Selon une affiche de l'UNI récemment collé sur les murs des campus, il paraîtrait que l'Extrême Gauche détruit l'Université. C'est pour répondre à cette déclaration fallacieuse que nous avons décidé de rédiger cet article. En effet, il nous paraît évident qu'affirmer que l'Extrême Gauche détruit la Fac relève soit de la bêtise, de l’insuffisance intellectuelle, de l'inculture et de la déficience mentale de l'UNI en terme d'analyse et de réflexion sur l'humain et les processus sociaux, soit de la mauvaise fois partisane, caractéristique des pseudo idéologues de ce syndicat étudiant acoquiné aux jeunesses de l'UMP. Dans tout les cas, cette propagande idéologique, qu'elle soit directement manipulatrice, ou qu'elle soit le reflet d'une représentation du monde erronée car trop autocentrée, constitue un moyen de détourner l'attention qui pourrait être portée aux acteurs et aux processus réels qui détruisent véritablement l'Université.
Dans un premier temps, il convient de s'entendre sur ce qu'est fondamentalement l'Université, sur le rôle et la fonction inhérente à cette institution vis-à-vis de la société. A la base, l'Université est une institution dont le but est essentiellement scientifique. C'est un centre de production de connaissances, de recherches et de découvertes, sans autre motif ni fonction que l'exploration des mécanismes de la nature, de la vie, de l’humain et de la société. L'Université en tant que telle doit disposer d'un statut d'indépendance intellectuelle totale envers tout élément pouvant parasiter cette production d'une connaissance véritable. C'est à dire qu'elle ne doit être soumise à aucune contrainte extrascientifique, qu'elle soit économique ou idéologique. Ensuite, la connaissance produite au sein de l'Université entre en interaction avec le reste du corps social. De ce fait, elle peut entraîner un ensemble de transformations sociétales d’ordres techniques, culturelles, sociales, économiques, ou politiques. A partir de cette réflexion, deux positions peuvent alors être identifiées. La première consiste à concevoir l'Université comme une institution chargée de répondre aux besoins de la société à travers l'accompagnement du développement du système en place. L'Université constitue ici une instance de professionnalisation, en charge de la formation de spécialistes pour répondre aux besoins sociaux de renouvellement professionnel. Dit autrement, c'est une usine à cadres au service d'un appareil technobureaucratique, dont la fonction consiste en la reproduction de l'ordre social établit. C'est, à peu de choses près, la conception qu'a l'UNI de l'Université. La seconde position considère l'Université comme une institution qui a pour but de développer une connaissance vraie. Cet impératif suppose par conséquent, comme il a été précédemment expliqué, une indépendance totale de la recherche et de l'enseignement.
Depuis plus de 30 ans, les gouvernements s'acharnent inlassablement à détruire ce statut d'indépendance intellectuelle de l'Université, en la subordonnant de plus en plus aux contraintes de l'économie de marché. Les prétextes que l'Etat avance pour justifier sa politique sont en général un ensemble d'arguments pompeux tels que: le déficit budgétaire, la récession économique, la crise, la réalité du marché. Or, quand on réfléchit sur les dépenses étatiques en ce qui concerne, par exemple, la multiplication des dispositifs de polices, de répression et de surveillance généralisée, on comprend qu'il ne s'agit pas tant de déficit mais bien plus de priorités d’ordres politiques. La récession ou la crise ne sont utilisées qu’à titre de prétextes, pour appuyer une politique de crétinisation et de répression. Loin de contribuer à la mise en place d’un réel statut d’autonomie, ces réformes marquent de plus en plus la soumission du savant au politique, de la connaissance à l’idéologie. Il n’est ainsi pas anodin de constater l’activité de tendances politiques subversives, opposées à l’idéologie des groupes sociopolitiques dominants, lorsque ceux-ci tentent de s’approprier le monopole de la production du « savoir légitime ». Ces mouvements tentent de défendre une dimension éminemment critique de la connaissance Universitaire contre son asservissement au projet de société définit par l'élite dominante. La subordination de l’Université à l’idéologie politique de la domination et à l’économie de marché est directement génératrice de formes de résistances, et entraîne de manière logique le réveil des tendances politiques antagonistes à l’ordre établit. A la fin des années 60, Herbert Marcuse soutenait déjà ce propos :
« Ce qui apparaît aujourd’hui comme une « politisation » externe de l’Université par des éléments radicaux relève, en réalité – comme si souvent dans le passé – de la dynamique interne, « logique », de l’enseignement : la connaissance se traduit en réalités, les valeurs humanistes en conditions humaines d’existence. (…) Par le refus de la liberté d’action politique à l’Université, on perpétue la coupure entre raison théorique et raison pratique, on restreint l’efficacité et le champ d’action de l’intelligence. »
(Herbert Marcuse, Vers la Libération, 1969)
Par conséquent, la destruction de l’Université ne peut être le fait de groupes subversifs tentant de sauvegarder, et désirant diffuser plus largement, la connaissance critique produite en son sein depuis plusieurs siècles déjà. Ces groupes ont en effet tout intérêt à ce que le savoir critique continue d’être transmis, afin d’assurer la reproduction sociale d’intellectuels critiques, plus enclins à la défense et la justification rationnelle de leur orientation politique. Cette destruction ne peut alors qu’être le fait d’acteurs sociaux pour lesquels la production d’un savoir véritable, c'est-à-dire critique, constitue une nuisance, un danger, parce qu’elle contient en son sein le potentiel d’anéantissement de leur monopole idéologique, de leur emprise sur le corps social. En effet, la connaissance critique fournit à ceux qui l’acquièrent l’intelligence de se défaire des perceptions réifiées, des réminiscences obscurantistes du discours dominant, afin de concevoir à la fois la possibilité de l’altérité, et la contingence de la réalité présente.
Pour conclure, ce que l’UNI entend par « l’Extrême Gauche détruit l’Université » signifie résistance de l’extrême gauche au processus de subordination de l’Université à l’économie de marché. C'est-à-dire que l’extrême gauche lutte en quelque sorte pour que l’Université remplisse sa mission de productrice de savoir véritable, objectif et critique, qui devient de moins en moins effective, du fait de la subordination idéologique à la fois externe, c’est à dire la relation clientéliste, et interne, du fait des facteurs sociaux, économiques et culturels inhérents aux processus de sélection au sein du corps enseignant. En effet, l’Université, malgré une période de « démocratisation » durant les 30 glorieuses, permettant l’accès aux enfants des classes ouvrières aux études supérieures, à toujours été une institution qui, sur le plan socioéconomique, était réservé aux enfants des classes supérieures, du fait, d’une part, de la nécessité de financement des études nécessitant un certain capital financier, et d’autre part, de la proximité socioculturelle de l’institution avec les milieux sociaux aisés. De ce fait, l’effet du processus de « démocratisation » ne fut que limité, les étudiants de milieux modestes, même s’ils disposaient de bourses d’études, se voyant bien souvent dans la nécessité de travailler en parallèle de leurs études, surtout dans le cadre d’études à long terme, pour s’autofinancer. De plus, moins bien dotés en capital culturel, ils partent à la base avec différence qualitative au niveau de l'éducation, qui ne favorise pas leur réussite face aux enfants de milieux aisés. Les réformes de l’Université s’insèrent alors, non dans une logique progressiste en terme d’égalité, mais dans une logique de reproduction socioéconomique des élites intellectuelles, techniques et politiques. Elles visent ainsi, que ce soit par le durcissement des processus de reproduction de classe sociale à l’Université, où par la subordination clientéliste, à garantir le monopole idéologique des classes dominantes en ce qui concerne la production d’un savoir « légitime » à caractère unidimensionnel. Elles signent ainsi la renonciation officieuse de l’Université à toute prétention de vérité, bien que les élites des groupes dominantes prétendront la garantir officiellement, afin de maintenir une forme de contrôle idéologique sur les groupes dominés. Si cela advient, l’Université aura trahi ses objectifs fondamentaux, à savoir, produire une connaissance critique véritable, et constituera alors définitivement, en tant qu’instance de légitimation de l’ordre établit, un dispositif et de contrôle social et de répression de l’intelligence. A ce moment là, effectivement, l’Extrême Gauche se devra de détruire l'université. Si tant est que l'on puisse encore l'appeler ainsi.
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Peut on réellement d’une élection démocratique
Taux d’abstention
Un taux d’abstention de près de 60 %, voilà qui devrait remette fondamentalement en cause la validité de ces élections, cependant il n’en est rien, et tout ce passe comme si la démocratie avait encore une fois triomphée. Un tel désintéressement politique devrait cependant nous questionner. C’est en effet le résultat le plus intéressant de ces élections. Devant le peu d’attention porté à ce résultat, voire l’hypocrite effarement et la crainte simulée de certains de ces chers politiciens, auquel ils répondent en s’interrogeant sur la manière dont ils vont pouvoir nous endoctriner, dont ils vont pouvoir, une fois de plus, nous berner, nous pouvons voir dans cette abstention massive un symptôme. Celui d’une perte de crédibilité croissante du système politique, d’une obsolescence avancée de celui-ci.
Cette abstention est le symbole du ridicule de la démocratie aujourd’hui, du ridicule de l’Europe, du ridicule de la politique classique, et de son spectacle médiatique, du ridicule de ses candidats. Il est ainsi bien évident que si elle était prise au sérieux, la démocratie aurait « fonctionnée », on se serait déplacé aux bureaux de vote. Encore faudrait il qu’elle soit. Cette abstention massive est le reflet de la blague politique et démocratique, elle est un rejet de la représentativité dans son ensemble : elle dit : « Rien dans la distribution des identités politiques connues n’est à même de répondre à l’urgence de la situation »
On sait depuis longtemps que l’implication politique est directement liée au niveau intellectuel et culturel, et par conséquent, dans de nombreux cas, au niveau de salaire : ainsi, on peut considérer que tous les plus riches de France et d’Europe ont voté, et que les plus pauvres ont été tenus éloignés des urnes, ce qui remet fortement en cause le score de la droite.
La droite, représentant officiel des riches, y trouve bien son compte et par là une nouvelle occasion de renforcer sa domination : d’une part, il est évident que cette dépolitisation engendrée par l’organisation de l’existence, du travail et de la société marchande lui garanti la main mise sur le capital (sous toutes ses formes), et assure ainsi la pérennité de sa domination sociale. Les plus riches développement une forte conscience de classe, et sont ainsi fortement mobilisés politiquement, tandis que les plus pauvres sont mis à la marge du savoir et du pouvoir, et reléguée aux simples fonction sociale de travailleur servile et de consommateur docile.
D’autre part, cette abstention, qui l’arrange bien, constitue une nouvelle opportunité de renforcer le contrôle social, et la mise en avant de l’idéologie dominante. « Si les gens ne votent pas, c’est parce q’ils ne sont pas assez intégrés, et donc, il faut favoriser l’intégration et promouvoir les valeurs de la république ». Implicitement cela signifie : ils échappent de plus en plus a notre contrôle et finiront par devenir dangereux pour nous, il est ainsi nécessaire de leur mettre davantage dans le crâne notre idéologie, afin qu’ils ne se révoltent jamais, qu’ils culpabilisent de ne pas avoir réussi dans une société qui (ne) garanti (absolument pas) l’égalité des chances.
Mais ce fort taux d’abstention tient également au déroulement de la campagne : Affiches et programmes qui arrivent à la dernière minute, pas le temps de réfléchir, d’en discuter, de se faire un avis. Quelle différence entre NPA et Front de Gauche, entre les deux listes écologistes, entre lepen, devilliers et dupont aignan. Beaucoup de votes au pif, de décisions prises au hasard dans l’isoloir. Voila qui remet sévèrement en cause le sérieux des votes, et la crédibilité de cette représentativité.
Cette élection constitue bien plus La Victoire des machines a fric.
Il n’y a pour cela qu’à regarder l’ordre du classement :
La droite « libérale » se retrouve bien évidemment majoritaire, puis vient la gauche molle, les écologistes, les nationalistes conservateurs, puis la gauche radicale. Cette élection reflète ainsi davantage la taille du porte monnaie des différents partis que l’expression d’une position et d’une réflexion construite de manière personnelle et autonome. Cette élection n’est que le reflet de la puissance numérique et financière des grosses machineries politiques, relative à leur capacité de mobilisation partisane et d’endoctrinement.
Les partis populaires, dont l’UMP, jubilent et déduisent des conclusions complètement hypocrites de leur victoire. Ils font comme si l’ensemble de la population avait participé à l’élection et en déduisent une adhésion forte à leur orientation politique. Derrière leur ironie mensongère se dissimule, comme précisé précédemment un message qu’ils n’ignorent pas : la perte de crédit de la démocratie représentative libérale bourgeoise. Mais l’ironie est le fort de ces parties de droite. Leur appellation est en elle-même une véritable moquerie : partis populaires : comme si ces partis favorisant ouvertement les riches représentaient avec leurs 20% de 40% le « peuple ». Bref ils construisent leur Europe Capitaliste avec une infime minorité de la population, celle qui la dirige effectivement. Il n’est point question de confiance envers une politique efficace à pallier la crise, simplement d’une classe continuellement consciente de ses intérêts et mobilisée pour les garantir, disposant de tous les outils financier, de communication, de coercition et de manipulation pour garantir sa victoire.
Le PS ne cesse de produire des analyses bidons de sa défaite, mais ne s’interroge pas sur les points essentiels : le tournant social libéral, une opposition peu flagrante au réformes en cours, voir un soutient à la politique de la droite, le passage de nombreux cadres à l’UMP, au gouvernement Sarkozy, et de l’autre coté, un opportunisme politique avéré que ce soit en ce qui concerne son durcissement à gauche auquel personne ne croit plus désormais, ou sont activité de terrain qui se limite à une présence massive à banderole déployée dans les cortèges de manifestation, bien qu’ils soient totalement absents des mouvement sociaux, sont autant de symptômes de sa déconfiture, de son manque de crédibilité.
Les écologistes, avec à leur tête Danny le Rouge, ex- leader 68ard opportuniste, adepte du libéralisme existentiel et du libertarisme réformiste, qui depuis des années à retourné sa veste et s’est mis au vert, qui a déclaré que l’écologie avait fait beaucoup plus de progrès sous le gouvernement sarkozy que sous n’importe quel gouvernement de gauche.
Requérant une adhésion toujours assez faible au niveau national, il semble que les partis écologistes recueillent un nombre de voies plus importantes au niveau transnational. En effet, le cadre de l’Europe semble plus adapté à une mise en œuvre de mesures écologiques, qui ne peuvent se faire réellement qu’a échelles globales. Les écologistes cherchent ainsi à récupérer une partie de l’électorat PS, les bobos radicalosceptiques conscients qu’il est nécessaire de changer l’orientation de cette société, mais désirant un changement pacifique et concerté entre les classes sociales antagonistes.
Le Front de gauche, c'est-à-dire le PCF et le parti de gauche. Une campagne importante et bien menée en terme de visibilité, de nombreuses affiches et flyers collés quelques mois avant les européennes, voilà de quoi incruster le front de gauche dans les esprits. Outres les fidèles du PCF qui constituent un électorat à peu près stable, le front de gauche bénéficie dans son résultat de l’apport du PG, parti de racollage actifs des déçus du PS. Dans un contexte d’élargissement constant des inégalités sociales, ou la partie faible de ce que l’on appelle « la classe moyennes » ne cesse de constater son déclassement, sans pour autant prendre la mesure de la situation, le PG maintient l’illusion d’un changement pacifique par la réforme, et attire les déçus du PS, naïfs adeptes de l’assistanat politique jugeant le NPA trop radical, et incompétent à gouverner. Le PG joue ainsi sur l’immaturité politique de la population (immaturité construite par l’organisation quotidienne de l’existence et de la société marchande) pour creuser son espace politique propre, apportant une touche de modernisme à un PCF devenu ringard aujourd’hui. Le Front de Gauche ne se démarque ainsi pas du dirigisme républicain caractéristique de la longe tradition des partis socialistes bureaucratiques et autoritaires.
Du stalinisme au citoyennisme, il n’y a qu’un pas. Le PCF n’a jamais cessé d’être un parti de cadres bureaucrates visant à devenir le monarque à la place du monarque, à malgré son tournant opportunistes face au déclin du bloc de l’est, continué sa déconfiture, et ne cesse de plonger, malgré un racolage actif de la jeunesse par des militants pseudo progressistes, magouilleurs, hypocrites, aux forts relents conservateurs, mais heureusement pas très intelligents.
Le Parti de Gauche de Mélenchon ? Que dire d’un parti fondé en un mois, et composé exclusivement de bureaucrates et d’apprentis bureaucrates issues de classes moyennes et supérieures, hypocritement philanthropes. Fondé à la va vite par ses cadres, ce parti laisse présager immédiatement ses bases technocratiques et autoritaires, tout vient du haut, la base exécute, point. Heureusement, les militants de base ne sont pas non plus très intelligents.
Il s’agit la de bases extrêmement malsaines pour un projet qui se veut socialiste et démocratique. On comprend à travers cet élitisme paragestionnaire de l’ordre établi pourquoi le NPA refusa toute alliance avec genre d’énergumènes.
Le NPA, très présent sur le terrain et à la TV, est certainement encore un parti trop jeune pour prétendre à mieux. Trop imprégné des réflexes de la LCR, le NPA éprouve des difficultés à s’émanciper du trotskisme pur, de la politique classique, et du spectacle médiatique. Piégé entre le radicalisme souhaité surtout à sa base et son intégration à l’arène de la démocratie institutionnelle, Le NPA se retrouve souvent dans une situation délicate, il gagne la crédibilité des uns en perdant celle des autres. Cette difficulté de choix, cette hésitation entre le radicalisme et la démagogie populiste constitue la base instable sur laquelle s’est lancée un NPA qui gagne progressivement en nombre, mais qui risque au tournant la crise interne : de scissionner ou de se dissoudre dans des forces politiques limitrophes, à sa gauche comme à sa droite. Ayant quelque peu mûri en ce qui concerne les questions environnementales et le contrôle social, le NPA reste malgré tout 60 ans à la traîne sur la critique radicale du capitalisme, se limitant trop souvent à ses seuls aspects socio économiques. Le NPA ne parvient toujours pas a se sortir du Mythe du Sauveur issu de la métaphysique judéochrétienne, aussi parient ils beaucoup trop sur Jésus Besancenot pour apporter la bonne parole partout ou il passe, que ce soit à la sortie de l’usine Renault ou chez Drucker. Le problème de la stratégie électorale est alors le suivant : très présent sur le terrain, travail dont on ne peut que les féliciter, les militants de base sont inconnus hors de leur ville. Hors la reconnaissance faciale est un aspect important en matière de crédit de confiance. Le problème qui s’est alors posé est que l’on ne connaît quasiment pas les têtes de listes NPA, ce qui amoindrit potentiellement leur score électoral. Dommage, en effet, si le NPA disposait de plus de puissance, il serait à même, à défaut de réformer l’Europe, de saboter le parlement, de bloquer un maximum les avancées du libéralisme économique et du conservatisme sécuritaire.
Le FN, pour finir, conserve une certaine stabilité électorale, voire monte quelque peu en puissance du fait du contexte de crise et des relents nationalistes qui se manifeste face à la concurrence internationale accrue. Récemment plus visibles, les fascistes repointent le bout de leur nez, collent en ville et en campagne, tabassent étrangers et gauchistes. Une ligne politique qui ne mise surtout pas sur l’intelligence, mais au contraire instrumentalise l’inculture. Tentant de réanimer la flamme de l’identité nationale dans une société sans cohérence, où il y a clairement plus de différence en terme de mode de vie entre le pauvre et le riche qu’entre le français et le maghrébin, le FN parie sur l’affectif, la colère, et se donne une image de protestataire, et opère un transfert de l’affect brut, en rationalisant celui-ci dans le sens de l’idéologie. Il tente de faire revivre un mythe balayé par plus d’un siècle d’avancées scientifiques et philosophiques, et s’appuie logiquement sur les différences sociales construites par l’organisation de la société en classes, dans laquelle la classe dominante s’octroie le monopole de la connaissance et de la production intellectuelle au détriment des plus pauvres. Il est évidente, comme le soulignent leurs théoriciens de référence (par exemple Carl Schmitt), que la construction et la désignation de l’ennemi constitue le monopole de l’Etat, qui en contexte de crise, se reporte sur des minorités, boucs émissaires désignés pour canaliser la haine, la détourner des responsables politiques et la transférer sur ces premier afin de garantir la cohésion nationale, mais pas de résoudre la crise. L’extrême droite joue sur l’isolement, l’affaiblissement individuelle, la peur et le désir de protection, de sécurité pour mettre en place un ordre sociale qui ne résout ni la peur, ni la misère, ni l’isolement, et mets tout le monde sous soupçon, donc ne sécurise pas. Leur force réside bien plus dans un travail de longue haleine de manipulation affective, de pénétrance idéologique des consciences individuelles et d’influence diffuse sur les orientations du système politique, vers plus de morale, de contrôle et de sécurité.
Publié par pensée-critique à 13:51:30 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
Nouvelle acharnement du pouvoir contre la "mouvance anarcho-autonome d'ultra gauche"
Le pouvoir n'en finit plus de se tourner en ridicule...
Lundi matin à l'aube, trois autres jeunes de Rouen ont été interpellés par la section (anti)-terroriste. Suite à la série d'interpellations en novembre dernier, dont la plupart des victimes ont été relachées pour faute de preuve, à l'exception de Julien Coupat, (bien que même le FBI n'ait rien trouvé non plus (!?!)), le pouvoir qui se trouvait visiblement décrédibilisé chercher encore une fois a se rattraper, sans être crédible pour autant.
Il est vrai en effet qu'organiser des voyages en hollande et en angleterre, des tournois de foot, des repas collectifs et des thé dansants représente une réelle menace terroriste!
Selon la presse la raison de ces interpellations seraient la diffusion d'un tract révélant l'adresse de la résidence secondaire (s'il vous plait!) de Bernard Squarcini, creuvure de directeur central du renseignement intérieur. (et dire que l'on se plaint du manque de logement en France)
La raison de cet acharnement est la volonté de l'Etat, dans cette période de crise sociale, de faire la démonstration de sa puissance afin de maintenir l'ordre établi par l'intimidation. Puisque le "NPA chez Drucker", trop politiquement correct et démago ne constitue le bouc émissaire idéal sur lequel s'acharner de manière légitime, la machine politico médiatique à engendré un nouveau produit, en prenant quelques éléments réel, en les déformant, en construisant une image, un sénario et surtout un nom qui fait peur : "l'anarcho-autonome d'ultra gauche". Voici donc la machine lancée pour une situation permettant la démonstation de puissance et l'exercice de la terreur légitime d'Etat.
Nous nous positionnons clairement contre ces séries d'arrestations et nous en appelons a s'organiser contre la répression et la Terreur d'Etat, ainsi qu'à rejoindre les comités de soutient aux inculpés de l'affaire Tarnac.
Publié par pensée-critique à 17:04:54 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
1er mai, le travail, ça suffit !
Depuis déjà plus d’un siècle, le premier mai constitue pour les partis et les syndicats la journée internationale de contestation du travail. Cependant, cette contestation ne se borne qu’à des revendications de nature socio-économiques, portant sur les salaires, le pouvoir d’achat, l’amélioration des conditions de travail. Elle ne se risque jamais à aborder dans sa totalité les problèmes plus profonds que génère l’organisation du travail dans les sociétés capitalistes. La critique du travail ne se limite à la seule critique du salariat. Il ne s’agit pas que de revendiquer 35 ou 32 heures par semaines, 37,5 annuités, avec un salaire de 1500 € pour tous et une augmentation immédiate de 300 €, bien que cela nous soulageraient tous grandement dans l’immédiat.
La question du salariat constitue effectivement une des données fondamentales du problème, car source d'exploitation indéniable des travailleurs – dont le patronat et les banques s’accaparent une part toujours conséquente de profit, et le fait par conséquent travailler bien plus qu'il ne le paie. En se réappropriant ces profits, il serait possible soit d'augmenter les salaires, soit de diminuer le temps de travail par travailleur en augmentant l'emploi de ceux qui sont inoccupés, qui ne trouvent pas de travail, tout en maintenant le même niveau de salaires, et ainsi rompre la concurrence que génère le système capitaliste entre les travailleurs eux-mêmes.
C’est cette seconde option qui nous parait le mieux convenir à la construction d’une existence émancipée. En effet, la critique du travail n’est pas seulement salariale. Le travail constitue une forme d’existence totale qui ne nous laisse que peu de temps libre. Il comprend le temps de préparation du matin, le temps de transport, les pauses et le sommeil qui n’ont pour fonction que le regain de productivité, et hante parfois nos pensées et nos songes lorsque nous en sommes en pratique libérés. Le reste de notre temps soit disant libre est quant à lui fortement investi par tout un ensemble de nécessités structurées par l’organisation capitaliste de la société : courses au supermarché, passage à la banque, à la préfecture ; sans compter les nécessités quotidiennes : ménage, lessive, cuisine, rangement. Notre temps libre réel est quasiment réduit à néant, et se constitue alors de micro parcelles qui ne nous permettent pas de nous consacrer pleinement à des activités épanouissantes.
De plus, le travail est source d’ennui et de lassitude du fait que dans de nombreux cas, il est répétitif et protocolaire, mais aussi de souffrances et de maladies : le taux de dépression, de cancers, d’ulcères, d’alcoolisme, de toxicomanie et de schizophrénie et de suicide au travail au sein des sociétés capitalistes est en augmentation constante. Nous nous rendons malades pour produire et administrer une quantité de marchandises considérables, dont la plupart ne sont pas fondamentales pour notre survie et notre bonheur. Le travail est également, du fait de la surproduction, de l’acheminement de marchandises et des déplacements des travailleurs la source indiscutable du réchauffement climatique et de l’épuisement des énergies.
Le progrès technologique, qui devait nous libérer de ces contraintes, n’a fait qu’aggraver le problème. Il a renforcé et étendu l’exploitation capitaliste en la rendant en apparence plus douce, en nous vendant tout un ensemble de faux rêves à travers la marchandise. Il a ainsi permis aux élites dominantes d’écarter les travailleurs de la politique, en les incitant au repli dans une sphère privée. Et pour ceux qui malgré tout auraient l’audace de s’organiser, ces élites ont accru le travail en mettant en place tout un ensemble de polices, publiques ou privées, de personnels et dispositifs technologiques de surveillance, de fichage et de répression. Affronter ce système d’exploitation et de destruction nécessite donc de se réapproprier et de redéfinir la politique, d’en finir avec ses mythes sur la croissance, le progrès, l’extension des marchés, l’apologie du stakhanovisme de droite et autre supercheries, et commençons dès à présent à construire les condition d’une existence émancipée, épanouissante et égalitaire.
Collectif-pensée-critique
Publié par pensée-critique à 11:38:41 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
1 Aujourd'hui, c'est toute l'éducation qui est menacée, de la maternelle à l'Université. L'argumentaire s'oriente vers les problèmes de budgets, les suppressions de postes, et les formations au rabais, et l'accroissement de la charge de travail. Cependant, ce prétendu déficit économique relève du mensonge politicien quand on voit tout l'argent trouvé pour pallier la crise, aider les entreprises, quand on constate l'augmentation des budgets pour la police, l'armement, la surveillance, quand on constate encore la multiplication des centrales nucléaires. Il n'est pas ici question de déficit mais bien plus de priorités étatiques, déterminée par la vision du monde du groupe dominant. Le néo-libéralisme à tenté de faire croire à la fin des idéologies, mais cela est faux. En réalité, les neo-libéraux ont bien plus imposé la leur sur les bases d'une structure qu'ils avaient préalablement contribué à établir, et nous ont fait croire que cela constituait une réalité, une vérité universelle, rejetant ainsi toute alternative a ce modèle dans le champ de l'impossible, de l'idéal. Il ne s'agit pas ici d'un complot mais simplement d'un conflit en ce qui concerne des vision du monde relatives a des postures sociales qui s'opposent, dont les intérêts divergent
2 Ce qui se qui se prépare relève ainsi d'un projet bien plus ambitieux qu'une simple adaptation de l'université à l'économie: Le gouvernement Sarkozy prévoit pour la maternelle, un renforcement de la (/sa) morale, et un contrôle social accru des élèves et des enseignants, notamment avec l'installation de bornes biométriques dans les établissements, les fichiers Base élève, Base enseignants, base école, et la création d'une officine privée chargée de surveiller les positions politiques des enseignants, de repérer les leaders de mouvement. Ceci montre clairement la volonté du Gouvernement Sarkozy de préparer sur le long terme une population docile et soumise à son idéologie, et ce dès la petite enfance.
3 Les réformes des lycées et des Universités répondent également a cette double logique marchande et de contrôle. Par exemple, le remplacement de la filière « sciences économiques et sociales », qui constituait tout de même une filière d'éveil à une pensée critique, sera remplacée par une filière intitulée « science et gestion de l'entreprise ». Les parcours seront de plus en plus individualisés, et les élèves de plus en plus en compétition les uns avec les autres.
Il faut alors nous rappeler les travaux de Michel Foucault et Gilles Deleuze sur les sociétés de contrôle. Il expliquent dans Surveiller et Punir et postscriptum sur les sociétés de contrôle que l'Entreprise, l'Ecole, et la Prison se sont construites et calquées sur le même modèle: isoler les éléments, les mettre en concurrence et en synergie et mettre en place des dispositifs afin qu'ils se sentent surveillés en permanence. Ainsi se sont construites les sociétés disciplinaires du XIXème siècle, et ainsi semble se construire la société du XXIeme siècle sous l'ère Sarkozy. Il n'est alors pas anodin que le gouvernement veuille la peau des filières universitaires de Philosophie, et cherche a transformer les sciences sociales en science de gestion et de management, car c'est dans ces disciplines que cette pensée critique y est encore enseignée. Il n'est en effet pas bon pour un pouvoir de donner des armes à ses ennemis. Les politiques libérales en matière d'enseignement cherchent à évider le savoir toute dimension critique, politique afin que celui-ci ne soit plus réduit qu'a un ensemble de protocoles opératoires directement applicables. Savoir c'est pouvoir, ignorer c'est être soumis à la domination de ceux qui savent.
4 En ce qui concerne les Universités, Il est question de suppression de bourses, et de l'allongement l'année universitaire. Ceci veut ainsi dire que les étudiants sans capital économique devront travailler en dehors des cours pour financer leurs études, ce qui ne constitue pas réellement un contexte propice à la réussite. De plus, si la durée de l'année universitaire est prolongée, le problème s'aggravera, puisque les quatre mois de vacances sont généralement utilisés par les étudiants pour travailler et financer leur année à venir. Ce qui signifie qu'à terme, on ne pourra faire d'études que si l'on appartient à une classe sociale élevée. Les enseignants futurs seraient issus des classes dominantes de la société, et diffuseraient leur vision du monde, de l'ordre social aux classes dominées, ce qui assurerait alors la soumission idéologique de celles-ci. De plus, cette situation constituait une régression sociale phénoménale en matière de démocratisation de l'enseignement. Le discours sur l'égalité des chances est ainsi biaisé, puisqu'il faudrait être bien né pour bien réussir, c'est a dire disposer à la naissance des capitaux culturels, relationnels et financiers pour atteindre les hautes position sociales, les classes dominées ne pouvant espérer au meilleur de leur sort que des places de chefaillons, de laquets du groupe dominant, ou encore de simples fonction d'exécutants subalternes. Il faut ainsi sortir du discours Républicain sur l'égalité des chances, car en vérité il n'y en a pas. Nos milieux sociaux d'origine conditionnent notre réussite future. Ce discours sert tout au plus de justification, de légitimation de la posture dominante d'une élite sociale et rien d'autre. Il sert à rendre responsable le « mal né » de son échec, de sa position dominée et souvent miséreuse dans la société. Il engendre une sorte de syndrome de Stockholm, ou la victime adopte le discours de son bourreau, et préfère alors s'en prendre à elle même qu'a son oppresseur.
5 Mais les universités ne sont pas les seules à faire les frais du gouvernement Sarkozy. Le publique et le privé se sont déjà mis en grève. Les ouvriers de Renault, par exemple sont depuis quelques mois au chômage technique, et ne sont pas certains de conserver leur emploi.
Les jeunes de Tarnac ont fait les frais de la paranoïa du pouvoir en place, qui les a incarcérés sous loi antiterroriste, qui leur a collé une identité de terroriste d'ultra gauche, et crée une image médiatique monstrueuse et complètement déformée, avant de les relâcher progressivement, bien que l'un d'entre eux soit toujours inculpé, sans preuves de quoi que ce soit.
6 La stratégie du gouvernement est de diviser pour régner, c'est à dire d'attaquer chaque secteur en particulier en espérant en faire céder un maximum, notamment en jouant sur l'individualisme, le corporatisme, les intérêts particuliers de chacun, pour monter les secteurs en lutte les uns contre les autres. Pour cela il argumentera que qu'il ne peut satisfaire tout le monde, car il n'en a pas les moyens, et qu'il faut faire des choix.
7 Ainsi, seules les forces sociales qui pourront lui opposer une résistance conséquente pourront le faire céder. Quant aux autres, elles seront soumises a leur sort.
8 En tant qu'universitaires, nous n'avons que peu de poids sur les éléments déterminants du système, c'est à dire l'économie, la production et la diffusion. Par conséquent nous ne pourront faire reculer le gouvernement sans entrer en lien avec d'autres secteurs en crise, qui de par leur position dans la structure économique, seront plus a même de le faire plier.
9 Nous ne nous opposons pas qu'a de simples réformes, mais à un véritable projet de société, à la mise en place d'un ordre social dans lequel nous vivons, mais dans lequel vivent aussi nos parents, nos amis, menacés ou touchés par le chômage et la précarité, et dans lequel vivront nos enfants (pour ceux qui en auront), et ce sont eux, bien plus que nous qui feront les frais de cet ordre social, de la précarité, d'un contrôle social accru, et des désastres climatiques.
Nous devons ainsi nous abstraire de nos postures individualistes, et réfléchir et agir de manière globale.
Face à une offensive aussi globale que celle qui se met en œuvre aujourd'hui, nous ne pourrons répondre efficacement que par une réponse tout aussi globale!
A bas le Gouvernement Sarkozy
Publié par pensée-critique à 11:09:35 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
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