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Collectif Pensée-Critique

Temps, Travail, vie quotidienne, réalisation de soi et participation politique | 05 décembre 2008

Le quotidien dans la modernité est organisé de telle façon que le travail absorbe la quasi-totalité de notre existence. Il nous prend tout notre temps, dispose notre psychisme au delà de l'activité même. Il comprend ainsi l'instant du réveil qu'il détermine, la préparation hygiénique, énergétique, et esthétique, le temps de transport, les pauses, dont le but est d'accorder temps de régénération (psychique, alimentaire) en vue de relancer la productivité, ainsi que le sommeil réparateur, qui répond également aux fonctions précédemment citées. Au final pour une journée de travail effectif de 7 ou 8 heures, c'est plus du double dont nous sommes dépossédés. Si l'on considère que le travail est usant (physiquement et psychologiquement) abrutissant, et qu'il peut continuer de hanter l'individu durant son temps libre, on en déduit que le travail constitue un système d'organisation aliénante et totalitaire, duquel il est difficile de s'échapper. Et quand bien même le travailleur ne serait pas obnubilé par son activité journalière une fois celle-ci terminée, il est alors contraint de s'adonner à d'autres taches quotidiennes telles que faire son ménage, sa lessive, sa vaisselle, remplir ses factures, faire ses courses au supermarché, s'occuper des enfants pour ceux qui en ont, et bien souvent, aller à la banque, chez le garagiste, ou autre réparateur, celles-ci engendrant également parfois des tensions psychiques. En conclusion, une existence totalisante, qui ne laisse que peu de temps disponible. Les 35 heures n'y changèrent rien!

A partir de cela, peu de temps pour la réalisation de soi et la politique, et dans ce cadre, généralement une obligation de choisir l'une ou l'autre, à fréquence réduite. Les politiques et les médias voudraient nous faire croire que le capitalisme est un système permettant à tous de se réaliser. Ils en appèlent à la participation citoyenne, et après cela il faudrait que la population se remette au travail, « travaillent plus pour gagner plus ». Quelle incohérence, Quelle hypocrisie ! La situation idéale, pour concilier réalisation de soi et politique étant encore le travail à mi temps, le RMI, les professions artistiques, ou la vie étudiante, toutes les situations que le système tend a faire disparaitre. De plus ces conditions d'existence ne sont pas généralisables dans le cadre du système capitaliste, et c'est pour cela qu'une transformation fondamentale de la structure sociale demeure nécessaire, transformation qui se détacherait des conception de propriétés privées et d'accumulation individuelle du capital. Il s'agit également de rompre avec les conceptions productivistes, sans quoi l'auto organisation n'a que peu d'intérêt.

La réduction du travail constitue ainsi la condition indispensable de l'émancipation de l'humanité. Réduction du temps de travail, mais aussi réduction des activités humaines, qualitativement et quantitativement, de production et de services. C'est-à-dire abandon des productions matérielles et activités socialement dispensables!

Il ne fait nulle doute que certains pourraient alors se sentir déroutés par la perte de certaines marchandises qui leurs sont cher, auxquelles ils s'identifient, cependant, de deux choses, l'une est que cette identification n'est que virtuelle, réside dans une fétichisation de la marchandise, à laquelle est attribiée un symbole, une idée, qui n'est pas le produit même, l'autre, est que la consommation de marchandise au delà des premières nécessités, est une drogue, un alcool, un soma, bref une compensation psychique à une existence vide de sens. par exemple, quiconque se prive de télévision pendant quelques jours tend a rescentir un manque, a perçevoit le vide de son exitence, cependant, un sevrage a long terme de télévision entraine un retour d'intérêt pour d'autres activités, comme la lecture, la peinture, la musique, le sport, la discussion... Ainsi la perte de certains biens marchands constitura alors un gain existentiel non négligeable, et la réduction du travail un espace de bien être propice a l'émancipation de soi.

 

Publié par pensée-critique à 15:57:19 dans réflexion critique sur le travail | Commentaires (0) |

Réflexions synthétiques sur la fragmentation sociale, la lutte de classes et la démocratie | 05 décembre 2008

Intro

De nombreux auteurs se sont essayés à définir la structure sociale et les enjeux propres à la modernité. Qu'il s'agisse de fragmentation sociale, de multitude, de gauchisme moderne, de progressisme, de citoyennisme, de libéralisme existentiel ou d'unidimentionnalité, ceux-ci, au-delà de leurs orientations respectives, tentent de décrire à peu près le même phénomène. Nous nous sommes intéressés à ces auteurs principalement du fait de leurs orientations politiques fortement divergentes, afin de confronter leurs analyses sur la structure socio-politique de la Modernité, et plus spécifiquement en ce qui concerne la transformation des forces d'opposition au modèle dominant.

Ces analyses ont en commun qu'elles traitent d'un même phénomène, partent d'une même période historique, définissent un même contexte global : la seconde moitié du XXeme siècle, notamment les 30 glorieuses, la mise en place de l'Etat Social/Providence, et des politiques Keynésiennes après la seconde guerre mondiale, puis les années 80 a 2000, le démantèlement du modèle social, le retour à une économie libérale.

C'est de ce contexte global, dont nous tenterons de présenter les principaux aspects, qui constituera l'objet premier de cette analyse. Nous reprendrons également l'analyse de Louis Chauvel sur « le retour des classes sociales ? », qui nous parait hormis quelques oublis la plus complète a notre connaissance pour traiter de la question.


Les 30 Glorieuses


Cette période peut se définir en ce qui concerne ses traits principaux par : une forte croissance économique, de nombreuses luttes sociales, notamment dans les années 60 et 70, pour l'acquisition de droits et d'avantages sociaux pour les couches de population les plus défavorisées, mais aussi par le contexte de guerre froide américano-soviétique, les avancées scientifique sen matière d'automatisation, et leur application entraînant d'une part une augmentation considérable du taux de productivité, et d'autre part une diminution démographique de la classe ouvrière, et une forte croissance de la population de cadres et des professions du tertiaire, et enfin la mise en places de politiques Sociales, et une amélioration globale du niveau de vie, permettant l'avènement de la société marchande. C'est aussi a cette période, surtout en Europe, suite au traumatisme de guerre, que se constitue une idéologie de la Paix, un refus du conflit, et un modèle de contestation basé dorénavant sur la négociation.


On assiste ainsi à cette période à un amoindrissement relatif des inégalités de salaire, permettant un accès plus grand à la consommation, notamment pour la classe ouvrière (les « ouvriers de l'abondance »), et un assouplissement en terme de mobilité sociale, une démocratisation de l'enseignement supérieur.

Tandis que la classe ouvrière tend a s'affaiblir numériquement, du fait de l'automatisation et de l'explosion du tertiaire, mais aussi idéologiquement, en terme de sentiment d'appartenance, d'identité collective, apparaît dans le discours, les consciences, l'expression de « nouvelles classes moyennes », auxquelles s'identifient tant les ouvriers qualifiés, les employés, les enseignants, et autres professions intellectuelles.

Celles-ci sont à distinguer de la désignation classe moyenne issue de la pensée Marxienne, désignant les classes du milieu, les cadres, situé entre la Bourgeoisie et le Prolétariat.

On assiste alors à une multiplication des sentiments d'appartenances, s'accompagnant d'une multiplicité d'enjeux symboliques, de genre, d'ethnie, d'orientation sexuelle, de religion, mais aussi concernant la reconnaissance des spécificités locales suite à l'effacement des Etats Nations dans la mondialisation.


Le tournant des années 80


Les années 80 furent marquées d'une part par la récession économique, qui voit alors l'idéal du modèle de l' Etat Social s'effacer, et par la chute du Bloc Soviétique. Le capitalisme libéral restant seul vainqueur tend à s'imposer de nouveau.


Les transformations idéologiques sont ainsi importantes. En effet, tandis que les inégalités resurgissent, l'idéologie de la moyennisation, de la fin des classes, de l'inter compétitivité, et de la collaboration de classe sur le modèle de la négociation tend à s'imposer, tandis que l'idéologie Marxiste connaît son déclin, que le « Prolétariat » se désorganise.

Cette période voit aussi l'expansion d'une catégorie sociale fortement hétérogène, dont il n'existe pas de terme fédérateur dans le langage, le discours politique qui puisse les structurer en tant que classe sociale. Souvent appelés les exclus, les marges, les outsiders, ou encore le lumpen prolétariat, cet ensemble social se retrouve mise hors jeu sans possibilité de se structurer idéologiquement, et matériellement, et ne se manifeste que lors de mouvements sporadiques incapables de se lier les uns aux autres et souvent même, mis en compétition les uns avec les autres.

Il y a ainsi disharmonie, décalage temporel entre conditions objectives et condition subjectives, entre situation et représentation, qui brouille la mise a jour des enjeux réels propres aux groupes sociaux.

 

Synthèse des analyses sur la modernité

Nous avions ainsi dit que les analyses sur la modernité et les forces d'opposition décrivaient le même phénomène, nous allons alors tenter de discuter sur le fait qu'elles partagent le même pessimisme.

L'ensemble des analyses sur la modernité décrivent celle-ci comme l'ère de la fin des classes et de l'intégration du prolétariat, de l'unidimensionnalité, du consensus autour du capitalisme, de la démocratie, de la république, mais aussi, conjointement, comme une société multiplen divisée, atomisée, fragmentée, ou l'opposition politique ne se constituent plus sur des enjeux relatifs à une position économique et sociale dans le processus de production, à un antagonisme de classe. L'illusion des 30 glorieuses en ce qui concerne la moyennisation de la société à fait disparaître l'antagonisme de classe et démobilisé le mouvement ouvrier, et les avancées de la mondialisation on eu tendance a effacer les identités nationales, à diffuser la conscience d'une citoyenneté mondiale. Les enjeux politiques se sont alors constituées sur tout un ensemble de luttes parcellaires, relatives a des appartenances symboliques, religieuses, de genre, ethniques, régionales, d'orientation sexuelle, ainsi qu'un ensembles de risques transcendantes aux classes sociales, notamment en matière d'énergie, et d'environnement.

Ces analyses qui dominent la scène intellectuelle depuis une 20 aine d'années, tendent aujourd'hui, à décrire le présent comme un univers pétrifié, inerte, immuable, indépassable, dans lequel la lutte de classe a laissé place à l'inter compétitivité au sein d'un ensemble convergeant vers un but commun. Cependant, cette analyse si elle est objective, n'en est pas moins contestable. En effet, ces théories ne reflètent qu'une représentation d'un état antérieur de la société projeté entièrement dans le présent, sans analyse critique plus fine de la situation, constituant alors un discours politico-idéologique allant dans le sens du pouvoir dominant. Cette analyse n'est pas vraie car elle n'est que partielle, car d'une part, elle ne prend pas en compte que les conditions objectives qui constituaient la base de la moyennisation de la société ont changées, et d'autre part, elle ne reflète pas la dynamique des forces sociales en œuvre, la conflictualité croissante qui se dessine, les opposition au consensus global, qui même si elles ne sont que peu structurées, pourraient à l'avenir donner naissance à une force nouvelle, qui réactiverait alors sur des bases plus avancées la lutte de classes.

Nous estimons ainsi que les luttes pour l'acceptation des différences - en ce qui concerne les différences fondamentales constituant de réelles formes de négation de la vérité établie, de l'idéologie dominante – sont en train de s'imposer. Ces luttes pour la démystification du mensonge social sont toutes celles qui s'opposent à l'idéal type de l'homme blanc chrétien hétérosexuel, à sa posture dominante : la luttes pour l'émancipation des femmes, les différents ethnies, les orientations sexuelles. Ces luttes sont vraies car elles balayent les fausses consciences et les théories naturalistes légitimant la supériorité génétique d'une fraction de l'humanité sur l'ensemble.

Les luttes religieuses, quant à elles ne constituent que les derniers élans de résistance de l'ordre ancien face à la rationalité technologique la où celle-ci fait la preuve de son irrationalité. Enfin les luttes de types régionalistes ne sont que le symptôme d'une perte de pouvoir et d'identité liée à l'entrée des Etats Nation dans la mondialisation. Ces deux derniers types de luttes contrairement aux premières sont fausses de part leur caractère conservateur, car elles se basent sur un ordre social et des instituions, dont le caractère mystifiant à été démasqué et démenti intellectuellement depuis déjà longtemps. Leur victoire ne constituerait alors pas un dépassement du présent, un avancement dans le dévoilement de la vérité, mais un retour à l'aliénation de la conscience, un blocage de l'histoire.

Il est ainsi possible que dans les démocraties occidentales, le triomphe des luttes pour l'acceptation des différences, dans le cadre de la logique d'égalité, remette alors au goût du jour, la question des classes sociales, du fait de la remontée croissante des inégalités économiques. Cette lutte pour l'égalité constitue en effet une lutte pour la vérité dans la mesure où elle est la négation de l'idéal type de l'homme occidental dominant, qui est également bourgeois capitaliste. Elle se révèle alors lutte de classes.

Enfin, pour clôturer cette partie en ce qui concerne les erreurs d'analyse de la structure sociale, nous opposerons que l'ensemble des analyses sur la moyennisation de par leur cadre trop anthropocentrique, ne peuvent être que réductrices et fausses, si elles ne prennent pas en compte le phénomène de la mondialisation, et la manière dont ce processus influe sur l'organisation géo-économique du monde. En effet, c'est comme si on avait analysé la société française et ses mutations en se centrant exclusivement sur les grandes villes et en excluant les campagnes, ou les banlieues. Il est ainsi nécessaire, dans le cadre de l'économie mondialisée, de la délocalisation de l'industrie, de repenser les inégalités, les classes sociales sur une base mondiale afin de mettre à jour la profondeur des inégalités qui n'apparaissent pas dans la structure sociale nationale des Etats occidentaux.

 

Classe Bourgeoise et fin des classes : une confusion dans l'analyse...

Les analyses sur la fin des classes ne font que traiter de l'endormissement de la lutte de classe, du fait de la dissolution du mouvement ouvrier. Elles ne s'intéressent qu'a une seule classe : le prolétariat. Cependant, elle ne traite pas de l'autre classe antagonique : la bourgeoisie. Ici réside l'erreur d'analyse fondamentale de la théorie de la fin des classes, qui l'invalide instantanément. En effet, la bourgeoisie, la vraie, la haute bourgeoisie aristocratico financière, dynastique, n'a jamais cessé d'être, d'avoir conscience de ses intérêts en tant que classe, de s'organiser. Cercles de réflexion, syndicats, lobby de pression, rallyes mondains, homogamie et reproduction sociale, capital financier et patrimoine démesuré, élitisme, on voit bien que la structure sociale n'a guère évolué depuis le XIXeme siècle (voire antérieurement). Qu'elle s'affirme ouvertement dans un système libéral, ou concède des formes hybrides de social libéralisme, d'Etat social à économie de marché, la bourgeoisie n'a cessé d'être, de dominer socialement, économiquement, matériellement, symboliquement, et idéologiquement.

... Qui tient du discours idéologique sur la démocratie

Le discours idéologique sur la démocratie se fonde sur plusieurs présupposés source de confusion. Le premier concernerait la notion d'intérêt général, qui tient de l'amalgame entre intérêt du peuple/de la nation et intérêt de l'Etat, d'où la notion d'Etat Nation.

La notion apparaît suite à la Révolution Française et l'avènement de la démocratie, et définit l'intérêt général comme intérêt supérieur aux intérêts particuliers, transcendant la nation. Ainsi, suivant cette définition, les classes dominantes et dominées agiraient de concours pour l'intérêt de la collectivité, pour un progrès global dont tous bénéficieraient à des échelles différentes. L'Idéal républicain nous décrit une société à la fois homogène et atomisée dans laquelle l'individu-citoyen contribuerait a son échelle au bien commun. La République et ses institutions constitueraient ainsi un dispositif de contrôle social dont l'objet serait la création d'un consensus. L'idéal Républicain s'oppose à la reconnaissance des opinions politiques hors de ce consensus, et par la même la possibilité d'auto détermination du peuple, il est par essence anti-démocratique.

Le second présupposé est en partie la conséquence du premier : au XIX eme siècle, lorsque les luttes sociales s'accentuèrent, le pouvoir dû concéder tout un ensemble d'avancées sociales afin de justifier la démocratie. S'en suit une seconde définition de la démocratie et de l'intérêt général : le paternalisme, pouvoir bienveillant, ou socialisme bourgeois (Marx) : le Bourgeois agit au nom du peuple, pour le bien de celui-ci, mais toujours en tant que bourgeois. Cette dimension philanthropique constitue certes une avancée puisque le pouvoir est ici exercé pour le peuple, mais toujours pas par celui-ci. Il ne s'agit pas là réellement d'une démocratie.

S'en suit tout au long du XIX et XXeme siècle un ensemble de luttes politiques aboutissant à l'apparition d‘un pluralisme politiques, plus ouvert à gauche, dans lequel il est plus ou moins admis que l'intérêt général se joue dans un rapport de force, essentiellement numérique en terme de légitimité, entre les différents intérêts de classe. Cependant, les années 60 à 80 marquent un tournant déterminant dans l'histoire politique moderne, ou la reconnaissance d'intérêts spécifiques indépendants des classes sociales entraînent l'amoindrissement de l'antagonisme premier, et provoquant le retour à l'acceptation initial d'intérêt général.

La démocratie ainsi fondée sur le consensus républicain, tolérant le pluralisme (bipartisme officieux) dans la mesure ou celui-ci ne remet pas en cause, ou n'as pas la force effective de remettre en cause l'ordre établi, mais aménage celui-ci en fonction des tensions relatives au sein de la société, dont l'Etat est l'appareil de régulation, bloquant par là même toute potentielle transformation fondamentale de la structure sociale. Le paradoxe du pluralisme républicain réside ainsi dans une tolérance relative de la pensée, si celle-ci s'incorpore au consensus, est précédée par l'idéologie du pouvoir.

Le consensus républicain basé sur la libre entreprise, l'égalité des chances, le mérite, la reconnaissance de l'individu, est ainsi la condition de la liberté pour ceux qui disposent de conditions sociales favorables, c'est-à-dire de la culture, du capital économique, du patrimoine, des réseaux, pour atteindre les positions sociales avantageuses. Mais il résulte de la contrainte pour ceux qui n'en disposent pas. Pour ceux-ci s'en suit une situation d'aliénation entre condition objectives d'existences et idéologie du système, entraînant une incapacité individuelle d'en jouir, une disposition à la soumission, à la dépréciation de soi, à défaut d'outils théoriques pour penser la réalité et la déconstruire, la révéler en tant qu'elle est idéologie.

La Démocratie vraie ne peut être la démocratie du consensus Républicain, car a ce moment là, elle est pénétrée par une idéologie qui se masque derrière le réel et qui cherche à s'imposer à la conscience comme système rationnel, bridant alors toute émancipation, toute autodétermination du peuple.

Elle ne pourra devenir vrai qu'à partir moment ou l'idéologie Républicaine se sera effondrée et où les positions idéologiques (subjectives) émanant des conditions matérielles (objectives) d'existence pourront s'affirmer clairement en tant que tel, et ou l'endoctrinement laissera place à l'autodétermination et l'expression des rapports antagoniques. A ce moment là il sera possible de distinguer les idéologies fausses des idéologies vraies, et de déterminer un intérêt général qui sera l'expression des conditions objectives d'existence du plus grand nombre, un consensus vrai et dynamique, à tout moment redéfinissable, car autoproduit par l'expression du rapport entre les différentes forces composant le social.

Mais là encore, la Démocratie ne constitue pas un système abouti, du fait qu'elle se fonde sur un principe implicite amalgamant le nombre et le vrai, sur la « tyrannie de la majorité ». Or historiquement, il est rare que le plus grand nombre ait été porteur de vérité de manière initiale, et celle-ci émergea bien d'avantage par la pression constante de minorités agissantes. Il en résulte alors que la démocratie devient le lieu d'affrontement entre le vrai et les faux, et laisse alors libre cours à toute sorte de courants politiques en quête de pouvoir, car constituant le courant d'expression privilégié de la démagogie ce qui bloque alors l'avènement du vrai et proclame le triomphe de la fausse conscience, l'expression de l'opinion.

La démocratie véritable ne pourrait alors se fonder sans un esprit critique poussé global et avéré, une norme sociale de déconstruction/reconstruction constante des idéologies, détruisant les fausses consciences, affirmant les vraies jusqu'à ce que celles-ci soient réfutées à leur tour, et dont l'aboutissement ultime, l'utopie résiderait dans la formulation d'un consensus indiscutable signifiant la mort de la politique et de la démocratie.

Il est cependant bien évident qu'a cet instant, l'aboutissement du processus démocratique ne constitue qu'une utopie chimérique, et que de plus la mort de la démocratie, tel que nous l'entendons, constituerait un état final de l'humanité, , une structure pétrifiée dans laquelle l'histoire ne serait plus.

A l'instar des démarches scientifiques et philosophique, où la quête de la vérité réside dans la déconstruction perpétuelle du faux, la quête de destruction de la démocratie telle que nous la présentons constitue un processus dynamique de dépassement constant du présent, , qui en tant qu'idéologie dominante, serait le moteur d'une société plus juste et satisfaisante pour le plus grand nombre.

 

 

Retour des classes sociales, retour de la démocratie ?

Il ne fait nul doute que le consensus produit de l'idéologie du groupe dominant bloque aujourd'hui possibilité de la démocratie. En effet, si celle-ci était l'expression du peuple, elle serait l'expression de la position du groupe dominé, non celle du pouvoir. Le retour des classes sociales et leur autodétermination politique, c'est-à-dire l'auto organisation, pourrait alors signifier la naissance de la démocratie, au sens étymologique du terme, c'est-à-dire non comme une fiction, un mythe transcendant reflétant de manière théâtrale la structure d'une société basée sur un modèle hiérarchique de domination, mais comme mode d'organisation réel, vivant, conflictuel et dynamique.

 


Publié par pensée-critique à 10:30:06 dans analyses et essais politiques | Commentaires (0) |

affaire SNCF suite | 04 décembre 2008

la plupart des personnes suspectées de sabotage sur les voies SNCF on été relachées, il y a a priori lieu de se réjouir de constater que le pouvoir n'est pas encore total, ne peut se permettre n'importe quoi, enfermer n'importe qui, n'importe comment.cependant,deux personnes sont encore retenues dont une pour le chef d'accusation suivant "direction d'une cellule a vocation terroriste". en regard a ce que nous avons pu avancer précédement, il existe une certaine tendance à l'inversion dans cette histoire, a savoir que la terreur est bien d'avantage le fruit d'un gouvernement paranoïaque qui depuis 2001 met en place des lois permettant l'arrêt de n'importe qui pour suspition de terrorisme, ce qui génrère un état de peur surement bien plus grand que la menace réelle. L'Etat transmet sa peur à la population, dont il se dit le garant, et par la même réduit de manière légitime (au sens du pouvoir) les libertés, renforce le contrôle tant policier qu'idéologique. le déclin probable des systèmes capitalistes en tant que tel laisse alors place a des sociétés au contrôle renforcé. des discours de fadela amara, sur les jeunes des banlieues, et la nécessité de l'éducation républicaine, sarkozy et son retour a la morale, alliot-marie, et ses fichiers EDWIGE, son projet d'extention de la videosurveillance, son fantasme anarcho autonome, on a affaire a la même logique: renforcer le consensus sociétal, le contrôle idéologique basé sur des représentation mystifiées ou déformées (la république, la démocratie, la morale, l'intérêt général...), d'autre part, contraindre les désafiliés de ce consensus par la force, l'intimidation, la peur, au travers d'une police, de lois et de dispositifs techniques de surveillance. 

pour ceux qui n'auraient pas suivit l'affaire, il ne s'agit pas d'une question de liberté de pensée, ou d'expression, mais d'une suspition d'intentions, autrement dit, vous pouvez penser ce que vous voulez, dire ce que vous voulez, a condition de ne pas faire ce que vous voulez, ou bien, dans ce cas, vous pouvez dire et penser ce que vous voulez et alors on vous soupçonnera de réaliser un jour en pratique cette pensée, et vous serez mis sous surveillance, et peut être un jour arrêté, comme julien coupat et ses amis, ou bien alors, ne réalisez pas vos rêves, et vivez soumis, dociles, contraints, et vous ne serez pas surveillés, vous vivrez libre de votre servitude.

les deux dernières personnes incarcérées doivent être libérées rapidement!

leur libération en signifira pourtant pas la fin de la lutte, ce genre d'opération du pouvoir, si elle n'est pas contestée, continuera de se répéter, de plus ces personnes passeront leurs vies entières sous surveillance policière. c'est ici l'Etat, le Gouvernement, la Police, et l'idéologie qu'il faut affronter.

Nous ne voulons pas de ce monde, ni de son passé, ni de sa tendance en devenir. Nous nous confronterons a ces esprits malades qui tentent de le façonner.

 

 

Publié par pensée-critique à 10:05:39 dans actu | Commentaires (0) |

déclarations d'Olivier Besancenot sur les sabotages de la SNCF par les anarcho-autonomes | 17 novembre 2008

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/besancenot-les-sabotages-ne-font-pas-partie-des-methodes-de-la/920/0/290660

cet article est écrit en réaction aux paroles d'olivier besnacenot sur les sabotages de la SNCF par les anarchos-autonomes.

Premièrement, Il n'y a pas de preuves que les personnes arrêtées soient les coupable, et plutot des indications qui disent le contraire, ces personnes n'ont été arrées que du fait de leur positionnement politique (en l'occurence communiste: lisez donc leurs écrits ils sont en vente dans les FNAC), et constituent le nouveau bouc émissaire de l'Etat depuis le CPE, après les islamistes, les jeunes de banlieue. ainsi à l'instar de ce qu'explique carl schmitt (théoricien néo-conservateur): le pouvoir a besoin d'identifier un ennemi pour maintenir le consensus autour de lui, et focaliser la peur et l'animosité autour de ce dernier, le role principal de l'Etat consiste alors à identifier celui-ci, et a le combattre. Le pouvoir qualifie ainsi la mouvance anarcho autonome de Terroriste, hors qu'est ce que le terrorisme, si ce n'est un language de pouvoir, inventé par celui-pour désigner l'ennemi et lui coller une éthiquête d'épouvante. qu'est ce que la terreur si ce n'est la paranoïa du pouvoir en crise.

pour nous le Terroriste, c'est celui qui véhicule, diffuse, organise l'Etat de peur: c'est l'Etat

L'Etat par ailleurs, se fait juge, pour l'ennemi désigné, mais jamais il n'est de juge pour l'Etat, la bourgeoisie. on a jamais fait payer la crise financière, la guerre d'Algérie,du Viet Nam, d'Afganistan, d'Iraq, la vente d'armes en afrique, les concentrations de sans papiers dans des centres de rétention, et leur déportation en chartères, les bavures policières sur les jeunes défavorisés, les licneciments potentiels chez renault, les années de travails qui s'allongent pour une retraite dont on ne profitera certainement jamais, les taux de pollution monstrueux, l'épuisement de ressources naturelles, et la liste peut encore s'allonger, à qui que ce soit. et pourquoi donc ? parce qu'il s'agit, simplement, des intérêts de la bourgeoisie.au vue de la puissance de nuisance déployée par le pouvoir, les "anarchos-autonomes" qui font dérailler un train font figure de petits anges!

ensuite, aucune vie n'a été mise en danger, lors de ces actions de sabotage, il s'agit alors simplement, de pertes économiques, hors si l'Etat peut sortir le portefeuille pour résoudre la crise, il peut très bien combler les pertes économiques dues a un retard de train. mettons le alors face a ce paradoxe, et poussons le à se dévoiler.

de plus les déclaration d'olivier besancenot, pour rester courtois, révèlent un manque d'analyse certain de la situation. Il n'est pas à définir ici si nous voulons plus ou moins de trains, dans le cadre du capitalisme. ce parti est Anticpaitaliste, non ? ainsi dans le cadre d'une société de transition, il sera possible de dire nous voulons plus de trains, bien que autant mais gratuits soit peut être plus appropriés. Franchement, il ne faut pas prendre les autres pour des débiles. l'analyse de besancenot relève selon nous d'une l'erreur de raisonnement, d'une projection du socialisme dans le présent, hors, le présent n'est pas socialiste, le présent est capitaliste. Le NPA doit savoir distinguer l'adversaire de l'Ennemi, et ne pas tomber dans le jeu du pouvoir qui accule la gauche à le rendre légitime en fonction de ses lois, de son idéologie (fortement dissimulée dans le réel, le rationnel d'ailleurs). Mais peut être besancenot veut il faire payer à ces érudits leurs interventions ultra critiques lors de meetings passés ?

Enfin besancenot se permet de se prononcer au nom du NPA à ce sujet sans débat interne, ce qui révèle d'une attitude autocratique, et non démocratique. Peut-être y a t il des points de vue divergents, des analyses différents de la situation, parmi les militants NPA ? d'ailleurs nous avons la certitude q'il y en a. Il ne s'agit pas ici de la seule gaffe de Besancenot, on prendra par exemple, l'affaire du CRI, ou un débat publique entre les militants de ce groupe  et le bureau de la LCR devrait selon nous avoir lieu pour éclaircir définitivement cette affaire. 
pour en revenir au sujet, ce qui nous a fortement agacés, mais pas non plus surpris, c'est que besancenot légitime le pouvoir, la justice, alors qu'il était ici possible de l'ataquer fortement sur sa légitimité. 

nous regrettons également de ne voir qu'une seule personne s'exprimer sur un parti a priori construit de manière commune, notamment de ne pas voir davantage d'intellectuels de gauche prendre position et sons proposer une analyse un peu plus élaborée que celle-ci, qui relève bien plus de la démagogie.

il est temps qu'un discours plus affiné s'affirme. une position réellement critique qui démasquera le language du pouvoir comme expression idéologique déguisée en discours "rationnel technicien", et par là même appeler celui-ci a se révéler de manière consciente, à s'affirmer comme puissance nuisible de destruction, ce a partir de quoi, le pouvoir pourra alors être combattu sur ses bases réelles, c'est a dire l'idéologie de la domination autoritaire, élitiste, individualiste, contre l'idéologie du plus grand bien pour le plus grand nombre.

En attendant, nous en appelons l'ensemble des militants du NPA à discuter sur cette position, et a affirmer sa divergence vis a vis de l'argumentation de Besancenot, et a y opposer un discours publique qui s'opposera à la légitimité du pouvoir quant a la condamnation d'action politiques, qui plus est quand ses suspitions ne sont pas fondées.

Soutient aux Autonomes, soutient à Jean Marc Rouillan, à Mumia Abu Jamal, et a tous les autres prisonnier politiques incarcérés.

Contre le pouvoir dominant qui nous prépare une soicété sécuritaire

Publié par pensée-critique à 11:37:22 dans actu | Commentaires (3) |

quelques réflexions sur les arrestations des activistes de la mouvance autonome | 13 novembre 2008

pour la rédaction du présent article nous prendrons en référence cet article du monde auquel nous aurions désiré adresser quelques critiques, cependant, le monde est un média bourgeois qui nous obligerait a payer un abonnement hebdomadaire comme droit de critique, comme quoi, la liberté d'expression a un prix (en l'occurence ici 16€ par mois pour une feuille de choux merdique, rédigée par des atrophiés cérébraux).

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/15/sncf-neuf-jeunes-autonomes-presentes-au-juge-antiterroriste_1119080_3224.html

 http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/13/sncf-deux-villages-correziens-dans-la-mire-des-enqueteurs_1118103_3224.html#ens_id=1103607

nous avons pris ces deux articles en référence pour illustrer la faiblesse informative des médias. en premier lieu, les faits: quels sont ils ? sabotage de voies ferrées du réseau SNCF... oui mais, quelles en sont les conséquences, y a t il eu des blessés ? rien n'est dit ? hors c'est ici le point déterminant pour déterminer si cet acte est de nature misanthrope, ou constitue simplement une attaque contre l'économie. on ne sait pas non plus si la SNCF a été prévenue à l'avance afin de pourvoir a la sécurité des passagés. bref que du flou, hors en fonction de la situation, l'analyse diverge. il s'avèrera impossible de soutenir un acte de misanthropie, cependant, s'il est avéré que les risques humains étaient maitrisés, nous apporterons tout notre soutient a Julien Coupat et ses "camarades". pourquoi les autonomes seraient ils incarsérés pour une histoire de perte de capitaux, alors que la source de la crise vient du système capitaliste financier.en effet si julien coupat prend 20 ans de prison pour quelques milliers d'euros perdus, pourquoi P.J. Morgan et sa clique de banquiers internationnaux ne seraient ils pas incarcérés a vie ? 

de toute façon, nos estimons que ce n'est pas au pouvoir, à l'Etat Français, au gouvernement srakoziste de juger cet action. le gouvernement qui sent monter l'animosité générale contre lui suite à la crise, nous sort un ennemi qu'il fait passer pour ennemi publique, ce qui lui permet de rejeter l'animosité sur ce nouveau bouc émissaire. cependant, si l'on se fie au déclarations des habitants de Tarnac, les autonomes interpellés n'avaient rien d'hostile et au contraire apportaient beaucoup au village. le pouvoir n'a jamais payé pour l'assassinat de malik oussekine, de coluche, pour les massacres en algérie.      

 

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pourquoi un soutient: le pouvoir prend les autonomes pour cibles depuis le CPE, comme il l'a jadis fait pour les jeunes de banlieue, les communistes, les noirs, les juifs sous vichy. ce sur quoi il est a s'opposer ici c'est un mécanisme de pouvoir, bien explicitée par le théoricien neo-conservateur carl schmitt : le role de l'Etat est d'identifier ses ennemis et de les combattre, de désigner des boucs émissaires responsables des troubles sociaux, pour consolider le consensus en période de crise, et ainsi attiser la peur de la population et sa haine dans l'optique d'agir légitimement contre les moutons noirs qui sortent du troupeau.

qui est l'ennemi, l'activiste autonome qui sabote les dispositifs (encore qu'il n'y ait rien de sur a ce sujet) ou le pouvoir qui nous oppresse jour après jours, qui détermine nos modes de vie, notre espace, notre degré de liberté, détruit la planète, nous fout au chômage, à la porte, dans des chartères, en prison, à l'asile, nous maintient dans l'ignorance en ruinant la dimension critique du savoir pour le réduire a un ensemble de connaissances opérationnistes et nous dépossèdent de notre existence.

le terrorisme est un discours de pouvoir, qui génère la peur, et justifie le contrôle, l'avènement d'un Etat sécuritaire. la seul terreur s'exprime ici concerne l'Etat, non la population. il est ainsi nécessaire de dissocier intérêt général et intérêt du pouvoir. le seul terroriste, c'est celui qui génère la peur, l'orchestre et l'alimente: c'est l'Etat

Publié par pensée-critique à 16:25:26 dans actu | Commentaires (3) |

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nous ne sommes pas une force qui cherche a gonfler, a rassembler autour d'elle, a rameuter le plus grand nombre. nous tentons simplement de détruire la pensée dominante, la normativité dans sa virtualité, la fausse vérité qui se dissimule dans la perception de la réalité. nous invitons ainsi quiconque passe sur ce site a nous faire part de ses commentaires, de ses remarques.
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