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LA VOIX DES RROMS

Les Rroms acteurs - Parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous

Un petit mot à nos lecteurs

Bonjour et bienvenue sur notre blog        Bookmark and Share

Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.

Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com


Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7 FM


Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander



Qui sont les Rroms ?    


Les Rroms sont un peuple d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.

Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.

Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.


Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français


Et les Tsiganes alors ?


Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.

A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...

A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.


Rroms et Gens du Voyage

De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...

Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.


Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste?

C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...

Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.



Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?

Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.

Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms


Que signifie le terme Samudaripen ?

En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.

N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom. Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.

En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????

On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis,
et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.


Le saviez-vous ?

Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !

A quoi correspond le 8 avril -
journé mondiale des Rroms?

Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...

SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King


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Les Rroms expulsés de Rue André Campra maintiennent le cap | 31 août 2007

Aujourd'hui, 31 août 2007, vers 10 heures, une vingtaine de Rroms qui avaient été expulsés d'un terrain situé derrière la rue André Campra à Saint-Denis se sont rassemblés devant la mairie de Saint-Denis. Ils font partie de ceux des 600 Rroms qui se trouvaient sur ce terrain et qui n'ont ni été sélectionnés pour le projet d'insertion professionnelle mis en place par la sous-préfecture, ni accepté la fameuse « aide humanitaire au retour » gérée par l'ANAEM. Ils étaient venus demander à la mairie une solution pour leur relogement.

Un représentant de « La voix des Rroms » est allé à leur rencontre et après une consultation, une demande d'entretien avec M. le maire a été rédigée, précisant les aspirations de ces familles : apprentissage du français, insertion professionnelle, inscription des enfants à l'école et relogement provisoire en attendant l'acquisition d'une indépendance de chacun.

Une délégation de 6 personnes a été reçue par la première adjointe au maire, Mme Soulas, ainsi que MM. Cossic et Dionisi, des services administratifs de la municipalité. Mme. Soulas a précisé que la municipalité de Saint-Denis saluait l'initiative de la sous-préfecture, mais qu'elle avait bien mis en garde sur le fait que l'évacuation du terrain créait une situation nouvelle difficile pour les concernés (les expulsés) qui ne pourrait pas être gérée par la ville. Cependant, la municipalité relancera sa demande d'une table ronde au niveau au moins régional pour trouver des solutions à cette situation qui se retrouve dans beaucoup d'autres villes d'Ile-de-France. « La voix des Rroms » a fait part de son analyse de la situation, notamment du fait, peu connu et/ou négligé par les autorités, que dans la plupart des cas, les familles concernées viennent d'un milieu rural. Ainsi, il serait plus judicieux et plus conforme aux demandes des concernés à élargir le champ du travail et explorer les possibilités d'installation des familles qui le souhaitent dans des villages français, où elles peuvent à la fois acquérir des expériences nouvelles et contribuer au développement durable par l'agriculture biologique.

Concernant la demande de relogement, la mairie de Saint-Denis s'est dite dans l'impossibilité d'y répondre. Consciente du risque de voir un nouveau bidonville se constituer où des bâtiments en abandon occupés, Mme. Soulas a informé que la durée d'une telle installation ne dépendait pas de la volonté de la mairie mais que celle-ci ne demanderait pas d'expulsion.

Sur la question de la scolarisation des enfants, les Rroms y tiennent d'autant plus que la rentrée arrive à grands pas, et des démarches seront faites au cours de la semaine prochaine.

 

Publié par voxrromorum à 20:08:20 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (0) |

Crimes racistes en augmentation dans 8 pays européens au moins | 30 août 2007


Droits de l'homme - 29-08-2007 - 15:29 source: site web du Parlement européen



 
Les données manquent cruellement. Pourtant, parmi les 11 bons élèves européens qui comptabilisent les crimes racistes perpétrés sur leur territoire, 8 ont enregistré, l'année dernière, une augmentation des incidents xénophobes. C'est ce qui ressort du premier rapport publié par la toute nouvelle Agence des Droits Fondamentaux, et présenté lundi en commission des libertés civiles. Selon les mots du rapport, «la violence et les crimes racistes restent une maladie sociale grave à travers l'Europe».

France, Danemark, Allemagne, Irlande, Pologne, Slovaquie, Finlande et Grande Bretagne : dans chacun de ces 8 pays européens, le nombre de crimes et violences racistes enregistrés était en hausse l'année dernière.

Crimes racistes : des résultats peu encourageants...et incomplets

Sur les 11 pays européens qui comptabilisent les données pénales liées à des actes xénophobes, seuls 3 ont donc connu une évolution positive en 2006 : l'Autriche, la Suède et la République tchèque semblent un peu plus tolérants qu'auparavant, puisque le nombre de crimes racistes déclarés y a baissé. Pourtant, la lutte contre le racisme a encore de belles batailles à remporter.

Bataille des données tout d'abord : si l'on ne peut souligner cette évolution que dans 11 pays européens, c'est que la majorité des membres de l'Union Européenne (UE) ne comptabilise pas les violences xénophobes sur leur territoire -ou alors de manière inappropriée ou incomplète. Pas de comptabilité, et donc pas d'analyse éclairante sur le phénomène du racisme en Europe.

Pour combler ces lacunes administratives, restent les Organisations Non Gouvernementales (ONG), comme l'explique le rapport de l'Agence : « Dans de nombreux États membres, lorsque les gouvernements ne communiquent pas de statistiques officielles relevant du domaine pénal, les ONG continuent de jouer un rôle complémentaire essentiel en compilant les incidents racistes. »

Seul bon élève européen en matière d'enregistrement des données : le Royaume-Uni. A lui seul, il a compilé plus de rapports sur des actes racistes que les 26 autres pays européens réunis. Un modèle à suivre ?


Le large éventail des discriminations en Europe

Au jour le jour, le racisme peut aussi se révéler dans de petits actes quotidiens qui, s'ils n'ont pas la violence d'un crime, affectent les plus « vulnérables ». Les immigrés, les réfugiés, les demandeurs d'asile ou encore les Roms sont, d'après les statistiques, confrontés aux plus nombreuses discriminations.

Ainsi, le taux d'emploi des minorités ou immigrés reste, dans la plupart des Etats-membres, inférieur à la moyenne nationale. Au point que certains pays, comme la Suède, ont mené des projets de candidatures anonymes pour accroître la diversité ethnique sur le marché de l'emploi. Car un nom à consonance arabe, selon des études du même pays scandinave, réduit considérablement les chances de trouver un emploi, à qualifications égales.

En matière de logement, il n'est pas rare dans plusieurs pays européens de lire des petites annonces garantissant au potentiel locataire l'absence « d'étrangers » dans le bâtiment. L'auteur belge d'une telle annonce a été condamné en 2006 à 3 ans d'emprisonnement avec sursis.

L'école n'est pas épargnée par les ségrégations. L'Agence des Droits Fondamentaux cite ainsi le cas de la République tchèque, où plus de la moitié des élèves Roms sont inscrits dans des écoles spécialisées ou pour enfants handicapés. Des programmes ont été mis en place pour y pallier, mais un gros travail reste à faire.

Des directives européennes anti-discriminations existent pourtant. Mais, selon l'Agence, « le très faible taux de plaintes enregistrées en 2006 dans certains pays donne à penser que les victimes ne connaissent pas la protection légale à laquelle elles ont droit ». Un constat validé par un récent sondage Eurobaromètre, selon lequel à peine 32 % des citoyens européens disent connaître leurs droits au cas où ils seraient victimes de discrimination ou de harcèlement. Il semble donc plus que jamais nécessaire de sensibiliser les victimes potentielles.

L'Agence des Droits Fondamentaux, pas assez chien de garde ?

« J'aurais aimé que l'on donne à l'Agence plus de dents, afin qu'elle devienne un vrai chien de garde » : voilà comment la députée néerlandaise Sophia In't Veld (ALDE) a critiqué le mandat limité de la nouvelle Agence des Droits Fondamentaux. Une position largement soutenue par ses collègues de la commission des Libertés civiles. Quel avenir pour cette agence basée à Vienne, née le 1er mars dernier, si neuve qu'elle n'a pas encore de directeur ?

Le Conseil de l'UE -l'institution qui représente les Etats-membres- n'a pas obligation de venir témoigner régulièrement devant l'Agence, mais seulement « s'il en a envie », a regretté le socialiste italien Claudio Fava. Un manque de contrôle et de responsabilité qui pourrait réduire l'impact des travaux de l'Agence -et donc son importance, selon lui.

Car l'ambition est grande : l'Allemand Manfred Weber (PPE-DE) a affirmé que l'Agence devait être « un modèle de référence des Droits de l'Homme à travers le monde ». Et qu'il fallait, pour cela, éviter toute politisation de son travail et de son fonctionnement.
Source: site web du Parlement européen

Publié par voxrromorum à 00:01:48 dans Racisme | Commentaires (0) |

Le terrain de la rue Campra à Saint-Denis se vide petit à petit | 28 août 2007

Hier, lundi, les Rroms qui occupaient un terrain rue Campra à St-Denis attendaient qu'on les dirige quelque part: certains relogés avant d'être intégrés dans le projet d'insertion socio-professionnelle, d'autres pour repartir en Roumanie avec l'aide humanitaire au retour de l'ANAEM, d'autres encore étaient déjà partis...

Dans la matinée, ils étaient près d'une trentaine devant les deux algecos installés Rue Campra faisant office de bureaux d'accueil, mais ceux-ci sont restés vides et fermés. Le représentant de l'association "Coup de main" leur a annoncé que les bureaux ouvraient à 14h30.

Dans l'après-midi, des représentants de la préfecture et du conseil général du 93 sont venus les accompagner, les premiers vers un lieu provisoire avec des algecos, les seconds vers des hotels, en attendant l'installation du lieu définitif où le projet se mettra en place. L'autocar rempli, il a pris la route vers le nord, destination connue uniquement par les employés de la préfecture. Un de nos amis, qui voulait savoir où les familles seraient installées, a suivi l'autocar en voiture jusqu'à Bourget, mais l'a perdu de vue, celui-ci roulant très vite.

Joint par téléphone, un Rrom nous a dit qu'ils étaient à "Beaujour" dans le 77, une ville inconnue... peut-être Beauvoir ?

Seulement quelques familles sont restés sur le terrain, en attendant l'autocar qui les mènera en Roumanie, lorsque l'ANAEM aura organisé ce voyage.

Victor, se demande lui comment il n'a pas bénéficié du projet, vu qu'il parle français et que son fils est solarisé. C'est le profile type des bénéficiaires du projet selon ce que le sous préfet avait annoncé. Le sous préfet avait déclaré au journal "Le Parisien" qu'une liste d'attente de 7 familles était également établie, au cas où certains des bénéficiaires initiaux se désisteraient. Les employés de la préfecture qui faisaient l'appel pour la montée en autocar hier ont dit, quant à eux, qu'ils n'étaient pas au courant d'une telle liste et que le choix avait déjà été fait. Ils étaient certainement mal informés. Nous avons contacté le sous préfet et on attend une réponse pour la famille de Victor dans l'après-midi.

 

 

Publié par voxrromorum à 10:01:03 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) |

Tsigane, sois évangelique, chante la Marseillaise, soumets-toi et tout va bien! | 27 août 2007

Dans un article du Journal Chrétien, que vous pouvez lire ICI , on peut lire qu'à la Convention annuelle évangelique, la Marseillaise a retenti. Le préfet de la Haute Marne, M. Yves Guillot, s'est rendu à ce rassemblement religieux, apparemment pour bien montrer le côté laïque de la République. Remarquez, c'est à la mode, tous les grands font le tour des mosqués, églises, synagogues et... maintenant, des Conventions évangeliques.

M. le "sénateur gens du voyage", Pierre Hérisson (il s'appelle réellement ainsi, n'y voyez pas une blague, qui plus est, serait de mauvais goût), était aussi de la partie. Evidemment, le "sénateur gens du voyage" c'est précisément le parlementaire à l'initiative de l'amendement qui porte son nom dans la loi sur la prévention de la délinquance, permettant l'expulsion des terrains occupés par les "gens du voyage" sur l'ordre du préfet, sans passer par le juge, comme il est normal et comme cela se pratiquait jusque là. M. Hérisson est aussi le président de la Commission Nationale Consultative des "gens du voyage par la grâce" de la République française" qui ne reconnaît pas les minorités sous prétexte de l'égalité devant la loi, mais dont les représentants ne ratent pas une occasion pour aller dans des rassemblements religieux. C'est suite à cet amendement qu'un certain nombre de membres de cette commission (des cousins Mânouches) en ont démissionné, et on ne peut que les comprendre!

Elle est belle, la République française laïque où celui qui veut chasser les tsiganes sans qu'un juge soit prononcé va à la fête évangelique, avec un préfet dont les pouvoirs d'expulsion sont élargis par cet amendement, et où les "gens du voyage" (ou bien "tsiganes" en cette occurrence?) évangeliques jouent la Marseillaise!

Il y a de quoi perdre les pédales!!!!!

Publié par voxrromorum à 22:35:28 dans Ambiance générale | Commentaires (0) |

Il doit bien y avoir des solutions! | 27 août 2007

Ce n'est pas pour le simple plaisir d'y croire, mais dans un pays comme la France, qui compte 60 millions d'habitants, parmi lesquels environ un demi million de Rroms (en incluant, bien sûr, nos cousins Mânouches et Gitanes), la présence de 6-7 mille Rroms en situation précaire, car précarisés, n'est pas le problème le plus compliqué à résorber.

Le député-maire de Vénissieux semble avoir compris cela, comme d'autres élus d'ailleurs. La particularité réside en ce qu'il a exactement la même analyse que "La voix des Rroms". dans une lettre adressée au premier ministre, il écrit: "Il faut travailler à des projets individuels pour une installation durable ou saisonnière en France sans écarter l'hypothèse du retour des cas qui seraient réellement volontaires".

On ne sait pas si notre travail de sensibilisation et de proposition y est pour quelque chose, mais qu'importe! A partir du moment où cette proposition rejoint celle que nous avançons depuis toujours, nous serions encore plus contents si nous n'y sommes pour rien. Cela montrerait que c'est tout simplement la logique qui veut qu'on voie ainsi la chose.



Publié par voxrromorum à 22:15:15 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) |

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