efficace, chaque méthode doit être appliquée avec des techniques précises indiquées par les grands maîtres. Cependant Le Bouddha nous a indiqué les règles générales communes à toutes les méthodes ; c’est le Noble Chemin Octuple :
1.- La vision ou compréhension juste
2.- La pensée juste
3.- La parole juste
4.- L’action juste
5.- Les moyens d’existence justes
6.- L’ effort juste
7.- L’attention juste
8.- La concentration juste.
Le qualificatif " juste " veut dire ce qui est bon pour nous mêmes et pour autrui, ce qui est conforme au Dharma , à la vérité.
question 18 : Quels sont les grands courants du bouddhisme actuel ?
réponse : il existe actuellement deux grands courants :
A) Le théravada (Le petit véhicule) ou hinayana : C’est le bouddhisme conformiste qui essaie de respecter rigoureusement la tradition bouddhique du temps du Bouddha. Ce courant se développe en Ceylan, au Népal, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, au Laos, en Indonésie.
B) Le mahayana (Le grand véhicule) : C’est le bouddhisme qui essaie de respecter la tradition bouddhique tout en s’adaptant aux milieux socio-culturels. Ce courant se subdivise en 3 Branches :
a) Le vajrayana (Le véhicule du diamant), le bouddhisme ésotérique du Tibet : C’est le bouddhisme dont la pratique principale est centrée sur les Dhâranis (formules magiques), les mudrâs (signes magiques), les mandâras (prières magiques) et sur le culte du bodhisattva Avalokitesvara, manifesté au Tibet sous forme masculine, nommé Tchenresig.
b) La Terre pure : C’est le bouddhisme dont la pratique principale est centrée sur l’utilisation du chapelet et la récitation du nom du Bouddha Amithaba.
c) Le dhyana (zen) : C’est le bouddhisme dont la pratique principale est centrée sur la méditation.
Ces deux dernières branches se développent en Chine, au Japon, en Corée, au Viêt-Nam.
question 19 : Quelle est la morale enseignée par Le Bouddha pour améliorer la vie sociale ?
réponse : Dans ses prédications, Le Bouddha a beaucoup parlé de la bonne conduite des moines et des laïcs dans la vie sociale. Dans ce cadre d’informations sommaires, nous nous contentons de citer les quatre vertus principales :
- La bonté ou la volonté d’apporter de la joie aux autres.
- La compassion ou la compréhension et la Volonté de sauver les autres de leurs malheurs et de leurs souffrances.
- La réjouissance en voyant la joie des autres qui viennent d’être sauvés de leurs malheurs et de leurs souffrances.
- Le détachement c’est-à-dire ne pas parler de , ni penser à ce qu’on a fait pour les autres.
Pour être plus simple, référons-nous au conseil du Bouddha à Son Fils RAHULA avant Son entrée au Nirvâna : "Est bien, tout ce que tu fais dans ton intérêt et dans l’intérêt des autres ; est mal, tout ce que tu fais contre ton intérêt et contre l’intérêt des autres ; et il faut être très prudent quand tu veux faire quelque chose dans l’intérêt des uns mais à l’encontre des autres."
Dans la pratique, chaque bouddhiste doit s’efforcer d’observer aussi strictement que possible les cinq Préceptes suivants :
1.- Ne pas tuer
2.- Ne pas voler
3.- Ne pas commettre d’adultère
4.- Ne pas mentir
5.- Ne pas consommer de boissons alcooliques, ni de drogues.
question 20 : Le régime végétarien est-il obligatoire pour les bouddhistes ?
réponse : En principe, rien n’est obligatoire dans le bouddhisme. D’habitude, pour se perfectionner, chaque bouddhiste fait le voeu d’observer certaines règles de vie selon ses possibilités ; chaque communauté bouddhiste fixe des règles communes à suivre. il en est de même pour le régime végétarien. Normalement les bouddhistes suivent le régime végétarien un ou plusieurs jours par mois ; d’autres sont complètement végétariens.
Le régime végétarien bien suivi et bien organisé ne peut qu’être bénéfique pour la santé humaine.
question 21 : Les bouddhistes croient-ils à la magie et aux miracles ?
réponse : On appelle magie ou miracle, tout phénomène inexplicable. Or, d’après l’enseignement bouddhique, rien n’est inexplicable. Quand ils ne savent pas expliquer un phénomène, les bouddhistes se renseignent auprès des spécialistes, des sages, ou méditent pour trouver l’explication. S’ils ne trouvent pas l’explication aujourd’hui, ils espèrent la trouver un jour. C’est par la méditation que Le Bouddha lui-même et les grands maîtres bouddhistes ont découvert des explications étonnantes.
L’attitude des bouddhistes , devant un phénomène inexplicable, est une attitude réservée ; ils ne croient pas, ils ne nient pas, ils espèrent pouvoir trouver un jour l’explication quand leur méditation mûrit.
question 22 : Devant la complexité des religions existantes actuellement, comment pourrais-je choisir la meilleure ?
réponse : Faites confiance en vous-même. Ne vous laissez pas impressionné par les autres. Ne croyez pas aux choses inexplicables. Ecoutez, renseignez-vous, faîtes des recherches, réfléchissez, comparez : une bonne religion est une religion logique, rationnelle, conforme à la vérité, qui apporte le vrai bonheur à vous-même et aux autres.
question 23 : Que faut-il faire pour devenir bouddhiste ?
réponse : il faut d’abord chercher à connaître la vie du Bouddha et à comprendre son enseignement (Dharma). il faut fréquenter les temples bouddhistes pour chercher de plus amples informations sur ces deux sujets et pour vous habituer aux pensées et aux activités bouddhiques. Lorsque vous êtes convaincu de l’existence du Bouddha et de l’efficacité de son enseignement (Dharma) pour la paix et le bonheur, vous demanderez au maître, que vous respectez, de bien vouloir organiser pour vous une cérémonie d’initiation aux Trois Refuges.
Pendant cette cérémonie, vous aurez à dire au maître que :
- vous avez choisi Le Bouddha comme Refuge (c’est-à-dire que vous croyez à votre possibilité de devenir un bouddha en suivant Son exemple).
- vous avez choisi le Dharma comme Refuge (c’est-à-dire que vous suivrez l’enseignement du Bouddha pour vous perfectionner et pour retrouver un jour votre vraie nature, le Dharma)
- vous avez choisi le Sangha (ordre des moines) comme Refuge ( c’est-à-dire que vous demanderez conseils au Sangha pour mieux comprendre l’enseignement du Bouddha, et que vous participerez à la subvention aux besoins du Sangha)
- vous promettez de faire des efforts pour respecter les cinq préceptes selon vos possibilités.
Après cette cérémonie, vous êtes devenu un Bouddhiste laïc, un upasaka ou une upasika, avec un nom religieux donné par le maître.
Je vous souhaite bon courage pour continuer votre investigation sur le bouddhisme car tout ce que je viens de vous exposer est encore très superficiel.
Septembre 2000
Source : http://www.buddhaline.net
Publié par swadisthana à 10:11:28 dans Le Dharma... | Commentaires (6) | Permaliens
Par Rév. Yuko Masuda
Rév. Yuko Masuda
La Demeure Sans Limites
Riou la Selle
07320 St Agrève
http://larbredeleveil.org/
Source : http://www.buddhaline.net
Vivre vraiment : pratiquer l’identification avec tous les êtres des millions de fois
Quand le soleil se couche, qu’il fait sombre, est-ce que vous ne vous sentez pas parfois seul ? Un auteur japonais bien connu, Eiji Yoshikawa, disait, qu’après cinquante ans, quand il se sentait seul, il avait l’habitude de prendre son poignet et de toucher son pouls. Est-ce que vous avez un pouls ? Est-ce qu’il existe quelqu’un qui n’en ait pas ? Quand vous trouvez votre pouls, vous sentez ce son, et alors : « Il y a trente ans ce son était déjà là ; et il y a quarante ans. Il y a quarante ans, j’avais auprès de moi mes parents, mes frères et soeurs, mes amis... »
Yoshikawa se rappelait ce genre de choses, les plats que sa mère lui préparait, les balades avec ses frères. De cette façon, il comprenait qu’il n’était pas seul. A travers le battement de son pouls, il se rappelait à nouveau qu’il était relié à de nombreuses personnes. « En remontant dans le temps, il y eut un moment où ma mère me tenait dans ses bras et changeait mes couches. Un temps où elle me donnait son lait ». Allant encore plus loin, il y avait un temps où il était dans le ventre de sa mère, et encore plus loin, où sa mère était dans le ventre de sa propre mère, et la mère de sa mère, etc.... Il y eut tant de personnes, d’allaitement, de couches, nous sommes tous dans cette continuité. Cela nous apprend que nous sommes connectés à la vie de si nombreuses personnes, et de si nombreuses choses, dans cette vie même. Je pense que c’est important que nous choisissions de reconnaître toutes ses vies auxquelles nous sommes reliés avec affection, familiarité et reconnaissance. « Causalité » est l’enseignement du Bouddha qui dit que tout est relié et existe en tant que support pour autre chose. Et en même temps, tout change sans cesse ; c’est impermanence.
Un ami à moi, en vérifiant son pouls, disait : « Le son de ce pouls est comme le son d’un avion emportant ma propre vie ». Combien d’années pensez-vous que vous avez encore à vivre ? Est-ce que l’avez prévu ? Ma vie peut se terminer demain, ou bien je peux vivre encore trente ans. Mais dans tous les cas, sa durée en est limitée, et donc le nombre de battements de mon pouls est aussi limité. Ce pouls limité bat en ce moment pour moi. A chaque pulsation, il me rappelle que le nombre de pulsations décroît. Ainsi chaque pulsation est comme le son d’un avion emportant la vie. Dogen Zenji nous rappelle fréquemment que nos vies sont éphémères...
« Dharma » est le mot qui représente « causalité » et « impermanence ». Le Bouddha n’a pas réalisé cela facilement : d’abord il a pris plaisir à tous les privilèges de la jeunesse et de la richesse qui l’entouraient. Il le raconta plus tard à ses disciples. Mais confronté à la souffrance de la vieillesse, de la maladie et de la mort – choses auxquelles on ne peut échapper – il s’est senti honteux de voir qu’il essayait toujours d’y échapper. Et c’est à l’intérieur de la souffrance et des difficultés que Shakyamuni Bouddha a découvert, à travers de nombreuses années de pratique , la signification de la vie.
(...) Omichi Zenji, dans ses voeux de Nouvel An pour l’école Soto a écrit : « (...) Essayons d’aller au-delà des barrières de l’égocentrisme et de l’attachement à l’ego, et marchons ensemble dans la Voie du Bouddha, cette Voie dans laquelle nous nous aidons les uns les autres. Ceci est l’enseignement de M°Dogen dans le Shushogi : l’identification avec les autres ».
M°Dogen parle toujours de notre « pratique » : notre activité, les choses que nous pensons sont importantes, mais le Zenji insiste sur l’importance de changer nos actions. Et pourtant il est difficile de pratiquer l’identification avec les autres. Pourquoi cela ?
Dans nos coeurs, nous voulons avoir plus que les autres. Nous voulons faire peu, et recevoir beaucoup de compliments. Nous voulons être reconnu. C’est à cause de cet esprit qu’il est difficile de pratiquer l’identification avec les autres, n’est-ce pas ? Cela ne s’applique pas aux autres, mais à vous.
La pratique de l’identification avec les autres ne peut se faire que lorsque nous nous débarrassons de cet esprit qui veut tout pour lui.
Et la façon d’y réussir est zazen. Quand nous nous asseyons en zazen, notre esprit est envahi par de nombreuses pensées, généralement pas très intéressantes. Gardant une distance avec ces pensées, nous les laissons silencieusement disparaître. En répétant indéfiniment cette pratique, nous réalisons kakusoku enseigné par Keizan Zenji : « Ceci est le moi qui est libre de tout attachement ».
Rev. Yuko Masuda, Enseignant de l’Ecole Soto. Extrait du magazine de l’Ecole Soto : « Dharma Eye », trad. Joshin Sensei.
Publié par swadisthana à 17:16:02 dans Le Dharma... | Commentaires (0) | Permaliens
Sogyal Rinpoché présente ici la méditation comme une pratique qui révèle la paix intérieure. Il évoque les bénédictions que nous ressentons lorsque nous entrons en contact avec la nature de notre esprit. Cet article a été écrit à partir d’un enseignement à peine retouché qu’il a donné le 5 janvier 2000, pendant la retraite d’Hiver de Kirchheim, et qui a été diffusé en direct sur Internet
L’enseignement du Bouddha est vaste.
La seule Parole du Bouddha " comprend plus d’une centaine de volumes.
De plus, les commentaires et les traités des grands érudits indiens
comportent plus de deux cents volumes,
sans compter toutes les œuvres des grands maîtres tibétains.
Et pourtant, l’enseignement du Bouddha
peut être synthétisé d’une façon très profonde.
Je me souviens des paroles de mon maître Dilgo Khyentsé Rinpoché :
L’enseignement du Bouddha est à la fois " vaste " et profond " :
" Vaste " est l’approche de l’érudit, du pandit
et " profond " est l’approche du yogi.
Quand on a demandé au Bouddha de résumer son enseignement,
il a dit :
"Ne commettre aucune action négative
Cultiver un trésor de vertus
Dompter cet esprit qui est le nôtre
Ceci est l’enseignement de tous les bouddhas.
"Ne commettre aucune action négative "
signifie abandonner toutes les actions nuisibles et négatives
qui sont la cause de la souffrance pour les autres ainsi que pour nous-mêmes.
" Cultiver un trésor de vertus "
consiste à adopter les actions positives et bénéfiques
qui sont la cause du bonheur, pour les autres
ainsi que pour nous-mêmes.
Cependant, le plus important est de " dompter cet esprit qui est le nôtre".
C’est pourquoi des maîtres tels que NyoshuL Khen Rinpoché
ont souvent dit que cette phrase résume à elle seule
l’essence des enseignements du Bouddha.
Parce que si l’on peut réaliser la vraie nature de notre esprit,
c’est là le point essentiel de l’enseignement et de toute notre existence.
L’esprit est la racine de toute chose, le responsable de la souffrance et du bonheur,
du Samsara et du Nirvana.
Dans les enseignements tibétains,
on appelle l’esprit " le roi qui est à l’origine de toute chose
- kun jé gyalpo - le principe universel qui ordonne tout.
Comme l’a dit le grand maître Padmasambhava
" Ne cherchez pas à trancher la racine des phénomènes,
cherchez plutôt à trancher la racine de l’esprit".
C’est pourquoi ces paroles du Bouddha m’inspirent tant :
" Nous sommes ce que nous pensons,
et tout ce que nous sommes s’élève de nos pensées.
Avec nos pensées, nous créons le monde".
Parlez et agissez avec un esprit pur et le bonheur s’ensuivra.
" Si seulement nous pouvions nous le rappeler, le garder dans notre cœur
et maintenir notre cœur et notre esprit purs,
le bonheur s’ensuivrait réellement.
Tout l’enseignement du Bouddha vise à dompter cet esprit
qui est le nôtre
et à préserver un cœur et un esprit purs.
Cela commence par la pratique de la méditation.
Nous permettons à toutes nos pensées et nos émotions turbulentes
de se déposer tranquillement dans un état de grande paix naturelle.
Comme le dit Nyoshul Khen Rinpoché :
"Laissez reposer dans la grande paix naturelle
Cet esprit épuisé, Battu sans relâche par le karma et les pensées névrotiques,
Semblables à la fureur implacable des vagues qui déferlent
Dans l’océan infini du samsara.
Laissez le reposer dans la grande paix naturelle. "
Comment donc les pensées et les émotions se déposent-elles ?
Si vous laissez un verre d’eau boueuse reposer, sans l’agiter,
les particules de terre se déposent progressivement au fond,
permettant à la clarté naturelle de l’eau de se manifester.
De la même façon, en méditation,
nous laissons nos pensées et émotions se déposer dans un état d’aise naturelle.
Il y a une citation merveilleuse d’un des plus grands maîtres du passé,
qui fut une révélation pour moi lorsque je l’entendis pour la première fois,
car ces deux phrases dévoilaient la nature de l’esprit et la façon d’y demeurer
- ce qui est la pratique de la méditation.
En tibétain, c’est très beau, presque musical
chou ma nyok na dang, sem ma chu na de.
Ce qui signifie approximativement :
" L’eau, Si vous ne l’agitez pas, deviendra claire ;
l’esprit, laissé inaltéré, trouvera sa propre paix naturelle. "
Ce qui est remarquable au sujet de cette instruction,
c’est qu’elle met l’emphase sur l’aspect naturel de l’esprit
qui lui permet tout simplement d’être, inaltéré et sans rien modifier.
Notre véritable problème est la manipulation, la fabrication et un excès de pensées.
Un maître disait souvent que la cause racine de tous nos problèmes mentaux
était cet excès de pensées.
Comme le dit le Bouddha :
" Avec nos pensées, nous créons le monde. "
Mais si nous gardons notre esprit pur
et le laissons reposer tranquillement dans l’état naturel,
ce qui se passe alors, lorsque nous pratiquons,
est tout à fait extraordinaire.
Dans la voie bouddhiste,
la première pratique de la méditation est " shamatha ",
en tibétain shiné, demeurer paisiblement "
ou " méditation de la tranquillité ".
Lorsque nous débutons, c’est une pratique de l’attention.
La pratique de shamata peut se faire sur un objet, un support, ou sans objet.
Quelquefois, nous utilisons une représentation du Bouddha comme objet,
ou bien, comme on le retrouve dans toutes les écoles du bouddhisme,
nous observons la respiration, avec légèreté et attention.
Notre problème est que notre esprit est toujours distrait.
Quand il est distrait, l’esprit crée des pensées à l’infini.
Il n’est rien qu’il ne pense, qu’il ne fasse.
Si seulement nous l’observons,
nous nous rendrons compte de notre manque de discernement,
à quel point nous laissons toutes sortes de pensées nous envahir et nous égarer.
C’est devenu la pire de toutes nos mauvaises habitudes.
Nous n’avons ni discipline,
ni aucun moyen de porter notre attention
sur les pensées de toute sorte qui nous viennent ;
quoi qu’il s’élève, nous nous laissons emporter dans un tourbillon d’illusions,
et nous les prenons tellement au sérieux
que nous finissons non seulement par y croire mais par nous y identifier.
Bien sûr, nous ne devons pas supprimer nos pensées et nos émotions,
ni nous y complaire.
Notre problème est que nous nous sommes trop laissés aller à penser,
et il en résulte des maladies mentales et physiques.
De nombreux médecins tibétains ont observé une recrudescence,
dans le monde moderne,
de troubles causés par des perturbations du prana, l’air intérieur.
Tous sont causés par un excès d’agitation, d’inquiétude, d’anxiété et de pensées
s’ajoutant au rythme de vie et à l’agressivité qui dominent nos vies.
La seule chose dont nous avons besoin est la paix.
C’est pourquoi nous nous apercevons
que le simple fait de nous asseoir quelques instants,
d’inspirer et d’expirer en laissant les pensées et les émotions se déposer tranquillement,
peut être une merveilleuse façon de faire une pause.
Quand on se laisse aller à l’inattention et à la distraction
et que l’on réfléchit trop,
quand on se perd dans les pensées,
que l’on suscite les problèmes mentaux et l’angoisse,
l’antidote à appliquer est l’attention.
La discipline de la pratique de shamatha consiste
à ramener sans cesse l’esprit au souffle.
Si vous êtes distraits, à l’instant même où vous vous en rendez compte,
ramenez tout simplement votre esprit au souffle.
Rien d’autre n’est nécessaire.
Même se demander
" Comment est-ce possible que je me sois laissé distraire"
est encore une autre distraction.
La simplicité de l’attention, qui ramène sans cesse l’esprit au souffle,
va progressivement l’apaiser.
Quand vous essayez de mettre un enfant au lit,
il voudra s’amuser avec vous et si vous le laissez faire,
il sera de plus en plus agité et ne pourra jamais s’endormir.
Il faut le prendre dans vos bras, rester avec lui, attentif et tranquille,
et il finira par se calmer.
Il en va de même pour l’esprit aussi agité soit-il,
ramenez-le sans cesse, encore et encore, à la simplicité du souffle.
Graduellement, l’esprit se déposera, il se déposera en lui-même.
Au début, bien sûr, on peut se sentir un peu conscient de soi-même.
On croit que lorsqu’on observe le souffle,
il y a trois choses séparées :
l’acte de respirer, celui qui respire, et la respiration.
Mais peu à peu, à mesure que la pratique se perfectionne
et que notre esprit se dépose,
l’acte de respirer, la respiration et celui qui respire deviennent un,
et finalement, c’est comme Si vous étiez devenu le souffle.
Les maîtres insistent toujours sur l’importance
de ne pas trop se focaliser
lorsque vous pratiquez la concentration du " repos calme ".
C’est pourquoi ils conseillent d’accorder à peu près vingt-cinq pour cent d’attention au souffle.
Mais comme vous pouvez le constater,
l’attention seule n’est pas suffisante.
Lorsque vous êtes en train d’observer le souffle,
vous vous retrouvez après quelques minutes au milieu d’un match de football,
ou jouant le rôle principal dans votre propre film.
C’est pourquoi vingt-cinq pour cent seront consacrés
à une conscience soutenue et continuelle
qui supervise et vérifie que vous êtes toujours attentif au souffle.
On laissera les cinquante pour cent restants de l’attention
dans une détente spacieuse.
Bien sûr, cette répartition de l’attention n’a pas à être aussi précise,
tant que ces trois éléments
- attention, conscience claire et détente spacieuse - sont présents.
Être spacieux est vraiment une chose merveilleuse.
Quelquefois, le simple fait d’être spacieux suffit à lui seul à calmer l’esprit.
Cette qualité spacieuse est l’esprit même de la méditation ;
c’est aussi la générosité de base de la méditation.
Dans la pratique de shamatha,
lorsqu’on peut allier cette détente spacieuse à l’attention focalisée sur le souffle,
l’esprit se dépose peu à peu.
À mesure qu’il se dépose,
tous les aspects fragmentés de vous-même se déposent
et vous trouvez la plénitude.
Négativité et agressivité, douleur, souffrance et frustration
sont finalement désamorcées.
On fait l’expérience d’un sentiment de paix, de détente spacieuse et de liberté.
Et de là naît une tranquillité profonde.
À mesure que l’on perfectionne cette pratique
et que l’on devient un avec le souffle,
le souffle lui-même, en tant qu’objet de notre pratique, finit par se dissoudre
et on se retrouve suspendu dans l’instant présent.
Nous arrivons à un état centré en un seul point,
qui est le fruit et le but de shamatha.
Demeurer dans l’instant présent, dans la tranquillité,
est un excellent accomplissement,
mais revenons à l’exemple du verre d’eau boueuse,
si vous ne l’agitez pas,
les particules de terre se déposeront et tout deviendra clair.
Cependant, les particules de terre sont encore là, tout au fond ;
le jour où vous l’agiterez,
les particules de terre remonteront à la surface.
Tant que nous rechercherons l’immobilité,
nous pourrons apprécier la paix et le repos,
mais chaque fois que notre esprit sera quelque peu perturbé,
les pensées trompeuses surgiront de nouveau.
Demeurer dans l’instant présent de shamatha ne nous permettra pas d’évoluer,
et ne nous conduira pas à l’éveil ou à la libération.
La conscience du moment présent devient un objet subtil,
et l’esprit qui repose dans l’instant présent, un sujet subtil.
Tant que nous resterons dans le domaine du sujet et de l’objet,
l’esprit fera encore partie du monde conceptuel ordinaire du samsara.
Mais avec la pratique de shamatha,
notre esprit a retrouvé un état de paix et de stabilité.
Tout comme l’image dans un appareil photo devient plus précise
quand vous faites la mise au point,
l’attention centrée en un seul point de shamatha
permet à la clarté de l’esprit de se manifester davantage.
Tandis que les obscurcissements sont peu à peu éliminés
et que l’ego et sa tendance à saisir commencent à se dissoudre,
la " vue claire " ou " vue profonde " de vipashyana , en tibétain lhak tong, se révèle.
À ce moment précis,
nous n’avons plus besoin de nous ancrer dans l’instant présent
et nous pouvons aller au-delà de nous-mêmes,
dans cette ouverture la sagesse qui réalise le non-ego.
C’est cela qui vaincra l’illusion et nous libérera du samsara.
Considérons l’impact de cela sur la façon
dont nous gérons les pensées et les émotions.
Pour commencer, manquant de sécurité et de stabilité,
nous sommes éparpillés et envahis par nos pensées.
C’est pourquoi dans la pratique de l’attention,
nous nous focalisons sur un objet, le souffle.
Mais quelles que soient les pensées qui s’élèvent,
elles proviennent toujours et seulement de notre esprit,
aussi naturellement que les rayons proviennent du soleil et les vagues de l’océan.
Nous nous trouvons à présent dans l’état de " repos calme ",
les choses s’élèvent, bien que n’ayant jamais été séparées de nous
et nous sommes différents.
Il n’est plus besoin de craindre de perdre notre équilibre ou d’être distrait,
plus besoin d’entraver ce qui s’élève,
à présent que l’ouverture de la vue profonde s’est révélée.
Nous sommes devenus comme un roc, affrontant vents et marées,
et non plus, comme auparavant,
la plume balayée de tous côtés par le moindre souffle.
La seule chose à faire est de maintenir notre conscience claire.
Lorsqu’une pensée surgit dans cet état d’immobilité,
si on peut la reconnaître avec cette conscience claire,
elle retournera se dissoudre dans la nature de l’esprit.
Les pensées et les émotions deviennent comme les vagues de l’océan,
elles se dressent et retournent se fondre dans l’immensité.
Nous devenons comme l’océan lui-même vaste, spacieux et calme.
Il ne nous reste plus rien à faire d’autre
que de maintenir cette conscience claire.
Bien sûr, ce qui s’élève risque de déstabiliser un débutant,
de faire ressurgir les vieilles habitudes.
À l’instant où ce qui s’élève est vu comme séparé de nous,
nous nous perdons.
À ce moment crucial, avant que ce qui s’élève ne devienne une pensée,
il nous faut absolument maintenir notre conscience claire.
Il nous faut veiller sur notre conscience claire,
comme un rappel naturel qui nous fait revenir
et sans lequel nous serions balayés.
Ce que je décris ici est un procédé que l’on appelle immobilité,
mouvement et conscience claire (né gyn rig sum).
Sa signification va en s’approfondissant
à mesure que nous atteignons des étapes de réalisation de plus en plus profondes.
Tandis que nous progressons,
et que nous laissons ce qui s’élève se dissoudre
et se libérer à la lumière de notre conscience claire,
cela ne fait que renforcer et prolonger l’immobilité,
tout comme les vagues et les remous embellissent l’océan.
Par la pure conscience de la vue claire et par la sagesse qui réalise le non-ego,
nous accédons à la nature de l’esprit.
Au cours de notre progression,
nous aurons de profonds aperçus de la nature de la réalité et de nous-mêmes ;
en effet, au fur et à mesure que la dualité sujet-objet se dissout,
nous parvenons à l’état de non-dualité.
Quand nous y parvenons, nous connaissons un état de paix profonde.
Nyoshul Khen Rinpoché parlait souvent de la grande paix naturelle
- rang shyin shyiwa chenpo -
la profonde paix de la nature de l’esprit,
la paix du Madhyamika, du Mahamoudra et du Dzogpachenpo.
Comme l’a dit le Bouddha,
" le nirvana est la véritable paix."
Lorsqu’on parvient à cette paix de la nature de l’esprit,
on découvre une vaste étendue, une grande ouverture :
les nuages se sont comme évaporés, révélant un ciel infini et ouvert.
Les pensées et les émotions semblables aux nuages se sont dissoutes
grâce à la pratique de la méditation,
dévoilant la nature semblable au ciel de notre esprit.
Dans ce ciel brille le soleil de notre nature de bouddha,
notre bodhicitta, le cœur de l’éveil.
Le soleil possède deux qualités merveilleuses :
la chaleur et la lumière.
Sa lumière éclatante est semblable à la sagesse,
et sa chaleur à l’amour et à la compassion.
Si l’on demande : " Qu’est-ce que l’esprit du Bouddha ? "
C’est simplement cela : la sagesse et la compassion.
Et comme le disent les enseignements,
nous avons tous la nature de bouddha,
nous sommes tous des bouddhas en devenir.
L’esprit purifié devient sagesse et le cœur purifié devient amour et compassion.
Si vous purifiez vos pensées,
cette intelligence pure, non souillée par l’ignorance, est la sagesse.
Quand les émotions sont purifiées, elles s’élèvent en compassion.
Ainsi, par cette pratique,
nous pouvons appréhender la profonde pureté de la nature de l’esprit,
cette grande paix dont parlait le Bouddha lors de son éveil,
il y a plus de deux mille-cinq-cents ans sous l’arbre de la Bodhi,
en ce lieu appelé aujourd’hui Bodhgaya.
Ces premières paroles furent :
Paix profonde, simplicité naturelle, luminosité non-composée ".
Par ces paroles, disait souvent Dilgo Khyentsé Rinpoché,
le Bouddha proclama le cœur de son éveil,
qui est l’état du Dzogpachenpo, la Grande Perfection.
C’est cette paix profonde que nous cherchons à atteindre par la pratique.
En fait, " dompter cet esprit qui est le notre " est parfaitement accompli
quand nous la réalisons.
Voyez à quel point, lorsque l’amour nous inspire et nous émeut,
nous nous retrouvons absolument désarmés.
De la même façon,
quand nous réalisons la nature de l’esprit grâce à cette pratique,
cela désamorce et dissout les pensées et les émotions ordinaires.
Alors, une compassion et un amour immenses rayonnent à travers nous,
tout comme le soleil nous prodigue sa chaleur.
Dès que nous nous relions à la pureté de notre nature inhérente,
notre nature de bouddha, notre bonté fondamentale - notre bon cœur - se révèle.
La tendresse, la compassion et l’amour émanent tout simplement de nous.
Ainsi, vous êtes tout à fait en contact avec vous-même, mais également avec les autres.
Vous ressentez une véritable unité.
Il n’y a plus aucune séparation entre vous et les autres.
Il n’y a même plus de séparation entre les différents aspects de vous-même.
Trop souvent les barrières et les problèmes sont notre propre fait.
Nous sommes en guerre contre nous-mêmes.
Par cette pratique, l’étreinte de l’ego se relâche et notre tendance à saisir s’évapore.
Ainsi le conflit, la souffrance et la douleur de la fragmentation
et de la lutte intérieure disparaissent.
Pour la première fois, nous pouvons nous pardonner à nous mêmes,
de façon fondamentale.
En même temps, les attentes, les peurs et les anxiétés s’évanouissent,
et avec elles toutes ces sensations de blocage et de fermeture,
cette impression de ne pas être en contact avec nous-même et les autres,
d’être coupés de nos propres sentiments,
ce qui nous interdit tout accès au bonheur.
Ce que cette pratique peut nous apporter est incroyable,
et quand j’entends ces enseignements du Bouddha, transmis par les grands maîtres,
quand je ressens leur vérité dans mon propre cœur, p
ar la modeste pratique que je connais,
je ressens leur immense bénédiction.
Ce qui est extraordinaire, c’est que vous pouvez réellement faire l’expérience de la vérité contenue dans les enseignements.
Ce n’est pas quelque chose qui repose sur la croyance ou la foi,
on peut la savourer et la comprendre soi-même.
Que se passe-t-il lorsque vous en faites l’expérience ?
Vous ressentez l’amour et la compassion immenses des bouddhas,
et vous serez submergés de gratitude.
Votre souhait le plus cher est de partager cette vérité et d’aider les êtres,
où qu’ils soient, à se libérer de leur souffrance
et à posséder ce bonheur ultime, cette grande paix naturelle,
la paix du Bouddha.
Chaque fois que vous faites l’expérience de cette paix dans votre méditation,
même modestement,
priez du plus profond de votre cœur
comme nous le faisons dans cette pratique de la bodhicitta tirée des préliminaires du Longchen Nyingthik du Dzogchen :
Hypnotisés par la pure variété des perceptions
semblables aux reflets illusoires de la lune dans l’eau
Les êtres errent sans fin, égarés dans les cercles vicieux du samsara.
Pour leur permettre de trouver confort et bien-être dans la luminosité et l’espace qui pénètre tout de la vraie nature de leur esprit,
J’engendre l’amour, la compassion, la joie et
l’équanimité incommensurables de l’esprit d’éveil, le cœur de la bodhicitta.
Votre souhait est que
tous les êtres trouvent la paix et le bonheur dans la vraie nature de leur esprit.
Je crois qu’au vingt et unième siècle, ce que tant de gens recherchent
est la vérité qui est en eux-mêmes.
Chacun semble se poser cette question " Qui suis-je ?"
et aspirer ardemment à réaliser son être authentique,
au-delà du soi égotique.
Par cette pratique,
vous pouvez commencer à faire l’expérience de votre nature véritable,
et quand vous le faites,
votre plus grand désir est que les autres arrivent à la même compréhension.
Parce que vous savez que non seulement cette compréhension
nous montre qui nous sommes vraiment,
mais de plus, qu’elle nous libère de nous mêmes.
Avoir une telle pratique est, me semble-t-il, d’une importance extrême.
Nous souhaitons tous la paix,
nous avons tous le désir ardent de nous sentir bien,
d’être un bon être humain,
d’avoir un cœur chaleureux et d’être bienveillants.
Mais souvent nous ne savons pas comment y arriver.
Trop de choses occupent notre esprit,
notre cœur semble fermé en permanence.
Nous ne sommes pas libres,
et plongés dans toute cette confusion, cette douleur et cette souffrance,
nous pouvons facilement perdre espoir et sombrer dans la détresse.
Cependant, quand nous entendons la sagesse et la compassion
présentes dans ces enseignements
et que nous comprenons qu’elles commencent à ouvrir l’œil de la sagesse,
à ouvrir notre cœur et notre esprit à notre véritable nature
et à la nature de toutes choses,
nous sommes emplis de joie, d’inspiration et d’espoir.
Par la pratique, nous pourrions avoir une petite expérience de cette paix,
mais sans pouvoir y demeurer continuellement.
Nous retombons dans nos habitudes et nos schémas de pensées ordinaires
qui étaient prêts à ressurgir.
C’est le moment d’être plus vigilant que jamais,
de nous rappeler constamment que cet esprit est comme un cristal,
il est clair et pur.
Tout comme un cristal prend la couleur du support sur lequel on le place,
l’esprit s’identifie avec tout ce qui l’occupe,
si nous le laissons faire.
L’esprit lui-même est complètement ouvert,
il est au-delà du choix, de la dualité.
Il peut tout aussi bien être bon que mauvais.
Comme l’a dit le Bouddha ,
" avec nos pensées nous créons le monde ".
Nous sommes les artisans de notre monde,
qu’il soit source de plaisir ou de souffrance :
un monde de phénomènes karmiques,
façonné par nos pensées et nos actes.
Cependant, une fois que vous avez goûté un tant soit peu à cette paix,
que vous avez eu cet aperçu,
vous voudrez prendre la ferme résolution de ne pas retomber dans vos habitudes.
Dans la pratique bouddhiste de confession,
où l’on reconnaît et purifie la négativité et les actes erronés ,
on parle des "quatre pouvoirs " :
- le pouvoir de la présence, c’est-à-dire la présence des bouddhas ;
- le pouvoir du regret, celui que nous éprouvons à l’idée d’avoir causé du tort ;
- le pouvoir de la résolution, qui est l’engagement à ne plus jamais le refaire ;
- et le pouvoir de la méthode qui est la pratique, quelle qu’elle soit,
que nous faisons pour purifier la négativité.
En fait, dans la pratique du Dzogchen,
nous confessons toute notre négativité dans le Dharmadatou, l
’espace qui pénètre tout de la nature de l’esprit.
Toutes nos pensées négatives sont purifiées
dans la pureté de notre nature inhérente
et leur obscurité est dissipée par cette clarté.
En nous confessant,
nous prenons la résolution de ne plus retomber dans l’obscurité de la négativité
et de garder notre cœur et notre esprit purs.
À présent, nous comprenons mieux que jamais que
"Nous sommes ce que nous pensons".
Tout ce qui s’élève, s’élève de nos pensées.
Avec nos pensées, nous créons le monde.
Parlez ou agissez avec un esprit impur et la souffrance s’ensuivra.
Parlez ou agissez avec un esprit pur et le bonheur s’ensuivra..."
Cependant, quand vous parvenez par la méditation
à l’état de bonté de la nature de l’esprit,
tout ce que vous dites est bonté,
tout ce que vous voyez est bonté,
tout ce que vous touchez est bonté,
parce que vous êtes la bonté même.
Vous êtes naturellement pur,
et ceci ne peut que se manifester
à travers tout ce que vous faites, pensez ou dites.
Quand je pense à Jamyang Khyentsé Chôkyi Lodrô, à Dudjom Rinpoché,
à Dilgo Khyentsé Rinpoché et à tous les grands maîtres,
je me demande :
" Comment peuvent-ils être ainsi ?
Comment est-ce possible que, quoi qu’ils fassent,
ce soit toujours un bienfait pour les êtres ? "
La réponse est : parce qu’ils demeurent dans cet état de bonté.
C’est ainsi qu’ils nous inspirent et nous redonnent espoir.
Quand les gens ordinaires comme nous voient Sa Sainteté le Dalai -Lama,
ils reprennent espoir en l’humanité.
Réaliser qu’il existe un être humain aussi bon nous inspire
car nous comprenons que nous aussi,
nous pouvons devenir un être humain vraiment bon, comme lui.
Les grands pratiquants, hommes ou femmes, personnifient cette bonté.
Tout ce qu’ils font est bénéfique
car ils demeurent continuellement dans cet état,
grâce à la discipline qui consiste à maintenir la pureté de l’esprit.
Ils ne sont jamais pervertis.
Toujours purs, ils agissent mûs par cette bonté,
et ils y demeurent fermement.
Parfois, on se sent vraiment en contact avec soi-même,
avec les autres et avec tout l’univers
et l’on fait l’expérience d’une profonde paix intérieure.
Quiconque a la chance d’avoir une petite expérience de cette paix intérieure
devrait prendre sur le champ la résolution de la maintenir,
non seulement pour son propre bien,
mais aussi pour le bien du monde entier.
Quand vous êtes dans cet état, ce qui est extraordinaire,
c’est que même si vous ne faites pas grand-chose,
votre être même est un bienfait pour autrui.
Et ce, aussi longtemps que vous préserverez
la bonté, la pureté dans votre esprit et votre cœur,
dans votre motivation et dans votre être.
Et Si nous souhaitons donner à nos actions un pouvoir spécial,
nous pouvons invoquer la bénédiction de tous les bouddhas et de tous les maîtres.
Il est dit que dès que nous les invoquons, les bouddhas sont là,
c’est une de leurs qualités.
Parfois, vous pourriez vous dire :
" Pourquoi les bouddhas m’accorderaient-ils du temps, je ne le mérite pas !
Le Bouddha l’a dit lui-même :
" Quiconque pense à moi se trouve en ma présence. "
Et Padmasambhava a fait cette promesse :
" Je ne suis jamais éloigné de ceux que la foi anime,
ni même de ceux qui en sont dépourvus. "
Telle est la compassion des bouddhas.
Que nous soyons bons ou mauvais en apparence,
nous pouvons recevoir leurs bénédictions.
Tout ce que nous pouvons être est seulement passager ;
toutes nos illusions peuvent être purifiées
parce que notre nature fondamentale est bonté.
Les nuages peuvent assombrir le ciel,
mais il nous suffit simplement de les dépasser
pour réaliser l’existence d’un ciel infini qui n’a jamais été touché par les nuages.
Dans le Dzogchen, on utilise souvent l’exemple du miroir.
Notre nature véritable est semblable au miroir :
il reflète toutes sortes de choses, mais, et c’est cela qui est merveilleux,
les reflets ne souillent jamais le miroir.
Quelle que soit notre façon d’être,
notre vraie nature reste pure et immaculée.
Il est dit que nous avons tous la nature de bouddha,
et c’est la vérité.
Les bouddhas eux-mêmes ne peuvent la rendre meilleure,
et nous, les êtres sensibles, avec toute notre confusion et notre négativité,
ne pouvons la corrompre.
Cela signifie que rien ne peut la toucher ;
elle est immuable ; elle est incréée ;
elle est notre nature véritable, elle ne peut être ni souillée ni amoindrie.
C’est la bonté immuable.
Adresses :
Centre Rigpa Paris
6 bis rue Vergniaud 92300 Levallois-Perret
Tél : 01.46.39.01.02
Lérab Ling, L’Engayresque
34650 Roqueredonde
Site internet : www.rigpafrance.com
Sogyal Rinpoché
Publié par swadisthana à 06:12:26 dans Le Dharma... | Commentaires (2) | Permaliens
Nous avons déjà tout ce dont nous avons besoin.
Il n’y a aucun besoin de nous améliorer.
Tout ce cirque que nous faisons – la peur tenace d’être mauvais et l’espoir d’être bons, les identités auxquelles nous nous accrochons tant, la rage, la jalousie et les dépendances de toutes sortes – n’atteint jamais notre richesse fondamentale. Ce sont autant de nuages qui obscurcissent temporairement le soleil. Mais toujours la chaleur et la brillance sont là. C’est ce que nous sommes vraiment. Un clin d’œil nous sépare de l’éveil total.
Nous regarder nous-mêmes ainsi est très différent de ce que nous faisons d’habitude. De ce point de vue, il n’est pas nécessaire de changer : on peur se sentir aussi misérable que l’on veut, on reste un bon candidat à l’éveil. On peut s’imaginer être le cas le plus désespéré du monde, ce sentiment est une richesse, et non quelque chose à jeter ou à améliorer. Il y a une richesse dans tout ce fatras malodorant pour lequel on a tant d’aversion et qu’on prise si peu. Les choses réjouissantes – ce qu’on aime tant chez soi, ce qui est source de fierté ou d’inspiration – sont aussi notre richesse.
Grâce aux pratiques présentées dans ce livre, on peut commencer là où l’on est. Si on est en colère, en état de manque ou déprimé, les pratiques décrites ici ont été élaborées pour encourager chaque être à utiliser tout ce dont il aimerait se défaire, afin d’éveiller sa compassion envers lui-même et les autres. Ces pratiques montrent comment s’accepter soi-même, comment entrer directement en rapport avec la souffrance, comment arrêter de fuir les aspects pénibles de la vie. Elles montrent comment travailler de bon cœur avec la vie telle qu’elle est, tout simplement.
Quand on entend parler de compassion, cela soulève naturellement la question de travailler avec les autres, de s’occuper d’eux. La raison pour laquelle on ne se soucie pas d’autrui – que ce soit son enfant, sa mère, quelqu’un qui sait manier l’insulte ou communiquer la peur – c’est qu’on n’est même pas présent à soi-même. Il y a des parties entières de soi-même qui sont si indésirables qu’on prend la poudre d’escampette chaque fois qu’elles commencent à resurgir.
Comme on a tendance à fuir, on perd continuellement l’occasion d’être là précisément, d’être là en ce moment même. On passe son temps à manquer le moment où l’on est. Pourtant, si on arrive à faire l’expérience du moment dans lequel on est, on découvre qu’il est unique, précieux et totalement frais. Il ne survient jamais deux fois. On peut jouir de chaque moment et le célébrer – il n’existe rien de plus sacré. Rien de plus vaste ni de plus absolu. En fait, il n’y a rien de plus !
C’est uniquement dans la mesure où nous sommes arrivés à connaître notre propre souffrance, où nous sommes entrés en rapport avec elle, si tant est que nous l’ayons fait, que nous pourrons être intrépides, assez courageux et assez guerriers pour ressentir la souffrance des autres. Dans cette mesure, nous pourrons accepter la souffrance des autres parce que nous aurons découvert que leur souffrance et la nôtre ne sont pas différentes.
Cependant, pour en arriver là, nous avons besoin de toute l’aide possible. J’espère que ce livre vous fournira cette aide. Les outils qu’il offre sont trois pratiques d’un grand secours. Ce sont :
Publié par swadisthana à 12:19:15 dans Le Dharma... | Commentaires (8) | Permaliens
J'en suis sincérement désolée, mais il m'a fallu me résoudre à fermer les commentaires de cet espace aux personnes "non autorisées", à savoir aux personnes n'ayant pas d'identifiant sur Blogg.orgg et utilisant l'anonymat à des fins nuisibles. En effet, cet espace (comme beaucoup d'autres) subit le harcèlement d'une personne depuis deux ans, personne, soit dit en passant que je ne connais pas le moins du monde. Aussi, pour ceux qui n'ont pas d'identifiant et souhaiteraient laisser un commentaires, il vous est possible de le déposer sur mon adresse mail (cette adresse se trouve en bas à droite de la bannière ci-dessus et en bas de ce présent texte). Je déposerai alors ce commentaire sur l'article dont vous aurez eu la gentillese de préciser le titre, et cela en votre nom. Blogg.orgg ne permettant pas actuellement de visualiser les commentaires avant validation, il m'a fallu trouver un moyen pour éviter à cette personne de poursuivre son harcèlement. Je vous remercie de votre compréhension, en espérent que ce souci puisse trouver une issue positive dans les meilleurs délais --- Pascale --- Swad.PourMeContacter@gmail.com
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En amour, les mendiants et les rois sont égaux.
Proberbe Indien
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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.
Le Dalaï-Lama

Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.
Le Dalaï-Lama

Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.
Le Dalaï-Lama
La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.
Le Dalaï-Lama
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