Bonjour et bienvenue sur notre blog ![]()
Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.
Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com
Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7 FM
Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander Qui sont les Rroms ?
Les Rroms sont un peuple d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.
Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.
Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.
Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français
Et les Tsiganes alors ?
Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.
A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...
A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.
Rroms et Gens du Voyage
De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...
Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.
Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste?
C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...
Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.
Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?
Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.
Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms
Que signifie le terme Samudaripen ?
En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.
N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom. Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.
En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????
On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis, et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.
Le saviez-vous ?
Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !
A quoi correspond le 8 avril - journé mondiale des Rroms?
Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...
SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King

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Le journal « Libération » a publié un article mentionnant que les « gens du voyage » demandent aux présidentiables de supprimer les lois Sarkozy. En effet, le dispositif législatif spécifique, ou s'appliquant de manière spécifique à cette catégorie administrative dans laquelle la République française a casé ses Rroms, Sinté et Kalé, a largement été modifié dans le sens du durcissement les dernières années.
Cependant, ce qui a attiré notre attention, ce sont surtout les commentaires racistes faits par les lecteurs à cet article. Tous les commentaires ne sont pas racistes, mais il y en a, et même trop, lorsqu'on sait que le lectorat de Libé est plutôt de gauche. Le racisme transcende les couleurs politiques, diriez-vous. Peut-être... En l'occurrence, c'est même certain.
Créer des aires d'accueil financées à 70% par l'Etat ? « Quand ils paieront des impôts », - dit l'un, « et si l'Etat en faisant autant pour les logements sociaux manquants ? » réplique l'autre.
Quoi dire ?
BANDE DE CONNARDS ET DE CONNASSES (la stupidité transcende elle aussi les sexes). Mais savez-vous qu'ils paient des impôts, « ces gens là » ? Savez-vous que ce qu'ils demandent en priorité c'est d'acheter des terrains où ils pourront installer leurs caravanes et vivre, mais que systématiquement les maires se pressent de préempter pour éviter leur présence sur leurs communes ? Savez-vous qu'ils sont Français, au moins ? Qu'ils ont participé eux aussi à la Résistance (comme Archange pour n'en prendre qu'un exemple) ? Savez-vous que la nouvelle taxe d'habitation pour les caravanes (instaurée en 2005 et applicable en 2008 pour ne pas gêner la présidentielle) est 3 fois supérieure à la taxe d'habitation dans un des quartiers les plus bourgeois de Paris (le Marais), alors que, cette même caravane taxée n'ouvre aucun droit aux aides logement (APL, crédits à taux réduit etc.) parce que justement, quand il s'agit d'aides elle n'est pas reconnue comme logement ?
Et pour revenir à la question des logements sociaux, savez-vous que le plus gros des coûts pour la construction d'une aire d'accueil va à la viabilisation des terrains, parce que justement on les choisit express à côté de déchetteries ou d'usines qui polluent ? Enfin, il faut être complètement taré pour croire qu'une aire d'accueil pour 20 familles coûte autant que 20 appartements, puisque par définition, le logement sur les aires d'accueil est la caravane, achetée par les intéressés, qui trouvent sur place uniquement le béton, l'eau, l'électricité et quelques sanitaires.
Enfin, le logement social et les aires d'accueil, loin de s'opposer, se complètent. De toute façon, les Rroms français (notamment les Sinté qui vivent en caravane), cherchent en priorité à acheter des terrains, mais les maires les en empêchent. Y a-t-il beaucoup d'autres populations en France à qui on met des bâtons dans les roues pour ça ? Seulement celles qui ne sont pas « gauloises ». Les aires d'accueil pour ces Rroms correspondent mutatis mutandis au logement social pour d'autres, à la différence près que, dans un HLM, l'occupant décide si oui ou non il part en vacances et quand, et qu'il ferme son appartement à clé, alors que dans une aire d'accueil, il y a des périodes précises pendant lesquelles on est obligés de partir, parce qu'on est « gens du voyage » par la grâce républicaine de deux décrets des années 1970. Une circulaire de novembre 2007 disait à ce propos aux préfets que la durée d'installation dans une aire d'accueil ne peut pas être supérieure à 3 mois, SAUF, si pour des raisons de scolarisation des enfants, elle s'avérait nécessaire pendant 9 mois. Le droit fondamental de l'enfant à être scolarisé est donc traité comme une exception en France en 2007.
"Doù tirent-ils leurs revenus?" - se demandent quelques esprits aussi éclairés que sains du forum de Libération. Quoi leur répondre? Qu'ils aillent vivre une semaine avec ces personnes dont ils ne connaissent pas la source des revenus. Ils se rendront compte qu'il n'est effectivement pas facile de se lever à 4 heures du matin pour se préparer à faire les marchés, les vendanges, la récupération, les chantiers, le porte à porte...
Il y a des voleurs chez nous? Et alors ? Quel est le peuple qui n'en a jamais eu ? Nous avons notre lot, certainement. Nous n'en sommes pas suffisamment fiers pour en faire des ministres ou des présidents peut-être, mais ce n'est pas une raison pour nous en vouloir plus particulièrement. Nos voleurs, ce n'est pas nous qui nous en occupons avec des bulletins de vote, ce sont les autres qui les arrêtent, les jugent et les enferment. Drôles de débouchés pour des expériences, somme toute, semblables... du vol. Oh, ce n'est pas grave, ils ne sont pas très bons nos voleurs, on vous l'accorde volontiers. Ils ne savent pas aussi bien faire que ceux qui ont fait des études d'école de commerce par exemple, et ne parlons même pas des diplômés des grandes écoles... ou là la...
France, parfois je te hais, parfois tu m'émeus chante le Grand Corps Malade dans un de ses slams. Evidemment, à force d'avoir exporté trop généreusement ses droits de l'homme, la France se trouve un peu en pénurie pour ses besoins intérieurs.
Les réactions à cet article de Libé nous inquiètent. Ils témoignent
en effet d'une ambiance poujadiste très dangereuse, non seulement pour les
Rroms, mais pour tout le monde, pour la démocratie même, pour cet idéal qui
ressemble aujourd'hui à une mère vieillie en mal d'enfants.
Pour lire l'article et les commentaires cliquez ici
Publié par voxrromorum à 20:12:14 dans Tsiganophobie ordinaire | Commentaires (4) | Permaliens
Quelques familles sinté (Manouches) vivent sur des terrains leur appartenant à Bessancourt, depuis quelqus années. Ils ont, en effet, acheté des parcelles sur lesquelles ils ont installé des caravanes. C'est un mode d'habitat qu'ils ont choisi, auquel ils tiennent, et qui est un droit. Ils ne demandent pas de privilèges. Ils ne sont pas à la merci de la charité, qu'elle soit chrétienne, musulmane,laïque, athée, gouvernementale... NON, ils gagnent leur vie à la sueur de leur front, comme beaucoup de leurs compatriotes.
Ce qu'ils demandent? C'est tellement normal qu'on a du mal à imaginer qu'ils aient du passer par la justice!
1. DE LA LUMIERE!
2. DU RAMASSAGE D'ORDURES!
3. DU COURRIER QUI ARRIVE CHEZ EUX!
A qui viendrait-il à l'esprit l'idée que ces trois choses, fondamentales et même basiques, sont refusées sur le territoire de la République française à des citoyens? C'est pourtant le cas à Bessancourt. Sous prétexte que les terrains dont ils sont propriétaires se situent en une zone "verte", ces services basiques leurs sont refusés. Pourtant, sur cette fameuse "zone verte", ce sont ces mêmes personnes qui, une fois achetés leurs terrains, les ont débarrassés de quelques tonnes d'ordures accumulées depuis très longtemps. Il est vrai, aujourd'hui, l'espace est très propre, car les propriétaires l'entretiennent très soigneusement. Comme il est vrai aussi que de l'autre côté du chemin qui longe les terrains, sont enterrées, par les autorités publiques locales (écologistes?) des ordures qui dépassent un peu quand-même. Allez comprendre donc qui est l'écolo dans cette affaire.
Puis, chose pour le moins étonnante, ces Sinté ont des voisins qui, eux, n'ont pas de problèmes, alors qu'ils se trouvent sur la même "bordure verte". "Tant mieux pour nos voisins", disent nos cousins sinté; le problème ce n'est pas qu'eux aient l'électricité, ou le droit de construire de petits chalets (conformément à la loi, ne dépassant pas les 20 m²), cela est normal, le problème est que nous, nous n'avons pas ces mêmes droits, alors que nous sommes dans la même situation.
Nous partageons parfaitement ce point de vue. Par conséquent, les associations "La voix des Rroms", "Femmes rroms, sinté et kalé", "Samudaripen", ainsi que le Centre AVER de recherche et d'action sur toutes les formes de racisme ont soutenu leur action. AUjourd'hui, des représentants des familles concernées ont déposé une plainte contre X pour discrimination devant le Doyen des juges d'instruction du Tribunal de Grande Instance de Pontoise.
Malheureusement, ce n'est pas le seul cas de discrimination que les Rroms, Sinté et Kalé subissent en France, pays, entre autres, de l'égalité. Il est tout de même triste que dans ce pays d'égalité, on doive saisir le juge pour être considéré égal à son semblable. Espérons que cela résolve les problèmes de nos amis de Bessancourt, et aussi, serve plus globalement à diminuer les discriminations, qu'elles soient directes ou indirectes, à l'égard de notre peuple. Parce que, rapellons-le, être Rrom, Sinto ou Kalo, n'a jamais empêché personne d'entre nous à être aussi Français, y compris lorsque cela a impliqué de prendre le maquis.
Publié par voxrromorum à 20:42:04 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (2) | Permaliens
Nous avons reçu ce communiqué du RESF Paris, qu'il nous semble important de diffuser. En effet, nous parlons beaucoup de nous mêmes sur ce blog, parce qu'il a été conçu justement pour cela, pour qu'on puisse nous exprimer nous, Rroms, sur nous mêmes et équilibrer un peu les voix qui parlent sur notre peuple. Cependant, nous ne sommes pas autistes, loin de là. La rubrique "Solidarités" de ce blog, où nous publions ce communiqué, est pour nous le moyen de nous placer par rapport à d'autres et de nous positionner sur des questions plus générales, qui nous affectent ou pas, plus ou moins, mais sur lesquelles nous sommes sensibles.
Il a pu être dit que le traitement des Rroms dans un pays témoigne du niveau de démocratie qui y est appliquée. C'est peut-être vrai. En tout cas, il y a une autre chose qui est encore plus évidente: nous avons souvent été les cobayes de politiques de répression et de déshumanisation, dont le champ d'application a rapidement été étendu à d'autres que nous.
C'est aussi pour cela que nous nous sentons le devoir de mettre en garde. Nous avons parlé dans notre dernier message de ce qu'a representé pour les Rroms, Sinté et Kalé de France le séjour d'un certain N.S. place Beauvau. C'est fondamentalement contraire à notre philosophie que de se poser en victimes, et nous nous refusons de traiter quiconque de victime. Le communiqué ci-dessous s'inscrit dans cette même logique, en ce qui concerne les "sans papiers". Notre message est simple:
NE NOUS HABITUONS PAS A LA REPRESSION ET A L'HUMILIATION, C'EST LA CHOSE LA PLUS HORRIBLE QUI PUISSE ARRIVER A UN ETRE HUMAIN!
(association "La voix des Rroms")
______________________________________________________________________________________
Réseau Education Sans Frontières (RESF)
Paris le 20 mars 2007
Répression et chasse aux étrangers : un
pas a été franchi.
Hier et ce soir, des incidents graves se sont produits
lors de rafles effectuées dans nos quartiers à Paris.
Lundi 19 mars en fin
de journée, nous avons assisté, révoltés, à une tentative d'arrestation
devant l'école maternelle Rampal d'une dame venue chercher une petite
fille à la sortie de l'école.
Malgré l'intervention des parents présents, et
celle d'enseignants, les policiers ont fouillé et interrogé cette femme, prenant
de haut les protestations, devant les enfants et parents traumatisés. Ils l'ont
ensuite emmené pour une destination qu'ils n'ont pas voulu préciser,
laissant la petite fille désemparée... Suivis et à nouveau
« interpellés » par des parents de façon véhémente, les forces
de l'ordre ont fini par relâcher leur proie plutôt que de provoquer une émeute.
Cet incident a eu lieu lors d'une énième rafle dans le quartier de
Belleville.
Ce soir, mardi 20 mars, au même endroit, après plusieurs
allers-retours dans le quartier, les policiers ont finalement assiégé un café
(situé à l'angle de 4 écoles, les écoles Lasalle et Rampal), et y arrêtant,
notamment, un grand-père de 2 enfants scolarisés aux écoles Piver et
77, bld de Belleville. Après l'avoir été maintenu dans le café pendant
plus d'une heure, la police décidait d'embarquer ce grand-père juste avant la
sortie d'école de 18h. Les parents d'élèves, des enseignants, les militants de
RESF et les habitants du quartier tentaient d'intervenir. La réaction des
policiers fut immédiate : ils cherchaient violemment à disperser la
mobilisation, n'hésitant pas utiliser la violence physique et un peu plus tard à
asperger la rue de gaz lacrymogène. Les parents présents aux sorties d'écoles,
avec leurs enfants et leurs poussettes, atteints par les puissants gaz
lacrymogènes, se réfugiaient dans l'école élémentaire Lasalle pour fuir cette
scène particulièrement traumatisante. Le grand-père a finalement été emmené
dans un commissariat du 2ème arrondissement.
Quelque temps après, les rafles
se poursuivaient à Goncourt et à la rotonde de Stalingrad. Non contents
d'augmenter la cadence des contrôles au faciès, parfois en dehors de tout cadre
judiciaire, les fonctionnaires de police ont donc choisi cette fois de violer le
dernier refuge des valeurs de la République, à savoir l'école.
Le Préfet de
Police de Paris aurait tort de sous-estimer la colère grandissante que
provoquent ces procédés iniques et circonstanciels dans les quartiers dits
« populaires ». La peur cède peu à peu à la détermination d'y mettre
fin, on l'a vu ce soir. Nous partageons cette détermination. Le procédé de
rafle est en lui-même odieux parce qu'il bafoue l'ensemble des droits
fondamentaux des personnes humaines. Et doublement insupportable quand les
institutions de la République sont elles-mêmes visées. Nous rappelons aussi
les garanties données à RESF à deux reprises pendant l'été 2006 (le 5
juillet et le 27 juillet) par la Préfecture de Police : qu'il n'y aurait pas
d'interpellations dans et aux abords des établissements scolaires.
Désormais, devons-nous tenir pour caducs ces engagements ?
Pour le
Comité de soutien Lasalle-Rampal,
Maria Clark, 06 18 01 07 63
Thérèse
Coriou, 06 82 18 39 14
Dominique Perez, 06 84 52 00 41
Pour RESF
Paris,
Brigitte Wieser 06 88 89 09 29
Anthony Jahn
06.61.98.45.18
Publié par voxrromorum à 01:37:06 dans Solidarités | Commentaires (0) | Permaliens
N.S. quitte ses fonctions de ministre de l'Intérieur.
Le bilan de N.S. en tant que ministre de l'intérieur pourrait faire l'objet de livres entiers, ce que nous ne ferons pas.
Reprenons seulement l'expression "productivité des services de police", qu'a utilisé M. Alain Bauer, président de l'observatoire national sur la délinquance. C'est en fait sur ce point que le bilan du ministre serait positif, selon M. Bauer. C'est grosso modo la culture du chiffre: primes pour les policiers qui atteignent les objectifs chiffrés, sanctions sur ceux qui ne les atteignent pas.
En ce qui concerne les Rroms, nous ne ferons pas de comptes, mais juste revenir sur quelques points qui, dans l'activité du personnage, nous concernent particulièrement, étant entendu qu'ils sont pertinents aussi, à des degrés divers, à toute personne en France:
1. La relation du ministre de l'intérieur avec les juges
Dans une démocratie, en vertu du principe de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice, le gouvernement ne peut pas juger de l'application que le juge fait de la loi, et encore moins de l'opportunité des décisions qu'il prend en application de cette loi.
Après que le tribunal de Créteil ait libéré 65 Rroms de Roumanie rafflés à Choisy (94), pour vice de forme dans la procédure policière, M. Sarkozy déclarait sur TF1 : « Nous voyons bien le caractère parfaitement absurde d'une procédure à laquelle aujourd'hui plus personne ne comprend rien et qui permet à quelques professionnels de s'amuser avec la procédure, avec des préoccupations uniquement idéologiques ».
Rappelons à ce sujet que, s'agissant de la liberté individuelle, qui dans une démocratie assure à chacun de n'être arrêté que pour des motifs et dans les formes prévues par la loi, la procédure, loin d'être une question purement formelle, est une question essentielle. En tant qu'avocat, l'ancien ministre de l'intérieur connaît bien cela. Quant aux « préoccupations uniquement idéologiques », quid de l'expression « s'amuser avec la procédure », prononcé par un avocat ? N'est-ce pas de la pure démagogie populiste ?
L'histoire s'est poursuivie avec le conflit entre place Beauvau et le tribunal de Bobigny, assez bien connue.
2. Le « stationnement illicite »
La loi que le ministre a fait adopter le 18 mars 2003 insère au Code pénal un article 322-4-1 ainsi rédigé :
« Le fait de s'installer en réunion, en vue d'y établir une habitation, même temporaire, sur un terrain appartenant soit à une commune qui s'est conformée aux obligations lui incombant en vertu du schéma départemental prévu par l'art. 2 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ou qui n'est pas inscrite à ce schéma, soit à tout autre propriétaire autre qu'une commune, sans être en mesure de justifier de son autorisation ou de celle du titulaire du droit d'usage du terrain, est puni de six mois d'emprisonnement et de 3750 euros d'amende.
Lorsque l'installation s'est faite au moyen de véhicules automobiles, il peut être procédé à leur saisie, à l'exception des véhicules destinés à l'habitation, en vue de leur confiscation par la juridiction pénale ».
Dans une circulaire de 2006, le ministre précise que, afin de faciliter l'expulsion des gens du voyage, il faut créer des aires de stationnement, et que ces derniers ne devraient pas engager beaucoup de dépenses. Le but est donc bien de pouvoir expulser et, si possible, appliquer l'article ci-dessus : emprisonnement, amende, confiscation !
Quant aux prix élevés de ces aires, la circulaire rappelle une limite du coût, instituée par un décret d'application de la loi de 2000 (loi Besson pour les intimes).
Or, il faut rappeler pourquoi ces aires coûtent cher. Ce n'est pas parce que ces aires ont des équipements en or, très loin de là ! C'est parce qu'à tous les coups, pour les rares cas où elles sont réalisées, c'est en dehors des villes, à côté de déchèteries ou d'usines qui polluent à fond, et que donc il faut viabiliser les terrains sur lesquels on les installe. L'espérance de vie de ceux que la république française appelle « gens du voyage » s'en trouve inférieure d'une vingtaine d'années par rapport à la moyenne nationale.
3. L'action de la police
C'est là sans doute que l'action du ministre de l'intérieur s'exprime dans toute sa splendeur. Il suffit de voir l'explosion des plaintes contre des policiers auprès de l'Inspection générale des services (IGS) ou de la Commission nationale de la déontologie de la sécurité (CNDS). Nous nous tiendrons ici à un seul cas, le plus grave :
Dans la nuit du 19 au 20 juin 2006, Vilhem Covaci, un jeune rrom de 20 ans, est coursé par des policiers à Aubervilliers. Sans papiers, il s'est jeté dans le canal Saint-Denis et a nage rapidement vers l'autre rive. Son beau-frère Daniel, qui l'accompagnait, se jette aussi dans l'eau, bien qu'il ne sache pas nager. Il plonge, puis dès qu'il ressort en surface, est repêché par les policiers, qui l'assomment à coups de poings et de pieds. Il a juste le temps de voir son beau-frère qui continuait à nager rapidement déjà à plus de la moitié de la largeur du canal, avant de perdre connaissance. Entre temps, un nombre important de policiers, en uniforme et en civil, s'étaient rendus sur les deux rives du canal, ainsi que sur un pont à proximité. En un mot, les deux jeunes étaient encerclés. Des Rroms qui habitaient à proximité ont entendu des cris de douleur.
Conduit à l'hôpital après avoir passé quelques heures au commissariat d'Aubervilliers, Daniel est libéré dans l'après-midi du 20 juin. Quant à Vilhelm, il a disparu. Sa famille, directement et par le truchement d'un avocat, demande des nouvelles des deux jeunes, mais le commissariat d'Aubervilliers dit qu'ils ne sont pas là. Ce n'est qu'à la libération de Daniel qu'ils sauront ce qui s'est passé, mais ils restent sans nouvelles de Vilhelm.
Quatre jours plus tard, le corps de Vilhelm sort à la surface du canal, à quelques mètres du lieu où il a été vu pour la dernière fois. Aucune explication n'est donnée par le commissariat d'Aubervilliers. « La voix des Rroms » a demandé d'être reçue avec la famille de la victime, et une prise de position par le ministre de l'intérieur. Le ministre n'a pas pu accorder un entretien car son agenda était plein. Quant à une prise de position, pas de réponse. Nous avons compris, les policiers ne sont pas là « pour jouer au foot », mais qu'on le sache, et toujours dans notre hypothèse de base, ils ne sont pas là non plus pour ne pas répondre de leurs actes.
Le cas de Vilhelm n'est malheureusement pas isolé. Beaucoup de personnes ont trouvé la mort après avoir rencontré la police, dans des circonstances qui restent souvent obscures.
Tout ceci s'est passé sous le mandat de N.S. en tant que ministre de l'intérieur, mais ce n'est pas tout ce qui s'est passé pendant ce mandat.
Publié par voxrromorum à 22:58:42 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) | Permaliens
Dans la rubrique médias, nous n'avons pas eu très souvent l'occasion de présenter des choses positives. Alors, cette fois-ci, on en profite à fond (à donf diraient d'autres).
Cela s'est passé dimanche, 18 mars, sur Zaléa TV, une chaine de TV libre qui nous a invité le collectif du 8 avril pour présenter le projet qu'il porte. Dans un message antérieur, nous vous avons déjà mis au courant de cette journée qui se déroulera à Montreuil, aux studios du Théâtre de Montreuil (52, Rue du sergent Bobillot, M° Croix de Chavaux). Nous avons eu deux heures d'antenne sur cette TV libre, pour présenter la journée du 8 avril et les activités autour de cette journée.
Vous pouvez voir cette émission sur le site de zaléa TV, en cliquant ICI
Evidemment, cela vous donnera une idée du projet et de la fête le 8 avril, y compris du menu du banquet gratuit et des représentations artistiques, mais rapelons-le, c'est une projet dynamique qui s'enrichit tous les jours, même toutes les heures. Vous pouvez aussi vous rendre sur le site du 8 avril: http://www.journee-mondiale-rroms.org pour plus de détails.
Aussi, pour ceux qui le peuvent et qui le souhaitent, nous avons lancé un appel aux dons afin d'assurer à la fois une grande qualité de l'événement et sa gratuité pour le public. Vous pouvez libeller votre chèque à l'ordre de didattica ou de la voix des Rroms et l'envoyer à
Association didattica
Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris La Villette
(ENSAPLV)
144 avenue de Flandre
75019 Paris
Surtout, nous vous attendons nombreux le 8 avril !
Publié par voxrromorum à 22:45:39 dans Média | Commentaires (1) | Permaliens
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