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Śūnyatā - la vacuité | 06 septembre 2009




Tentative d’approche


La vacuité est un terme qui peut être mal interprété. Ainsi, Ringou Tulkou Rimpotché en parle en ces termes :


Selon le bouddhisme, tout est en essence vacuité (śūnyatā), tant le samsâra que le nirvâna. Śūnyatā ne signifie pas « vide ». C’est un mot très difficile à comprendre et à définir. C’est avec réserve que je le traduis par « vacuité ». La meilleure définition est, à mon avis, « interdépendance », ce qui signifie que toute chose dépend des autres pour exister. [...] Tout est par nature interdépendant et donc vide d’existence propre. (Et si vous m’expliquiez le bouddhisme ?)


La vacuité ne vide pas les choses de leur contenu, elle est leur véritable nature (Philippe Cornu, citant le philosophe madhyamika qu’est Nagarjuna, Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, 2001, Seuil). Il ne s’agit donc pas de nihilisme.


Selon la thèse de la vacuité, les phénomènes se définissent non pas par une "nature propre", une chose en soi qui leur appartiendrait en propre, mais uniquement par l’ensemble des rapports qu’ils ont entre eux. Parler d’un phénomène X n’est donc l’effet que d’une convention de langage ; bien que notre esprit ne puisse se passer d’une telle convention, X n’a pas d’être propre, son existence dépend d’autres phénomènes Y, Z, etc. Selon Francisco Varela : il n’y a rien à saisir qui ferait des personnes et des phénomènes ce qu’ils sont.


Cependant, il serait erroné de ramener exclusivement la vacuité bouddhique à l’idée d’interdépendance ou de relativité : la vacuité n’est pas un concept qui relève seulement de la pensée discursive, elle est destinée d’abord à ouvrir l’intuition métaphysique (prajñā) du pratiquant. Il s’agit de comprendre qu’il y a une différence fondamentale entre la façon dont nous percevons le monde (y compris nous) et la réalité de ce monde : le "réalisme naïf", qui voit le monde comme peuplé d’entités autonomes, séparées et durables, objectivement existantes, est une erreur métaphysique que la prajñā, à mesure qu’elle se développe, permet de dissiper, par la vue directe de śūnyatā (au moyen par exemple de vipassana bhavana). C’est une perception directe, non duale et non-intellectuelle, de la nature des phénomènes :


La vacuité n’est ni le néant ni un espace vide distinct des phénomènes ou extérieur à eux. C’est la nature même des phénomènes. Et c’est pour cela qu’un texte fondamental du bouddhisme dit : "La vacuité est forme et la forme est vacuité". D’un point de vue absolu, le monde n’a pas d’existence réelle ou concrète. Donc, l’aspect relatif, c’est le monde phénoménal, et l’aspect absolu, c’est la vacuité. (...) Les phénomènes surgissent d’un processus d’interdépendance de causes et de conditions, mais rien n’existe en soi ni par soi. La contemplation directe de la vérité absolue transcende tout concept intellectuel, toute dualité entre sujet et objet. (Le Moine et le Philosophe, Jean-François Revel, Matthieu Ricard, 1997)


Dans le Bouddhisme theravāda


La vacuité, traduction de suññata, enseigne que toutes les perceptions, sensations, la conscience sont dépourvues d’une personnalité (anātman) et dépourvues de permanence (anitya). Le terme de vacuité est traité dans plusieurs suttas, en tant que


Qualité, caractéristique des choses ;

Objet sur lequel est portée l’attention ;

Contemplation de la vacuité : suññata vipassana .


De même, dans le Visuddhimagga, la vacuité correspond à l’absence de moi, ou anatta. La vacuité, dans le theravada, renvoie donc aux trois caractéristiques. Elle correspond aussi à la voie moyenne bouddhique qui se place à distance des deux extrêmes que sont l’éternalisme et le nihilisme. Ajahn Brahm donne la comparaison du point mathématique :


Un point n’a pas de taille : il est plus petit que tout ce qui est mesurable, et pourtant il est plus grand que rien du tout. Dans un sens, on ne peut dire qu’il existe, car il ne persiste pas, il n’est pas continu dans l’espace. Mais on ne peut dire qu’il n’existe pas, puisqu’il diffère clairement du "rien". Il est semblable à la nature instantanée de l’expérience consciente. Rien n’est permanent, donc ce n’est pas quelque chose, mais quelque chose se produit, donc ce n’est pas rien.


Le thème de la vacuité apparaît dans le Suñña Sutta du Canon pali : « Étant donné qu’il est dépourvu d’un soi ou de quoi que ce soit appartenant à un soi, on dit dans ce sens que le monde est vide ».


Le Cula-suññata Sutta y voit un objet de méditation : « Vous devez vous entraîner en disant : Entrant dans cette vacuité qui est complètement pure, incomparable et suprême, j’y demeure. » De même, Edward Conze souligne son aspect sotériologique :


La vacuité n’est pas une théorie, mais une échelle qui mène vers l’infini. Une échelle est faite non pas pour qu’on en discute, mais pour qu’on y grimpe. C’est un concept pratique, qui incarne une aspiration, et non un point de vue. Elle ne sert qu’à nous aider à nous débarrasser de ce monde et de l’ignorance qui nous y attache. Elle n’a pas un sens unique, mais plusieurs sens, qui se dévoilent successivement par étapes au cours du processus par lequel on transcende le monde par la sagesse. (Selected Sayings from the Perfection of Wisdom, 1978)


La vacuité fait également partie des trois samadhis, ou portes du nirvāna : vacuité, « sans-signe » (animitta), « sans préhension » (apranihita).


Dans le bouddhisme mahâyâna


La vacuité est l’objet de la Prajñaparamita, la Perfection de la Sagesse, groupe de sûtras du Mahâyâna portant sur la sagesse transcendante, centrée autour de la vacuité. Elle est notamment étudiée par Nagarjuna, qui énonce dix-huit formes particulières de vacuité, la principale, qui résume toutes les autres, étant la vacuité de tous les dharma (sarvadharmasūnyatā).


En effet, dans son Ratnavali, Arya Nagarjuna dit que tant qu’on a l’appréhension des agrégats (ou phénomènes = dharmas), on aura une appréhension du soi personnel. C’est pourquoi ses ouvrages dialectiques s’emploient à déconstruire toute forme de réification.


Qu’est-ce qui est vide ? Et vide de quoi ? Sont des questions essentielles pour le Bouddhisme car les réponses sont d’un intérêt sotériologique incontournable.


Tout est vide, depuis le moindre grain de poussière jusqu’au Bouddha et ce qui le caractérise.


Mais vide de quoi ?


Vide d’une existence intrinsèque, inhérente ou indépendante ; vide d’une nature propre, résistant à l’analyse ; vide de toute essence objective. De ce fait cette vacuité, et la Voie du Milieu qui l’enseigne, transcendent les extrêmes que sont l’abolutisme/éternalisme/réificationisme, et le nihilisme. En effet, les choses existent mais pas de la manière dont elles nous apparaissent, pas en soi. C’est pourquoi cette ontologie typiquement bouddhiste est qualifiée de vacuité de soi (skt. svabhava-shunyata, tib. rangtong).


Selon la branche très subtile Prasangika de la Voie médiane, l’existence de toutes choses est purement nominale (tib. ming tsam) car dépend d’un nom ou d’un concept (tokpai tak tsam) qui les désigne sur la base de leurs caractéristiques ou "base d’imputation" (tak shi).


Les enseignements très précis du Mahayana sur la vacuité ne sont que des développements du non-soi enseigné dans le Véhicule Fondamental car tout y est déjà inscrit explicitement ou implicitement. Le Prasangika Madhyamika considère que les Arhats ont réalisé exactement la même vacuité profonde que les Bouddhas. La seule différence réside dans l’aspect vaste de la Voie.


Voir les nombreux enseignements de Sa Sainteté le Dalaï Lama, comme Se voir tel qu’on est, ou Cent Eléphants sur un brin d’herbe, entre autres.

 



Quatre vacuités


1. Bhāva-śūnyatā : vacuité des choses substantielles


2. Abhāva-śūnyatā : vacuité des non-choses : l’espace, le nirvāna


3. Prakrti-śūnyatā : vacuité de la nature inhérente


4. Parabhāva-śūnyatā : vacuité autre, soit le caractère transcendant des phénomènes.


Dix-huit vacuités


1. Le Prajñaparamita sûtra expose seize vacuités que Chandrakirti commenta. D’autres textes en donnent 18 ou 20. Nagarjuna en distingue 18 : Adhyatma-śūnyatā : vacuité des phénomènes internes (œil, oreille, nez et autres facultés des sens), vacuité du sujet


2. Bahirdha-śūnyatā : vacuité des phénomènes externes, perçus, vacuité de l’objet


3. Adhyatma-bahirdha-śūnyatā : vacuité interne et externe à la fois (la distinction entre interne et externe, entre sujet et objet, est illusoire)

4. Śūnyatā-śūnyatā : vacuité de la vacuité (la vacuité elle-même n’est pas une essence)


5. Maha-śūnyatā : vacuité de l’immensité (vide et irréalité de l’espace) ou vide de la distinction entre conditionné et inconditionné (selon les interprétations)


6. Paramartha-śūnyatā : vacuité de l’ultime (de la Vérité ultime, de la chose en soi : "le nirvana est vide de nirvana")


7. Samskrta-śūnyatā : vacuité des phénomènes composés, qui existent de par la loi de causalité, voir coproduction conditionnée


8. Asamskrita-śūnyatā : vacuité des phénomènes incomposés, incréés (l’espace, le nirvana)


9. Atyanta-śūnyatā : vacuité de ce qui est au-delà des extrêmes (du néant et de la permanence), vacuité de l’infini


10. Anavaragra-śūnyatā : vacuité de ce qui n’a ni commencement ni fin, le samsara, le temps, ou l’éternité


11. Anavakara-śūnyatā : vacuité de l’indestructible, ou de la dispersion, ou de la non-répudiation


12. Prakrti-śūnyatā : vacuité de nature des phénomènes


13. Sarvadharma-śūnyatā : vacuité de tous les "dharmas" (phénomènes conditionnés ou inconditionnés)


14. Svalaksana-śūnyatā : vacuité des caractères propres, de l’individuation


15. Anupalambha-śūnyatā : vacuité de l’inappréhendable, de l’imperceptible (aucune réalité ne peut être perçue dans les phénomènes)


16. Abhava-śūnyatā : vacuité du non-être, des "non-choses"


17. Svabhava-śūnyatā : vacuité de nature propre, de l’être


18. Abhavasvabhava-śūnyatā : vacuité de la nature propre et du non-être, l’opposition entre être et non-être est elle-même niée.


Deux vacuités


L’anagārika Prajñānanda indique deux sens possibles pour la vacuité, exprimés par exemple dans des écrits tels que le Sūtra du Cœur : D’une part, la qualité phénoménale dénotant la non-essence des phénomènes ; mieux que par vacuité, elle pourrait se traduire par « bulléité ». Les phénomènes sont comparables à des bulles qui naissent, gonflent, se dégonflent ou crèvent. Cette notion de vacuité-bulléité est toujours à accoler à tathatā, la telléité, la quiddité. Chaque bulle est « vide » mais « telle ». La deuxième signification est ce que l’on pourrait appeler « vacuité absolue », par exemple : sūnyatāyam na rūpam, na vedanā, na samjnā, na samskāra, na vijnānam (« dans la vacuité, il n’y a ni forme, ni sensation, ni notion, ni facteur d’existence ni connaissance discriminative »). La négation est totale. (Bouddhisme gnostique, 1981)


Par « négation totale », la Voie médiane ne nie pas l’existence des phénomènes ou leur existence relative, illusoire, mais par contre cette négation totale nie complètement toute nature propre ou intrinsèque des phénomènes. On pourrait dire qu’il y a de l’existence, mais pas d’essence. Les phénomènes ne sont pas niés, ce qui est nié est leur essence que nous concevons à tort et de manière innée comme intrinsèque ou indépendante. Et comme c’est l’existence indépendante des phénomènes qui est niée, leur existence dépendante ou purement nominale (tib. tokpai tak tsam) est affirmée. C’est pourquoi les deux types de vacuités exprimés par l’anagārika Prajñānanda sont unis en un seul par les tenants du Prasangika exégètes des Prajnaparamita Sutras.


La distinction entre « vacuité relative » et « vacuité absolue » rejoint la distinction établie par Nagarjuna entre vérité conventionnelle et vérité absolue, distinction qui est elle-même conventionnelle. La vacuité relative des phénomènes ne constitue pas de façon ultime une nature propre (« vacuité de la vacuité ») et le conditionnement ne peut être inconditionné : la non-dualité ne débouche pas sur un quelconque monisme, car s’il est vrai que les êtres sont vides, le non-être est vide, et l’Absolu lui-même est vide, et la distinction entre relatif et absolu n’a pas lieu d’être ultimement. Nous ne sommes donc pas différents de l’Absolu, et c’est pour cela qu’une libération (nirvāna) est possible :


Tous les phénomènes sont semblables à un arc-en-ciel : exempts de toute réalité tangible. Une fois réalisée la vraie nature du réel, qui est d’être vide et pourtant de se manifester sous la forme du monde des phénomènes, l’esprit se libère de l’emprise de l’illusion. Quand vous saurez laisser vos pensées se dissoudre par elles-mêmes à mesure qu’elles surgissent, elles traverseront votre esprit de la même façon qu’un oiseau parcourt le ciel : sans laisser de trace. (Dilgo Khyentse Rinpoché)


Cet Absolu n’a pas d’existence absolue car rien n’en possède ; c’est une réalité omniprésente et c’est en cela qu’on peut dire que nous ne sommes pas différents de cette réalité vide. Et en définitive, ni Nagarjuna ni ses suivants prasangikas ne font de différence entre les deux types de vacuité car le fait de nier l’existence inhérente de la forme, par exemple revient à affirmer qu’elle existe bien mais seulement de manière dépendante.


Voir la fameuse stance 19 du Chapitre XXIV dans le Madhyamakashastra de Nagarjuna :


Puisqu’il n’est rien qui ne soit dépendant, Il n’est rien qui ne soit vide.


Dans l’hindouisme


Le bouddhisme n’est pas la seule doctrine à avoir développé la notion de vacuité. Certaines écoles hindoues y font aussi référence. Le shivaïsme du Cachemire a particulièrement développé cette notion. Par exemple, le Vijnana Bhairava Tantra affirme : Tout cet univers est privé de réalité à l’image d’un spectacle fictif. Quelle est la réalité d’un tel spectacle ? Si l’on est fermement convaincu de cette vérité, on acquiert la paix. Comment y aurait-il connaissance ou activité pour un Soi affranchi de toute modalité ? Les objets externes dépendent de la connaissance et partant de là, ce monde est vide. (traduction Lilian Silburn)


Pour eux, la vacuité est une étape nécessaire, mais non suffisante. Elle est destinée à être dépassée. Il y a donc plusieurs stades de vacuité allant de l’inférieur (à commencer par le sommeil profond), aux stades supérieures. La vacuité y est conçue comme une sorte de vide ou de trou caractéristique d’un développement insuffisant de la conscience. Il vaut donc mieux ne pas s’y attarder, ou bien on risque de s’y perdre sans remède.


C’est ainsi qu’ils ont développé un principe critique de la vacuité bouddhiste contre laquelle ils ont adressé de sévères mises en garde. Cependant, la définition utilisée varie entre les deux mouvements : tandis que les bouddhistes considèrent la vacuité comme étant la véritable nature des choses, le shivaïsme du Cachemire la considère comme un moyen de développement spirituel. Bien que les termes soient semblables, ils ne recouvrent pas les mêmes concepts.


En effet, ce qui est nommé "vacuité" n’est pas forcément cette négation non-affirmative (prasajya-pratiseddha) ou cette vacuité de soi (skt. svabhava-shunyata) dont parle le bouddhisme avec surtout sa philosophie Conséquentialiste de la Voie Médiane (Prasangika-Madhyamika). D’un point de vue hindouiste, on peut être dans un vide mais ce vide peut tout simplement être une vacuité d’altérité (parabhava-shunyata), une vacuité qui nie des phénomènes autres que l’objet vide, mais pas forcément la vacuité de nature propre de cet objet.




Cf. The Geluk/Kagyu Tradition of Mahamudra ou Le Monde du Bouddhisme Tibétain ou encore le Sens de la Vie, de Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Publié par swadisthana à 10:10:02 dans Le Dharma... | Commentaires (7) |

Tibet - Comment reconnaître un "Bouddha réincarné" ? | 06 septembre 2009

 

Dans le bouddhisme tibétain, les tulkus sont des personnalités religieuses (bien souvent des lamas ou panchen lamas) reconnues comme étant la réincarnation d’un maître disparu.


Pour reconnaître le successeur d’un lama disparu, il y a plusieurs pistes à suivre. Tout d’abord, le lama mourant peut livrer des indications écrites ou orales sur sa future incarnation. Notons dès à présent qu’il peut aussi choisir de ne pas se réincarner.
En 2007, le Dalaï-Lama actuel, Tenzin Gyatso, a décidé qu’un référendum serait organisé afin de savoir si les bouddhistes tibétains veulent continuer avec un Dalaï Lama. Si oui, il se réincarnerait en dehors du Tibet, après sa mort ou il choisirait un nouveau Dalaï Lama avant de mourir. Les "chercheurs" du nouveau bouddha vivant peuvent aussi faire appel à l’astrologie, à des prophéties ou une intuition de la part de lamas consacrés.


Plusieurs candidats sont parfois en lice. Aussi, ils sont soumis à une série de test impliquant de reconnaître des membres de son entourage durant sa précédente vie, ou des objets lui ayant alors appartenu.


Étant arrivé au bout de ces tests, normalement le tulku reconnu comme tel, va être soustrait à sa famille (généralement vers l’âge de 6-7 ans), puis s’il s’agit d’un grand maître, être intronisé dans un monastère comme détenteur de sa lignée.


Cependant, depuis le 3 août 2007, une loi oblige les bouddhas vivants réincarnés à obtenir l’approbation du gouvernement chinois. Les temples candidats doivent inscrire leurs candidats légalement au registre des activités du bouddhisme tibétain. Ils doivent prouver qu’ils sont capables d’élever le bouddha vivant réincarné et subvenir à ses besoins. Le Département des affaires religieuses du gouvernement tient compte de la réputation et de l’influence de ce candidat dans le cercle religieux.


Ainsi, en 95, les autorités chinoises avait refusé le choix du Dalaï Lama portant sur la réincarnation du panchen lama en la personne d’un enfant de 6 ans. Emmené de chez lui par les autorités, ce 11e panchen lama non reconnu n’a plus été revu.


Les estimations concernant le nombre de tulkus dans le monde varient d’un demi millier à un millier. On y trouve quelques femmes. Il y eut un tulku espagnol (Tenzin Ösel Rinpoché, qui refusa sa vie de moine ayant atteint ses 18 ans), un franco-américain (Trinlay Tulkou) et même un américain... l’acteur Steven Seagal, qui serait, en effet, la réincarnation d’un grand lama tibétain, Chungdrag Dorje.


Marie Koenig pour www.buddhachannel.tv



Publié par swadisthana à 10:04:51 dans Le Dharma... | Commentaires (0) |

Le bastion de la pratique pour travailler sur soi - Les Enseignements d'Ajahn Mun | 02 septembre 2009


Les Enseignements d’Ajahn Mun
Le bastion de la pratique pour travailler sur soi.




Extraits de « A Heart Released » - Un cœur libéré
Traduit par Jeanne Schut





Dans quels enseignements le Bouddha nous a-t-il donné un bastion pour pratiquer ? Quand on se pose cette question, on constate qu’il nous a donné ce bastion dans ce que l’on appelle « les grands bases de référence » ou « les fondements de l’attention », le Satipatthana Sutta.


Comparons cela aux affaires du monde : dans une bataille armée où l’on veut remporter la victoire, il est nécessaire de trouver un bastion, une place forte. Si on trouve un tel lieu, on peut repousser avec succès les armées adverses mais aussi accumuler une grande puissance pour lancer une attaque et causer la défaite des ennemis. Un tel lieu s’appelle « un bastion » parce qu’il est bien barricadé et qu’il comporte des remparts, des portails et des douves.


Il en va de même pour les affaires du Dhamma quand nous nous établissons dans « les fondements de l’attention » comme dans un bastion. Ceux qui se battent contre l’ennemi (les souillures de l’esprit) doivent commencer par être pleinement conscients de leur corps en tant que fondement de l’attention. En effet, quand des passions apparaissent, elles perturbent à la fois le corps et l’esprit. Du fait que la vue d’un corps risque de perturber l’esprit, on peut en conclure que le corps est une provocation, et c’est donc le corps que l’on doit examiner pour dépasser les obstacles (nivarana) et apaiser l’esprit.


Il s’agit là d’un élément que vous devez travailler et approfondir au maximum de vos possibilités. En d’autres termes, continuez à étudier le corps sans répit, sans relâche. Quand une image (uggaha nimitta) de n’importe quelle partie du corps vous apparaît en méditation, prenez cette partie du corps comme base de contemplation dans votre méditation. A partir de là, il n’est plus nécessaire d’aller observer les autres parties du corps. Il n’est pas du tout conseillé de se dire : « J’ai déjà vu cette partie et pas les autres, donc je vais aller étudier les autres. » Même si vous observez le corps jusqu’à l’avoir décomposé dans ses moindres parties et ses éléments (dhatu) terre, eau, feu et air (selon la technique de patibhaga), il faudra encore continuer à contempler le corps à partir de l’image qui vous est apparue au départ jusqu’à ce que vous l’ayez complètement maîtrisée. Pour la maîtriser, vous devez contempler cette partie encore et encore, sans vous lasser. C’est comme quand on apprend les textes à psalmodier. Si on mémorise un certain texte et que l’on n’y revient pas pour le réciter ou le réviser, on l’oublie et l’effort n’aura servi à rien du fait de l’autosatisfaction et l’insuffisance de pratique. Il en va de même dans le travail de contemplation du corps. Une fois qu’une image de n’importe quelle partie du corps vous apparaît, si vous ne l’étudiez pas en profondeur de manière répétée et que vous la laissez passer négligemment, cela n’aura servi strictement à rien.


L’investigation du corps est souvent évoquée dans les textes et notamment dans la cérémonie d’ordination telle que nous la pratiquons aujourd’hui. Avant toute chose, le précepteur doit recommander au nouveau moine les cinq objets de méditation que sont les cheveux, les poils, les ongles, les dents et la peau — autrement dit, le corps — du fait de leur importance. Dans un Commentaire du Dhammapada, il est dit qu’un précepteur sans sagesse qui n’enseigne pas l’investigation du corps peut détruire les chances d’Eveil de son élève. C’est pourquoi, de nos jours, le précepteur doit commencer par enseigner les cinq thèmes de méditation.


Dans un autre discours, le Bouddha a déclaré qu’il n’existe pas de Bouddha ou d’Arahant qui n’ait concentré profondément son attention en méditation sur au moins une partie du corps. Il a dit à un groupe de cinq cents moines qui discutaient de la couleur de la terre dans tel ou tel village, qu’ils parlaient là de la terre extérieure alors qu’ils devraient approfondir la terre intérieure. Autrement dit, ils auraient dû étudier ce corps intelligemment, le voir de fond en comble jusqu’à ce qu’il leur apparaisse dans la clarté de sa vérité. Quand le Bouddha cessa de parler, les cinq cents moines atteignirent l’Eveil suprême.


Nous pouvons en conclure que l’investigation du corps est certainement très importante. Toute personne qui trouvera la libération de toute forme de souffrance doit méditer sur le corps. Si nous voulons accumuler une grande force, nous devons l’accumuler en étudiant le corps. Le Bouddha lui-même, juste avant son Eveil, a commencé à méditer en observant sa respiration — et qu’est-ce que la respiration sinon le corps ?


Les « fondements de l’attention », en commençant par l’investigation du corps, sont donc notre bastion. Une fois ce bastion renforcé, c’est-à-dire une fois que nous avons pratiqué les fondements de l’attention jusqu’à les avoir parfaitement maîtrisés, nous devons étudier les choses telles qu’elles sont en termes de la nature inhérente de leurs éléments, en utilisant la vision pénétrante ou vipassana, comme nous le verrons plus loin.




Source www.dhammadelaforet.org



Publié par swadisthana à 19:50:27 dans Le Dharma... | Commentaires (3) |

Les trentes instructions énoncées par Marpa | 23 juillet 2009





Il a dit :

" Fils, la triade des protecteurs est le premier des soutiens.
" La foi est ta meilleure amie,
" Le désordre mental le pire des démons,
" L'orgueil le pire des liens,
" La calomnie la pire des fautes,
" La jalousie le pire danger sur la voie,
" La boisson la pire des déchéance. "




Il a dit :

" Si l'on ne surmonte pas les vices en usant des quatre forces,
" L'on divague dans les six formes d'existence.
" Si l'on ne s'efforce pas aux mérites,
" L'on ne gagne pas le bonheur de la liberté.
" Si l'on ne renonce pas aux dix maux,
" L'on éprouve la souffrance des mondes de misère.
" Si l'on ne médite pas la compassion et le Vide,
" L'on n'obtient pas la perfection du Bouddha. "




Il a dit :

" Si vous souhaitez l'éveil en cette vie,
" Observez sans relâche votre esprit !
" Méditez les six doctrines de Naropa,
" Elles résument le point ultime des tantras.
" Méditez la voie et la méthode tantrique,
Essence et finalité des instructions personnelles. "




Il a dit :

" Ceux qui cherchent le renom, les honneurs, le profit
" Se jettent dans la gueule du malin.
" Ceux qui se glorifient et déprécient les autres
" Tombent dans les abysses de l'angoisse.
" Ceux qui ne domptent pas l'éléphant de leur esprit
" S'abusent avec les mots des enseignements. "




Il a dit :

" L'idée de cultiver est grande,
" La vue qui ne crée rien, sage,
" La voie de l'entraînement mental, profonde.
" Exercez-vous à la circulation du souffle vital !
" Reconnaissez le visage des mélanges parfaits.
" Reposez-vous sur des maîtres sacrés !
" N'usez pas votre vie dans la distraction !
" Observez votre esprit où rien ne se crée !
" N'espérez aucune joie du monde matériel !
" Ne prenez pas les souffrances pour des fautes ! "




Il a dit :

" Réaliser la nature de son esprit c'est devenir bouddha.
" Il n'est nul besoin de s'activer d'abondance.
" Il n'existe rien de plus intense que ce but.
" Réfléchissez à ces enseignements ! "






Marpa

Publié par swadisthana à 09:55:54 dans Le Dharma... | Commentaires (4) |

Instructions: Antidotes aux émotions perturbatrices | 22 juillet 2009





Je me prosterne aux pieds de Marpa le Bienfaiteur.
Qu'il m'accorde la faveur de bons antidotes !
Vous qui possédez la foi, jeunes filles divines,
Exercez-vous continuellement à la pratique,
Méditez l'apaisement absolu de l'esprit,
Et la miséricorde, tel un ornement, grandira.




Créez aussitôt les remèdes à votre expression,
Et la quiétude du corps et des mots, en ornement grandira.




Observez constamment votre état intérieur,
Et la réduction de l'activisme, un ornement deviendra.




Frappées par de mauvais effets,
Guettez ! De peur que la colère ne monte.




Sur le point d'atteindre aux richesses convoitées,
Soyez vigilantes ! De peur que la passion n'apparaisse.




Touchées par le tranchant de mots déplaisants,
Prenez garde ! De peur d'une erreur d'audition.




Dans l'alliance avec vos amis,
Méfiez-vous ! De peur des jalousies naissantes.



Tandis que vous recevez des hommages,
Observez ! De peur que l'orgueil ne surgisse.
En toute occasion, à tout moment,
Matez le sorcier de votre vil héritage !
Quelle que soit votre position,
Méditez tout ce qui paraît, comme illusoire et Vide.




Même cent vénérables érudits
Ne diraient pas plus que cela.
Pratiquez et méditez avec joie !









Milarepa

Publié par swadisthana à 10:09:23 dans Le Dharma... | Commentaires (6) |

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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.

Le Dalaï-Lama




Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.

Le Dalaï-Lama
 




Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.

Le Dalaï-Lama

 

La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.

Le Dalaï-Lama


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