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Texte tiré du livre "Cent mille éclairs dans la nuit"
de Gilbert Collard et Gilles van Grasdorff

Dhammadâna,
mon offrande de l'Enseignement :
Ces pages sont offertes à
tous ceux qui cherchent une
voie vers le bonheur
et comme me le disaient
les "Saints" d'Asie
sur le chemin, rencontrés :
rien de cela doit être gardé
pour soi et tout de cela doit être
librement offert à ceux qui sont
ombres et souffrances sur cette terre.
Basé sur mon expérience de vie plutôt
que sur des livres lus ici ou Là.
Je ne désire surtout pas faire de ces
pages un chapitre d'érudisme,
mais juste vous faire partager
un peu de ce que je suis.
Mon prénom est Pascale,
j'ai débuté cette vie à Paris fin 1960
J'ai pris refuge dans Le Bouddha,
le Dharma et la Sangha.
Mon nom de refuge est Djinpa-Dreunmé
Je suis mariée avec Laurent depuis 1979.
Nous avons donné vie à trois enfants
(nos plus belles réussites).
Nous avons su faire face à tous les orages en
restant les meilleurs amis qu'il soit
possible d'être dans une confiance et un
soutien réciproque. Je lui dédie mon amour
le plus sincère et le plus profond.
Chevaux, chiens, chats, rats, araignées....
J'aime et respecte tous les animaux.
Chacun d'eux à sa raison d'exister et
je crois qu'il nous faudrait réfléchir un peu
plus souvent à nos actions négatives
en tant qu'humains, à leur égard.
Mon rêve est de découvrir l'Asie et ses âmes,
de pouvoir aller sur le Mont Kailash au Tibet,
de vivre en Inde
(je m'emploie à ce qu'il devienne réalité).
J'aime les relations avec les autres âmes,
l'équitation, la sculpture, la photo, la nature,
la lecture, apprendre...
LA VIE !
J'aime les échanges avec mes amis,
les soirées autour d'un bon repas
dans une ambiance conviviale.
J'aime faire de nouvelles rencontres.
J'aime faire de la vie une fête,
créer des moments "moelleux",
châleureux, et, c'est assez facile d'y parvenir
pour peu qu'on le désire vraiment.
Quand j'aime, je ne sais pas "désaimer".
Selon moi, l'amour n'est pas une part de gâteau
qui défavorise l'un dès lors qu'il est partagé.
L'amour a de multiples facettes, de multiples aspects.
L'amour est la plus belle des choses qui existent en
ce monde, et pourtant, une des choses les plus
difficiles à partager quand l'incompréhension
prend place dans les esprits.
Passionnée par les enseignements du Bouddha
ainsi que par les enseignements des Maîtres,
j'essais de m'améliorer à chaque instant
car je sais qu'ils peuvent m'aider à avancer
sur le chemin qui est le mien sans trop m'y fourvoyer
(enfin, j'essais !).
Je voue une grande admiration à
Sa Sainteté Le Dalaï-Lama
et au Mahatma Gandhi
pour leurgrande sagesse et
leur immense compassion.
Je fuis toutes les formes de violence (beurk !)
et les relations conflictuelles. Il me semble que vouloir
poursuivre une relation qui ne peut être paisible est
une erreur si elle éveille en nous des émotions et des
pensées négatives. Je participe activement aux actions pour
la Paix, pour les droits de l'homme et de l'enfant,
pour le respect et les droits des animaux
et je lutte contre la violence en générale.
J'essais d'avoir une certaine "utilité" dans
cette existance, car je crois que nous pouvons
toujours aider autrui, même au plus petit niveau.
Si je ne peux pas aider, alors je m'efforce de ne pas nuire.
Avec l'aide de personnes merveilleuses,
j'anime un forum bouddhiste ou tout le monde est le bienvenu :
http://groups.msn.com/paixdesmes
Ma citation favorite :
"Je ne suis qu'un simple reflet comme
la lunesur les eaux, quand tu me
vois m'efforcer au bien,
tu te vois toi même"
Sa Sainteté le Dalaï-Lama.

"Ecolo-Attitude"




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Au Tibet
Enfants soldats au Soudan
Réfugiés au Darfour
Colombie
Birmanie........
et...... dans bien trop d'endroits !
Qui peut prétendre avoir le droit d'opprimer indéfiniment tout un peuple, d'anéantir une culture ?
Qui à le droit de bailloner, d'étouffer, de torturer... de tuer ?
Et nous, avons nous le droit de rester à regarder, là, sans bouger, bien protégés dans notre silence ?
Ne sommes nous sur cette terre que pour nous taire ?
La liste est longue, Tchétchènie, Darfour, Colombie... entre autres combats
Jamais nous ne devons renoncer à notre liberté, et par conséquent, nous ne pouvons accepter que d'autres en soient baffoués.
Il nous appartient de dire NON, à nous qui avons la chance de vivre dans un pays Libre, pour que d'autres, qui n'ont pas cette chance, puissent la connaître aussi !
Publié par swadisthana à 14:23:43 dans - La violence | Commentaires (6) | Permaliens
Publié par swadisthana à 18:37:51 dans - La violence | Commentaires (0) | Permaliens
Les incendies sans précédent qui ravagent la Grèce, attisés par des vents violents, la chaleur et une végétation desséchée, ont fait 63 morts en quatre jours, selon un bilan officiel lundi, encore provisoire.
Depuis samedi, l'ensemble du territoire national est placé en état d'urgence et 19 pays, dont la France, se sont mobilisés pour venir en aide à Athènes. Au cours des dernières 24 heures, entre 6h dimanche et lundi matin, 89 feux se sont déclarés, a précisé le porte-parole des pompiers Nikos Diamandis, avant d'ajouter que 28 de ces feux étaient jugés particulièrement dangereux. A travers tout le pays, 20 avions et 19 hélicoptères combattent les flammes.
D'Evros dans le nord-est aux îles de Céphalonie et Corfou en mer Ionienne, tout comme plus au sud dans le Péloponnèse, de vastes portions de territoire ont été entièrement ravagées. Depuis vendredi, ces incendies, le plus souvent criminels, ont laissé un paysage de désolation dans leur sillage et on ne compte plus les maisons détruites, les voitures calcinées et les carcasses d'animaux brûlés.
Lundi, les villageois fuyaient leurs maisons dans le sud du pays, alors qu'un hélicoptère évacuait cinq personnes dans le village de Prasidaki. Un autre a également été envoyé à Frixa, mais les habitants ont refusé de partir, selon les pompiers. Le bilan est passé lundi à 63 morts, avec le décès de deux personnes, dont l'une s'est noyée en tentant de fuir les flammes.
Les incendies ont surpris de nombreux Grecs pendant leurs vacances d'été, période qu'ils mettent à profit pour rendre visite à leurs proches dans les villages.
Comme à Varvasaina, près de la cité antique d'Olympie, où Kaliopi Stathopoulou pleure devant les ruines de la maison de son frère. "Sept personnes vivent ici, dont deux familles et des enfants", sanglote-t-elle. "Maintenant ils n'ont même plus de vêtements. Cela continue à brûler. Où allons-nous vivre?"
Ces incendies ont provoqué la colère d'une opinion publique déjà sous le choc des sinistres de juin et juillet derniers. Le sujet devrait dominer la campagne avant les élections générales anticipées du 16 septembre. De nombreux Grecs dénoncent en effet la réaction du gouvernement, qu'ils jugent inadaptée et trop lente. Entre 200 et 300 millions d'euros devraient être débloqués pour apporter une aide immédiate aux familles, entreprises et localités sinistrées, selon le vice-ministre des Finances, Petros Doukas.
La plupart de ces incendies sont apparemment d'origine criminelle et plusieurs suspects ont été arrêtés. Le procureur chargé du terrorisme Dimitris Papangelopoulos a ouvert une enquête lundi pour déterminer "si les crimes d'incendies volontaires perpétrés dans le pays au cours de l'été 2007" pouvaient être soumis à la loi antiterroriste, selon le ministère de l'Ordre public.
Toute construction est interdite en Grèce dans les zones boisées. Mais des promoteurs immobiliers peu scrupuleux sont accusés d'avoir déclenché des incendies dans l'espoir de contourner la loi. Le pays ne disposant d'aucun cadastre, rien ne prouve après un incendie ayant tout ravagé qu'une région était boisée ou non.
"C'est une immense catastrophe écologique", a commenté Theodota Nantsou, du Fonds mondial pour la nature (WWF). Avec les conditions météorologiques défavorables, la sécheresse et les vents violents de ces dernières semaines, "nous avons la recette pour brûler tout le pays".
Les feux les plus violents se situent principalement dans les montagnes du Péloponnèse (sud), où sont mortes au moins 40 personnes. Les flammes se sont approchées à une centaine de mètres d'Olympie, près du site vieux de 2.800 ans, bordé de collines, qui avait accueilli les premiers jeux olympiques de l'histoire.
Des avions et hélicoptères ont largué de l'eau et de la mousse, qui ont recouvert les ruines de ce site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le feu a atteint le bord des anciennes arènes et brûlé les arbres sur la colline située en face. Arbres et arbustes situés à quelques mètres du musée du site ont brûlé, où des volontaires armés de seaux s'étaient joints aux pompiers.
Enfin, terrifiante histoire, une femme retrouvée morte vendredi, le corps calciné et les bras entourant ses quatre enfants, aurait sans doute eu la vie sauve ainsi que les siens, s'ils étaient restés chez eux: leur maison est la seule à ne pas avoir été détruite par les flammes dans le village d'Artemida, dans l'ouest du Péloponnèse. AP
ir/v/nc/ll/v0611
Publié par swadisthana à 00:17:59 dans - La violence | Commentaires (0) | Permaliens
La violence
La violence a une origine intentionnelle. Elle est une intention de nuire dirigée vers un objet qu'elle veut détruire : d'abord l'autre à qui j'en veux, que je me mets à haïr, ou aussi moi-même que je finis par ne plus supporter et que je cherche à détruire. Tout ce que je n'accepte pas et que je voudrais détruire. Derrière la violence vers autrui qu'y a-t-il ? G. Gusdorf le montre remarquablement dans La vertu de force. Il y a l'impatience du désir supportant mal les obstacles. Que vienne s'interposer entre moi et mon désir un obstacle et l'envie me vient de le détruire, l'envie me vient de forcer le passage. La violence sur l'autre contient une impatience parce qu'elle participe du caractère prédateur du désir. Elle est intimement liée à la frustration du désir. Mais dès qu'elle apparaît, l'unité de la relation avec l'autre se brise. La dualité entre moi/l'autre se structure sous la forme d'un conflit. Ce qui est fondé sur le terrain de l'unité, c'est la possibilité d'une reconnaissance mutuelle, d'une entente, d'un respect mutuel. En brisant la relation, la violence détruit ce qui rend possible une communication. « La violence est cette impatience dans le rapport avec autrui, qui désespère d'avoir raison et choisit le moyen le plus court pour forcer l'adhésion ». Mais à ce titre, le violent se retrouve seul avec sa violence. La violence nous referme sur vous-même et vous coupe des autres. Mais en même temps, la violence se retourne contre nous-même. « Toute violence, par delà le meurtre du prochain, poursuit son propre suicide. Elle est en effet destruction de soi ; les Anciens savaient déjà que la colère est une courte folie ». On dit justement que celui qui est livré à la colère est hors de lui. C'est seulement quand on est détendu que l'on est soi-même. La colère est une émotion qui aliène le sujet, elle est une folie. Il y a certes une différence entre le brusque accès de colère qui retombe assez vite et vous laisse honteux de vous être laissé emporter, et la haine qui entretient le ressentiment, nourrit dans la pensée l'intention de nuire. Mais le fait même de laisser la violence s'emparer de soi, c'est aussi se perdre soi-même. Que la colère soit déjà une folie, cela se montre dans le déchaînement qui s'empare du corps : « La violence suppose un échappement au contrôle : l'explosion émotive se libère en déchaînements paroxystiques, cris et gesticulations, qui atteste l'échec de toutes les disciplines personnelles. Le violent, incapable de se contenir, recherche dans sa propre frénésie une sorte d'apaisement ». Il est au plus mal car il ne parvient plus à se retrouver, il est emporté par une tempête émotionnelle. S'il peut décharger son affectivité, il regrettera pourtant de s'être conduit comme un enfant. Il aura besoin du pardon pour lever sa culpabilité. Mais il y a plus grave. « il arrive que le violent, une fois hors de soi, ne puisse à nouveau se posséder. Il fait confiance à la violence, méthodiquement, comme on le voit dans le domaine de la terreur ». Le régime de la terreur, c'est la violence devenue système, la violence suivie dans sa logique de négation. C'est là que le nihilisme se révèle le plus radical et que nous serions tentés de penser à l'existence d'une volonté démoniaque logé en l'homme. « La violence se fait institution et moyen de gouvernement. Il a existé, il existe une civilisation de la violence, monstrueuse affirmation de la certitude qui rend fou, selon la parole de Nietzsche" ». Mais il n'y a aucune cohérence dans ce qui est construit par la violence, aucune permanence possible dans la durée possible, car ce qui est obtenu par la violence s'autodétruit. « Ce qui est obtenu par la violence demeure en effet sans valeur : ce n'est pas en violant une femme que l'on obtient son amour, et la persécution ne saurait gagner cette libre approbation des consciences que pourtant l'on désire secrètement conquérir ». Mais le drame horrible, c'est que l'enchaînement de la violence entraîne à la fois la victime et le bourreau dans un cycle de négation, le cycle infernal de la violence. « L'esclave qui se complaît dans son esclavage, le déporté que se faisait le valet ou l'auxiliaire des S.S. ceux là, pour sauver leur vie, ont tout perdu ». Évidemment, la formule "civilisation de la violence" est contradictoire, la violence est l'opposé de toute civilisation, mais pourtant elle indique que l'Histoire peut nous mettre devant une organisation systématique de la violence. Dans cet abîme, l'humanité trahit la possibilité d'un nihilisme foncier.
Il nous faut voir et comprendre la violence dans son origine dans la pensée, voir qu'elle est un produit de notre propre pensée. La compréhension du processus de la violence déjà nous en libère. Nous ne pouvons pas accepter la violence quand nous avons vu ce qu'elle est, ce qu'elle entraîne, dans quel néant elle nous précipite. Aussi, avant de sauter le pas par dessus notre violence pour prôner la non-violence, il faut d'abord comprendre la violence.
La non-violence
Il n'est pas possible d'être non-violent, si l'on n'a pas au préalable compris en profondeur ce qu'est la violence. La non-violence elle-même ne se comprend pas comme une manière de fuir la violence. Toute la question est de savoir si la non-violence est seulement un héroïsme de la volonté ou si elle correspond à un état d'être naturel.
Ce que Gandhi a cherché à faire comprendre, c'est que la non-violence est une stratégie de combat. Ce n'est pas un repli, c'est une manière de combattre le mal sans l'alimenter. « Je n'hésite pas à dire que là où le choix existe seulement entre la lâcheté et la violence, il faut se décider pour la solution violente. Ainsi, mon fils aîné m'a demandé ce qu'il aurait dû faire s'il avait été témoin de l'attentat qui faillit me coûter la vie en 1908 : fallait il s'enfuir et me laisser assassiner ou recourir à la force physique pour me venir en aide ? Je lui répondis qu'il eut été de son devoir de me défendre, au besoin par la violence ».Pourtant, la non-violence est supérieure à la violence car elle en a la compréhension, elle sait que la violence nourrit la violence. Ce que l'homme violent demande, c'est de trouver en face de lui une résistance violente qui lui permette de montrer sa force. Si on ne jette pas d'huile sur le feu, la violence va se défaire d'elle-même. C'est un peu comme la boule de neige qui roule. Elle ne s'alimente que si elle trouve sur son parcours de quoi se renforcer. Aussi la première règle est de ne rien faire qui puisse relancer la violence. « La non-violence ne consiste pas à s'abstenir de tout combat réel, face à la méchanceté. Au contraire, je vois dans la non-violence une forme de lutte plus énergique et plus authentique que la simple loi du talion qui aboutit à multiplier par deux la méchanceté ».La neutralité de l'attitude est une attitude difficile à tenir mais elle produit des effets. Elle met la situation de conflit dans une position nouvelle. Il n'y a plus moi d'un côté et l'autre en face qui sommes en conflit. Il y a une ouverture, un accueil, une compassion d'un côté et de l'autre un moi violent qui ne trouve pas en face un autre ego auquel il pourrait s'opposer. La neutralité est fondée sur une absence d'ego. Il faut accepter qu'elle puisse un moment exaspérer le moi violent qui se trouve en face, mais justement, elle peut provoquer aussi un retournement, une conversion. « Je m'emploie à désamorcer le ressort du conflit en n'offrant aucune résistance d'ordre physique. Mon adversaire doit être tenu en respect par la force de l'âme. Tout d'abord il sera décontenancé, puis il lui faudra bien admettre que cette résistance spirituelle est invincible. S'il en convient, loin d'être humilié, il ressort de ce combat plus noble qu'avant. » C'est ainsi seulement que l'ennemi peut devenir un ami. Il ne s'agit donc pas de faire plier la volonté de l'autre, il ne s'agit pas non plus de subir sans rien faire. Ce que l'on oublie trop souvent, c'est que la non-violence a son fondement dans l'amour. « Si je suis non-violent, je dois aimer mon ennemi ». L'amour vrai ne cultive pas le conflit. L'amour ne peut pas engendrer la violence et il peut même la résorber.
Nous voyons donc que la non-violence ne se réduit pas à un héroïsme de la volonté seule contre tout. Elle implique un travail sur soi. Seule la connaissance de soi peut remonter les processus qui engendrent la violence. La violence ne surgit pas sans raison, par on ne sait quel entité qui nous manipulerait à notre insu. Elle a son siège dans la nature des noeuds psychiques de la conscience. Elle est largement alimentée par la frustration, la tension intérieure qu'elle décharge. De là suit que c'est seulement en libérant la conscience des tensions qu'elle accumule, que la création d'un état de paix est possible. La Paix n'est pas un concept politique. La paix au niveau collectif a son origine dans la paix individuelle. Tant qu'il existe un état de tension au niveau individuel, il a des répercussions collectives sous forme d'explosions de violence. Il n'y a pas de culture de la violence, même si la violence peut prendre une forme organisée. Par contre il y a une Culture de la non-violence et des moyens de la non-violence et dont le tout premier est d'abord de substituer en permanence à l'affrontement physique la parole échangée, le dialogue. Plus profondément, ne peut-on pas dire qu'il y a un état non-violent de la conscience en qui tout conflit s'est abolit, parce que toute tension s'est abolie?
Publié par swadisthana à 13:48:25 dans - La violence | Commentaires (2) | Permaliens
Par Dr Trinh Dinh Hy
Le Bouddha Gotama

Lorsque l'on porte un regard en arrière sur le siècle passé, et que l'on suit les informations sur les actualités quotidiennes, on ne peut s'empêcher de faire un constat terrible et angoissant : notre monde est de plus en plus violent.
Bien sûr, de tout temps il y a eu des guerres, des massacres, des oppressions de toute sorte. La paix, tant rêvée par les hommes, n'a jamais duré très longtemps, même dans les parties les plus épargnées de la planète. Les sociétés humaines sont ainsi faites, et il faut se faire à l'idée que nous vivons comme des animaux, dans une jungle où " manger ou être mangé " est la règle, et où " l'homme est un loup pour l'homme ". L'agressivité fait partie même des moyens de sauvegarde de la vie, puisque la loi naturelle veut que seuls survivent les individus qui savent se défendre.
Mais, ce qui est plus nouveau et inquiétant, c'est que les acteurs de la violence disposent des moyens de plus en plus efficaces et destructeurs. En quelques siècles, on est passé des armes blanches aux armes à feu, aux explosifs, puis aux armes nucléaires, chimiques, biologiques, pilotées par ordinateur, par rayon laser, et dans ce domaine les recherches technologiques vont bon train, financées par de puissants lobby de l'armement.
La violence est aussi devenue civile et pas seulement militaire, rurale et pas seulement urbaine, entre ethnies et pas seulement entre nations, gratuite et pas seulement par nécessité.
Et ce qui est grave, c'est qu'elle semble de plus en plus répandue, à l'école, sur les routes, sur les lieux de travail... On dirait qu'elle est contagieuse parmi les jeunes, véhiculée par les médias, et que rien ne l'arrête, pas même les lois (souvent trop laxistes), que la police (de plus en plus démotivée) tente vainement de faire respecter.
La violence moderne se vit au quotidien, avec selon des statistiques récentes, 11000 délits et des dizaines de voitures brûlées par jour, en France...
Qu'est-ce que la violence ?
C'est par définition " le caractère de ce qui se manifeste, se produit et produit ses effets avec une force intense, extrême, brutale ".
Elle peut être évidente, sous forme d'agressions de toutes sortes : guerres, massacres, déportation, assassinats, meurtres, viols, enlèvements, braquage, racket, vols, coups et blessures, maltraitance... Mais elle peut être simplement verbale : injures, diffamation, harcèlement... jusqu'à revêtir les formes les plus subtiles d'oppression, de contrainte.
Elle peut surgir de la simple misère, physique ou morale. Par exemple dans la situation de celui qui sombre dans la dépression, qui se fait violence jusqu'à se supprimer, parce qu'il n'a plus rien à espérer de la vie.
En vérité, quelle est la raison profonde de la violence ? Répondre à cette question, c'est déjà amorcer une solution au problème.
Il n'y a probablement pas une mais de multiples raisons à la violence, comme à chaque situation violente peuvent correspondre de multiples facteurs déclenchants et de multiples conditions qui les déterminent.
Il y a tout d'abord des situations qui nourrissent la haine, les rancoeurs, et en font le creuset d'une violence contenue, laquelle pourra devenir un jour explosive. Ce sont toutes les formes d'oppression d'un groupe d'individus par un autre, l'occupation d'un pays par un autre pays, la confiscation du pouvoir par un tyran ou un parti unique au dépens de la grande majorité du peuple. C'est la situation désespérée d'un classe sociale miséreuse et laissée pour compte, à côté d'une classe nantie et privilégiée. Ce sont, en général, toutes les situations de déséquilibre social qui génèrent un sentiment d'injustice, d'oppression, de révolte, et donc des germes de violence.
A l'échelon individuel, on retrouve à chaque fois les mêmes ingrédients de la violence : les passions (dont la haine), l'ignorance, le déséquilibre mental des acteurs de la violence. La violence est une expression du mal-être de l'individu lorsqu'elle est isolée, ou de la société lorsqu'elle est collective.
Il suffirait - mais il est plus facile de le dire que le faire - de dépassionner, de ramener à la raison, à l'équilibre mental l'acteur de la violence, pour que celle-ci disparaisse. Un homme équilibré, bien dans sa peau, heureux et lucide, aimant soi-même et les autres, ne peut pas être violent. Comme le disait Socrate, " Nul n'est méchant volontairement ".
En fin de compte, la violence se trouve, non pas en dehors, mais à l'intérieur de chacun de nous.
Si l'on veut lutter contre la violence, il faut l'extirper à la racine, c'est-à-dire de notre esprit. Plutôt que contre la violence, c'est contre l'esprit violent qu'il faut lutter.
Que faire face à la violence ?
La réaction habituelle face à la violence est de répondre par la violence. C'est le vieil adage " Oeil pour oeil, dent pour dent ", ou la loi du talion. Il suffit que quelqu'un m'insulte, parce que je l'ai bousculé au passage, pour que je lui réponde aussitôt par une autre insulte. Que quelqu'un me fasse une queue de poisson en voiture, pour qu'aussitôt je cherche à lui rendre la pareille. Les violences ainsi s'enchaînent, incontrôlables par l'un et l'autre des antagonistes, jusqu'à ne plus s'arrêter. A l'échelle de deux pays, c'est une guerre qui peut durer des siècles, d'un coût exorbitant en vies humaines, en deuils, en richesse nationale. Comme le dit un proverbe chinois, " Lorsque deux tigres s'entredéchirent, le plus petit est tué, le plus grand grièvement blessé ". Ce n'est pas assurément la meilleure réponse à faire à la violence, mais c'est malheureusement la plus courante.
Une autre manière de réagir est de ne rien faire, c'est-à-dire de laisser faire. Attendre que l'orage passe, que le sujet violent s'apaise de lui-même. C'est le principe du non-agir.
Enfin, une troisième attitude est de refuser la violence, d'où qu'elle vienne. Ne pas accepter la violence qui s'abat sur soi, mais ne pas répondre non plus par la violence : c'est le principe de la non-violence.
Qu'est-ce que la non-violence ?
La non-violence peut revêtir deux significations :
1. L'abstention de toute violence, dans quelque domaine que ce soit.
2. Le principe de conduite en vertu duquel on renonce à la violence comme moyen d'action politique.
Le principe de non-violence est appelé en Inde a-himsa (privatif de himsa = nuire, endommager), mot qui peut ainsi avoir une traduction courante : non-violence, ou une traduction technique : non-nuisance.
En dépit des entorses dans la pratique quotidienne, ahimsa reste une des valeurs fondamentales de la civilisation indienne.
Dans le Bouddhisme, elle revêt une importance capitale, car la première observance des cinq règles morales (sila, gio'i) du pratiquant bouddhiste est de " s'abstenir de tuer, d'attenter à la vie (avihimsa, không giê't ha.i) ". Cette règle est fondée sur la croyance au cycle de renaissances (samsara, luaân hoài), à l'idée que tous les êtres sont à la fois interdépendants par la loi de la production conditionnée (pratitya-samutpada, ly' duyen khoi) et des manifestations de la Vacuité (sunyata, Khoâng). Ce sont aussi les vertus cardinales bouddhiques de l'amour universel et la compassion (maitri, karuna, tu` bi), qui incitent naturellement au respect de la vie.
Dans le Jaïnisme, l'ahimsa est poussé jusqu'à l'extrême. Le premier grand voeu de l'adepte Jaïn est de renoncer solennellement à léser ou endommager la moindre parcelle de vie (jiva), si humble soit-elle. Ainsi voit-on encore en Inde des adeptes Jaïn balayer devant leur passage pour ne pas écraser des insectes en marchant, porter des masques pour ne pas les inhaler, boire de l'eau sans le bouillir pour ne pas tuer les micro-organismes...
Malgré ce côté excessif, il faut reconnaître que, comme beaucoup de termes privatifs en sanskrit, ahimsa peut avoir des implications positives dans divers aspects de la vie.
Ahimsa ne signifie pas seulement la non-nuisance, mais encore le respect de toutes les formes de vie, la bienveillance, la compassion envers tous les êtres vivants. " L'ahimsa n'est pas la chose simple et grossière qu'on a dépeinte. Ne faire de mal à aucun être vivant est sans doute une partie de l'ahimsa, mais ce n'en est que le plus petit aspect. Le principe de l'ahimsa est enfreint par toute pensée mauvaise, par toute hâte injustifiée, par la haine, le mensonge, le fait de souhaiter du mal à quiconque. On le viole également lorsque l'on retient pour soi ce dont le monde a besoin " (LA).
C'est peut-être justement cet esprit qui nous manque actuellement, dans cette société post-industrielle où seule compte la productivité immédiate pour l'homme, au dépens des autres êtres vivants, de la nature, de la planète Terre elle-même...
Quand l'homme moderne prendra t-il enfin conscience que ne pas nuire aux autres, c'est aussi ne pas nuire à soi-même ?
En fait, le principe de non-violence n'est pas l'apannage de l'Inde. Prêché et appliqué dès l'antiquité par de grand sages comme le Bouddha, Mo-tseu, Jésus-Christ, et certains stoïciens, il a été systématisé par Gandhi au XXè siècle, en vue d'objectifs politiques et sociaux (l'indépendance de l'Inde, l'abolition des castes, la réconciliation hindoue-musulmane), et ainsi devenu un instrument de combat d'une redoutable efficacité.
Plus tard, des luttes, comme pour l'indépendance de l'Irlande, l'égalité raciale des noirs aux USA (conduite par le pasteur Martin Luther King, lui aussi assassiné comme Gandhi par un extrêmiste), contre la misère en Sicile, contre la guerre d'Algérie en France, contre l'apartheid en Afrique du Sud, contre l'occupation du Tibet, contre l'oppression religieuse en général, se sont inspirées de ce principe de non-violence.
C'est en quelque sorte la " force du faible ", l'ultime recours devant un combat à armes inégales. En subissant la violence et en refusant d'y répondre, on brise cet enchaînement de violence, en le faisant comprendre à son adversaire et à l'opinion publique. Le scandale de l'oppression, de l'injustice ainsi dévoilé, touche les coeurs, ouvre les yeux, réveille la conscience morale de l'adversaire ainsi que de l'opinion publique, qui à son tour fait pression sur celui-ci. Finalement, ne pouvant plus persister dans la voie de la violence, l'adversaire se résoud à admettre son erreur et baisse les armes, dans une sorte de conversion à la paix, et non pas avec un esprit de défaite et de revanche.
La non-violence n'a rien d'une passivité, d'une résignation, encore moins d'une lâcheté. " La non-violence, disait Gandhi, ne consiste pas à 's'abstenir de tout combat réel, face à la méchanceté'. Au contraire, c'est une forme de lutte plus énergique et plus authentique que la simple loi du talion, qui aboutit à multiplier par deux la méchanceté "(THF)... " Je n'hésite pas à dire que là où existe seulement le choix entre la lâcheté et la violence, il faut se décider pour la solution violente "(THF).
La non-violence est au contraire souvent un acte héroïque et exige une grande maîtrise de soi, une grande force d'âme.
" Pour devenir une force réelle, la non-violence doit commencer avec l'esprit. La non-violence qui n'embrasse que le corps, et dans laquelle l'esprit ne collabore pas, est celle du faible et du lâche ; il ne peut en sortir aucune puissance "(YI.2).
Alors que " la violence ne libère pas de la peur, mais cherche à combattre les causes de la peur, la non-violence au contraire est exempte de toute peur "(THF)... " La non-violence a pour condition préalable le pouvoir de frapper. C'est un refrènement conscient et délibéré du désir de vengeance que l'on ressent. La vengeance est toujours supérieure à la soumission passive, impuissante, mais la vengeance est aussi faiblesse "(YI.1).
Les moyens qu'utilise la lutte non-violente, comme la résistance passive, la désobéissance civile, la non-coopération, la grève générale, les marches symboliques (comme la "Marche du Sel") exercent certes une forte pression, mais une pression d'ordre moral. " La résistance passive est une méthode qui consiste à protéger ses droits par l'acceptation de la souffrance ; c'est le contraire de la résistance par les armes. Lorsque je refuse de faire quelque chose parce que cela répugne à ma conscience, je fais usage de la force de l'âme "(HS)...
Ainsi, la non-violence est une arme humaine par excellence, car elle rend plus humains ceux qui l'utilisent et ceux qui la subissent.
Elle n'est cependant utilisable que pour servir une bonne cause, une cause généreuse, désintéressée. Comme le disait Gandhi, " Je peux jeûner contre mon père pour le guérir d'un vice, mais pas pour obtenir de lui un héritage ".
Elle s'appuie avant tout sur ce que tous les sages n'ont cessé de tenir comme but, satyagraha (la force de la Vérité).
Car comme le disait Vinoba Bhave, disciple de Gandhi et ardent défenseur des pauvres, " Le champ de bataille de la non-violence, c'est le coeur de l'homme ".
Citons encore pour finir Gandhi, l'apôtre du XXè siècle de la non-violence, celui qui a su par la force de son âme libérer un grand peuple, sans l'entraîner dans un océan de larmes et de sang :
" La non-violence est la plus grande force que l'humanité a à sa disposition. Elle est plus puissante que l'arme la plus destructrice inventée par l'homme. La destruction ne correspond nullement à la loi des hommes. Vivre libre c'est être prêt à mourir, s'il le faut, de la main de son prochain, mais jamais à le tuer. Quelle qu'en soit la raison, tout meurtre ou autre atteinte à la personne est un crime contre l'humanité "(MM).
Mahatma Gandhi, saint homme que vous êtes, pardonnez nous, ainsi qu'à vos descendants, de ne pas être la hauteur de votre message !
Que celui-ci se répande encore, afin d'aider les hommes à extirper de leur coeur les germes de la violence...
(Olivet, Février 2002)
Citations de Gandhi :
(HS) Leur civilisation et notre délivrance (Hind Swaraj, or Indian Home Rule, 1938)
(LA) Lettres à l'Ashram (From Yeravda Mandir, 1937)
(MM) The Mind of Mahatma Gandhi, 1945
(THF) Tous les hommes sont frères (All Men are Brothers, 1958)
(YI.1) Young India, 12 Août 1926
(YI.2) Young India, 2 Avril 1931
Dr Trinh Dinh Hy
Publié par swadisthana à 13:25:28 dans - La violence | Commentaires (0) | Permaliens
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