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Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.
Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com
Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7
Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander Qui sont les Rroms ?
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Les Rroms sont un peuple d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.
Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.
Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.
Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français![]()
Et les Tsiganes alors ?
Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.
A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...
A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.
De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...
Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.
C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...
Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.
Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?
Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.
Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms
En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.
N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom. Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.
En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????
On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis, et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.
Le saviez-vous ?
Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !
A quoi correspond le 8 avril - journé mondiale des Rroms?
Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...
SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King
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Ils ont cru aux promesses d'aides de l'ANAEM.
Ion a 51 ans. Avec sa femme, Maria et sa petite fille de 11 ans, Gaby, ils sont partis en car avec le premier convoi organisé de Saint Etienne par l'ANAEM, le 11 septembre 2007, dans le cadre de la procédure « d'aide au retour volontaire ou humanitaire ».
L'ANAEM accorde une somme d'argent pour les personnes qui retournent en Roumanie, paye leur voyage et les assure d'une aide substantielle pour leur installation sur place.
Voilà ce qu'on peut lire sur le site de l'ANAEM :
« Programme d'aide à la réinstallation en Roumanie
Ce programme a pour objectif d'aider les Roumains en situation de grande précarité, regagnant leur pays après un séjour en France. Il prévoit, dans le cadre d'un partenariat avec des opérateurs locaux en Roumanie, un accompagnement personnalisé et des aides matérielles et financières à la création d'activités économiques en Roumanie.
(...)
Quelles sont les aides proposées en Roumanie ?
- une formation professionnelle en lien avec le projet économique,
- une étude de faisabilité du projet économique,
- une aide financière au démarrage du projet à hauteur de 3660 par projet,
- une aide à la réalisation et au suivi du projet pendant un an,
- un accompagnement social, si besoin.
(...)
Qui sont les opérateurs locaux ?
- Association EQUILIBRE ROMANIA
- FONDATION CRIMM
- FONDATION KELSEN
- ASSOCIATION HATNUTZA »
(site de l'ANAEM : http://www.anaem.fr/article.php3?id_article=527 )
A l'époque Ion a touché 353 : 153 par adulte et 47 pour sa fille (pour donner un ordre de comparaison le salaire minimum officiel en Roumanie est d'environ 130 et le salaire moyen de 190).
Ion habite avec sa famille à Oravita, une petite ville d'une région minière au Sud est de la Roumanie, dans le quartier appelé « la zone de la gare » et surnommé « les immeubles fantômes » en raison de leur délabrement (portes des appartements défoncés, fenêtres cassées, pas d'eau courante, pas de gaz). C'est là que sont confinés les rroms. Il y loue un appartement composé d'une pièce et d'une cuisine.
Arrivé en Roumanie dans la ville d'Oradia, à la frontière de la Hongrie, l'ANAEM lui a versé les 353 avec le numéro de téléphone d'une association chargée de les aider dans un projet d'installation.
Immédiatement arrivé chez lui, Ion a téléphoné. Quelque temps après, une personne, prénommée Titel, lui a donné rendez vous devant l'hôtel Caras d'Oravita. Ils ont monté un dossier avec les photocopies des pièces d'identité de la famille de Ion. Ion et Maria ont signés. Le projet (décidé d'autorité part Titel) consistait à acheter des brebis pour une valeur de 7000. C'est Titel qui achetait les brebis, Ion ne devait rien toucher en argent. Bien sûr comme Ion et sa famille ne pouvait pas s'occuper de ces brebis en ville dans leur quartier, Titel leur a demandé de trouver d'autres personnes à la campagne pour monter ensemble une association. Titel leur a donné un délais d'un mois, le temps de faire valider le dossier à Bucarest par une personne de France. Il devait ensuite les rappeler.
Au bout d'un mois, sans nouvel, Ion a rappelé. Titel a dit qu'il fallait encore attendre. Un mois après toujours sans nouvel Ion a rappelé une nouvelle fois. C'était pendant les fêtes de Pâques, il fallait encore attendre, mais Titel leur a bien recommandé de ne pas repartir en France, sinon ils perdaient les brebis. Ion a ensuite rappelé plusieurs fois. Titel disait toujours qu'il viendrait à Oravista la semaine suivante.
Ion a dû appeler une vingtaine de fois. Titel, représentant de l'association roumaine chargée normalement d'aider à la mise en route du projet d'installation, n'a jamais rappelé Ion après leur première et unique rencontre.
Lors du dernier appel, le fameux Titel s'est mis en colère, a demandé qu'Ion arrête de lui téléphoner, « Je sais ce que j'ai à faire » a-t-il dit.
Aucune aide n'a été apportée à Ion et à sa famille. Ion avait demandé à un moment une aide de 300, refus. Il fallait attendre les brebis.
Ion a finalement abandonné et est revenu en France, à St Etienne, le 9 juin 2008, dix mois après son départ avec l'ANAEM.
Ion ne se rappelle plus du nom de l'association roumaine qui devait l'aider. Mais il a son numéro de téléphone ( +402622223494) et la ville du siège social, Baia Mare. D'après le site de l'ANAEM c'est le siège de la Fondation Kelsen.
Voilà un exemple précis de la façon dont les choses se déroulent concrètement. Aucune des personnes reparties de St Etienne avec l'ANAEM, dans le cadre du programme d'aide au retour volontaire, n'a bénéficié d'une aide à l'installation.
Juste une précision : Gaby, la fille de Ion et Maria, était scolarisé régulièrement avant le départ de la famille, avec de bons résultats. Elle ne l'a plus été en Roumanie. Question d'argent : les enseignants demandent sans cesse de payer pour du mobilier, l'entretien... font pression sur les enfants des familles qui ne versent pas. Les parents de Gaby sont trop pauvres pour verser quoi que ce soit. De retour à St Etienne, elle est immédiatement retournée à l'école...dix mois après !
Georges Günther (membre de "Solidarité rroms", Saint-Etienne http://solidariterroms.mi-blog.net)
Publié par voxrromorum à 12:09:09 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Demain commence le fichage des Rroms à Milan. Groupe
EveryOne: "La société civile doit s'opposer à ces mesures racistes qui frappent
tous les Rroms et les Sinti, du mendiant le plus pauvre et le plus marginalisé aux
noms célèbres des footballeurs Ibrahimovic et Pirlo."
Même les témoins du génocide Antonia et
Goffredo Bezzecchi seront soumis à l'humiliation du recensement ethnique.
"J'ai honte d'être italien," dit George Bezzecchi, enfant de la
Shoah.
Dimanche, 8 juin, marche des Rroms dans la capitale: un défilé pour dire « assez »
à la campagne de persécution.
Demain, 6 juin, commence le fichage des
Rroms et des Sinti vivant à Milan. Il s'agit d'un recensement effectué par la
police uniquement fondée sur l'appartenance ethnique. Le groupe EveryOne a
exprimé une vive protestation contre cette mesure et a pris contact avec la
Préfecture de Milan pour demander les détails d'un tel fichage. La réponse est
claire: le fichage concernera tous les citoyens Rroms, Sinti et Kalé qui vivent
à Milan. "Devant notre question, - ont déclaré les dirigeants du Groupe EveryOne
Roberto Malini, Matthew Pegoraro et Dario Picciau, - la réponse est claire.
Tous les Rroms et les Sinti stationnées sur le territoire milanais seront
photographiés et catalogués, sans exception. Les Rroms et les Sinti illustres,
comme Zlatan Ibrahimovic, Sinisa Mihailovic et Andrea Pirlo seront interrogés,
soumis au relevé des empreintes digitales et de données biographiques inscrits sur les listes de la préfecture et
du Haut Commissaire extraordinaire à l'émergence rrom ". C'est une
opération fasciste et raciste contre laquelle la société civile doit se rebeller
avec toutes ses énergies, pour empêcher le retour des idéologies qui ont
justifié la persécution et les massacres ». A la protestation du Groupe EveryOne
se joint celle de George Bezzecchi, vice-président national de "Opera
Nomadi », qui travaille depuis des années à promouvoir l'intégration
sociale, politique et culturelle des Rroms à Milan.
"Rappelons-nous que George est le fils de l'Holocauste, parce que son père
Goffredo et sa mère Antonia ont été internés dans un camp de concentration, qui
ils ont heureusement survécu, tandis que le grand-père a été assassiné à
Auschwitz-Birkenau. Le père et la mère de George, témoins de l'Holocauste
seront eux aussi fichés, comme ils l'ont été à l'époque de Mussolini et d'Hitler ».
Ces derniers jours Nedo Fiano et Ohni Ohnaus, survivants d'Auschwitz, ont
protesté aussi avec indignation contre
les mesures raciales dont font l'objet les Rroms et les Sinti en Italie.
"Ce qui se passe aujourd'hui sous
nos yeux en Italie fait froid dans le dos», a commenté Giorgio Bezzecchi.
"Je lance un appel à la société civile pour qu'elle soutienne les Rroms et
des Sinti de Milan et je rappelle que demain, sera fiché aussi mon père, un
citoyen italien qui a subi la persécution nazie avec l'internement dans le camp
de concentration de Tossicia. J'ai honte d'être italien et chrétien, en ce
moment tragique pour la démocratie et la
culture en Italie. Vous ne pouvez pas accepter tout cela, nous devons crier
notre désaccord à cette politique raciste, incivile, inhumaine ". Donnons
un sens encore plus important à la marche des Rroms qui se tiendra à Rome, au
départ du Colisée à 16 heures et l'arrivée au Foro Boario". Après Madrid,
Londres, Bucarest et Bruxelles, dans la ville du Capitole aussi les Rroms et
les Sinti manifesteront contre les lois raciales, l'exclusion et la
persécution. « Aux côtés de l'association Thèm Rromano, le Groupe EveryOne
et des dizaines d'organisations de droits de l'homme, - ont dit les dirigeants
d'EveryOne, défileront dans un cortège pacifique des centaines de Rroms de
Casilino 900 et d'autres établissements. Des personnalités de la politique, de
la culture, de l'information et du spectacle scanderont un slogan unique, forgé
par le grand artiste et activiste rrom Santino Spinelli : «Nous sommes tous
avec les Rroms». Le peuple rrom et l'antiracisme italien écriront à Rome une page
historique, en demandant la fin de la campagne de persécution et qu'un peuple
pacifique, qui depuis des siècles contribue à construire le génie européen, se
voie enfin reconnâitre le droit d'exister et d'avoir la possibilité de se créer
une vie digne au sein de la société italienne ».
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Publié par voxrromorum à 23:01:55 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Si vous êtes un habitué de notre blog, vous vous demandez
peut-être comment se fait-il que nous n'ayons pas dit un mot sur ce qui s'est
passé à Draguignan. C'est que nous avons préféré attendre pour traiter le sujet avec la sérénité nécessaire.
Les faits :
Joseph Guerdner était un jeune homme de 27 ans, marié, trois enfants et vivait à Brignoles. Faisant l'objet d'un contrôle judiciaire, il s'était rendu à la gendarmerie pour un pointage. Les gendarmes profitent de cette venue pour le mettre en garde à vue, car ils le soupçonnent d'avoir participé à un vol avec séquestration. On ne saura jamais si Joseph Guerdner avait été effectivement impliqué dans ce vol. En effet, le soir du vendredi 23 mai, alors qu'il est gardé à vue, il est autorisé à fumer une cigarette dans le couloir. Là, profitant d'une coupure de courant, il saute par la fenêtre, menotté, et tente de fuir. Un gendarme, dont le nom n'est mentionné nulle part, lui tire dessus à sept reprises. Joseph réussit à escalader un grillage, à entrer dans la cour d'une école à proximité et à grimper sur un arbre. Nous ne savons pas à quel moment les coups de feu ont été partis.
La ministre de l'intérieur, Michelle Alliot-Marie, suspend le gendarme de ses fonctions et ordonne une enquête administrative. Les proches de Joseph Guerdner ont manifesté leur colère devant la gendarmerie, où trois véhicules ont été incendiés.
Le gendarme est aussi arrêté et placé en garde à vue pour homicide volontaire. Lors de son placement en garde à vue, le procureur de la République a justifié cette mesure par Des syndicats de police et de gendarmes ont exprimé leur soutien au gendarme. Les collègues du gendarme ont préparé une manifestation pour le soutenir. Cette manifestation n'a pas lieu, sur les conseils de leur hiérarchie et du père du gendarme mis en cause, lui aussi gendarme à la retraite. Les juges d'instruction requalifient les faits en « coups ayant entrainé la mort sans l'intention de la donner ».
Un gendarme a-t-il le droit de tirer sur un fugitif ?
L'utilisation par les gendarmes de leurs armes à feu est régie par une loi du début du 20e siècle, qui leur permet d'ouvrir le feu après sommation, même si leur vie ou celle d'un tiers n'est pas en danger. Cependant, la jurisprudence a considéré que les circonstances dans lesquelles un gendarme peut tirer doivent présenter les caractéristiques de la légitime défense.
Citations et commentaires
Michèle Alliot-Marie : "La mort d'un homme est toujours un drame, qu'elles qu'en soient les circonstances" . MAM a présenté ses condoléances à la famille de la victime et a demandé une enquête interne à la gendarmerie.
Parlant de cela, Christian Estrosi dit: "Quand on est un représentant de l'Etat, on doit toujours, avant d'agir ou de parler, être vigilant et veiller à ne pas heurter les acteurs de la sécurité publique ». "Ce qui se passe m'inquiète. Je ne voudrais pas qu'on donne le sentiment de jeter l'anathème sur la gendarmerie nationale". est-ce que la gendarmerie nationale est un seul gendarme, et si oui, est-ce précisément celui qui tire sur le dos d'une personne, soit-elle fugitive d'une garde à vue ? Dans ce cas là, il y a de quoi s'inquiéter, M. Estrosi !
Le Figaro : « Des expertises balistiques et une reconstitution du drame doivent être effectuées. Des examens radiologiques préciseront si la mort de José Guerdner, père de trois enfants, et qui, selon Lionel Escoffier, était déterminé à se soustraire à la garde à vue dont il faisait l'objet, pourrait également avoir été entrainée par son saut de 4,60 mètres d'une fenêtre de la gendarmerie. » - Ils pourraient aussi chercher le taux de cholestérol, tant qu'ils y sont, si ça se trouve il est mort de ça, et les trois balles qui l'ont atteint n'y sont pour rien. Jusqu'ou peut aller le cynisme quand il s'agit de « gens du voyage » ?
L'avocat du gendarme, Me Lionel Escoffier : "Il faut savoir qu'à 25 mètres d'où il a sauté se trouvaient des enfants qu'un militaire a fait rentrer. Il faut savoir aussi que dans la zone mitoyenne à la gendarmerie se situe une institution religieuse où il y avait des enfants en internat".
"A ce moment-là, l'intime conviction du gendarme était qu'il y avait absolue nécessité de faire usage de son arme pour stopper l'évadé en tirant dans la nuit vers les membres inférieurs". Oui, sauf que cela s'est passé très tard dans la soirée, à une heure où les enfants dorment et ne sont pas en train de jouer dehors. Puis, l'autopsie a relevé que la balle était entrée au dos de la victime (donc pas aux jambes).
Enfin, nous ne citerons pas des commentaires d'internautes, mais vous invitons vivement à les lire sous les articles de presse sur internet. Une écrasante majorité de ces commentaires et d'un antitsiganisme pathologique. Est-ce les modérateurs qui font ce choix, en passant à la trappe les commentaires qui ne sont pas racistes ? Peut-être bien, mais ce n'est pas plus rassurant.
Tensions réelles et imaginaires
Depuis le début de cette affaire, des gendarmes mobiles ont été appelés en renfort dans la région, par crainte d'échauffourées. Certes, il y en a eu un tout petit peu, le soir qui a suivi le drame. Ceci étant dit, on exagère trop. Ainsi, Le Parisien du 28 mai 2008 titrait « Tensions et émotion chez les gens du voyage », mais à la lecture de l'article, qui comprend de nombreuses citations de la famille de la victime, on ne voit aucun signe de tension.
« Le Post », titre lui « Gitan mort à Draguignan : on se battra jusqu'à la mort », un article où il est question UNIQUEMENT d'un combat en justice.
Perspectives
Hier soir, le gendarme a été remis en liberté sous contrôle judiciaire et a été évacué par hélicoptère pour des raisons de sécurité.
Aujourd'hui, la famille, les proches et les amis ont accompagné Joseph Guerdner à sa dernière demeure. Suite aux funérailles, ils ont fait une marche silencieuse à Brignoles et à Draguignan. On pouvait lire sur une banderole : « Que justice soit faite ». Aucune violence n'a été commise. Les « gens du voyage » par la grâce de la République française savent se montrer dignes même dans des circonstances où il est très difficile de le rester. Ils gardent encore l'espoir en la justice, même si cet espoir est maigre, comme le disaient certains membres de la famille de Joseph aujourd'hui.
Espérons seulement que la dignité et le calme de ces gens ne sera pas pris pour manque de courage.
Enfin, nous vous invitons à voir cette
vidéo qui reprend les nouvelles des chaines télé sur cette affaire et qui
donne quelques explications.
Publié par voxrromorum à 00:58:30 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (1) | Permaliens
L'hypocrisie des autorités n'étonne plus personne, tellement elle est monnaie courante. Ce n'est pourtant pas pour autant qu'il faille s'en accomoder.
Dans cet article du Monde, le secrétaire général de la préfecture de l'Essonne dit que ce sont les Rroms qui ont demandé de partir. Mensonge! C'est l'ANAEM qui leur a proposé ce départ. Ils l'ont accepté, pour certains, mais ILS NE L'ONT PAS DEMANDE! La nuance est importante.
La justice avait décidé leur expulsion du terrain qu'ils occupaient. En face, l'administration (l'ANAEM et la préfecture en l'occurrence), proposent SEULEMENT de l'argent pour que les Rroms retournent en Roumanie. De l'argent....
1. Combien?
300 euros par adulte et 100 euros par enfant, dès l'arrivée en Roumanie.
Sous réserve de présentation d'un projet, ce projet pourrait être financé, par l'intermédiaire de ce que l'ANAEM appelle "opérateurs locaux", à hauteur de 3660 euros.
2. Comment?
Nous avons rencontré ces Rroms la veille de leur départ. Ils ne savaient pas comment ils pourraient obtenir les 3600 euros. Beaucoup pensaient même qu'ils obtiendraient cette somme en liquide, tout comme les 300 euros, mais juste un peu plus tard. Connaissant le dispositif, nous les avons éclairés dans la mesure de nos connaissances.
Le jour du départ, la directrice de l'ANAEM insistait devant les journalistes présents qu'il n'y avait pas d'ambiguïté sur la manière dont les 3600 euros pourraient être accordés. Evidemment, aucune ambiguïté, surtout que l'ANAEM avait bien expliqué les modalités du dispositif aux Rroms quelques jours auparavant, en français. Sans traducteur. A des Rroms dont très peu comprennent le français, et quand ils le comprennent, ils le comprennent mal. Mais le langage administratif ne laisse pas d'ambiguïté, ni aux Français, ni, encore moins, aux étrangers non francophones. Le jour du départ non plus il n'y avait pas de traducteur. Nous avons du traduire un peu. Rassurez-vous, on ne fait pas le sale boulot, c'était à la demande de Rroms qui posaient des questions. Encore, ils posaient des questions, devant les autocars dans lesquels ils montaient. C'est parce qu'il n'y avait eu aucune ambiguïté peut-être...
3. Pourquoi?
Evidemment, pour s'en débarrasser. Mais au-delà de ça, n'y a-t-il pas d'autres objectifs? On n'en sait rien, mais une chose est sûre: qu'il y ait ou pas d'autres objectifs, il peut y avoir d'autres conséquences. En effet, la médiatisation de ce "retour volontaire" avec ces sommes d'argent exhibées dans les médias, risque bien de renforcer ou de susciter un sentiment d'injustice chez ceux qui pensent qu'ils paient pour les autres. La xénophobie et l'antitsiganisme s'en retrouveront donc bien renforcés, sur une base rationnelle cette fois-ci, non seulement sur des préjugés.
4. Pour qui ?
Surtout pas pour les Rroms qui sont rentrés. Il peut toujours y avoir certains à qui le dispositif profitera réellement, qui monteront un projet d'élevage comme le projet le prévoit, mais il est permis de douter du succès massif de ce dispositif limité à un seul type de projet. Un certain nombre de Rroms disaient qu'ils voudraient utiliser cette somme pour construire une maison, car ils n'en avaient pas. Or il semble qu'ils ne peuvent pas bénéficier de cette aide pour construire un logement. D'autres, encore plus nombreux, disaient qu'ils ne connaissaient rien en élevage, surtout maintenant où on n'élève plus des brebis comme avant l'entrée du pays en Union européenne. Et effectivement, on sait le temps que les paysans français doivent passer sur les papiers, au lieu d'être avec leur bétail ou sur leurs champs...
Alors, à qui profite tout ça ? En en dressant cette liste, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, car on ne connaît pas tout, ni du dispositif, ni, encore moins, de la manière dont les personnes impliquées agissent (la corruption n'est pas vraiment inexistante en Roumanie, ni en France).
- La compagnie des autocars qui a assuré le transport Villabé Roissy
- La compagnie aérienne qui a assuré le transport jusqu'en Roumanie.
- Les « opérateurs locaux » en Roumanie, par qui transiteront les fonds, qui assurent ainsi une activité en plus, avec éventuellement de l'embauche etc.
- L'ANAEM, de la même manière c'est son activité qui est en question, et toute structure se développe grâce à son activité
- Les services de l'Etat tels que police, gendarmerie etc. on les paie pas exprès pour cela, mais enfin, ils sont payés quand ils s'occupent de ces retours, pendant que des criminels peuvent se balader tranquilles.
5. Aux dépens de qui ?
De l'argent public. C'est-à-dire à vos dépens, car l'argent public c'est vos impôts. C'est d'ailleurs pour cela que nous nous inquiétons du racisme, ou de sentiments hostiles que ces « retours humanitaires » peuvent susciter.
Ceci étant dit, nous sommes confiants que votre bon sens évitera ce risque. Car en fait, les 300 euros par adulte et 100 euros par enfants dans ce type d'opération ne représentent rien par rapport au coût global de l'opération. Même si on ajoute à cela les 3600 euros dont les Rroms peuvent bénéficier, ça reste encore dérisoire par rapport aux autres coûts, qui bénéficient à d'autres que les Rroms en question.
Tout ça c'est bien du gâchis, un de plus. Ce n'est pas le dispositif en soi qui est mauvais, mais la manière dont on le met en œuvre. Sans aucun dialogue avec les intéressés, sans savoir s'ils ont un lopin de terre, sans même savoir s'ils ont vu déjà des brebis ailleurs qu'à la télé, on décide qu'ils doivent devenir bergers en Roumanie, leur pays. C'est ce qu'il faut comprendre dans cette histoire. Le but ce n'est pas du tout d'aider les Rroms à se réinsérer en Roumanie, mais bien de les expulser de France. Tout en sachant qu'ils pourraient bien revenir, car comme le disaient les agents de l'ANAEM, si le but de cette aide est que les bénéficiaires ne reviennent pas, rien n'assure qu'ils ne reviendront pas. Mais qu'importe ! On aura fait mine d'avoir traité le problème humainement. Puis, quand ils reviendront, on dira : « ils ne sont pas intégrables, ce sont des asociaux ; on les a aidés pour qu'ils recommencent une vie normale en Roumanie, mais ils ne veulent pas travailler, ils veulent vivre à nos crochets, de rapins, etc. etc. ». Et là, si le processus va à son terme naturel, il faudra créer des groupes d'autodéfense dans chaque terrain ou squat,voire aussi dans des quartiers populaires où vivent des Rroms.
Publié par voxrromorum à 15:04:43 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Villabé, dans l'Essonne (91) aujourd'hui au petit matin, vers 7 heures.
Des Rroms de Roumanie se trouvaient dans cette ville depuis plusieurs années, sur des friches au gré des expulsions. L'ANAEM leur a proposé l'aide au retour volontaire à hauteur de 320 euros par adulte et 100 euros par enfant, puis, sur dossier, s'ils ont un projet économique en Roumanie, de le financer à hauteur de 3600 euros. Beaucoup ont accepté cette proposition et se sont vu remettre des attestations de "dépôt de demande" de cette aide.
Ce matin, c'était le départ, avec des représentants de l'ANAEM, de la préfecture de l'Essonne, de la police municipale et de la gendarmerie. Mme. le maire de la ville était présente elle aussi, mais le sous préfet, présent sur les lieux, lui a dit qu'elle devrait venir plus tard. Elle est revenue donc lorsque les trois cars remplis étaient partis en direction de l'aéroport Charles de Gaulle à Roissy.
Selon le sous préfet, ces retours humanitaires ne comptent pas dans les chiffres d'expulsion. Quant à Mme. le maire, elle a tenu aux journalistes présents un discours rempli de plaintes, de ces gens qui feraient leurs besoin sur les tombes dans le cimetière, qui coupaient les fleurs des parcs pour les vendre etc. etc., et dont les riverains ne cessent de se plaindre. Il ne s'agit pas de ce terrain là, mais d'un autre un peu plus loin, selon elle. Les Rroms de ce deuxième terrain, qui sont à proximité du cimetière, vont y chercher de l'eau. Cette information est tout à fait crédible; quant au reste... a-t-on vraiment besoin d'aller sur les tombes pour y faire ses besoins? Puis concernant les fleurs, connaissant pas mal de ces Rroms, nous savons qu'ils les achètent au marché de Rungis et les revendent après en avoir fait de petit bouquets. Enfin, Mme. le maire s'est dite bien consciente du problème humain, après toute cette lithanie. Il fallait bien peut-être, devant les journalistes.
Trois cars sont partis donc, avec environ 150 Rroms, qui croyaient à la promesse de 3600 euros. Tous disaient que si cette promesse n'était pas tenue, ils reviendraient rapidement en France. Hier, beaucoup disaient que ce type d'aide n'était pas adapté, car les 3600 euros sont censés financer des projets d'élevage. Or, ils n'ont pas de terrains où faire paître ces bêtes qu'on pourra leur acheter. Certains n'ont même pas de maisons et vivent dans des baraques. La priorité pour ceux-là c'est la construction d'une maison.
Cela montre bien combien cette politique est réfléchie, et combien les Rroms peuvent y réfléchir, surtout lorsque les explications sont données en français, langue que beaucoup ne comprennent pas, sans traduction. Aujourd'hui encore, nous avons du intervenir à la demande de certains Rroms qui voulaient poser des questions aux représentants de l'ANAEM. Ce n'est pas dans nos habitudes, et ça ne risque pas d'y entrer, mais il y avait urgence: c'étaient des Rroms qui nous demandaient ce service...
En tout cas, avant de se mettre à crier: "ils profitent de l'argent de l'Etat français", sachez que ce n'est pas ce qu'ils demandent. Ce qu'ils demandent, c'est de travailler ici en France et de gagner eux même l'argent qui leur est nécessaire. On le leur interdit. L'ANAEM, qui distribue cette aide au retour, récupère aussi les 893 euros que chaque employeur doit payer s'il veut embaucher des ressortissants roumains ou bulgares. N'y cherchez pas de logique, il n'y en a pas!
Publié par voxrromorum à 14:50:43 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
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