Publié par swadisthana à 10:54:58 dans Citations du Monde... | Commentaires (10) | Permaliens
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Publié par swadisthana à 10:48:32 dans Le Dalaï Lama... | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par swadisthana à 18:55:22 dans Citations du Monde... | Commentaires (6) | Permaliens
Bon jour, pour un instant..
Il fallait être aveugle pour ne pas les voir. Tous les jours dès que le soleil réchauffait l'air, ils sortaient, chacun de leur côté et, les mains jointes dans le dos, ou posées sur une canne de bois poli, ils avançaient d'un pas hésitant. Leur lent cheminement les emmenait sur un banc, l'un après l'autre, ils se pliaient en grimaçant. Le papier de soie froissé était trop grand sur leur carcasse. Leurs mains avaient l'aspect d'un parchemin où était inscrit tout leur chemin de vie. Il aurait fallut être aveugle pour ne pas les voir et pourtant personne ne leur adressait plus la parole. Pas le temps, que leur dire, que peuvent ils comprendre à la vie d'aujourd'hui ?...
Autrefois ils étaient connus, reconnus, l'un pour sa science des métaux, il était forgeron, Auguste, dit Gucht. Un poitrail de taureau et deux masses à la place des mains. Il connaissait l'alchimie des métaux, appri lors de son compagnonnage et dans différents pays du globe qu'il avait traversé. Mais qui s'en souvenait. Les socs de ses charrues étaient célèbres, là où d'autres s'ébréchaient, se fendaient, ses socs passaient, traçant sur la terre des rides nourricières.
L'autre vieux bonhomme, c'était Louis dit "la cheville", surnom qu'on lui avait donné à cause de ses assemblages de bois qui défiaient le temps sans jamais rompre. Lui aussi avait parcouru le monde et apprit son métier jusqu'au coeur des arbres. Il en connaissait les moindres secrets. Il aimait les arbres, les respectait, avant d'en couper un, il prenait son temps, il allait le voir, lui parler, attendait le bon moment. Il n'en perdait rien. Dès qu'il l'avait coupé, il plantait deux arbres...la vie qu'il me donne en vaut bien deux. Mais qui s'en souvenait.
Le troisième larron était un homme extraordinaire, il avait une solution pour tout, tout paraissait simple. Il était d'une précision extrême, toujours à dessiner depuis son plus jeune âge. L'horloge du village lui devait plusieurs fois la vie. C'était Pierre.
Ils sont là, assis, sans un mot. La neige du temps qui s'est posée sur leur cheveux les a rendus inutiles, voir gênant.
Oh ! Au début ils ont bien essayé de résister mais face au nombre, face aux remarques qui partaient d'un bon sentiment que pouvaient ils faire ?...
- Laisser ça aux jeunes, rentrez vous allez prendre froid, couvrez vous, ne faites pas l'enfant...
Petit à petit comme les pots de fleurs qu'on rentre l'hiver on les avait remisé, à la différence c'est que leur hiver n'en finissait pas. Le village où ils résidaient avait un coeur qui le faisait vivre, c'était la minoterie. Au tout début ce n'était qu'un moulin le long de la rivière, puis il prit de l'essor. Son patron voyant les choses en grand, décida de se passer du moulin vestige d'un autre temps. La technologie aidant la roue du moulin fut remplacée par des moteurs et la production augmenta. A elle toute seule la minoterie employait les trois quarts du village. Mais a force de vouloir devenir plus grosse que le boeuf, la minoterie explosa. D’abord des pannes, puis la conjoncture changea tant et si bien qu'on parla bientôt de fermeture. Certains prient les devant et partirent pour aller travailler en ville. Un jour la minoterie resta fermée, le patron avait mis la clé sous la porte. Le coeur avait cessé de battre. Des réunions eurent lieu, on tournait, on tournait mais rien n'en sortait. Le maire proposa de racheter le moulin et de l'utiliser...
- L'énergie est là avec la rivière et je pense que des produits de qualité, régionaux, du terroir ont une place dans l'économie. Pas question de fournir le monde entier mais je pense que nationalement c'est jouable...
Le lendemain tous se rendirent au moulin, le cortège passa devant le banc où nos trois petits vieux le regardèrent déambuler.
Une fois sur place le constat fut amère, le moulin n'avait pas été entretenu. Lorsqu'ils actionnèrent les leviers enclenchant la roue, un craquement sinistre se fit entendre. Tout l'ensemble se figea et les meules restèrent immobiles...
- Jamais nous ne pourront réparer c'est trop vieux...
L'assemblée, la mine triste quitta les lieux. L'affaire était close.
Le lendemain matin, les gens vacqaient à leurs occupations avec dans la bouche le goût amère de la résignation. La nuit suivante des lueurs et des bruits bizarres venaient du moulin. Le temps passa. Quelques uns remarquèrent l'absence des trois petits vieux sur leur banc. Ce fut des haussements d'épaules, des moues disgracieuses, après tout... Les jours filaient et on commença à s'inquiéter. Le maire fut alerté. Il décida d'aller leur rendre visite.
Arrivant chez Auguste, il frappa à la porte, le silence lui répondit. Inquiet celui ci insista. Rien. Soudain une fenêtre s'ouvrit..
- Qu'est ce que c'est ?...
- Bonjour Gucht, je venais prendre de vos nouvelles, comme cela fait plusieurs jours qu'on vous voit pas !..
- Je vais bien merci, je me repose...Et il ferma la fenêtre.
Rassuré le maire continua ses visites, il alla voir Louis et Pierre et il reçut à quelque chose prés le même accueil. Les jours s'égrenaient, rien ne venait troubler l'agonie du village. Une réunion invitant tous les habitants du village fut organisée. Toute la population se retrouva dans la salle communale, même nos trois petits vieux. On avait beau tourner le problème dans tous les sens, aucune solution n'émergeait.
Ce fut Pierre qui leva la main pour prendre la parole...
- Il n'y a qu'a se servir du moulin, comme autrefois. L’eau est une énergie gratuite...
- Nous savons tout cela Pierre, mais le moulin est hors service. Les pièces sont introuvables, on a pensé mettre des moteurs mais la commune n'a pas les moyens, ni de les acheter, ni d'entretenir. De plus le patron de la minoterie a tout démantelé dans son bâtiment il ne reste rien qu'on ne puisse récupérer....
Les trois petits vieux se levèrent et invitèrent tout le monde à les suivre. Nos trois compères avaient retrouvés leurs jambes de 20 ans, plus de mains dans le dos, plus de canne. Ils arrivèrent au moulin, ouvrirent la grande porte, pénétrèrent et abaissèrent les leviers. L'eau s'engouffra sous la roue, entraînant celle ci, la magie opéra. Les meules se mirent à tourner...
- C'est incroyable, les pièces étaient cassées...
Auguste avait refait les engrenages, les bielles, les axes, Louis avait rebâtit toute la structure en bois et Pierre avait dessiné les pièces avec précision et avait fait l'assemblage. Toute leur expérience, leur savoir, leur regard avait servi. Les lueurs et les bruits c'était eux qui travaillaient la nuit. Dans leur regard on y voyait de la fierté mais surtout de l'amour. Jamais on avait vu d'aussi beaux petits vieux.
Tous furent émus, eux qui passaient chaque jour devant ces hommes sans les voir ou plutôt comme on regarde de vieilles choses exposées, qui ne servent plus à rien. Leurs cheveux blancs, leurs mains parcheminées n'étaient rien face à l'énorme coeur qu'ils avaient.
On organisa une fête devant le moulin et nos trois amis en furent. Sans rien dire, sans mots, mais juste un regard d'amour, l'une ou l'autre convives venaient les embrasser.
Il est huit heures Auguste sort de chez lui et se dirige vers le banc. Il s'asseoit. Louis et Pierre arrivent. Une fourgonnette estampillée " le moulin d'A.L.P en remerciement à Auguste, Louis et Pierre s'arrête devant eux...
- Bonjour, comment ça va ? Le chauffeur sourit et nos trois amis lui rendent ce sourire....
- ça va, et au moulin ?...Bien ça tourne, à plein régime, il faudrait passer, il me semble qu'un engrenage fait un peu de bruit...
- D'accord on vient...
- je vous emmène ?...
- Non non, on va y aller à pieds...
La camionnette redémarre...
- Mes engrenages ne font pas de bruit, c'est impossible, ce doit être le bois...
- Quoi le bois ? Le bois est parfait...
Tous les trois se regardent et éclatent de rire. Le chauffeur les regarde dans le rétroviseur et sourit.
Trois petits vieux sur un banc avec un coeur gros comme ça se lèvent, le chemin continu...
Juste de l'amour et un immense sourire à tous. Belle journée et bon week end...Toute ma tendresse à toi Swadisthana.
Serge
Publié par swadisthana à 15:04:50 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (8) | Permaliens
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Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.
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Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.
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