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17 Novembre - Manifestation pour la réoccupation de la ZAD à Notre Dame des Landes | 13 novembre 2012

Samedi 17 Novembre se déroulera une manifestation pour protester contre le projet de construction d'un Ayrault-porc à Notre Dame des Landes.

Il est nécessaire de rappeler que cet aéroport rejoint la liste les grands projets d'aménagements inutiles. D'une part, l'aéroport de Nantes est loin de fonctionner à sa pleine capacité, ce qui rend la construction d'un nouvel aéroport inutile. D'autre part, la majorité de la population locale est contre ce projet, ce qui révèle son caractère antidémocratique. Face aux résistances, l'Etat Français se fait sourd à tout dialogue et joue la carte de l'autoritarsime, envoyant son armée de flics gazer et déloger les occupants et qualifiant ceux-ci de terroristes. Pour le soutien des habitants contre les intérêts symboliques et économiques des classes au pouvoir, nous appelons toutes celles et ceux qui le pourront à rejoindre la manifestation de Samedi à Notre Dame des Landes.

Plus d'infos:    

zad.nadir.org/

Publié par pensée-critique à 17:15:21 dans Actualité | Commentaires (0) |

Est-il pertinent de critiquer le productivisme ? | 11 novembre 2012

Bien souvent, les critiques du productivisme sous-tendent des objets et des revendications extrêmement différentes : retour à la Nature, réduction de la production matérielle sauf pour une petite élite, réduction du temps de travail, valorisation des activités immatérielles, etc. Ces différences tiennent dans le fait que le terme même de productivisme ne comporte pas le même sens en fonction des postitions politiques de ceux qui en font la critique. Il existe en effet une amalgame récurrente, mais épistémologiquement fausse, entre gains de productivité et augmentation de la production. Or l'augmentation de la production et celle de la productivité ne vont pas nécessairement de pair. Elles ne s'inscrivent pas dans la même logique et ne poursuivent pas nécessairement les mêmes objectifs.

L'article "Faut-il lutter contre le productivisme ? - Réflexion sur les concepts de la production et leurs enjeux sociaux et politiques" a pour but d'éclairer nos lecteurs sur le sens des concepts liés à la question de la production, sur leurs finalités, et sur la structuration des différents positionnsements politiques relatifs aux enjeux de la production. Il a également pour but de comprendre de quelle manière le productivisme peut-être critiqué, quelles en sont ses apports et ses limites.

[Voir l'artcile "Faut-il lutter contre le productivisme ? - Réflexion sur les concepts de la production et leurs enjeux sociaux et politiques" dans la colonne de Gauche, dans la rubrique "Ecologie et place de la technologie dans la société"] 

Publié par pensée-critique à 15:39:42 dans Ecologie, Technologie&société | Commentaires (0) |

Critique de la Société de Consommation vs Critique de la Société Marchande | 10 octobre 2012

Bien souvent les critiques sociales ont tendance à amalgamer société de consommation et société marchande. Cependant, bien de consommation et marchandise sont deux termes distincts. Ils ne se rapportent pas aux mêmes réalités et ne soulèvent pas les mêmes enjeux sur le plan de la critique de la société et des perspectives de changement que l'on peut ensuite proposer.

L'article "Société de Consommation ou Société Marchande ?" a pour but de répondre aux interrogations suivantes : 

Quelle différence entre un bien de consommation et une marchandise ? Quelle différence entre Société de Consommation et Société Marchande ? Pourquoi est-ce pertinent de distinguer ces deux concepts ? Quels sont les réalités sociales et les enjeux philosophiques et politiques sous-jacents dans le fait de parler de l'un plutôt que de l'autre ?

[voir : article en 4 parties dans la colonne de gauche : Société de consommation ou société Marchande, rubrique Ecologie et place de la Technologie dans la Société]

Publié par pensée-critique à 15:19:39 dans Ecologie, Technologie&société | Commentaires (0) |

NON au TSCG ! Abolissons la Dette ! Refusons l’austérité ! | 18 septembre 2012

Durant le mois d’Octobre 2012 sera voté à l’assemblée le Pacte Budgétaire, appelé « Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) au sein de l’union économique et monétaire (la zone Euro) ». Le TSCG s’inscrit dans le cadre du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). 

 

Qu’est-ce que le TSCG ?

 

Derrière un énoncé aux allures de langue de bois novlanguiste et aseptisée se dissimule un traité visant à réduire le « déficit structurel » de l’Etat, afin que celui-ci soit équilibré ou en excédent. Ce « déficit structurel » était en France de 5% du PIB en 2010. Le TSCG impliquerait de réduire ce déficit à 0,5% du PIB, ce qui représenterait une économie d’environ 87 milliards d’€.  Il s’agit donc d’un traité visant la mise en place de mesures d’austérité, et renforçant la logique de désengagement de l’Etat en ce qui concerne ses missions sanitaires et sociales.

De plus, ce traité vise à renforcer le pouvoir de la Commission Européenne, ce qui lui permettrait de sanctionner par mise à l’amende et imposition de mesures drastiques les Etats qui ne respecteront pas les conditions de ce pacte budgétaire. Il est ainsi question de confirmer la perte de souveraineté des Etats en ce qui concerne leur politique budgétaire, mais surtout du renforcement de l’autorité d’instances décisionnaires non-démocratiques [1].

 

[1] Pour une explication plus détaillée, technique et pointue sur le TSCG et le MES :

Article de la Fondation Copernic : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article553

Article de ContreLaCour : http://contrelacour.over-blog.fr/article-traite-mes-pacte-budgetaire-mecanisme-de-stabilite-tscg-c-est-quoi-tout-ca-99744909.html

 

Le TSCG, conséquence de la crise financière ?

 

La mise en place du TSCG est une des conséquences directes de la crise financière, et des politiques d’assainissement budgétaires et de remboursement des dettes qui en sont la conséquence. Il nous apparaît ici nécessaire de revenir un instant sur la nature de cette crise. Il ne s’agit ni d’une crise classique de surproduction [1], ni de sous-production [2]. Le problème ne se situe pas véritablement au niveau des stocks accumulés. De plus, il est toujours possible de produire les biens élémentaires (alimentation, vêtements, abris) permettant la survie de tous. Il s’agit d’une « crise » de « surendettement ». Ceci signifie tout d’abord que la production reste suffisante pour satisfaire les besoins de la population. La seule pénurie qui existe est liée à d’autres facteurs [3], qui sont le fonctionnement normal de l’économie capitaliste. En cela, au-delà des conditions élémentaires de l’économie capitaliste, il n’y a aucune raison matérielle spécifique pour que des gens se retrouvent à la rue et crèvent la faim !

La raison de cette crise et que quelques capitalistes anxieux ont réussi à créer la panique et la peur de leurs compères. Ainsi, ceux qui encourageaient, il y a peu, la consommation à outrance et l’usage du crédit, ont soudainement décidé que les gens consommaient trop et qu’il était temps de rembourser ces crédits avant d’accorder de nouveaux crédits [4]. Les organismes financiers qui prêtaient sans limites ont décidés de resserrer l’étau, entraînant les gens dans une situation d’austérité forcée. Cette crise était également l’occasion pour les capitalistes voyous et cupides de se remplir les poches grâce aux intérêts des emprunts. Pour atténuer les effets de l’austérité et éviter des vagues de crises et de révolte populaires, ce sont les Etats qui ont pris la charge de supporter financièrement la crise. Mais à présent ce sont aux Etats de rembourser les sommes empruntées aux banques pour atténuer les effets de la crise. Et pour rembourser ces sommes, les Etats s’apprêtent réduire leurs dépenses publiques, c’est à dire à liquider les systèmes solidarité sociale et à appauvrir les gens !

 

[1] Une crise de surproduction est une crise ou la quantité de biens produits est supérieure à la quantité vendue. L’ensemble de la production n’étant pas vendue, les stocks s’accumulent, et les travailleurs se retrouvent au chômage technique. Lorsque plusieurs unités productives concurrentes se retrouvent dans cette situation, les prix diminuent, ainsi que les salaires des ouvriers. Les unités productives qui ne diminuent pas leurs prix s’effondrent et provoquent la perte d’emploi de tous leurs salariés.

[2] Une crise de sous-production est une situation de pénurie. La production est insuffisante pour satisfaire les besoins de la population. Les biens étant plus rares, les prix ont tendance à augmenter, au grand malheur des plus pauvres qui ne peuvent plus acheter les biens en question. Les gens se recentrant sur les biens de première nécessité, la production dans les secteurs ne répondant pas à une première nécessité s’effondre, et de nombreux salariés se retrouvent au chômage.

[3] tels que le gaspillage marchand, de mauvaises techniques de production, des pratiques volontaires de périssabilité prématurée des biens produits, des politiques publiques inefficaces ou inexistantes.

[4] Il relève alors de la plus grande mauvaise foi de tenir pour responsables de la crise des gens que l’on a conditionné à coup de discours politiques et publicitaires récurrents à des pratiques de consommation excessives. D’une part, il s’agit d’une méthode de culpabilisation, typique de la pensée occidentale (aussi bien la religion chrétienne, que la pensée libérale) visant à rendre les gens vulnérables, pour mieux les manipuler ensuite. D’autre part, il s’agit d’innocenter le « système » et ses agents, qui ont durant des années œuvrés pour la construction et la défense d’une culture marchande, qui aujourd’hui, dévoile ses limites, aussi bien sur le plan socio-économique qu’écologique. Le changement culturel ne commence donc pas par la culpabilisation des gens et la mise hors de cause du « système » et de ses agents, mais par la déconstruction de l’idéologie de la consommation, la lutte sur le plan idéologique contre ses agents, et la valorisation des cultures alternatives à la consommation sans limites.  

 

Qu’est-ce que la Dette ? 

 

Dette signifie qu’une personne ou un groupe de personnes doit quelque chose à une autre personne ou un autre groupe de personnes, du fait d’un service rendu préalablement. En économie, on parle de dette lorsqu’une personne s’est fait prêter de l’argent par une autre et qu’elle doit la rembourser. Généralement, l’idéologie capitaliste veut que l’Homme ne soit pas philanthrope et que le prêteur ait un intérêt à prêter, que ce prêt ne soit pas gratuit. C’est ainsi que les prêts d’argent s’accompagnent généralement d’une somme à rembourser supplémentaire : l’intérêt de la dette. Le seul intérêt des prêteurs d’argent est qu’ils récupèrent plus que ce qu’ils perdent. Ce qui veut dire que non seulement ils ne s’appauvrissent pas, mais, de plus, qu’ils s’enrichissent.

La question la plus complexe à saisir, et que l’on évoque peu dans les discours politiques et médiatiques, est : qui détient la Dette ? Si cette réponse était clairement formulée, il serait possible de répondre aux questions suivantes : a-t-il besoin de récupérer cet argent ? Pour quoi faire ? Cet usage est-il intéressant ? Pour qui ? Est-ce bénéfique pour l’ensemble de l’humanité, ou ce remboursement ne profiterait-il qu’a quelques uns ? Et si ce remboursement ne profite pas à tous, pourquoi les gens devraient-ils payer ? D’autant plus si celui à qui on doit de l’argent ne se retrouve malgré tout pas dans la misère, et continue à vivre dans le luxe. Dans ce cas, pourquoi ne pas abolir la Dette ?

Si l’on formule ces questions à l’échelle de la France en ce qui concerne la Dette Africaine, ou de l’Europe, en ce qui concerne la Dette Grecque, on se rend compte que ces dettes n’apportent que très peu d’argent aux pays prêteurs [1]. De plus avec les réformes libérales, notamment des 5 dernières années, la France a pris des allures de paradis fiscal. Elle compte une cinquantaine de milliardaires et la plus grande proportion de multi-millionnaires[2]. Il y a donc de l’argent en France et en Europe. Au lieu d’utiliser cet argent pour construire une société de bien-être, on fait payer les gens vivant dans pays les plus vulnérables, que l’on pille et que l’on pressure pour que les riches européens puissent continuer à vivre grassement !

 

[1] L’Empire de la Honte de Jean Ziegler nous apprend en effet que la Dette Africaine envers la France ne dépasse pas 3% du PIB, tandis que les dépenses publique pour l’équipement et la recherche militaires sont un des premiers budgets de l’Etat avec des milliards d’euros de dépenses tous les ans. 

[2] Regarder dans le magazine Challenges le classement des 500 plus grandes fortunes de France ! 500 fortunes à plus de 500 millions d’€, dont 321 à plus de 100 millions d’€, dont 45 fortunes supérieures à 1 milliard d’€, dont 4 à plus de 10 milliards d’€. Source : http://www.challenges.fr/classements/fortune/. La France compte également environ 2,2 millions de millionnaires en dollars : http://www.lefigaro.fr/impots/2010/10/11/05003-20101011ARTFIG00375-plus-de-deux-millions-de-millionnaires-vivent-en-france.php  

 

La Crise et la Dette ne sont pas des phénomènes purement économiques, mais avant tout sociaux et relationnels !

 

Le TSCG est une conséquence directe du mécanisme de remboursement des dettes qu’ont enclenché les prêteurs d’argent suite à la crise financière et à la panique qu’elle a provoquée dans les rangs des capitalistes. Les économies budgétaires prévues par le TSCG doivent contribuer au remboursement de la dette, ou du moins, surtout, des « intérêts de la dette ». Il ne s’agit pas là de disfonctionnements économiques, mais avant tout d’une crise des relations sociales [1], en particulier d’une crise de confiance entre les capitalistes dans différents secteurs d’activité [2]. Ce que l’on nomme crise financière et cirse de la dette, c’est la conséquence d’une autre crise qui se traduit par le fait que certains capitalistes ont eu peur du déclassement et de la ruine, et, dans leurs réactions de panique réciproque et d’imitation des comportements de repli protectionnistes, ont entraîné les autres dans leur spirale de déclin. C’est à ce moment que les plus forts et les plus opportunistes sont entrés en jeu, afin de rafler la mise et d’améliorer ainsi leur position dans la hiérarchie du capitalisme mondial. La crise et la dette ne sont donc pas de nature « structurelle » ou techno-économique. Elles ne sont au fond que l’affaire d’un ensemble de comportements de peur, de panique, de repli, d’imitation et d’opportunisme. En cela, ce que nous disent les économistes et les politiciens capitalistes, à propos de la nécessité pour les gens d’accepter de se serrer la ceinture et d’assumer eux-mêmes leurs besoins sanitaires et sociaux, n’est qu’un honteux mensonge pour protéger les riches !

 

[1] Pour mieux comprendre, voire : « introduction à l’économie comme rapport social », ESPRIT-CRITIQUE-REVOLUTIONNAIRE, revue n°1, consulter également les ouvrages de Marx sur l’économie politique et le fétichisme de la marchandise.

[2] Finance, industrie, services, social et santé. En outre, dans une société qui place l’économie au dessus de tout,  lorsque les financiers prennent peur, c’est l’ensemble des secteurs de la société qui, tour à tour, finissent par être touchés.

 

Etats, instances Européennes, Banques : Mêmes Patrons mêmes combats !

 

On rejette bien souvent la faute d’une situation de crise et d’austérité sur les « Etats » ou l’ « Europe », la « Banque centrale », ou encore le « FMI » ou l’ « OCDE », comme si ces structures étaient indépendantes des hommes qui les investissent. Ainsi, désigner comme responsables des structures ne permet pas de se saisir les réalités humaines, sociales, qui opèrent, souvent de manière imperceptible, au sein et par la médiation de ces structures. Les structures sont en effet des constructions humaines et des outils que quelques hommes se sont donnés pour agir en fonction de leurs intérêts. Il relève ainsi d’un « fétichisme institutionnel » [1] d’opposer ou de subordonner les Etats aux instances Européennes, aux banques et aux organismes financiers internationaux, et de subordonner toutes ces instances au patronnât. La réalité est que ces instances ont été crées et sont investies par des personnes organisées en réseaux, et qui ont des intérêts communs, une vision du monde commune basée sur le libéralisme économique, la concurrence, la guerre marchande de tous contre tous. Ces personnes passent par les mêmes écoles [2], à travers lesquelles ils tissent des liens, fréquentent des clubs, des rallyes [3], transitent souvent d’une instance à l’autre durant leur carrière [4]. Il se crée donc un maillage, constitué de noeuds de pouvoir au sein d’organismes en apparence séparées, mais dont les personnes qui les investissent agissent de concours pour pérenniser une situation à laquelle ils trouvent un intérêt commun : celui de maintenir une situation de concurrence économique au sein de laquelle ils poursuivent leurs intérêts individuels. Qu’est-ce que ceci sinon la manière spécifique dont s’organise la domination capitaliste ! Qu’est-ce que ceci sinon la classe capitaliste elle-même! La classe capitaliste dont chaque personne, chaque instance, n’est que l’agent de sa domination. Ceux qui pensent que la lutte de classes est morte avec l’effondrement du Stalinisme ont grandement tord. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Rappelons nous ce que disait un certain spéculateur américain : « la lutte des classes existe. C’est celle que nous menons, nous les riches, contre les pauvres, et nous sommes entrain de la gagner ! ». Mais cette victoire n’est possible que parce que l’autre classe n’a pas encore décidé de lutter, et consent encore à se laisser écraser.

 

[1] Dans les sociétés primitives, le fétiche était une petite statuette à laquelle ont attribuait des propriétés mystiques intrinsèques, alors que la statuette n’était qu’un objet médiatisant des systèmes de croyance structurant les relations sociales entre les hommes. Nous nommons « fétichisme institutionnel » le fait de penser les institutions comme des choses en soi, possédant des propriétés intrinsèques, tandis qu’elles sont traversées de croyances, de représentations du monde, qui ne sont que le produit d’une domination sociale sclérosée.

[2] Normale SUP, l’ENA, Polytechnique, les MINES, par exemple.

[3] voire Les Ghettos du Gotha, de Pinçon et Pinçon-Charlot.

[4] De l’industrie à la politique, du journalisme ou de la justice à la politique, de la politique à la finance, d’un parti ou gouvernement à une instance trans-nationale ou à un conseil constitutionnel. 

 

Une crise ? Pas pour tout le monde !

 

L’an dernier, Bernard Arnault (LVMH) accumulait 16 millions d’€ de salaire annuel, ce qui élevait sa fortune totale aux alentours de 22 milliards d’€ [1]. 16 millions d’€, c’est le salaire cumulé de 100 salariés durant une année, 22 milliards d’€, pour indication, c’est à peu près ce que gagnent plus de 3500 travailleurs durant toute leur vie [2]. Il n’est pas le seul à disposer d’une telle fortune. Il n’y a qu’à jeter un œil au Magazine Challenges, dans lequel figure le classement des 500 plus grandes fortunes de France, pour se rendre compte que malgré la crise, la France compte une centaine de milliardaires, et plus de 500 multimillionnaires. De plus, elle est avec plus de 2,2 millions de millionnaires, le pays comptant le plus de millionnaires en Europe [3].

Les entreprises du CAC 40 ne se sont jamais aussi bien portées, et de nombreuses analyses indiquent que les grandes entreprises gardent taux de profit démesuré depuis le début de la crise [4] [5]. On nous dit donc qu’il y a une crise, que l’austérité est nécessaire, mais on constate surtout qu’il y a des capitalistes qui ne cessent de s’enrichir ! Mettons un temps face à face, les Arnault, Bettancourt, Bolloré&ci, les entreprises du CAC 40, les cadeaux fiscaux, les exonérations de cotisations sociales patronales, avec la situation de Pétroplus, de Fralib, de PSA, des Hôpitaux publiques, du travail social, de la Poste, de France Télécom, du chômage de masse, et avec ce que l’on nous dit du financement des retraites et le prétendu trou de la sécurité sociale ! Il est aisé de constater qu’à tout « déficit budgétaire » correspond un enrichissement des élites économiques. L’argent des dépenses publiques ne disparaît pas ! « De l’argent, il y en a, dans les caisses du patronnât ! »

 

[1] 21 milliards d’Euros actuellement selon le magazine Challenges :

 http://www.challenges.fr/classements/fortune/

[2] En prenant pour base un revenu moyen de 1500€ par mois.

[3] Challenges, le classement des 500 plus grandes fortunes de France : 500 fortunes à plus de 500 millions d’€, dont 321 à plus de 100 millions d’€, dont 45 fortunes supérieures à 1 milliard d’€, dont 4 à plus de 10 milliards d’€. Source : http://www.challenges.fr/classements/fortune/. La France compte également environ 2,2 millions de millionnaires en dollars : http://www.lefigaro.fr/impots/2010/10/11/05003-20101011ARTFIG00375-plus-de-deux-millions-de-millionnaires-vivent-en-france.php

[4] 73 milliards d’€ de profit cumulé en 2011, 82,3 milliards en 2010, 44,7 milliards en 2009, 88 milliards en 2007 (c'est-à-dire plus que  ce que voudrait nous faire économiser le TSCG):

http://www.challenges.fr/entreprise/20120308.CHA4094/les-profits-du-cac-40-ont-recule-de-10-en-2011.html

http://www.latribune.fr/bourse/20110309trib000606864/823-milliards-d-euros-de-profits-pour-les-entreprises-du-cac-40-en-2010.html

http://www.lefigaro.fr/marches/2011/09/01/04003-20110901ARTFIG00461-les-profits-des-entreprises-du-cac-40-se-portent-bien.php

[5] Et encore il ne s’agit que des 40 entreprises les mieux classées ! Il serait intéressant d’avoir les chiffres d’un CAC 100 ou un CAC 500 !

 

La nécessité de l’austérité : produit de la domination symbolique de l’imaginaire capitaliste !

 

La récession, la crise, la dette, le MES et le TSCG ne sont pas des mécanismes structurellement nécessaire. Ils ne le deviennent qu’à l’instant où l’on accepte le capitalisme comme horizon indépassable, c'est-à-dire au moment où l’on conçoit qu’il est juste et mérité que certaines PDG d’entreprises puissent gagner en un an ce qu’un salarié ne peut gagner dans toute une vie, que l’on tolère l’accumulation monétaire au point que certaines fortunes dépassent ce que gagnent des milliers de salariés dans toutes leurs vies, et que ceux qui possèdent ces grandes fortunes soient exonérés de frais de participation à la vie sociale [1]. Mais si l’on refuse cette situation injuste, alors on peut refuser la dette, le MES, le TSCG, ainsi que le report de l’age de départ à la retraite et l’ensemble des politiques d’austérité. En effet, la domination capitaliste, au fond, tire sa force d’un consentement tacite, qu’elle produit notamment grâce aux dispositifs étatiques de socialisation [2]. Elle repose sur des systèmes de normes et de valeurs, notamment l’ardeur au travail, la glorification de l’existence rude et laborieuse, le gout du succès et de l’ascension sociale, la notion de propriété privée des moyens de production [3] ainsi qu’une certaine idée du mérite qui valorise davantage les activités intellectuelles et de commandement ; ces normes constituant les bases imaginaires justifiant le fait que certains puissent accumuler des fortunes faramineuses et déroger à la participation sociale grâce aux cadeaux fiscaux. Au final, tout ceci n’est que représentations, constructions de l’esprit, et ne repose donc sur aucune réalité ou nécessité matérielle [4]. L’acceptation de ces schémas normatifs est en partie ce qui rend les « basses classes sociales » toujours perdantes. Pour améliorer la vie, il serait donc nécessaire, dans un premier temps, de faire voler en éclat toute la structure symbolique de l’économie capitaliste. En effet, le capitalisme est un chaos sans fin dans lequel règne la brutalité de la guerre des seigneurs du taux profit, au détriment des Hommes qui ne sont considérés que comme les instruments et les ressources productives servant à générer ce profit. C’est un système bête qui n’a pas de but et va droit dans le mur, un véritable échec social et historique qui n’apporte pas le bien vivre aux Homme, et auquel serait supérieur n’importe quelle économie socialisée et démocratiquement planifiée.

 

[1] impôts sur le revenus, le patrimoine, cotisations sociales patronales (que le patronnât à le culot d’appeler des charges !).

[2] en particulier l’école, et en général, tout ce qui relaie le discours de la domination (gouvernement, médias, publicité), mais aussi avec le temps, la famille, dans le cas des personnes qui intègrent cette logique, de manière consciente ou inconsciente, et la véhiculent, la transmettent à d’autres.

[3] « propriété privée » comporte d’ailleurs un double sens. Le propriétaire capitaliste possède un moyen de production dont il détermine les gens qui peuvent l’utiliser et les conditions selon lesquelles les gens peuvent l’utiliser. Réciproquement, les gens sont privés (!) de la possibilité d’user de ces moyens de production pour satisfaire leur besoins.

[4] « Réalité ou nécessité matérielle » est ici employé au sens des « lois » de la nature, de la physique et de la biologie. Par exemple, la pollution de l’air, de l’eau, des sols, ainsi que la radioactivité des déchets nucléaires sont des réalités matérielles (mais pas des nécessités, car elles sont le fruit de l’action des hommes, de volontés politiques). Le besoin de se nourrir, de dormir, ou encore l’effet de la lune sur les marées sont des réalités matérielles nécessaires. 

 

Un traité Antidémocratique

 

Le TSCG est un traité antidémocratique. Il est imposé aux gens sans même leur demander leur avis. Le Front de Gauche et ATTAC, entre autres, ont récemment lancés une campagne pour interpeller les députés et exiger que se tienne un référendum concernant l’acceptation ou non du traité. Il est en effet juste que les gens puissent décider de leur avenir lorsque des mesures comme le TSCG engage des conséquences dramatiques sur leur vie, et donc nécessaire de se mobiliser afin d’exiger que la parole des gens soit réellement prise en compte.

 

Limites de la stratégie du Front de Gauche en ce qui concerne la tenue du référendum et l’interpellation des parlementaires

 

La « stratégie en deux temps » du Front de Gauche, consistant à obtenir d’abord la tenue d’un référendum, pour ensuite mener la bataille pour le refus de l’austérité comporte plusieurs limites claires. La première limite se situe au niveau de l’interpellation des députés PS et Europe Ecologie. Il serait illusoire de croire qu’il soit possible d’en appeler à la bonne conscience d’une majorité parlementaire récemment élue. En effet, en début de mandat, une majorité qui se veut solide fera preuve de la plus grande discipline et de la plus grande allégeance envers son gouvernement. De plus, n’importe quel militant se rend compte au quotidien, dans les conseils municipaux, généraux, régionaux, de la logique de profond mépris animant la plupart politiciens professionnels à l’égard des gens. Cette logique ne diffère pas en ce qui concerne les parlementaires. Cette caste de politiciens professionnels se croit, que ce soit du fait de leur élection ou de leur formation, au dessus de toute évaluation démocratique en dehors des périodes électorales. Ainsi, à moins de disposer du rapport de force suffisant, on ne pourra espérer des parlementaires que le silence en ce qui concerne la requête d’un référendum.

Ensuite, elle pose l’exigence du référendum comme une étape indispensable de la lutte contre le TSCG, ce qui laisse ainsi supposer que sans obtention d’un référendum, il n’y aura pas ensuite de lutte contre la ratification du traité et les politiques d’austérité. De plus, ne prenant pas la peine de construire un rapport de force suffisamment consistant au préalable, elle n’aura aucun moyen d’imposer aux politiciens la tenue de ce référendum. Enfin, à défaut d’un travail de déconstruction idéologique mené sur le long terme, et dont on pourrait constater les résultats, elle prend le risque flagrant de perdre ce référendum et de délégitimer par la suite l’action du mouvement social.

De surcroit, percevoir le référendum comme nécessité d’une expression démocratique, afin que la décision finale comporte une véritable validité, reviendrait également à accepter le principe de relativiste de l’idéalisme nihiliste libéral selon lequel dans la démocratie, toutes les idées se valent et doivent être exprimées par le vote, après quoi, il faudrait accepter la victoire de la décision majoritaire. Certes, mais ce n’est pas comme si les idées étaient détachées du réel, de nos vies. Au contraire, ces idées sont l’expression politique d’un conflit social. Ainsi, on ne peut pas dire que le bien vivre de tous ait la même valeur que l’austérité généralisée, excepté bien entendu pour les plus riches. Il y a d’autres fromes d’expression démocratique qui ne s’inscrivent pas dans le cadre des institutions politiques. La lutte sociale et la voie de la rue, en tant que manifestation des moyens d’expression et des aspirations des gens et du mouvement social, en font partie.

La tenue du référendum et l’interpellation des parlementaires ne sont évidemment pas (et ne doivent surtout pas être) des fins en soi. Ces actions ne peuvent être autre chose que des prétextes pour susciter l’indignation généralisée et permettre la construction d’une large mobilisation et d’un rapport de force favorable. Il serait en effet naïf de penser que la tenue d’un référendum puisse changer quoi que ce soit à la situation. Rappelons nous qu’il s’est tenu il y a quelques mois en Grèce un référendum similaire, à l’issu duquel les gens ont majoritairement refusés le plan d’austérité que leur proposait leur gouvernement. Les dirigeants des Banques, des agences de notation, des instances Européennes, ainsi que les autres gouvernements de l’Europe ont ensuite soumis les Grecques à une pression épouvantable pour les pousser à accepter l’austérité. Rappelons nous également que le Non l’avait emporté lors du référendum sur l’adoption du traité constitutionnel Européen, tandis que la logique de ce traité à été validée et appliquée par le gouvernement Sarkozy. On constate ici le caractère autoritariste de l’Europe Capitaliste, dont on sait d’avance que ses agents réitèreront leurs pratiques de menace si les gens, en France, et dans les autres pays d’Europe, refusent les traités permettant la mise en place de politiques l’austérité. Face à cela, il serait stupide de penser que les replis protectionnistes et nationalistes puissent constituer une quelconque solution [1]. Isolés, nous ne pourrons rien : chaque pays subira la crise a son tour, devra faire face à la concurrence des autres pays subissant l’austérité, et sera désigné comme le bouc émissaire des dysfonctionnements de l’Europe [2]. Il est par conséquent nécessaire de construire une mobilisation sociale à l’échelle Européenne, afin de dégager cette bande de voyous capitalistes aux rennes de l’Etat, des instances Européennes, des Banques, et des grandes entreprises, et de construire une Europe véritablement sociale et démocratique !

 

[1] pour plus de détail, voir : « Le programme du FN, une Arnaque antisociale !» et « L’extrême droite contemporaine », partie III, 1-5, in ESPRIT-CRITIQUE-REVOLUTIONNAIRE, revue n°2, contributions antifascistes.

[2] Se rappeler également des ignobles propos de l’héritière multimillionnaire marine lepen : « les grecs n’ont qu’à se débrouiller ! »

 

Publié par pensée-critique à 09:45:17 dans Actualité | Commentaires (0) |

LE CONCEPT DE POUVOIR | 29 août 2012

Pouvoir et Puissance

 

En Latin, il y avait deux termes pour désigner ce que nous nommons le pouvoir.

  • Potere désignait le « pouvoir sur » : la domination, le commandement, la coercition.
  • Potencia désignait le « pouvoir de » : le potentiel, la capacité. Spinoza, puis Nietzsche, parlaient à ce propos de « puissance », plus particulièrement de « puissance d’agir ».

[Sur Potere et Potencia, ainsi que les concepts de puissance, nous nous référons à Spinoza, Nietzsche, ainsi qu’aux travaux d’Antonio Negri dans l’anomalie sauvage, pouvoir et puissance chez Spinoza]

 

En ce qui concerne potere, la domination, il est ensuite nécessaire d’en distinguer deux formes :

  • Le commandement et la coercition, qui se caractérisent l’ordre impératif et l’usage de la force.
  • L’influence, la manipulation, et plus largement la production du « consentement », l’adhésion à une logique d’assujettissement, qui se manifestent par le dialogue et les stratégies de communication, de persuasion. [Se référer aux travaux de Michel Foucault sur la Biopolitique, ou encore Chomsky, la fabrique du consentement]

 

Il nous faut encore distinguer

  • les « micros-pouvoirs » : le pouvoir limité s’exerçant ponctuellement, à petite échelle.
  • Le marco-pouvoir [voire Michel Foucault] : la Souveraineté, le pouvoir de jugement, de décision, et de commandement absolu, s’appliquant de manière permanente, à grande échelle, au delà des volontés des Hommes.

 

Il est évident qu’il n’y a pas en pratique d’un coté la capacité et de l’autre la domination. La capacité peut produire de la domination (personnelle ou dépersonnalisée), qu’elle soit matérielle, sociale ou symbolique, qu’elle aboutisse à des formes de commandement ou donne lieu à des phénomènes de notabilité, et par conséquent d’hégémonie [Gramsci], de distinction et d’imitation[Bourdieu].

 

De même, la domination ne peut exister sans puissance, sans potentiel, sans capacité. Ainsi, il est nécessaire de penser la relation entre « pouvoir de » et « pouvoir sur », non sur la base de l’opposition, mais conjointement, en fonction des effets, des aboutissements que ces combinaison peuvent produire.

 

Nous pouvons alors nous poser la question suivante : la production directe de puissance implique-t-elle la production indirecte de l’impuissance chez l’autre ?

 

A partir du traité théologico-politique de Spinoza, il est possible de distinguer deux formes de combinaison potere-potencia

 

  • Le pouvoir d’assujettir, produisant la dépendance du sujet envers son maître de l’impuissance, incapacité de celui qui subit à agir de manière autonome.
  • Le pouvoir émancipateur, qui produit de l’autonomie, permet au sujet d’agir seul, d’accomplir son potentiel, de créer et d’innover. [Par exemple, Emile ou de l’éducation de Rousseau, ou le maître ignorant de Rancière]

 

Horizontalité du pouvoir et pouvoir diffus

 

Le concept de pouvoir diffus de Foucault est asses proche, voire complémentaires des concepts d’hégémonie culturelle (Gramsci), et d’idéologie (Marx), de violence symbolique (Bourdieu) ou encore de servitude volontaire (La Boétie). Il met l’accent sur le fait que le pouvoir n’est pas simplement vertical : incarné par un groupe social, ou une instance institutionnelle, exerçant un commandement autoritaire sur la société. D’une part, les institutions sont des constructions sociales. La dimension verticale du pouvoir d’Etat, du pouvoir juridique, de la Souveraineté n’est qu’un phénomène subjectif, imaginaire. Le pouvoir est en vérité une relation horizontale. Il est comparable à des flux, il circule plus qu’il ne s’impose. C’est une relation de consentement entre l’Homme et la société, dont la verticalité n’est qu’une illusion, un dispositif produit pour favoriser ce consentement. Il se diffuse par la médiation des structures Etatique (Ecole, Prison) et sociales (Travail, Eglise), ou encore par l’art, et, comme le soulignaient également les penseurs critiques des années 70 (les Situationnistes, l’Ecole de Frankfort, Bourdieu), les médias et la publicité.

Il est également diffus parce qu’il traverse les différentes subjectivités qui compose le monde social. Il est l’ensemble des normes morales et esthétiques, des affects, des pratiques, des idéologies relatifs à un groupe social, voire à la pluralité de groupes sociaux composant la société. Il s’incarne dans les formes matérielles, architecturales, dans l’aménagement de l’espace, et dans les formes immatérielles, c'est-à-dire les mots, les images, les symboles, les affects, les fantasmes, les formes de vérités et de légitimité. Il est ce qui structure les aspirations d’une époque, y définit les idéologies, les oppositions politiques, ce qui pose les problèmes et les manières d’y répondre.

 

Les savoirs-pouvoirs

 

Pour Foucault, le savoir, en tant que forme de vérité, est un enjeu politique. La politique est le terrain ou s’affrontent les différentes formes de pouvoir pour la légitimité, pour faire reconnaître ou imposer leurs vérités. Il rompe ainsi avec l’idée d’une science neutre et d’une vérité pure, à laquelle s’opposeraient les mythes et les idéologies. La science, ou les sciences, les vérités scientifiques, sont structurées culturellement, et donc traversés de schèmes d’évidences dont sont également issus les mythes et les idéologies (cf. également : Cornélius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société). Les mythes et les idéologies influent donc sur la formulation des vérités scientifiques, qui elles-mêmes peuvent produire des mythes et des idéologies.

 

Biopouvoir et Souveraineté

 

Michel Foucault distingue le Biopouvoir du pouvoir souverain. Tandis que le pouvoir souverain, est un pouvoir essentiellement coercitif, qui consiste à discipliner les corps et les esprits, et à réprimer toute entrave à l’ordre établi, le Biopouvoir est une nouvelle forme de gouvernementalité qui consiste à « faire vivre et laisser mourir ». Il s’agit donc d’une forme de pouvoir qui intervient dans la régulation et l’animation de la vie sociale, qui est permissive, voire incitative. Cela correspond aux mutations des formes de gouvernance dans les pays occidentaux sortant de leur inertie et éprouvant un besoin de dynamisme, passants du modèle de l’Etat gendarme, ayant pour charge d’assurer l’ordre, au modèle de l’Etat Animateur, arbitre des conflits au sein de la société civile, dont il use de la volonté et de la créativité comme moteur d’évolution.

 

Biopouvoir vs Biopolitique :

 

Tandis que Foucault semble employer indifféremment les concepts de Biopouvoir et Biopolitique, Antonio Negri introduit une distinction entre ces deux concepts. Le Biopouvoir reste une forme de pouvoir relevant des instances gouvernementales (Etats, organisation internationales), la Biopolitique relève de l’action des « multitudes », des rapports sociaux qui se construisent au sein de la société civile. 

 

Bios et Zoé :

 

La réflexion de Georgio Agamben sur la Biopolitique part quant à elle d’une réflexion sur le Bios. Ce terme, d’origine Grecque, signifie la « vie ». Or Agamben remarque que les Grecs utilisaient deux termes pour désigner la vie : Bios et Zoé.

  • Zoé était employé par les Grecs pour désigner le simple fait de vivre, ce qu’Agamben qualifie de « vie nue »
  • Bios désignait quant à lui la vie qualifiée, la « forme de vie », ou manière de vivre spécifique à chaque entité vivante, singulière ou collective.  

Pour Agamben, la manière dont le pouvoir politique gère la vie se rapporte davantage à Zoé qu’à Bios, à une gestion de la vie nue plus qu’à une tentative d’articulation des formes de vie.

Cette réflexion est à mettre en perspectives avec les thèses de Lukács sur la réification, et de Marcuse sur l’Unidimensionnalité. Gérer la « vie nue » consiste en effet à nier la singularité, la spécificité, la dimension qualitative des différentes entités vivantes et à les traiter comme des choses, des entités quantifiables, des données calculables, intégrables dans des stratégies des organismes gestionnaires. Le Biopouvoir dont parle Foucault est en fait un « Zoopouvoir », c'est-à-dire une forme de pouvoir qui reconnaît chacun comme sujet porteur de valeurs, et gère la vie non de manière arbitrale, sur le mode de l’organisation de rencontres et de dialogues entre les différentes formes de vie, ayant pour but la recherche du compromis ou du consensus (« L’agir communicationnel » d’Habermas), mais réduit toute entité vivante en quantité de choses, qu’il gère de manière instrumentale stratégique, en fonction de ses intérêts (la cybernétique de Weiner).

Publié par pensée-critique à 22:01:49 dans Réflexions Philopolitiques | Commentaires (0) |

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