Bonjour et bienvenue sur notre blog ![]()
Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.
Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com
Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7 FM
Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander Qui sont les Rroms ?
Les Rroms sont un peuple d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.
Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.
Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.
Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français
Et les Tsiganes alors ?
Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.
A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...
A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.
Rroms et Gens du Voyage
De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...
Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.
Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste?
C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...
Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.
Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?
Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.
Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms
Que signifie le terme Samudaripen ?
En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.
N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom. Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.
En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????
On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis, et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.
Le saviez-vous ?
Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !
A quoi correspond le 8 avril - journé mondiale des Rroms?
Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...
SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King

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Le Parisien d'aujourd'hui titre "Roms à Montreuil: le sujet qui fâche".
Dommage! Mais dommage prévisible et prévu même. Il y a plus d'un an, après les élections municipales emportées par les Verts à Montreuil, nous avons apporté à la nouvelle municipalité toute notre expertise et notre soutien dans sa démarche avec les Rroms. Nous avons fait des propositions concrètes, à la fois à la demande de la municipalité ou à notre initiative:
- Proposition de cours de français pour les Rroms (adultes et enfants)
- Proposition d'événements publics à Montreuil, destinés à informer la population à la fois sur les Rroms en général et, le cas échéant, sur les projets de la municipalité en direction des quelques Rroms roumains bénéficiaires de ces projets.
Le sourire et l'enthousiasme était alors de mise face à ces propositions, mais dès que le temps était venu de parler concrètement et d'agir, nos interlocuteurs municipaux ont fait marche arrière. Nous avons dû donc continuer sans la municipalité, en coopération avec des acteurs de la société civile montreuilloise: commerçants, associations, habitants, artistes... et ça continue comme ça. Alors, le sujet fâche peut-être, mais pas tout le monde à Montreuil, cette ville où la solidarité et l'harmonie sont des traditions. Il fâcherait certainement moins, voire pas du tout, si nos propositions y avaient trouvé un terrain propice pour se réaliser à temps.
Publié par voxrromorum à 12:40:44 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Ci-dessous une dépêche de l'AFP, et nos commentaires:
Gestion locale. Seine-Saint-Denis. Roms : de nouveaux villages d'insertion et un tableau de suivi
Le Préfet de Seine-Saint-Denis, Nacer Meddah, a annoncé le 10 juillet la construction de nouveaux villages d'insertion de Roms dans son département et la mise en place d'un tableau de suivi permettant d'actualiser la situation de ceux-ci.
L'Etat, en collaboration avec les collectivités locales concernées, va construire à Montreuil et à Bagnolet deux sites pour accueillir des familles de Roms, désireuses de s'intégrer, a-t-il indiqué en marge d'une réunion avec les élus locaux sur le sujet à Bobigny.
"Nous allons construire plusieurs petits sites d'accueil pour assurer la sécurité et éviter d'avoir plusieurs centaines de personnes concentrées au même endroit", a précisé Dominique Voynet sénatrice-maire (Verts) de Montreuil.
Commentaires:
La ville de Bagnolet a déjà mis en place un foyer pour des Rroms adultes originaires de Bulgarie, avec le soutien financier de la région. Puis, face aux difficultés pour tenir ses promesses vis-à-vis des familles rroms avec des enfants, qui ne pouvaient pas être accueillies dans ce foyer, elle a sollicité le soutien de l'Etat. Elle l'a obtenu et une Maitrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale (MOUS) a couvert ce projet initié par la ville avec le seul soutien de la région. A la clé, l'expulsion d'une partie des Rroms, bien que la ville leur ait systématiquement promis qu'il n'y aurait pas de sélection parmi eux. Cette MOUS fonctionne de la même manière que les villages d'insertion, mais n'en portait pas le nom jusque maintenant.
La ville de Montreuil, selon les propos de Mme. Voynet, souhaite "assurer la sécurité" par la repartition des Rroms sur plusieurs sites. Qu'en dire? La sécurité de qui, ou de quelle menace? Que cherche la sécurité ici?
Expérimentés depuis 2007 dans trois villes (Aubervilliers, Saint-Denis et Saint-Ouen), les villages d'insertion des Roms accueillent en moyenne une vingtaine de familles sélectionnées moyennant leur engagement à chercher un emploi et accepter que les enfants soient scolarisés.
Commentaire:
"leur engagement à chercher un emploi et accepter que les enfants soient scolarisés" - c'est-à-dire civiliser un certain nombre de Rroms, sélectionnés par des professionnels du social. Mais le préfet ne dit pas s'il a délivré des titres de travail à ces étrangers qui n'ont pas le droit de travailler en France sans ces autorisations préfectorales. La raison en est simple. Ils n'ont qu'à s'engager, puis ils doivent suivre la procédure conçue et appliquée par l'Etat français de manière telle que leurs chances d'obtenir cette autorisation de travail soient réduits à maximum. Le temps pour les travailleurs sociaux de justifier leur emploi. Puis, "accepter que les enfants soient scolarisés", mais quel exploit! Comme si ce ne sont pas les parents eux-mêmes qui demandent cela! Et il faut rendre à Cesar ce qui est à Cesar, dans le 93 ils réussissent le plus souvent à les scolariser, jusqu'à ce que le préfet ordonne l'expulsion de leurs familles et qu'ils interrompent leur scolarité. Ce n'est évidemment pas le cas des "villages d'insertion", ceux-ci ne sont pas expulsés, et les enfants vont à l'école régulièrement. Leurs parents leur achètent cartables, livres, cahiers et crayons avec l'argent qu'ils mendient, parce qu'ils ne reçoivent pas d'allocations et n'ont pas non plus le droit de travailler.
"Ce n'est qu'une réponse partielle, temporaire", a tenu à relever Nacer Meddah.
Au total, environ 219 personnes sont installées actuellement dans ces villages financés par l'Etat et les municipalités.
Commentaire
Il y a donc à espérer que pas tous les Rroms roumains et bulgares qui survivent tant bien que mal dans des bidonvilles seront mis en semi-internement.
Actualisation hebdomadaire
Le département d'Ile-de-France qui accueille 2.300 Roms, soit environ la moitié des Roms de la région, la Seine-Saint-Denis a également mis en place depuis trois mois un tableau de suivi sur lequel sont répertoriés les adresses des différents campements installés sur le département, le nom de leurs occupants, leurs origines.
"Ce tableau de suivi vise à assurer et améliorer la sécurité et le suivi sanitaire de la communauté Rom. Car il est difficile d'avoir un interlocuteur. C'est un outil sérieux de suivi", a expliqué le représentant de l'Etat.
Actualisées chaque vendredi, les informations sont collectées et fournies par les services de l'Etat (la police nationale, la Ddass) et les collectivités locales.
Commentaire
Là, ils ont fait fort! "La sécurité et le suivi sanitaire de la communauté Rom" exige un contrôle hebdomadaire. Mais quelle attention! Les pauvres "gens du voyage", citoyens français, n'ont pas "droit" à un tel égard, puisqu'ils ne sont contrôlés qu'une fois tous les trois mois! Discrimination positive pour les "tsiganes étrangers", allons-y! Parce que quand même... il est difficile d'avoir un interlocuteur. Pauvres français de tous bords, qui n'avez pas non plus d'interlocuteurs avec la préfecture pour assurer votre sécurité et votre suivi sanitaire. Vous n'avez même pas un tel "outil sérieux de suivi"! Comment faites-vous pour ne pas descendre dans la rue et l'exiger? Vous êtes vachement mous quand même. Au moins pour la sécurité, parce que, question sanitaire... vous n'êtes pas des tsiganes pouilleux.
Publié par voxrromorum à 22:52:32 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Ce matin, d’importantes forces de police, accompagnées par La Croix Rouge, ont évacué les Rroms qui avaient été hébergés au gymnase Henri Wallon par la mairie de Bobigny, suite à l’incendie de leur squat où un enfant avait trouvé la mort. Le déroulement des événements depuis hier laisse perplexe quant à la position des différents acteurs institutionnels.
Hier soir, une réunion a eu lieu entre la mairie de Bobigny et la préfecture de Saint-Denis. Des associations, dont La voix des Rroms avaient été invitées au préalable à une réunion de bilan par les services de la mairie au cours de laquelle ceux-ci ont assuré que la mairie de Bobigny ne demanderait pas l’évacuation du gymnase.
Déjà hier, des policiers municipaux étaient passés au gymnase, flashballs à la main. Pendant que se tenait dans une salle adjacente la réunion de bilan avec les services administratif de la mairie, le préfet était venu en renfort de l’OFI (ancien ANAEM), annoncer que ceux qui le souhaitaient pouvaient bénéficier d’une aide au retour.

Photo prise lundi 25 mai à 12h20
Ce matin, la police était venue en nombre pour trier : ceux qui acceptaient le retour volontaire et ceux qui souhaitaient rester, l’ensemble devant sortir du gymnase. L’époux de Mariana B., suivie médicalement après une césarienne, ainsi que son fils qui doit être opéré d’une malformation aux jambes dans quelques jours, a essayé d’expliquer sa situation. Des policiers se sont approchés immédiatement en sortant des menottes. La réponse fut claire : s’ils n’évacuaient pas les lieux, ils seraient arrêtés et renvoyés de force en Roumanie.

Photo prise mardi 26 mai, à 9h40
Actuellement, quelques dizaines de familles se trouvent dehors, sous la pluie, dans un parc à proximité de la gare de Saint-Denis. La famille de Diego, l’enfant qui est mort dans l’incendie, a été hébergée en hôtel, en attendant un retour pour les funérailles en Roumanie.
Publié par voxrromorum à 13:50:10 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Samedi, 23 mai 2009, le petit Diego trouvait la mort dans un incendie qui a ravagé le squat où il habitait avec sa famille. Le sort tragique de cet enfant est une illustration de plus du danger dans lequel sont acculés quelques 6000 Rroms originaires de Roumanie en France. L’incendie a été éteint par les héros du feu qui, malheureusement n’ont pas pu sauver la vie de Diego. La question reste tout de même ouverte : n’y a-t-il que les pompiers pour s’occuper de ces Rroms ? C’est à l’Etat d’intervenir et de permettre à ces personnes de vivre dignement, notamment en leur ouvrant l’accès au marché du travail.
Dans l’exercice de sa souveraineté, la France a accepté l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne le 1er janvier 2007. Cinq ans auparavant, les citoyens roumains et bulgares avaient été dispensés de visa d’entré à l’espace Schengen. Le nombre de Rroms de ces pays reste inchangé depuis 2002, autour de 6000. Bien que citoyens européens depuis 2007, ils n’ont pas le droit de travailler en France sans une autorisation spéciale de la préfecture, qui se révèle en pratique impossible à obtenir. Ce statut juridique relègue les Rroms roumains et bulgares dans des bidonvilles où ils survivent en travaillant au noir, en vendant des journaux ou des fleurs, ou en mendiant.
Diego avait retrouvé l’école, malgré les expulsions successives d’un lieu à un autre par des hommes habillés en bleu ou en noir. Il avait certainement des rêves, comme tout enfant, rêves qui se sont calcinés un samedi après-midi. Il est trop tard pour lui. Mais restent ses frères et sœurs, ses cousins, les autres... est-ce que ceux-là les réaliseront ? Comment ?
La politique actuelle, fondée sur une présomption irréfragable de niaiserie des administrés, continue à briser des vies. Quand ce n’est pas l’expulsion vers le « pays d’origine », c’est l’expulsion d’un terrain à l’autre, d’une ville à l’autre. Des élus locaux prennent parfois le courage d’intervenir, tout limités qu’ils soient dans leurs possibilités, l’obtention d’un titre de travail relevant, elle, des préfectures.
La voix des Rroms appelle à une suppression immédiate des restrictions posées par l’Etat français à l’accès à l’emploi pour les citoyens roumains et bulgares. Cela constitue la base sans laquelle tout « effort pour l’intégration » des Rroms de ces pays restera un vœu pieux, si ce n’est de l’hypocrisie.
Publié par voxrromorum à 22:08:34 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Cette image se passerait peut-être de légende, mais bon... il vaut mieux donner quelques explications:
La photo a été prise par une équipe de La voix des Rroms le 18 mars dernier, dans un petit campement de Rroms roumains à Aulnay-sous-Bois (93). Quelqu'un avait amené ce paneau sans doute pour réparer sa cabane, et en attendant l'avait posé ainsi. Sans doute, il n'avait pas fait attention à ce qui était écrit dessus, mais parfois l'hasard fait bien les choses. Ces Rroms roumains qu'on voit dans des bidonvilles sont bien des partenaires de politiques publiques, ou plutôt... la matière des politiques démagogiques. Pour n'en donner que deux exemples d'application pratique:
En matière d'immigration d'abord, l'actualité des 2-3 dernières années a été marquée par l'augmentation sensible du nombre d'étrangers en situation irrégulière reconduites dans leurs pays d'origine. Ceci a été rendu possible notamment (si ce n'est exclusivement) par l'augmentation des retours volontaires. Et qui sont ceux qui retournent volontairement, avec une aide de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant de la part d'ANAEM? Ce sont bien les Rroms originaires de Roumanie. Alors, ne ricanez pas, s'ils ne sont pas partenaires de la politique publique en matière d'immigration, au moins ils sont la chair à expulsion qui gonfle les faux chiffres d'Hortefeux et de Besson.
En matière d'intégration ensuite: la même période a vu se mettre en place, dans le département de la Seine-Saint-Denis (93), des "villages d'insertion" pour les Rroms, toujours originaires de Roumanie. Là aussi, interdiction formelle de ricaner, et même de sourire! La nouvelle politique publique d'intégration passe par les Rroms roumains, remis par la France en leur état d'objet 150 ans après que les principautés roumaines les aient affranchis de l'esclavage où ils étaient maintenus depuis 500 ans.
Enfin, comme il n'est pas encore interdit de parler sérieusement de temps en temps, tout ça n'est que de l'enfumage, que les Français paient de leurs impôts et que la société française risque de payer cher en termes de paix et de cohésion sociale dans le moyen terme. Car les "retours volontaires" se font dans le sens inverse: de Roumanie en France. Quant au renvoi en Roumanie des Rroms, celui-ci n'est motivé par les petits sous donnés par l'ANAEM et il est très largement incité par celle-ci. Et en ce qui concerne les "villages d'insertion", l'expression illustre surtout l'art du verbe des autorités françaises et de leurs sbires pseudo-associatifs. Ce sont de véritables camps d'internement dans lesquels on interdit aux Rroms de recevoir des invités, gardiennés 24h/24 par des vigiles avec des bergers allemands et seulement le mirador fait défaut pour compléter le décor. Vous pouvez en apprendre plus sur le blog qui leur est spécialement consacré.
Publié par voxrromorum à 12:16:45 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (1) | Permaliens
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