Info:
"nous vous invitons à prendre connaissance -
et à le soutenir si vous le souhaitez -
du texte intitulé, à l'instar de Walter Benjamin,
je déballe ma bibliothèque
http://www.m-e-l.fr/expression-libre-petitions.php
Ce texte,
rédigé à la suite de la perquisition de la bibliothèque de Julien Coupat,
s'il réunit assez de signataires, sera envoyé à la presse."
Publié par pensée-critique à 10:47:37 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
La société marchande. des biens et des services a profusions. des courses dans des supermarchés ou l'on se retrouve perdu face a une multitude de produits quasi similaires. des tonnes de babioles, de gadgets qui bien souvent ne nous servent a rien. des coachs dans des domaines les plus aberrants qui sont sensés nous aider a gérer notre vie. des tonnes de marchandises matérielles et immatérielles dont nous pourrions très bien nous passer sans vivre moins bien pour autant, et pourtant certains passent une grande partie de leur existence a travailler pour se les payer.
Pensée-critique vous propose le jeu suivant: vous vous balladez (entre potes c'est plus amusant) dans la rue, dans une gallerie marchande, dans un supermarché, et vous faites un listing de tout ce qui vous parait inutile! ensuite vous le poster en commentaire et nous tentons de faire un listing optimal de tout ce dont nous pourrions nous passer sans pour autant vivre moins bien.
bon courage et amusez vous bien!
Publié par pensée-critique à 17:12:45 dans divertissement | Commentaires (1) | Permaliens
quelques extraits de nos travaux sur la question du travail, qui seront complétés par la suite
II. technologie et projet d'autonomie
Le progrès technique permit des gains énormes de productivité. Le développement du machinisme permit l’amoindrissement de l’effort et rendit l’activité de production moins pénible physiquement. L’automatisation, permit de délester l’humain de certaines tâches répétitives, qui furent alors confiées à des robots automates. Ces progrès techniques devaient en théorie amoindrir la charge de travail et libérer du temps pour permettre aux Travailleurs d’organiser eux-mêmes la production, de participer d’avantage à la vie politique, ainsi que de s’adonner à d’autres activités plus ludiques et épanouissantes, tels que la détente, la sexualité, l’art, la philosophie, la science.
Alors pourquoi travaillons-nous toujours autant ? Comment se fait-il que le projet d’autonomie ait été abandonné ? Pourquoi vivons-nous dans une société qui exige de nous que nous soyons hyper spécialisés, que nous réduisions le développement de notre être à une seule dimension ?
La réponse à ces questions réside dans l’organisation capitaliste et hiérarchique de la société. Le processus d’accumulation du capital pousse à la mise en concurrence des travailleurs, du fait d’une part, de l’idéologie propre au travail, qui pousse à maintenir les emplois à temps plein, et de ce fait, relègue un nombre considérable de travailleurs potentiels dans l’inactivité, avec la misère sociale qui s’en accompagne. Travailleurs et sans-travail disposent ainsi de ressources financières fortement inégales, ce qui crée une situation de « conflit objectif », entre ceux qui ont peu et ceux qui n’ont rien, et écarte l’attention du conflit réel entre ceux qui ont beaucoup et ceux qui ont peu. Du fait du jeu de l’offre et de la demande, Les travailleurs rémunérés contribuent à fixer les prix des marchandises, et de ce fait, les rendent en grande partie inaccessibles pour les sans emploi. Il résulte de ce phénomène un ensemble de rapports sociaux fortement hiérarchisés, dont émanent des rapports d’hostilité entre les différents groupes ainsi constitués. Il y a suivant cette typologie un regard à la fois tourné vers les strates les plus immédiatement inférieures et supérieures. Il se crée alors assez spontanément un sentiment supériorité et de mépris vis-à-vis de ceux qui sont en « en dessous », desquels on tente de se distinguer, ainsi qu’une peur du déclassement ; et un complexe d’infériorité envers les strates supérieures, que l’on tente tantôt de tourner en ridicule, tantôt d’imiter, et que l’on jalouse et espère rejoindre. C’est le cas, par exemple, de la prééminence du modèle social « Bourgeois », puis de « classes moyennes », qui engendre un phénomène de mimétisme sociétal, poussant certains à la concurrence et au surtravail pour toujours pouvoir s’en rapprocher d’avantage. Par conséquent, cette organisation socioculturelle capitaliste du travail constitue un des freins qui bloquent l’avènement de l’autonomie réelle et d’une existence libre, égalitaire et émancipée.
La seconde explication, complémentaire et indissociable de la première, relève de la dynamique propre à la culture occidentale en ce qui concerne la science et la technique : la science, originellement destinée à l’observation et la compréhension de la nature, est détournée de son but premier à des fins utilitaires, elle doit s’appliquer à résoudre les problèmes de l’humanité. De ce fait elle rejoint la technique, qui devient son support pratique en matière d’application. Dans ce cadre, la connaissance des phénomènes physiques est employée à la transformation du monde objet, ce qui n’est alors pas sans conséquence. Comme il est souvent possible de l’observer, les problèmes résolus par la science et la technique génèrent alors d’autres problèmes, souvent plus catastrophiques que les premier, qui appèlent ainsi très logiquement une nouvelle réponse techno scientifique, et ainsi de suite.
Chaque réponse à un problème par la voie techno scientifique appelle à la mobilisation d’une quantité d’acteurs considérable : chercheurs, techniciens, ingénieurs, ouvriers de production diverses, transporteurs de marchandises, etc. ainsi, à chaque problème appelant à un progrès scientifique, il appelle également à une croissance de la sphère du travail.
V. étouffement de l'existence par le travail: les trois 8, illusion de liberté
La thèse des « trois huit » ("Huit heures de travail, huit heures de sommeil, huit heures de liberté"), est fondamentalement erronée quant au troisième huit : huit heures de liberté. Elaborée au début du XXeme siècle, cette configuration journalière représentait à l’époque un progrès social indéniable, voire considérable, comparé aux journées de travail de 16 h ou même de 12h ou plus tard 10h ½ du XIXeme siècle. Néanmoins, il convient tout de même nuancer l’enthousiasme qu’elle a pu générer à ses débuts, notamment en ce qui concerne l’organisation temporelle des 8 heures de prétendue « liberté ». L’erreur première est de penser les Trois Huit tels des blocs condensés, et non imbriqués les uns dans les autres, notamment les heures de travail et les heures de liberté. Il est évident que parmi ces heures libres, qui constituent par ailleurs un espace temps fortement morcelé, on peut inclure le temps de préparation au travail, c'est-à-dire le temps pour se laver, le temps du repas, le temps pour les courses, le ménage, la vaisselle, la lingerie, le temps de déplacement, de transport, ainsi que, pour certains, le « temps politique ». Hors, il est possible de distinguer, au sein de ce prétendu temps libre, trois dimensions : le temps consacré aux nécessités quotidiennes, le temps pour l’exercice de la politique, du militantisme, de l’autogestion, et enfin, le temps réellement libre, consacré à la « réalisation de soi », c'est-à-dire à la détente, le sport, la sexualité, l’art, l’étude de la philosophie et des sciences. Cependant, Il est également possible d’incorporer le temps de repos au temps de travail. Il est en effet évident que, de manière générale, ce temps réparateur est intrinsèquement lié à la question de la productivité (bien qu’il devrait être, au niveau de l’éthique, dissocié de toute question de productivité, du fait qu’il constitue une nécessité physiologique essentielle et inaliénable).On peut alors fractionner la vie quotidienne, disons sur une semaine, en 5 (ou 6) périodes distinctes : le travail, le repos, les nécessités quotidiennes, l’activité politico syndicale et le temps libre (auquel nous pouvons ajouter le temps consacré à l’éducation permanente, sans nécessairement l’intégrer au travail ni au temps libre). Il est ainsi tout d’abord évident que, pour notre bien être physiologique, le temps de repos ne peut être réduit, il doit rester stable, de l’ordre de 8 heures par jour en moyenne soit 56 heures semaines. La tension temporelle qui s’exerce alors met en jeu le temps consacré au travail, c'est-à-dire ici, à l’activité de stricte production, et le temps disponible pour les autres activités. C’est cette tension qu’il nous importe d’étudier. Le quotidien dans la modernité est organisé de telle façon que le travail absorbe la quasi-totalité du temps dont nous disposons. Il dispose notre psychisme au delà de l’activité même. Il comprend ainsi l’instant du réveil qu’il détermine, la préparation hygiénique, énergétique, et esthétique, le temps de transport, les pauses, dont le but est d’accorder temps de régénération (psychique, alimentaire) en vue de relancer la productivité, ainsi que le sommeil réparateur, qui répond également aux fonctions précédemment citées. Au final pour une journée de travail effectif de 7 ou 8 heures, c’est plus du double dont nous sommes dépossédés. Si l’on considère que le travail est usant (physiquement et psychologiquement) abrutissant, et qu’il peut continuer de hanter l’individu durant son temps libre, on en déduit que le travail constitue un système d’organisation totalitaire, duquel il est difficile de s’échapper. Et quand bien même le travailleur ne serait pas obnubilé par son activité journalière une fois celle-ci terminée, il est alors contraint de s’adonner à d’autres taches quotidiennes telles que faire son ménage, sa lessive, sa vaisselle, remplir ses factures, faire ses courses au supermarché, s’occuper des enfants pour ceux qui en ont, et bien souvent, aller à la banque, chez le garagiste, ou autre réparateur, celles-ci engendrant également parfois des tensions psychiques. En conclusion, une existence totalisante, qui ne laisse que peu de temps disponible. Les 35 heures n’y changèrent rien. A partir de cela, peu de temps pour la réalisation de soi, les relations de sociabilité, la satisfaction de la libido, mais aussi pour et la pratique de la politique, et dans ce cadre, généralement une obligation de choisir l’une ou l’autre, à fréquence réduite. Les politiques en appèlent aujourd’hui à la participation citoyenne. La démocratie participative, la société civile, la gouvernance et le citoyen sont devenus les nouveaux termes à la mode, qui déterminent l’état d’esprit dominant des sociétés postindustrielles. Ce discours postule que l’antagonisme ne concerne plus la position occupée dans le processus de production, mais la participation ou non à la construction d’une société prétendument démocratique. Dans ce schéma purement idéaliste, la question du travail est mise à l’écart, on fait comme si elle ne se posait plus, et les identités professionnelles s’effacent derrière celles du bon et du mauvais citoyen. Le bon citoyen serait celui qui aurait un travail, qui respecterait la loi, la démocratie, qui s’informerait sur la politique, qui y prendrait part en s’impliquant dans divers associations, qui se rendrait régulièrement à des conférences, ou aux divers réunions municipales, et conseils de quartiers, qui ferait du tri sélectif, achèterait commerce équitable, qui fermerait bien son robinet, éteindrait les lumières en sortant de la pièce, et achèterait des légumes bio et qui penserait que tout ceci constitue une action politique qui puisse contribuer a résoudre la misère du monde. Le mauvais citoyen serait tout ce qui ne rentre pas dans le cadre de ce modèle. Bref, dans cette configuration, il est bien évident que cette pratique citoyenne exige d’y consacrer une part de temps énorme. Après cela, le discours politique exige que la population se remette au travail. Ils demandent le retour à la semaine de 40h voire plus, l’allongement des années de cotisation, et que la jeunesse se mette plus tôt au travail. « Travailler plus pour gagner plus ». Quelle hypocrisie ! Il est bien évident, dans ce cas, que travaille et politique sont deux activités incompatibles, et que la seconde doit rester le monopole d’une caste de spécialistes. La situation idéale, pour concilier réalisation de soi et politique étant encore le travail à mi temps, le RMI, les professions artistiques, la vie étudiante, c'est-à-dire toutes les activités que le pouvoir en place cherche aujourd’hui à détruire. En effet, ces conditions d’existence ne sont pas généralisables dans le cadre du système capitaliste. Ainsi soit on adopte le discours néolibéral, ainsi que la précarité économique, les troubles psychosomatiques, l’autorité policière et l’austérité existentielle qui lui sont inhérents, soit se pose la nécessité d’une transformation fondamentale de la structure sociale, économique, culturelle, politique et technique.
VI. travail, rythmes biologiques et dégénérescence humaine
Le travail dans les sociétés occidentales, entraîné par l’élan productif relatif à la mise en concurrence des entreprises entre elles, et des travailleurs entre eux dans et hors de l’entreprise, provoque une accélération constante du métabolisme de humain. Le corps et l’esprit se voient débordés par un monde trop rapide pour eux, et développent un ensemble de mécanismes de défense et d’alerte contre ces agression, que nous considérons plutôt en occident, comme un ensemble de maladies. Lorsque nous n’écoutons pas ces alertes, nous entamons un processus de dégénérescence : le niveau de stress, le taux de dépression, de cancers, d’ulcères, d’alcoolisme, de toxicomanie, de schizophrénie et de suicide au travail au sein des sociétés capitalistes est en augmentation constante. Toutes ces maladies, qu’elles soient physiques, mentales, ou les deux, appèlent au développement de nouveaux marchés, dans le secteur de la santé, puisqu’elles appèlent à un accroissement des soins médicaux, psychothérapeutiques, et de la production pharmaceutique. Parfois, ces situations de mal être au travail entraînent même de graves accidents, volontaires ou non, entraînant l’invalidité, voire la mort : on ne compte plus ne nombre de suicides du fait de conditions d’exploitation insupportables, ceux-ci s’effectuant, de plus en plus, sur le lieu de travail.
De manière plus relative, le travail peut, au fil du temps, provoquer lassitude, ennui, irritabilité, austérité, morosité. Il peut alors être une source de fragilisation du lien social. Pour remédier à cela, toujours dans la logique d’autoaccroissement, se créent de nouveaux marchés, et ainsi de nouveaux secteurs d’emplois : assistance sociale et psychothérapie, mais aussi coaching et cours de relaxation.
VIII. travail, contrôle et répression
Comment l'insatisfaction sociale générée par les différents problèmes se rapportant au travail provoque l'accroissement de la charge de travail : nouvelles polices, nouveaux dispositifs de contrôle ?
La mise en concurrence des travailleurs génère un climat de tension sociale potentiellement explosif. Les différents niveaux de revenus et par conséquent l’inégalité d’accès aux marchandises, parfois les plus élémentaires, est source de précarité, et par conséquent de tout un ensemble de troubles, de souffrances qui génèrent des comportements qualifiés par les psychologues de « déviants » : vols, braquages, agressions, violences conjugales, sabotages, attentats, etc. Ces tensions sociales appèlent elle-même à un accroissement du travail : pour les régler, il est alors nécessaire de développer tout un ensemble de polices qui auront pour charge d’anticiper ces « déviances », de les neutraliser, de les dissuader. La police est aussi l’organe de coercition contre ceux qui auraient l’audace de s’insurger contre ce mode d’exploitation qu’est l’organisation capitaliste technicienne du travail. Le pouvoir politique, au mains des capitalistes, construit continuellement son arsenal de dispositifs de « terreur légitime » : polices publiques ou privées, personnels et dispositifs technologiques de surveillance, de fichage et de répression. On accroît le travail pour neutraliser ceux qui voudraient le voire diminuer.
Publié par pensée-critique à 18:29:17 dans réflexion critique sur le travail | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a tout un discours aujourd'hui sur la réalité objective. On nous présente le capitalisme, le marché, l'économie, l'entreprise, la concurrence, la démocratie républicaine et l'intérêt général, comme une réalité indépassable, dont il est nécessaire de s'accommoder, à la quelle il faut même participer activement. On nous présente alors la réalité comme une création spontanée, un ordre naturel des choses. Ce discours, qui a tendance a proclamer la fin des idéologies, occulte par là même, et paradoxalement, que la réalité est le produit de l'action humaine, de l'exercice de la volonté. En outre, ce qui a façonné les sociétés du XIXeme du XXeme siècle ne sont autres que la confrontation de deux grands types de volontés particulières, la base exploitée et l'élite dominante de la société. La réalité objective vécue par chacune de ses sphères donne lieu à des rapports aux mondes antagoniques, fruit de leurs positions sociales. Le réel ne peut ainsi être perçu dans sa totalité, mais est appréhendé en fonction de positions dans la société qui donnent lieu à des représentations subjectives particulières, des fragments de celle-ci. Le discours dominant n'échappe pas à cette règle, et constitue un système de représentation propre à ceux qui dirigent, façonnent la société. Ce discours dominant est assuré dans sa médiation par tout un ensemble de dispositifs tels que l'école, les médias, ou la publicité, chargés d'assurer la transmission de ces idées à l'ensemble de la population.
Ce discours qui se masque derrière la structure établie du monde, se confond avec celle-ci, et constitue alors une totalité convergente. Cependant, il écarte de fait toute possible évolution divergente, toute contestation, de cet ordre ainsi établi, puisqu'il place alors le possible, l'abstraction en marge. Hors, l'abstraction est le processus nécessaire à tout changement, tout dépassement historique. Sans cette abstraction, il n'y aurait pas eu de Révolution Scientifique, de Révolution Française, d'évolution de la condition ouvrière.
L'abstraction est ainsi l'étape première dans la lutte contre l'obscurantisme, l'idéologisme. Le discours dominant est ainsi idéologique puisqu'il nie l'abstraction, la reléguant à l'idéalisme, la rêverie, par opposition au concret, à ce qui est. Cette idéologie moderne, nous l'appelons Rationalité Technicienne, instrumentale, ou en finalité : elle prend appui sur la logique propre à la science et la technique, et s'impose aux esprits dans leurs lecture du monde Humain. La puissance de ce discours est son pragmatisme, il s'appuie sur ce qui est, ce qu'il produit pour se justifier, et engendre ainsi un univers totalisant, clos sur lui-même. Il n'y a plus ici de volonté à exercer pour transformer celui-ci, mais simplement à gérer ce qui est.
De plus, ce discours, dans sa négation des idéologies, se nie lui-même comme idéologique. Le réel n'est ainsi pas le conflit entre la réalité objective, et les différentes subjectivités, mais le conflit entre ces subjectivités mêmes, dont il faut rappeler qu'elle sont elles même produit de positions objectives, dans la société.
Le fait qu'une subjectivité s'impose aux autres entraîne de fait une disharmonie entre positions objective et représentation. Il s'agit ici d'une situation d'aliénation, et de domination.
Ainsi le discours dominant, de nature idéologique, s'impose par son apparente objectivité, aux différentes couches du social et de la pensée et annihile par la même le processus intellectuel qui fut la source de son développement, figeant ainsi le présent dans un cycle répétitif indéfini, ou l'histoire ne serait plus, car l'histoire est produit de l'exercice de la volonté humaine.
Il en résulte que la destruction progressive de la pensée critique, dans la logique de rationalisation économique, constitue le parachèvement d'un système total clos sur lui-même, ayant éliminé les derniers résidus d'autonomie intellectuelle, pouvant s'opposer à son bon fonctionnement. Ce qui se joue aujourd'hui dans le sauvetage de la pensée abstraite, c'est l'accessibilité pour tous à son contenu critique, qui constitue le dernier rempart à la domination d'un obscurantisme technico-economique.
Publié par pensée-critique à 17:22:05 dans analyses et essais politiques | Commentaires (0) | Permaliens
La plus grande erreur du Marxisme a été de ne pas percevoir que centrer la révolution sur le développement exclusivement matériel, le progrès technique aboutirait l'avènement d'une Technocratie. En effet, en considération du fait que le progrès technique pose comme exigence de répondre a une certaine logique, un certain comportement, une certaine formation de l'esprit, détermine une certaine manière de penser l'espace et de ressentir l'existence, et en posant le progrès technique comme condition première, si ce n'est unique, de la révolution prolétarienne, le marxisme entraîne le prolétariat, non vers son émancipation mais son aliénation profonde dans le Technicisme. De même et en continuité, le Trotskisme, en cherchant dans l'alphabétisation du prolétariat, non l'éveil d'une pensée critique, mais une appropriation pure et simple des bases élémentaires de la culture technicienne, préparait le prolétariat non à son émancipation mais à sa conversion de classe ouvrière à classe technicienne. Le Trotskisme commet ainsi l'erreur fondamentale de nier la dialectique négative, et par là même bride la capacité de celui-ci à opérer une transformation de la culture. De ce fait, il est évident que bien que le progrès technique constitua une élévation matérielle des conditions d'existence prolétarienne, il n'en constitue pas moins une nouvelle aliénation, à l'univers technicien. Tout est alors pensé suivant la logique propre à la technique, sans interférence d'une dimension métaphysique. Il en découle ainsi la mort de la culture littéraire, poétique, de l'imagination, qui se voit progressivement conditionnée par la technique elle-même, entraînant alors le règne du positivisme. Il n'y a plus ici de place pour l'imaginaire pur, mais au départ, pénétrance de la pensée technicienne dans l'imaginaire, puis probablement destruction de l'imaginaire. Ne pas prendre en compte que la technique réduit l'espace que l'on croyait illimité de la pensée, revient à laisser toute puissance à celle-ci de s'imposer, et conduit l'humanité dans un Etat de réduction d'elle-même, d'aliénation quant à ses origines. Il est bien évident que cette évolution une fois aboutie est irréversible, et continue toujours plus loin dans son processus de destruction de la métaphysique, de conversion de l'humain en simple relais de la Technique. Par conséquent les socialistes marxistes doivent à présent réintroduire une dimension existentielle dans leurs théories s'il ne veulent pas que la technocratie se substitue au communisme.
une autre réflexion, dans le même sens, traduite en terme marxiste, concernerait la relation infra/superstructure (base matérielle, techno économique / droit, Etat, idéologie, culture, religion, voire science et langage) et l'articulation dialectique entre les deux, et la limite de certains discours marxistes, que nous perçevons, dans la tendance à estimer qu'il suffirait de transformer, d'aménager l'infrastructure pour libérer le prolétariat, et faire exploser la superstructure, qui serait alors redéfinie par ce même prolétariat. Nous pensons qu'il y a ici une erreur fondamentale de réflexion, que nous n'attribuerions pas à Marx lui-même, mais à une interprétation maladroite ou rapide de sa pensée.
De plus la base matérielle de la société n'est plus la simple société industrielle éclatée du XIXeme et début XXeme siècle, mais un système d'organisation mondial, le système technicien (cf : Jacques Ellul, le système technicien ), constitué d'interdépendances, produisant sa logique interne, redéfinissant la superstructure suivant ses propres exigences. Ellul parle d'ailleurs de renversement entre superstructure et infrastructure, c'est le système technicien qui devient superstructure, qui est alors déterminé par l'idéologie, les lois, la culture, qu'il a au préalable engendré, diffusé.
La révolution serait alors libération du prolétariat en ce qui concerne la domination bourgeoise, mais soumission de celui-ci aux contraintes du système technicien. Le prolétariat n'exprimerait pas son idéologie propre issue de la négation du monde bourgeois, mais sa soumission nouvelle à l'univers technicien. Avec les conséquences nécessaires qu'implique l'avènement d'un tel type de socialisme, bureaucratisation pour une meilleure administration, et technocratisation, pouvoir de décision dans les mains des techniciens, des experts, et non dans celles du prolétariat auto organisé. Une nouvelle classe dominante émergerait alors, celle des techniciens, qui pose une nouvelle étape de la lutte de classes.
selon Ellul, avec lequel nous nous accordons ici, on ne peut attribuer l'échec de l'URSS à la seule ambition ou folie de Staline, mais bien à cette inconscience de ce qu'est le processus de technicisation, et ses conséquences, sociales, politiques, idéologiques, métaphysiques, et culturelles.
L'erreur du trotskisme est alors d'avoir porté le stalinisme comme seul responsable d'un échec qu'il serait potentiellement apte à répéter, et d'avoir loupé au passage cette analyse.
Il s'en suit qu'il serait aujourd'hui d'une inconscience frappante de ne s'attaquer qu'à l'infrastructure et de penser que le prolétariat sera ensuite émancipé et apte à s'autodéterminer. Pour sortir de la naïveté qui considérerait la technique comme neutre et gratuite, sans exigences, ni contraintes, et éviter de répéter a nouveau les dérives Staliniennes, il semble alors nécessaire de projeter une offensive conjointe contre l'infrastructure : réappropriation collective des moyens de production par le prolétariat, auto organisation, etc.
et la superstructure : critique de l'idéologie bourgeoise, et développement collectif d'une nouvelle métaphysique qui redéfinirait le rapport de l'humain à la technique, de l'inconscience à la conscience du phénomène, condition nécessairement préalable à son émancipation. Or une telle réflexion n'existe quasiment pas aujourd'hui, et n'existera pas sans une prise de conscience réelle de ce qu'est le système technicien, de ce que la Technique implique comme conséquences (nous les connaissons pour l'environnement, mais nous les ignorons en ce qui concerne l'esprit, les pratiques culturelles, les modes de représentation du vivant).
Il y a ainsi deux révolutions à mener de front, de concours : l'une matérielle et sociale, contre la domination bourgeoise, l'autre, métaphysique, contre la domination du système technicien.
Autant la première nous serait acquise dans la pensée, autant la seconde nous échappe encore, et c'est sur l'exploration de cette piste de réflexion que nous désirerions poursuivre...
1 l'erreur des marxistes en général est de considérer la technologie comme neutre, comme une somme de machines. Ils pensent que la technique serait "plastique" et que l'on peut en faire ce que l'on veut, cependant, pour être concue, utilisée, la technologie nécessite une attitude conforme a son égard, ainsi qu'une série d'infrastructures, en matière de conception matérielle, mais aussi d'élaboration idéelle permière et de maitrise d'un certain nombre de connaissances. elle pénètre alors la formation, l'éducation.
2 en pénétrant la sphère de l'éducation, elle y discémine un ensemble de normes d'applications qui deviennet progressivement des normes morales, comportemenatles.
3 son usage quotidien définit également certaines attitudes conformes aux normes de la technologie de part l'intéraction constante que nous avons avec les objets technologiques qui peuplent notre quotidien. cette intéraction avec la machine influe sur notre mental et nos intéractions avec les autres êtres humains.
4 la technologie, plus qu'une simple infrastructure, pénètre l'ancienne superstructure et s'érige en une nouvelle supertructure. la technologie est nihiliste, elle détruit les anciennes valeurs, et recompose un nouveau système de normes et de valeurs conformes à elle même. la rationalité, la logique deviennent se dépouillent progressivement des restes d'éthique qui la composent. seul compte le maximum d'efficacité, d'utilité, de productivité, etc.
5 la technique pénétrant de plus en plus notre quotidient, annonce la mort sur le long terme de l'intéraction interhumaine. il y a dix ans par exemple, le cercle d'amis proches d'un américain moyen étatit de 3 personnes, aujourd'hui, il n'est plus que de 2, et cette tendance est à la baisse.
6 l'usage constant de la machine a des effets psychosomatiques désastreux. besoin de se conformer au rythme de la machine, répétitivité, hyper-régularité engendre des réaction de colère, de stress, de violence.
7 Il est bien évident qu'un retour en arrière demeurera impopulaire, et que les machines et la technologie peuvent constituer une source de vie meilleure, et nous débarasser des charges de travail, cependant, a cause de celà, les marxistes n'ont jamais voulu reconnaitre les effets pervers de la technologie, et l'on toujours sous estimé. il n'est pas certain que dans une société communiste, le développement des machines ne se poursuive dans le sens du développement présent, ce qui provoquerait une existence d'une anorexie mentale déconcertante.
8 la technologie constitue à l'instar de la nature, un nouveau milieu dans lequel se joue le rapport de domination entre l'homme et son monde. par la technologie nous avons cru nous défaire de la domination de la Nature, mais nous n'avons pas saisi que la technologie constitue une transformation de celle-ci, dans laquel ce rapport se trouve de nouveau inversé. l'homme se trouve à nouveau dominé par son milieu.
par conséquent nous vous invitons à réfléchir avec nous afin que le communisme ne se transforme jamais en un univers technicien déshumanisé.
Publié par pensée-critique à 16:11:28 dans réflexions sur la technologie | Commentaires (0) | Permaliens
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