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LA VOIX DES RROMS

Les Rroms acteurs - Parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous

Un petit mot à nos lecteurs

Bonjour et bienvenue sur notre blog

D'abord, notez bien que la publicité qui paraît sur cette page (en haut du titre et sous le dernier billet) est la partie désagréable de la gratuité pour l'hébérgement. Evidemment, elle est automatique et en tant que rédacteurs, nous n'avons aucun moyen de contrôle dessus.

Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.

Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com

Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7

Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander Clin d'oeil



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Qui sont les Rroms ?


Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.

Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.

Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.

Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français

Blogue Parade - L'annuaire des blogues francophones - BlogueParade.com


Et les Tsiganes alors ?

Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.

A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...

A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.

Rroms et Gens du Voyage

De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...

Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.

Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste?

C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...

Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.


Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?

Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.

Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms

Que signifie le terme Samudaripen ?

En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.

N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom.
Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.

En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????

On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis,
et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.

Le saviez-vous ?

Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !

A quoi correspond le 8 avril -
journé mondiale des Rroms?

Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...

SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King




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Les inspecteurs du travail refusent d'être sous la tutelle de Brice Hortefeux | 22 juillet 2007

The Associated Press - 20/07/07 à 12:39:20

Economie/Social

Quatre syndicats de l'inspection du travail ont annoncé, vendredi, qu'ils
déposaient un recours devant le Conseil d'Etat contre les attributions du
ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, qui permettent à ce dernier
d'utiliser les inspecteurs du travail dans la recherche des travailleurs
étrangers illégaux.

Dans un communiqué commun diffusé vendredi, la CGT, la CFDT, le SNUTEF-FSU et le
syndicats SUD-Travail "s'associent pour déposer un recours contre le décret
d'attribution du nouveau ministre 'de l'Immigration, de l'Intégration, de
l'Identité nationale et du Codéveloppement'".

"En effet, ce décret, en donnant compétence à ce nouveau ministre sur 'le
travail illégal des étrangers', créé une catégorie juridique de délit qui n'est
pas prévue par la loi et qui n'existe ni dans le code pénal, ni dans le code du
travail", estiment les syndicats.

"Cette catégorie juridique est fondée sur une distinction par l'origine ethnique
ou raciale discriminatoire qui contrevient au droit international et européen et
aux dispositions de la constitution et des lois françaises", ajoutent les quatre
organisations.

"De surcroît", expliquent les syndicats, "en plaçant la Direction générale du
travail, autorité centrale de l'inspection du travail, à disposition du
ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du
Codéveloppement, ce décret met de fait l'inspection du travail sous la
subordination de ce même ministère".

Pour eux, cette situation est "en violation de plusieurs dispositions de la
convention n°81 de l'OIT (Organisation internationale du travail) qui garantit
l'indépendance de fonctionnement de l'inspection du travail".

Les syndicats du ministère du Travail "proposent aux associations de défense des
droits de l'Homme et aux associations de défense des droits des étrangers de
s'associer à ce recours et d'organiser en commun des actions à la rentrée". AP

god/sb


Copyright 2007 The Associated Press. All rights reserved. This material may not
be published, broadcast, rewritten or redistributed.

Publié par voxrromorum à 01:59:28 dans Ambiance générale | Commentaires (0) |

Le jour où les Roms ont déchanté (et moi aussi) | 05 juin 2007

L'article qui suit a été écrit par Alexandre Levy, un journaliste qui écrit entre autres pour Le Monde et pour Matin +. Ces deux journaux ayant refusé de publier son article, il l'a mis sur son blog, et nous le reprenons ici. Dans un commentaire sur le blog de l'auteur, un visiteur se demandait si le plus grave n'était pas la censure, plutôt que la police. A mon avis, la réponse est positive. Pour avoir vécu la plupart de ma vie en Albanie à l'époque communiste, je sais que sans le zèle excessif de la population, la dictature n'y serait pas aussi forte. Et je ne parle pas d'autres régimes, un peu plus anciens, mais je me limite à reprendre ce que d'autres, notamment des historiens ont dit, à propos du rôle de "l'homme ordinaire" dans la mise en place et le renforcement de régimes dictatoriaux et inhumains.

---------

C'est une histoire que j'ai écrit à plusieurs reprises par le passé : celle d'un article "trappé" en douce et d'un blogueur qui révèle, dans la solitude de sa page personnelle, le pourquoi du comment. Mais je n'avais jamais imaginé me retrouver, à mon tour, de l'autre côté du miroir...

Vendredi 25 mai, en lieu et place d'un article sur les péripéties d'un groupe de musiciens roms hongrois en France, le journal gratuit Matin + publia une page entière de publicité sur... un festival de musique.

Cet article, sélectionné, traduit et édité par Courrier International devait être publié en vertu d'un accord qui lie les deux publications, donnant à Courrier une totale liberté quant aux choix des sujets et des articles traduits.

Pendant que cette affaire est discutée avec plus ou moins du succès au plus haut niveau entre nos deux publications, et en attendant que d'autres instances s'en mêlent – ou pas –, je profite donc de mon blog pour raconter l'histoire de ce "papier" qui a tant "offensé la police française" que Vincent Bolloré, à qui appartient Matin + (Le Monde y possède 30 %), a décidé de passer à la trappe.

Au départ, c'est une histoire, malheureusement banale, de ce qui semble être un excès de zèle de fonctionnaires de police, un zèle que ces derniers ne manqueront pas de justifier par quelque impératif sécuritaire. Un groupe de musiciens roms, Romengo, très connu en Hongrie mais aussi en France et en Europe où ils se produisent régulièrement, revient d'une tournée à Sablé-sur-Sarthe où ils ont joué, à l'invitation des autorités locales, devant un public "enthousiaste et chaleureux". Les choses se gâtent à l'aéroport de Roissy, peu avant d'embarquer sur le vol de retour vers Budapest, assuré par Air France. Les policiers trouvent l'un des étuis de guitare suspect, retiennent les musiciens, font attendre pendant des heures les autres passagers de l'avion. La fouille s'éternise, on passe à des interrogatoires laborieux, puis subitement les policiers disparaissent, sans donner plus d'explications. Lorsque les musiciens montent enfin dans l'avion, c'est le commandant de bord qui, d'autorité, leur interdit de prendre son vol. Les Roms passent la nuit à l'aéroport et ne repartent que le lendemain sur un autre vol vers Budapest, où ils ne manquent pas de raconter leurs péripéties à la presse.

Le papier en question, que nous avons publié sur notre site, est plutôt ironique que méchant : il est signé par un ancien consul hongrois à Paris, écrivain et poète à ses heures, qui a visiblement pris à cœur de dénoncer le traitement réservé à ses compatriotes. En bon ressortissant d'un ex-satellite soviétique, l'auteur se permet un parallèle cocasse entre ces pratiques et celles qu'avaient lieu en son temps, où règnaient l'ubuesque et l'arbitraire. C'était là, selon moi, l'intérêt de ce papier quelque peu insolite (on pose rarement des problèmes à ceux qui repartent chez eux aux frontières de l'UE...), dans l'entrelacement de ces deux mémoires européennes - car, après tout, la presse française regorge d'articles qui relatent les mésaventures d'étrangers jugés "problématiques" par les autorités compétentes françaises. Et c'est pour cela que, en tant que chef du service Europe de l'Est, je l'ai proposé à la publication : à la fois "chez nous" et chez nos amis de Matin + à travers qui on espère toucher un public plus large que les lecteurs habituels de Courrier International.

L'équipe de Bolloré aux commandes de Matin + ne l'a pas entendu de cette oreille. "On ne peut pas parler de la sorte de la police française", m'a rapporté l'indignation de la direction une source "amie" au sein du journal lorsque je suis allé aux nouvelles. L'article, de surcroît, à été trappé, si l'on peut dire, dans les règles de l'art : tard le soir, et dans le dos des deux journalistes du Monde qui y travaillent. Mais ça parlementait encore, ce vendredi 25 mai, puisque mes contacts m'assuraient que l'article sera publié, sans faute le mardi 29, qu'ils auraient obtenu gain de cause dans leur bras de fer avec les "Bolloré boys". Mais mardi 29, point de Roms dans Matin +. Et mercredi on me dit que c'est le boss lui-même qui a pris la responsabilité de ne pas publier le papier.

Voici donc l'histoire toute simple d'une petite censure, franche et décomplexée, pour un papier qui, ma foi, n'en méritait pas autant. Que faire ? Appeler Reporters sans frontières ? quand même pas... En revanche, un coup de fil à Viviane Szabo, la manager du groupe, m'apprend que Romengo compte déposer plainte pour le traitement qu'ont subi ses membres en France. Ils étaient cinq : quatre adultes et une petite fille de neuf ans, la danseuse. Mme Szabo me raconte l'engagement des musiciens de Romengo pour le dialogue entre les cultures, un engagement récompensé par de nombreux prix européens. Elle me rappelle que, lors de leur tournée à Sablé-sur-Sarthe, les musiciens de Romengo sont également intervenus dans quatre écoles pour parler des "arts et de la musique comme moteur de revalorisation culturelle, d'intégration et de mobilité européenne".

Publié par voxrromorum à 09:42:59 dans Ambiance générale | Commentaires (0) |

Pélerinage aux Saintes Maries de la Mer | 28 mai 2007

Le pélerinage des Saintes Maries de la Mer, ce village plus que charmant de la Camargue, lieu de rencontre de plein de cultures, notamment celle provençale et gitane, est une occasion pour beaucoup de Rroms, Sinté et Kalés de se rencontrer. Cette année, il y eut des Rroms de France, d'Allemagne, de Roumanie, de Portugal, mais aussi de Finlande ou encore de pays d'Amérique Latine.

La soeur de Vilhelm Covaci, mort il y a presque un an après avoir été poursuivi par la police, y était elle aussi, avec sa mère et sa fille, la petite Sara. Et quel endroit serait meilleur pour baptiser la petite Sara que l'église des Saintes Maries, là où il y a Sainte Sara, patrone des Gitans, qui est devenue Sainte pour cette raison, sans jamais avoir été canonisé par l'Eglise! L'avocat de la famille est le parrain de ce baptême, et la déléguée de la France au Forum européen des Rroms et gens du voyage est marraine. Voici un événement familial qui est aussi politique, tout comme le pélerinage qui a suivi. En effet, depuis le 19e siècle et avec une rupture pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce pélerinage est un lieu de rendez-vous pour retrouver la famille et les amis. Il est aussi le lieu où on discute, on échange et on projette.

Une équipe de la chaine de TV Duna est venue exprès de Hongrie pour tourner un documentaire, qui traitera certes du pélerinage, mais aussi et surtout de la situation des Rroms, Sintés et Kalés en France. Nous avons accompagné cette équipe, qui est repartie contente de cette expérience, mais désillusionnée sur la situation de notre peuple en France. Et enfin, elle est partie avec une promesse: tout faire pour compléter ce travail avec une enquête plus profonde sur cette situation dans les prochains mois.

 

Publié par voxrromorum à 20:25:52 dans Ambiance générale | Commentaires (1) |

Ont-ils voulu vendre leur bébé? | 16 mai 2007

Hier, un article du journal gratuit "20 minutes" parlait de quelques Roumains arrêtés à Angoulême alors qu'ils tentaient de vendre un bébé. Les lecteurs du journal en ligne n'ont pas manqué de commenter sur cette affaire qui, toute fraîche, n'était pas claire. Vous pouvez lire l'article et les commentaires ICI .

Aujourd'hui, l'autre gratuit "métro" fait aussi un article sur la même affaire, un peu plus complet, notamment avec les déclarations de l'avocat des Roumains (on sait maintenant qu'ils sont Rroms). De cet article, que vous pouvez lire intégralement en cliquant ICI nous reproduisant un paragraphe qui nous semble intéressant:

" L'avocat des Roms appelle à la prudence. “Tout repose sur un seul témoignage”, explique maître Lionel Béthune de Moro, ajoutant que son client maîtrise mal le français. Mettant en garde contre “la dictature de l'émotion”, l'avocat a avancé “nombre d'invraisemblances” dans la thèse d'une proposition de vente d'enfant."

Effectivement, il y a quelques invraisemblances dans la thèse de proposition de vente, à commencer par la question "vous en voulez combien"? - que le père et l'oncle de l'enfant auraient posée à une passante. S'il s'agissait d'une proposition de vente, est-ce qu'ils n'auraient plutôt demandé "combien donneriez-vous"? A moins qu'il s'agisse d'une proposition de "vente en gros" - l'expression est horrible!, mais dans un cas comme dans l'autre, propose-t-on au premier venu un bébé à vendre ????

En tout cas, nous rejoignons parfaitement la mise en garde contre "la dictature de l'émotion". Il n'y a rien de pire pour la justice. Et nous ajoutons qu'en février 2005, le président de l'association nationale des sociologues italiens déclarait que les Rroms sont connus pour "voler des enfants et les revendre, souvent en pièces détachées" !!! Ce stéréotype à la peau dure, n'y serait-il pas pour quelque chose dans cette affaire aussi? Nous ne nous permettrons pas de donner une réponse, faute d'éléments de preuve, mais la question mérite d'être posée, surtout si, comme le dit l'avocat, "tout repose sur un seul témoignage".

Publié par voxrromorum à 18:21:07 dans Ambiance générale | Commentaires (0) |

Pardonne-leur Père, ils ne savent pas ce qu'ils font | 15 mai 2007

Après les paroles que Jésus prononça sur la croix, et qui font office de titre de ce post, voici un proverbe rrom qui pourrait aussi illustrer le propos:

"Naj maj baro korro sar odova so na kamel te dikhel"

"Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir"

Sur AgoraVox, il y a eu un article intitulé "Les Roms, oubliés de la campagne". Maintenant que les jeux sont faits, certains prieront qu'ils soient aussi oubliés pendant les 5 années qui suivront la campagne. Nous, on ne sait plus pour quoi prier... pour être oubliés? Pour combien de temps? Parce qu'il n'est pas question seulement de telle ou telle élection, de tel ou tel changement politique. Il est question de démons qui sont bien ancrés dans la pensée des gens, de l'homme ordinaire. Et nous savons que sans le concours de l'homme ordinaire, aucune dictature n'aurait pu s'installer durablement et aucun génocide n'aurait pu être mis en place.

Pour ceux qui gardent encore l'espoir, pour ceux qui se battent pour que l'Homme conserve l'attribut qui le distingue des animaux, à savoir la capacité de réflechir et ne pas être sous l'empire exclusif des instincts, nous les invitons à aller voir ce site

Ce n'est pas pour les décourager, mais plutôt pour prendre un peu mieux conscience du fait que la tâche est difficile et qu'il faut beaucoup de courage et d'énergie. Il est connu qu'il y a partout des cas déséspérés. Faisons en sorte qu'ils ne soient pas majoritaires, ou au moins, pour qu'ils ne le restent pas pour longtemps.

Publié par voxrromorum à 01:01:13 dans Ambiance générale | Commentaires (0) |

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