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LA VOIX DES RROMS

Les Rroms acteurs - Parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous

Un petit mot à nos lecteurs

Bonjour et bienvenue sur notre blog

D'abord, notez bien que la publicité qui paraît sur cette page (en haut du titre et sous le dernier billet) est la partie désagréable de la gratuité pour l'hébérgement. Evidemment, elle est automatique et en tant que rédacteurs, nous n'avons aucun moyen de contrôle dessus.

Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.

Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com

Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7

Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander Clin d'oeil



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Qui sont les Rroms ?


Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.

Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.

Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.

Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français

Blogue Parade - L'annuaire des blogues francophones - BlogueParade.com


Et les Tsiganes alors ?

Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.

A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...

A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.

Rroms et Gens du Voyage

De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...

Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.

Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste?

C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...

Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.


Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?

Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.

Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms

Que signifie le terme Samudaripen ?

En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.

N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom.
Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.

En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????

On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis,
et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.

Le saviez-vous ?

Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !

A quoi correspond le 8 avril -
journé mondiale des Rroms?

Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...

SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King




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Là-bas si j'y suis - que vive l'internet! | 03 septembre 2006

Nous avons reçu ce message de l'équipe de l'émission "Là-bas si j'y suis". Malgré la très forte mobilisation pour garder le créneau habituel, l'émission a été déplacée. Nous n'en ferons qu'un seul commentaire, ni pessimiste, ni indifférent: En ces temps où l'espace de liberté se réduit comme une peau de chagrin, l'internet nous sauvera... à moins que d'autres prétextes bidon n'en restreignent l'accès comme il se fait dans certains pays bien connus pour leur niveau de démocratie, du type Chine...


 


Désolés, « Là-bas » continue !...



La planche était bien savonnée, les peaux de bananes bien disposées, tout nous poussait vers l'île de Ré ... mais, désolés amis fossoyeurs, « Là-bas » continue !


Parce que vous êtes 215 972 à avoir répondu à l'appel du 18 juin « Sauvons Là-Bas... ! ».


Parce que cette pétition en ligne a reçu 10 000 signatures par jour pendant 20 jours, entre le 16 juin et le 09 juillet 2006, sans compter des milliers de soutiens par courrier.


Parce que le 29 juin, au gymnase Japy à Paris, vous avez fait salle comble, pour acclamer à la fois, Alain Rey, Serge Halimi, Louis Bozon, Florence Aubenas et... « Là-bas», sur la question « Où va France inter ? »


Parce que cette question reste posée.


Parce que l'équipe de Là-bas est plus remontée que jamais et parce qu'il y a déjà pas mal de monde à l'ANPE.


Parce que c'est une année à ne pas aller à la pêche à la ligne.


Parce que Là-bas, comme une certaine sociologie est un sport de combat.


Parce qu'il se passe des choses encore plus importantes dans le monde et que nous avons encore envie de les raconter.


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Refusant tout dialogue et toute proposition, la nouvelle direction de F.I a imposé le déplacement de LBSJS de 17 heures à 15 heures, ce qui revient à amputer cette émission de plus de la moitié de ses auditeurs, la tranche de15 heures étant traditionnellement beaucoup moins écoutée quelle que soit la radio considérée.


Bien sûr nous ne sommes pas opposés à tout changement. Nous avons fait diverses propositions de déplacements, d'aménagements et de compromis, tout a été rejeté. Alors que l'audience de France Inter est en déclin, il nous semblait important qu'à travers cette forte mobilisation, le message des auditeurs reçoive un écho, il n'en a rien été.


Là-Bas n'est pas une émission neutre et cette relégation n'est pas neutre surtout au seuil d'une importante échéance électorale . La nouvelle direction de France Inter est offusquée par une telle calomnie . Innocente comme l'agneau qui naît, elle n'a pas l'ombre du début de la moindre arrière pensée de nature politique ou idéologique. Des élections ? Quelles élections ? Des pressions ? Quelles pressions ? La seule et unique mission de nos nouveaux maîtres est de redresser les chiffres d'audience, jurent-ils. Soit. Mais alors pourquoi est-il si urgent de reléguer une équipe qui gagne ?


Jusque là, les explications médiamétriques de la direction n'ont pas entièrement convaincu les professionnels de la radio, ni les observateurs des médias qui, du Nouvel Observateur au Canard enchaîné, du Monde Diplomatique à Marianne dénoncent normalisation, climat de reprise en main et atteinte au pluralisme. (voir extraits de presse sur le site www.la-bas.org) .


Pas dupes non plus les 215 972 auditeurs qui ont signé la pétition. Jamais nous n'avions imaginé une telle mobilisation surtout dans cette période de coupe du monde. Par comparaison, la pétition lancée le 25 juin suite au départ de Serge July, directeur de Libération avait au 1 septembre, recueilli 1 762 signatures.


Mais, face à cette réaction de fond, la direction, droite dans ses bottes, a pris la responsabilité de ne pas entendre ces auditeurs intempestifs. Ce mépris ne manque pas de surprendre au moment où cette même direction affirme n'avoir aucune autre mission sur cette terre que la reconquête des auditeurs perdus.


Pourtant il s'agit tout simplement d'auditeurs vigilants et actifs qui sont la fierté de ceux qui chaque jour font France Inter, des citoyens et non pas des clients.


A travers les messages reçus s'exprime la crise de confiance qui s'est développée entre France Inter et ses auditeurs, suite notamment au flagrant manque d'équité dans le traitement de la campagne pour le referendum de mai 2005. Depuis un an, 600 000 auditeurs ont quitté la tranche 7-9.


Plus généralement, dans un paysage médiatique de plus en plus contrôlé par les puissances d'argent, ils attendent que la radio publique affirme son indépendance envers tout pouvoir, économique , politique ou médiatique, en faisant entendre sa différence et non pas sa ressemblance.


Prendre le chiffre d'audience pour seul but c'est aligner France inter sur le système commercial des radios privées et c'est préparer sa privatisation. La dérive n'est pas nouvelle, voilà des années que France Inter est une « marque » et nos émissions des « produits ».


Aucun autre horizon n'est évoqué, aucun projet, aucun souffle à la hauteur d'un tel Bien public, tout restant confiné dans les eaux glacées des calculs médiatiques comme si l'audiovisuel public n'était pas par nature, un terrain et un enjeu politique majeur.


L' exigence de ces auditeurs n'est ni de gauche ni de droite, elle appelle à une vraie information et à un vrai débat sur le contrôle des médias publics, sur les garanties de leur indépendance, notamment dans la campagne électorale qui s'ouvre. Nous en ferons un de nos thèmes de travail cette année. Il y a du pain sur la planche et nous comptons sur vous !


Ce grand souffle de soutien nous a redonné des ailes.


Nous concoctons projets et complots. Que partout les AMG * restent en alerte !


Attendez-vous à des messages en provenance de Londres ou du maquis...


L'équipe de Là-bas , 3 septembre 2006 .


* Auditeurs Modestes et Géniaux


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Là-bas continue à 17 heures sur www.franceinter.com.



Et aussi sur www.la-bas.org



Et aussi sur France Inter à 15 heures, eh oui...

Publié par voxrromorum à 21:54:27 dans Média | Commentaires (0) |

Il faut sauver l'émission "Là-bas si j'y suis" | 18 juin 2006

Bonjour à tous,

 

Nous avons lancé la rubrique "Média" il y a quelque temps pour parler de la façon dont les journalistes traitent la question rrom, mais aussi d'autres questions qui touchent à notre peuple, de près ou de loin. Nous avons toujours essayé de maintenir un certain équilibre dans cette rubrique, en félicitant d'un côté le bon travail des journalistes et en critiquant, de l'autre, les messages racistes, insultants, dégradants ou humiliants que certains médias diffusent parfois.

Dernièrement, nous avons appris que l'émission "Là-bas si j'y suis", animée par l'excellent journaliste Daniel Mermet sur France Inter, serait reléguée à une heure qui réduira de 50% l'audimat. Connaissant l'émission, nous avons toute raison de croire qu'il s'agit de "réduire les dégâts possibles" pour certains politiciens. En effet, par son courage, s'exprimant dans un respect parfait des règles de démocratie et de déontologie, Daniel Mermet peut faire des dégâts à certains politiciens. Mais n'est-ce pas là le fondement même de la démocratie? Surtout dans un contexte comme celui que nous connaissons, marqué par une main-mise de plus en plus dangereuse des politiques sur les médias. Il faut aujourd'hui soutenir la liberté de la presse dans ce qu'elle a de plus sain, c'est à dire dans un équilibre dans l'expression d'opinions divergentes. Nous ne citerons pas beaucoup de noms, juste deux: Yves Calvi et Daniel Mermet. En deux mots, voici ce qu'on peut dire sur ces deux journalistes qui ne se ressemblent pas:

- Yves Calvi cherche à booster l'audience de France 5 (et depuis peu, de France 2) en faisant des émissions du type "Délinquance: ra route des Roms" ou "J'ai 2 femmes et 10 enfants", où on ne voit pas sur le plateau les premiers intéressés (en l'occurrence les Rroms et les immigrés). Seuls y sont conviés les "spécialistes" de la peur et de la haine, qui tiennent des propos racistes sans que personne ne puisse les contredire

- Daniel Mermet, lui, utilise aussi la liberté qui lui est reconnue par la loi, mais dans un sens autrement citoyen: Il alerte la justice lui-même lorsque le docteur Münch tient des propos antisémites et tsiganophobes devant le micro. Il fait aussi des "procès" de responsables politiques où prennent la parole tous les concernés à titre de témoin, et où l'auditeur a la possibilité de juger les actions du gouvernement en tant que citoyen, des émissions qui sont un mélange fin, subtile et agréable de la politique et de l'humour.

 

Alors, nous lançons un appel à tous ceux pour qui le mot "citoyenneté" a encore un sens, à signer la pétition en soutien de l'émission "Là-bas si j'y suis". Nous avons besoin de vrais médias, libres, ouvertes et démocratiques! Consultez et signez la pétition ici

Publié par voxrromorum à 18:33:56 dans Média | Commentaires (3) |

Libération fait la pub des "tsiganes mangeurs de chien" | 14 juin 2006

 On n'en a pas fini avec les journalistes! Il y en a des bons, c'est sûr, mais ... il y en a d'autres aussi, que nous ne qualifierons pas. vous savez sans doute que le journal "Libération" est en une situation de crise. Voilà comment il veut en sortir: en faisant la pub de torchons que leurs auteurs appellent "livres", et qui parlent des "Tsiganes mangeurs de chiens"; Voici un article sur ce lien. Et en bas, notre lettre à l'auteur de l'article

Monsieur,

Je voudrais vous dire, en reprenant des termes de votre article, que dans "l'échelle de répulsion" on peut tout à fait voir ce que l'expression "mangeurs de chien" charrie. En revanche, ce qui pourrait être quelque peu imperceptible pour le lecteur, c'est la répulsion que suscite le message colporté par votre article. Il peut bien s'agir d'une tentative de sauver votre journal, que les Français savent en difficulté mais si on appliquait l'adage "la fin justifie le moyens" nous serions prêts à répéter les périodes les plus sombres de l'histoire du 20e siècle.

Aussi, nous nous interrogeons sur les motifs qui vous poussent vous et votre journal à faire la promotion de tels préjugés sur les Rroms, préjugés qui n'ont jamais été prouvés, ni il y a 50 ans, comme vous le suggérez, ni, encore moins aujourd'hui, alors que:

a) la consomation de viande canine est toujours une pratique courante parmi d'autres populations, y compris en France. N'auriez vous pas le courage d'écrire sur ce fait à propos des Chinois ou des Koréens et? Alors pourquoi cette témérité à propos des Rroms? Sans doute pensez vous, à l'unisson avec M. Gauss, qu'ils sont une cible facile.

b) N'avez-vous, et votre journal des actualités sur les Rroms plus intéressantes et surtout plus réalistes pour chercher dans ce qu'il y a de plus primitif dans l'esprit de paysans slovaques et en faire, un livre pour votre ami Gauss, et un article de promotion pour vous -même? Nous vous rappelons, par exemple, que vos collègues du journal avaient refusé, il y a un an, de faire l'écho de la protestation des association rroms à l'encontre de l'émission "Délinquance: la route des Roms", animée par M. Yves Calvi sur France 5. Aussi, et plus généralement, nos nombreux communiqués n'ont pas trouvé d'écho de la part de votre journal. Nous sommes donc tentés de penser que ce qui vous intéresse ce ne sont pas des informations sérieuses sur notre peuple, mais le scoop digne d'un tabloïd. Quelle déception que de constater que le risque identifié par certains que Libération devienne un tabloïd commence déjà à se réaliser! Espérons seulement que la tendance soit réversible. Et si elle prend une meilleure direction, vous pouvez toujours nous joindre pour savoir plus sur notre culture, au-delà des stéréotypes et des préjugés faciles. En attendant, vous pouvez d'ores et déjà en avoir un apperçu sur http://lesrroms.blogg.org

Publié par voxrromorum à 11:42:10 dans Média | Commentaires (1) |

Les Rroms et leur accès aux droits sur RFI | 13 juin 2006

Radio France international a consacré son émission "Repères" du vendredi dernier à la question de l'accès des Rroms à leurs droits. C'est drôle comment le changement de place du possessif "leur" change déjà l'idée... Oui, ce sont nos droits, au même titre que ce sont les droits de tout le monde, ce que des décideurs ont parfois tendance à oublier.

Bon travail des jouralistes du RFI. C'est vrai qu'on peut mieux faire la prochaine fois, mais c'est un bon début déjà. Mieux faire? Eh bien, vous pouvez écouter l'émission en cliquant ici pour vous faire une idée. Ensuite, nos commentaires, les voici:

  • le "nomadisme" a été un peu trop présent dans l'émission, par rapport à ce qu'il représente numériquement et aussi du point de vue de sa perception par ceux de nos frères qui voyagent. Ce n'est pas tant le mouvement qui est en question, mais plutôt la liberté de pouvoir prendre la route, une liberté qui est devenue de plus en plus une contrainte au cours des siècles, mais plus spécialement au cours des dernières années; ce sont la police et la gendarmerie qui met les familles sur les routes plus souvent qu'elles ne partent d'elles-mêmes.
  • la critique de la démarche misérabiliste est certes au coeur de l'action de nombreuses associations rroms, et à juste titre. L'émission étant centrée sur le rapport du M. Robles, ancien Commissaire aux droits de l'homme auprès du Conseil de l'Europe, notre critique de la démarche misérabiliste, à écouter l'émission, semble tournée vers le Conseil de l'Europe. Nous ne stigmatisons aucune des organisations européennes en particulier, ni le Conseil de l'Europe, ni l'Union européenne ou autre, et c'est bien là le problème: en effet, ce type de démarche est, hélas, trop répandu et touche une majorité inquiétante des intervenants, internationaux, gouvernementaux ou associatifs.
  •  enfin, une explication s'impose en ce qui concerne l'explication du mot "Rrom" par notre ami de Belgrade, Zika: le mot "Rrom" ne signifie pas "être humain", comme il le dit dans son interview, mais "homme marié" ou "homme appartenant à notre peuple". "Etre humain" en rromani se dit "manus", et pris dans ce contexte, le mot "manus" peut désigner à la fois un Rrom ou un non-Rrom. En revanche, dans son sens restreint, il désigne les Sinté. Aussi, espérons nous que l'orthographe du mot "Rrom" sera corrigé bientôt sur le site du RFI et d'autres sites internet. Les deux "r" au début ne sont pas une erreur, comme l'on croit parfois; c'est bien l'orthographe du mot.

 

 

Publié par voxrromorum à 16:16:49 dans Média | Commentaires (4) |

A propos de Calvi | 06 juin 2006

Bonjour,

Dans la rubrique média, nous avons beaucoup parlé de l'émission C dans l'air "Délinquance: la route des Roms". Cette émission était franchement raciste, mais elle n'est pas la seule, et les Rroms ne sont pas les seules cibles de Calvi et de ses invités privilégiés. Il est fort notre Calvi, il n'a peur de rien, il ne recule devant rien. Sans doute a-t-il des amis pouvant lui assurer une carrière dans un autre domaine, du type "conseiller en sécurité", puisque, après avoir été mis en garde par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel au sujet de l'émission (voir les archives pour le lien), il remet ça à propos des immigrants africains. Eux, ils n'ont pas pris la route des Roms, donc celle de la délinquance mais ils n'en sont pas moins dangeureux. "J'ai 2 femmes et 10 enfants", voilà le titre de C dans l'air qui leur est consacré. Vous pouvez voir ici une lettre ouverte adressée à Jérôme Clément et à Yves Calvi au sujet de cette émission.

 

Publié par voxrromorum à 11:23:45 dans Média | Commentaires (0) |

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