Publié par swadisthana à 23:49:03 dans Le Dharma... | Commentaires (4) | Permaliens
La notion de Karma transforme notre notion de la faute et du pardon
Le pardon et la réconciliation dans le boudhisme ont un sens sensiblement différent que celui qu’il a dans les monothéismes. D’abord, selon les érudits, le mot même de pardon n’a d’équivalent exact ni en sanskrit ni en pali. La faute ou la blessure infligée à autrui s’inscrit dans un nombre d’existences infini et non pas une seule et unique, le caractère du pardon revêt donc un caractère moins dramatique. Selon le bouddhisme, si nous sommes renés dans cette existence conditionnée, c’est en raison de nombreuses fautes et de notre manque de sagesse. Mais, puisque nous avons obtenu la précieuse existence humaine, en raison aussi de grands mérites. La loi du karma, loi de causalité, naturelle, que l’on constate mais qui nest pas une justice divine, veut que tout acte ait sa rétribution, sous forme de bonheur pour les actes positifs, sous forme de souffrance pour les actes négatifs. Cette rétribution est automatique, nul ne peut y échapper. Néanmoins, l’énergie engagée dans les actes, positifs ou négatifs, n’est pas infinie, elle s’épuise. Doù l’impermanence. Nous ne connaissons pas notre karma et ne sommes donc jamais sûrs d’obtenir ni conserver une existence favorable. Notre karma évolue en fonction des actes nouveaux que nous accomplissons. Il n’est pas une fatalité. A ce sujet, le Bouddha a dit : Si vous voulez connaître vos existences passées, considérez votre situation présente ; si vous voulez connaître vos existences futures, considérez vos actes présents (ceux du corps, de la parole et de l’esprit).
Le but, l’éveil, est l’extinction du karma, non pas l’accumulation dactes positifs pour obtenir une bonne renaissance, toujours aléatoire, mais bien de se libérer du cycle des existences conditionnées. Cette libération exige la compassion universelle, au point que les bodhisattvas subordonnent leur entrée en nirvana à la libération de tous les êtres. Nous sommes au cœur de la question. Si l’on réagit par la haine ou la violence à l’injure, au crime, à la souffrance qui nous sont infligés, nous nouons et renforçons des liens karmiques négatifs qui iront croissant sans cesse, aussi bien pour nous que pour le coupable. C’est l’entraînement assuré vers les renaissances inférieures. La vengeance relève de la haine-aversion, l’un des trois poisons fondamentaux de l’esprit, les deux autres étant le désir-attachement et la stupidité.
Dun côté, l’exigence de pardon et de réconciliation est moins dramatique dans le bouddhisme que dans les religions du Livre puisque tout acte peut toujours être transcendé. D’un autre côté, il a des conséquences incommensurables, pouvant s’étendre à un nombre infini d’existences et, de plus, être contagieux. Le pardon est donc la seule solution raisonnable, rationnelle. Le coupable subira la rétribution de son acte. Nul n’y peut rien. Mais, s’il est pardonné, la chaîne des actes négatifs consécutifs à la faute sera rompue. Quant à celui qui aura pardonné, non seulement il évitera toute conséquence négative pour lui-même, au contraire, il développera sa compassion qui relève de sa nature ultime de Bouddha, et se rapprochera de l’Eveil. En se vengeant, il subirait par entraînement les conséquences douloureuses de son acte et accroîtrait les démérites du coupable. A ce sujet, le Dalaï-Lama a dit : Se venger est comme se gratter où ça vous démange. D’abord, ça fait du bien, puis la démangeaison s’accroît et l’irritation se généralise. Pour Odon Vallet, le pardon est comme un antibiotique qui préserve la communauté de la contamination.
Le Bouddha Sakyamouni, comme tous les fondateurs des grandes religions, a été confronté à la question. Son neveu Devadatta, jaloux de son prestige, avait tenté de l’assassiner. Si le Bouddha ne lui avait pas pardonné, il se serait peut-être produit un schisme dans le sangha, car Devadatta avait de nombreux partisans.
Dans le vajrayana, la méditation sur les yidams offre la possibilité de purifier son karma en allant directement à notre nature de Bouddha. Il est question aussi de transmutation des émotions négatives dans le mahayana, dont le vajrayana est une section. Lilian Silburn, dans sa somme intitulée Le Bouddhisme, (Fayard, p. 282), écrit : « Asanga, dans un long passage d’abord cité (st.11), va plus loin encore puisqu’il suggère que c’est par l’attraction que l’on se libère de lattraction. Pour se libérer des inclinations, le bodhisattva ne les subit pas, ne les refoule pas, ne les corrige pas à l’aide de vertus, mais prend l’initiative à leur égard en les situant dans la nature absolue (...) Par le renversement du support, l’attraction replongée en sa source sélargit à l’infini et recouvre l’efficience sans que rien n’ait été vraiment éliminé : elle se transforme même en une profonde tendresse, un insatiable dévouement quand le bodhisattva se consacre tout entier au salut et au bonheur des êtres. Grâce au renoncement parfait qu’exige le salut des êtres, l’attraction ne s’exerce plus au profit du moi qui est aboli, et son énergie purifiée brille d’un intense amour. »
Le pardon concerne surtout des actes exceptionnellement graves, de ceux dits, dans le bouddhisme, aux conséquences incommensurables qui entraînent une renaissance immédiate dans les enfers les plus douloureux, sans même passer par l’état intermédiaire entre une mort et une renaissance (bardo), selon le vajrayana. Ces cinq actes aux conséquences incommensurables sont : tuer son père, sa mère, un arhat ou son lama, semer la discorde dans le sangha, blesser délibérément un Bouddha. Les cinq actes aux conséquences presque incommensurables sont tuer un moine ou une nonne, séduire un moine ou une nonne, détruire ou mutiler des représentations de Bouddha, des Ecritures ou un temple.
On peut considérer que les grands criminels de l’histoire récente, les Hitler, Staline, Mao, ou les Khmers rouges, se sont rendus coupables d’actes aux conséquences (presque) incommensurables. Leurs rescapés peuvent-ils pardonner ? Comment pourraient-ils pardonner au nom de ceux qui ont été massacrés ? L’important est de comprendre la loi du karma et de rompre la chaîne des entraînements négatifs dont l’accumulation a abouti à l’accomplissement de ces actes monstrueux. Cest aussi de ne pas oublier, afin d’éviter le renouvellement de ces tragédies. L’esprit doit être clair : la sagesse exige de refuser toute sorte de chantage, du genre : si vous ne me pardonnez pas, quoi que jaie fait, cest que vous êtes inconséquent avec votre tradition. Le Dalaï Lama a pardonné aux communistes chinois, sans contrepartie, sans chantage, sincèrement.
La compassion relativise la faute. Elle permet une détente évitant l’aggravation du mal. Elle offre au coupable une issue pour sengager dans une autre voie. Mais il faut toujours garder à l’esprit, dans le bouddhisme, qu’il ny a pas de vérité unique ni de justice absolue, sauf dans la réalisation de la nature ultime, la bouddhéité. Il n’y a ni ordre parfait, ni vérité unique et transcendante pouvant servir de base pour imposer quoi que ce soit à quiconque. Les vérités sont plurielles, tout est relatif : les fautes et le pardon, et nul n’est dans l’absolu de la vérité et de l’erreur. Chacun subira les conséquences de ses actes et ce qu’il vit est la conséquence d’actes accomplis antérieurement.
L’harmonie entre les êtres est importante. Le Bouddha avait instauré une sorte de confession parmi ses moines. Tous les quinze jours, chacun devait reconnaître publiquement ses manques envers la communauté. En cas de litige entre deux ou plusieurs moines, la communauté était prise à témoin et rendait un jugement. Chacun s’engageait à respecter ce jugement. Ainsi, l’harmonie régnait. De même, la parabole des quatre animaux. L’éléphant, le singe, le lièvre et le corbeau se disputaient pour savoir quelle devrait être la hiérarchie entre eux. Ils prirent à témoin un arbre pour connaître leur ancienneté. L’éléphant déclara avoir connu l’arbre quand il en a goûté les feuilles ; le singe, lorsqu’il a pu jouer avec ses premières branches ; le lièvre a déclaré avoir assisté à sa sortie de terre et le corbeau avoir lâché la graine qui est devenue cet arbre. Ainsi, acceptant cet ordre, contraire à la longévité naturelle, ils vécurent en harmonie. La tradition ajoute que conserver chez soi cette représentation est un gage d’harmonie familiale.
La contagion du mal, notamment par la vengeance, est une application de la loi de l’interdépendance. Le méditant bouddhiste est invité à considérer son ennemi (celui qui veut lui nuire ou s’oppose à lui) comme son maître, qui lui révèle ses défauts, alors que ses amis, par leur flatterie ou leur admiration, renforcent son illusion de l’ego, son orgueil. Par le développement de la miséricorde et de la compassion, exprimées, dans le vajrayana, par la pratique de Tchenrézi (Avalotikeshvara), il aura pour principal, puis unique souci, de rapprocher tous les hommes entre eux, d’apaiser les conflits, sans jugement, sans considération partisane d’amis ou d’ennemis, qu’ils soient bouddhistes ou non. Il se gardera de juger les autres traditions spirituelles, considérant que les fondateurs des grandes religions sont tous des bodhisattvas ayant exprimé leur sagesse par un enseignement adapté aux hommes et aux cultures de leur temps. Il verra aussi en chaque être une ancienne mère à laquelle il doit rendre la bonté quun être humain doit à sa mère actuelle. Voir en Hitler ou Pol Pot son ancienne mère est peut-être une vision surhumaine. Elle est néanmoins celle du bodhisattva. Il ne peut que faire des vœux pour que ses actes aux conséquences (presque) incommensurables ne se généralisent pas et qu’elle vainque promptement l’illusion, l’ignorance fondamentale, qui l’ont amené où elle est tombée.
Les écritures disent : pourquoi détester l’lhomme qui nous frappe avec un bâton alors que c’est du bâton que l’on reçoit vraiment la souffrance ? Proposition absurde mais éclairante qui signifie que ce que l’on doit haïr nest jamais l’être souffrant en raison de son ignorance mais l’ignorance elle-même.
2000
Publié par swadisthana à 13:04:18 dans Le Dharma... | Commentaires (2) | Permaliens
Le Bouddha selon le Bouddhisme ancien
Selon le Theravàda et une grande partie des écoles du bouddhisme ancien, un bouddha est un être qui, tout au long de ses nombreuses vies passées de bodhisattva, s'est peu à peu affranchi du désir et de tous les obscurcissements pour parvenir au plein Éveil au siège de diamant (SK. Vajràsana) au cours de sa dernière vie terrestre en tant qu'être humain, avant de quitter définitivement le samsàra à la fin de sa vie, pour entrer en nirvàna. Bien qu'affranchi de tous les liens qui entravent les êtres de ce monde, il montre au cours de sa vie que des circonstances peuvent lui être contraires et qu'il est sujet à la maladie, à l'empoisonnement et finalement à la mort.
Son corps physique, constitué des quatre grands éléments est paré des trente-deux marques majeures et des quatre-vingts signes mineurs d'un grand être , qui n'apparaissent qu'à ceux dont le karma est suffisamment purifié. Il n'en est pas moins périssable. Une fois accompli son parinirvàna, le Bouddha n'est plus perceptible dans le monde, mais il laisse des reliques corporelles (SK. garira, TIB. ring-bsrel), support de vénération et d'offrandes permettant aux pratiquants et aux laïcs d'accumuler des mérites, et surtout un enseignement, le Dharma, par lequel son action reste effective pendant de nombreuses années. Cet enseignement, appelé corps de la doctrine (PAL. dhammakàya), peut comprendre les quatre nobles vérités, les origines interdépendantes et quantité de discours consignés dans les sùtra (tous les bouddhas n'exposent pas nécessairement les mêmes enseignements).
Le Bouddha est encore qualifié de "Bienheureux" (SK. bhagavan, TIB. bcom-Idan-'das, "Celui qui a vaincu [les passions], est paré [des qualités éveillées] et est passé au-delà [du samsàra]"), de "Vainqueur" (SK. et PAL. jina, TIB. rgyal-ba), d'arhat (PAL. arahant, TIB. dgra-bcom-pa), de parfaitement et complètement Éveillé (SK. samyaksambuddha), d'omniscient (SK. sarvajiià, TIB. thams-cad mkhyen-pa) à la conduite pure, de "Celui qui connaît le monde", de guide spirituel inégalé, de maître qui instruit les dieux et les hommes, et surtout de Tathàgata (TIB. de-bzhin gshegs-pa), qui signifie "Ainsi allé". Tel est ce que l'on peut dire non seulement du Bouddha historique Sàkyamuni (Siddhàrtha Gautama), mais aussi de tous les éveillés du passé et à venir qui, comme gàkyamuni, se sont déjà pleinement éveillés ou s'éveilleront dans le futur.
Dans le Hinayàna, on reconnaît six bouddhas du passé qui ont précédé le bouddha Sàkyamuni, chacun ayant présidé à une ère fortunée :
- Vipàsyin (PAL. Vipassi, TIB. rNam-gzigs), "Qui embrasse tout du regard".
- Sikhin (PAL. Sikhi, TIB. gTsug-gtor-can), "À l´ornement apical".
- Visvabhù (PAL. Vessabhù, TIB. Thams-cad skyob), "Protecteur de tous".
- Krakuccandra (PAL. Kakusandha, TIB. 'Khorba Jig, log-pa dang-sel).
- Kanakumûni (PAL. Konagàmana, TIB. gSerthub).
- Kàsyapa (PAL. Kassapa, TIB. 'Od-srung).
Le bouddha qui suivra Sàkyamuni est Maitreya (PAL. Metteya, TIB. Byains-pa), "Amour", qui réside actuellement dans le ciel Tusita en attendant de renaître sur terre pour y manifester l'Éveil.
Certains textes pâli rajoutent une liste de dix huit bouddhas qui les précèdent, où figure en premier Dipamkara (PAL. Dipankara, TIB. Mar-me mdzad), dont le nom est repris dans les listes du Mahàyàna.
Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme - Philippe Cornu - Édition Seuil
Publié par swadisthana à 10:45:31 dans Le Dharma... | Commentaires (2) | Permaliens
Par Sogyal Rinpoché
Pour faire le bien d’autrui, nous devons nous perfectionner en purifiant et en transformant notre esprit. C’est le but de ce que nous appelons « pratiques préliminaires », qui posent les bases de tout progrès spirituel.
Kyabjé Dilgo Khyentsé Rinpoché
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Les préliminaires du ngöndro ou pratiques « de base » du Bouddhisme Vajrayana sont des moyens profonds et puissants pour purifier et transformer en profondeur tous les plans de notre être. Non seulement ils préparent les pratiquants à la voie des pratiques de sadhana et aux enseignements du Dzogchen, mais ils les guident progressivement vers l’expérience de la nature la plus secrète de leur esprit. Car, comme le dit Jamyang Khyentsé Chökyi Lodrö : « Une fois les obscurcissements écartés, la sagesse de Rigpa rayonne naturellement. »
La pratique du ngöndro commence par une série de contemplations visant à transformer notre vie. Elles incluent : le caractère unique et l’opportunité de la vie humaine, la présence ininterrompue et le sens de l’impermanence et de la mort, l’inéluctabilité des causes et des effets de nos actions, et le cycle répétitif de frustration et de souffrance qu’est le samsara. Elles mènent aux pratiques de :
• prendre refuge dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha, et découvrir la confiance dans notre nature de bouddhaLa sagesse innée ultime est seulement le fruit des accumulations de mérite, des purifications des obscurcissements et des bénédictions d’un maître réalisé.
• ouvrir le cœur de l’esprit d’éveil, la bodhicitta, où nous découvrons l’amour-tendresse et la compassion, en travaillant avec les autres et nous-mêmes et avec les défis de la vie
• purifier les émotions destructrices, le karma négatif et les obscurcissements grâce à la pratique de guérison de Vajrasattva
• accumuler le mérite et la sagesse en développant la générosité et les circonstances favorables avec l’offrande du mandala
• finalement, dans la pratique du Lamé Naljor, grâce aux bénédictions du maître, nous unissons notre esprit à l’esprit de sagesse de tous les bouddhas, éveillant ainsi la sagesse de la réalisation. Comme le dit le Trésor des Chants de Réalisation (Dohas) :
Lérab Ling
Pour tout renseignement et inscription concernant les enseignements et les activités de Lérab Ling :
Lérab Ling, L’Engayresque,
34650 ROQUEREDONDE, FRANCE
tél : +33 (0)4 67 88 46 00
fax : +33 (0)4 67 88 46 01
site internet : www.rigpafrance.com
Publié par swadisthana à 19:27:48 dans Le Dharma... | Commentaires (2) | Permaliens
« La motivation est toujours l'accomplissement du bienfait des autres, le souhait que tous les êtres puissent atteindre l'Eveil aussi vite que possible ». « Guendune Rinpoché
L'enseignement du Bouddha est un chemin spirituel qui nous permet de développer la clarté de l'esprit, de vivre plus lucidement, et, par là, de nous ouvrir aux autres. Selon le Bouddha, chaque être a en lui un potentiel de sagesse, voilé par les émotions, les habitudes mentales, la confusion. Mettre en pratique cet enseignement nous amène à dissiper progressivement les voiles de l'esprit et à faire mûrir nos qualités éveillées. Que ce soit dans la rencontre avec les autres, dans l'activité ou par la méditation, toutes les situations de la vie deviennent un matériau d'Eveil, une opportunité d'accomplir son propre bienfait et celui des autres. La pratique du bouddhisme nous permet de mieux vivre, et, ultimement, d'accomplir un but spirituel : la réalisation de l'Eveil pour le bienfait de tous les êtres, la réalisation de la sagesse et la compassion.
Des mérites aussi vastes que le ciel
"Si vous pensez en terme de don, toutes les actions deviennent des vertus ... C’est également ainsi que vous pourrez constater à quel point les êtres sont précieux dans votre vie, si bons et si précieux pour vous."
Par Lama Zopa Rinpoché
Une jeune femme indienne m’a dit qu’elle recevait souvent du monde chez elle. Alors je lui ai dit qu’inviter des amis pouvait devenir une pratique du Dharma. Cela peut devenir un moyen d’accumuler beaucoup de mérites pour soi ou pour sa famille, particulièrement si c’est fait avec la pensée de l’esprit d’Eveil (Skt. Bodhicitta). Si vous y pensez en terme de don, toutes les actions deviennent des vertus. Avec la Bodhicitta, quand vous faites un don, peu importe à combien de personnes vous faites cette offrande, -une personne ou une centaine ou un millier- avec chaque personne vous accumulez des mérites aussi vastes que le ciel.
Il en est de même pour les lumières de Noël et les bougies d’anniversaire. Si vous faites des offrandes au Champ de Mérite, aux Trois Joyaux, alors de toute évidence, vous accumulez des mérites inconcevables pour chaque lumière, aussi petite soit-elle. à partir du moment où elle est offerte au Bouddha, avec la moindre offrande, vous créez immédiatement la cause pour l’Eveil. Il en va de même pour chaque offrande faite avec la pensée de Bodhicitta. Que ce soit du thé ou de la nourriture, chaque don devient la cause de l’Eveil. Cette offrande devient tout d’abord une cause pour une bonne renaissance et la richesse dans votre vie future et par la suite pour se libérer du samsara. En conclusion, la cause de la libération totale des océans de la souffrance est la réalisaton de la cessation des deux types d’obscurcissement : grossier et subtil. Cela devient ensuite une cause pour parachever la qualité d’une réalisation parfaite et complète. De plus, après avoir reçu tous ces bienfaits, vous occasionnez alors le même bienfait à d’innombrables êtres, les amenant finalement à l’Eveil parfait, l’état de félicité totale et suprême. Existe-t-il quelque chose de plus important, de plus excitant à réaliser dans votre vie que cela ? Je ne le pense pas ! Si vous croyez qu’il y a quelque chose de plus que cela, alors je pense que l’esprit est halluciné ou fou.
Si toutes ces petites fêtes n’ont pas lieu dans cet état d’esprit, elles ne représentent que du karma négatif supplémentaire. Cela revient à donner une fête afin de renaître dans les royaumes inférieurs pour y expérimenter leurs souffrances. Toutes ces lumières que l’on offre lors des mariages, et à Noël engendrent de la même façon du karma négatif supplémentaire si ces offrandes sont faites avec attachement. Offertes pour notre seul désir et notre propre satisfaction, ces lumières sont autant de karma négatif. Même si l’offrande est faite au minimum avec un bon cœur, pour rendre les autres heureux, sans attendre quoi que ce soit en retour, cela peut devenir une vertu du Dharma.
La même chose s’applique au fait de déposer des fleurs au cimetière sur la tombe de l’un des membres de votre famille. Même en n’étant pas bouddhiste, si vous déposez les fleurs pour faire acte de charité pour tous les êtres, alors par cette action, vous accumulez du mérite et générerez un karma positif.
Pour celui qui croit en Dieu, ceci peut aussi devenir une action profitable en pensant à Dieu, non pas comme étant quelque chose de semblable au ciel, mais plutôt en le considérant comme quelqu’un qui s’est libéré de toutes les fautes de l’esprit, de tous les obscurcissements grossiers et subtils et qui a parachevé toutes les réalisations, quelqu’un qui a une grande compassion pour tous les êtres. En pensant ainsi puis en offrant les fleurs, vous avez accumulé du mérite. Ensuite, le mérite que vous avez créé, soit en faisant une offrande aux autres êtres ou même à Dieu, vous le donnez au membre de la famille qui est décédé. Vous dédiez le mérite à cette personne afin qu’elle puisse atteindre le bonheur suprême et éternel. C’est alors très pratique. Autrement, si vous ne faites que penser avec attachement « Voici ma femme, mon enfant », déposer une fleur sur cette tombe ne fait que créer un autre karma négatif. Il n’y a pas de bienfait réel pour vous et en particulier aucun bienfait pour la personne décédée.
Lorsque vous accueillez des gens chez vous, il est très bon de toujours leur offrir quelque chose avec une motivation de Bodhicitta. Ainsi toute personne qui vous rend visite vous aide à accumuler d’immenses mérites et à atteindre l’Eveil rapidement, surtout lorsqu’il s’agit d’un disciple du même guide spirituel. Dans ce cas, si vous leur offrez quelque chose en pensant à votre Lama, vous accumulez beaucoup plus de mérites que d’avoir fait des offrandes aux innombrables Bouddhas et Bodhisattvas du passé, du présent et du futur, et aux innombrables statues, textes sacrés et stoupas des dix directions. En ne donnant même qu’un verre d’eau ou un bonbon à un étudiant du même Maître, vous accumulez un nombre incroyable de mérites. Comparé à cela, faire des offrandes aux innombrables Bouddhas des trois temps et à tous les objets sacrés des dix directions est insignifiant.
Le texte de L’Offrande au Maître (Tib. Lama Tcheupa) en parle. C’est le yoga du Maître le plus secret et le plus profond et la pratique tantrique la plus élevée qui nous permet d’atteindre l’Eveil total de la manière la plus rapide dans des temps de dégénérescence : non seulement en une vie, mais dans la vie brève des temps dégénérés qui ne représente qu’un nombre d’années. C’est cette pratique qui a permis à tant de grands yogis de l’Inde, du Népal, du Tibet, et d’autres pays d’atteindre l’Eveil en peu d’années. Bien sûr, ils ont obtenu l’Eveil sur la base des réalisations du Lam.rim, de la dévotion au guide spirituel, du renoncement, de la bodhicitta et de la vacuité.
Le texte de L’Offrande au Maître a été composé par Panchèn Losang Gyaltsèn, l’une des incarnations du Panchèn Lama. « Je fais la requête auprès du sauveur, du refuge compatissant, dont même un pore est plus vénéré en tant que champ d’accumulation de mérites pour nous, que tous les Victorieux des trois temps et des dix directions ».
Ici, le mot « pore » signifie étudiant du guide spirituel, par exemple. Mais ce n’est pas tout. Il peut tout aussi bien se rapporter à un chien ou un cheval appartenant au guide spirituel. Ce qui veut dire qu’en donnant juste une poignée de nourriture au chien de l’ami vertueux, ou une poignée d’herbe à son cheval, on accumule des mérites aussi vastes que le ciel, bien plus immenses que d’avoir fait des offrandes aux Bouddhas infinis des trois temps et des dix directions, à tous les Bodhisattvas, et à toutes les statues, à tous les textes sacrés et les stoupas des dix directions.
Ce qui signifie que si le guide spirituel est laïque, on accumule des mérites en faisant des offrandes à ses enfants, à sa femme, ou à tout autre membre de sa famille, ou même à ses voisins ou amis. Par conséquent, puisque tant de mérites proviennent des offrandes faites aux « pores » du guide spirituel, alors il n’y a aucun doute quant aux offrandes faites aux amis vertueux eux-mêmes.
C’est pour cette raison que Nagarjouna dit, dans l’enseignement du tantra Les Cinq Etapes : « Abandonnez toutes les (autres) offrandes et faites des offrandes au Maître. En lui faisant plaisir, vous atteindrez la suprême sagesse transcendantale, l’esprit omniscient. »
Quand on fait une fête ou que l’on offre de la nourriture ou des boissons, on peut visualiser chaque personne sous la forme du guide spirituel. Ainsi en leur offrant ces choses, on pratique le gourou yoga.
De cette façon, si vous savez comment pratiquer le Dharma, plus vous connaissez de Dharma, plus vous rencontrez d’occasions incroyables dans votre vie, sans cesse, pour créer tant de causes de bonheur et de causes pour atteindre l’Eveil et être capable rapidement d’amener les autres êtres à l’Eveil
A propos, si vous faites des efforts dans votre vie de tous les jours et essayez de saisir chaque occasion qui se présente pour accumuler des mérites de cette façon, alors, dans cette vie et dans vos vies futures vous aurez toutes les conditions nécessaires pour pratiquer le Dharma et pour rendre davantage de bienfaits aux autres. C’est également ainsi que vous pourrez constater à quel point les êtres sont précieux dans votre vie, si bons et si précieux pour vous.
Extrait du Mandala, le magazine internationl du FPMT (juillet-aout 99)
Publié par swadisthana à 07:54:48 dans Le Dharma... | Commentaires (2) | Permaliens
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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.
Le Dalaï-Lama

Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.
Le Dalaï-Lama

Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.
Le Dalaï-Lama
La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.
Le Dalaï-Lama
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