Le concept de « Matérialisme » est en lui-même difficile à appréhender et comporte des sens, des interprétations radicalement différentes en fonction des courants idéologiques qui l’emploient.
Bakounine met ceci en évidence dans « Dieu et l’Etat » en opposant matérialisme capitaliste de droite et matérialisme socialiste de gauche. Le premier opère une séparation entre l’idée et la matière. Dans cette conception directement issue de la pensée judéo-chrétienne, l’idée est détachée de la matière, l’esprit est séparé du corps. L’idée, en tant qu’émanation divine, relève de ce qui est noble, pure, elle est enthousiaste et agréable. La matière est alors considérée comme quelque chose de vile, de froid, d’inanimé et de triste, elle est souffrance et misère. Il y oppose alors la conception matérialiste socialiste athée, selon laquelle la matière est la base de toute chose. Elle est alors considérée comme chaleureuse, dynamique, et innovante, elle devient libératrice.
La tradition marxiste orthodoxe, dans son évolution à la fois théorique et pratique, à hérité d’une conception positiviste et utilitariste du matérialisme, et ainsi d’un rapport froid, déshumanisé à la matière. Le marxisme est ainsi resté imprégné de ses racines judéo-chrétiennes au sens ou l’Homme, l’esprit, est resté dans sa considération étranger à la matière. Par conséquent, toute production de la pensée, toute idéalité était considérée comme expression petite-bourgeoise, bien qu’elle soit en fait inhérente à la matière, émanation de celle-ci, et ainsi, de par son caractère dynamique et créateur, capable de rétroaction sur la transformation objective du monde.
Marcuse reprochait à la conception matérialiste héritée du positivisme d’entraîner une réification de l’existant, une réduction du monde à l’état de chose, ce qui confère au matérialisme une dimension triste et austère. Il préconisait alors une double révolution : sociale et matérielle, et artiste, poétique et esthétique.
Dans la conception marxiste classique, la pensée est subordonnée à la matérialité. Il en résulte que la logique amène à penser qu’il est nécessaire de transformer préalablement la structure objective, l’infrastructure matérielle du monde pour ensuite entraîner une transformation de la pensée, de la superstructure. Mais qu'est ce qui éveille la volonté de transformer la structure objective du monde, sinon les affects qui conditionnent alors la pensée, la subjectivité, les représentations, systèmes mentaux de perception du monde objet, qui entraînent alors l'action ?
Dans ce raisonnement, on ne s’interroge cependant pas sur les déterminants culturels et symboliques, sur l’imaginaire social construit qui peut constituer l’ultime rempart contre le changement, ou bien le vecteur de celui-ci. Or dans ce cadre, qui dénie toute conception idéelle, en tant qu’elle est petite-bourgeoise, s’enferme alors dans le négatif du paradigme établi, et empêche alors le développement d’une « pensée radicale ». Il va sans dire que cette castration de l’imaginaire est relative à des questions de contrôle et de domination des masses, afin de contraindre celles-ci à accomplir leur « mission historique » « définie par le prophète Karl Marx dans la Sacro Sainte Bible du Communisme ».
Pour Marcuse, si le changement, la révolution, prend sa base dans la transformation des structures objectives du monde objet, elle est néanmoins nécessairement portée par une nouvelle subjectivité, libérée des dogmes dominants, qui orientera qualitativement tous les efforts de transformation matériels vers la libération totale des corps : matérielle, intellectuelle, affective, et imaginaire.
Sans cette subjectivité, la révolution aboutira à une société réifiée et austère ou règnera la technique, et ainsi l’auto exploitation, la frustration, et l’emprisonnement de la libido et de la créativité, une société figée sans perspectives de dépassement qualitatif de la vie vers une existence joyeuse.
Par conséquent, il est nécessaire que la théorie critique, notamment le socialisme scientifique, qui porte sur la transformation des bases objectives de la société, s’accompagne d’une « pensée radicale » qui balaiera la réification et révèlera les formes culturelles et symboliques de l’existence révolutionnaire. Une conception vraie du matérialisme est la seule voie possible vers la construction d’un communisme Joyeux et réellement émancipateur.
Sans cela, la révolution sociale entraînera l’échec du projet communiste et l’avènement d’une société technicienne réifiante, froide, frustrante, coercitive, austère et déshumanisée à l’image des différentes tentatives de communisme, que ce soit en URSS ou ailleurs, qui se sont soldées historiquement par des échecs.
Publié par pensée-critique à 12:35:10 dans analyses et essais politiques | Commentaires (0) | Permaliens
1 l'erreur des marxistes en général est de considérer la technologie comme neutre, comme une somme de machines. Ils pensent que la technique serait "plastique" et que l'on peut en faire ce que l'on veut, cependant, pour être conçue, utilisée, la technologie nécessite une attitude conforme a son égard, ainsi qu'une série d'infrastructures: en matière de conception matérielle, mais aussi d'élaboration idéelle première et de maîtrise d'un certain nombre de connaissances. elle pénètre alors la formation, l'éducation.
2 en pénétrant la sphère de l'éducation, elle y dissémine un ensemble de normes d'applications qui deviennent progressivement des normes morales, comportementales et sociales.
3 son usage quotidien définit également certaines attitudes conformes aux normes de la technologie de part l'interaction constante que nous avons avec les objets technologiques qui peuplent notre quotidien. cette interaction avec la machine influe sur notre mental et nos interactions avec les autres êtres humains.
4 la technologie, plus qu'une simple infrastructure,pénètre l'ancienne superstructure et s'érige en une nouvelle supertructure. la technologie est nihiliste, elle détruit les anciennes valeurs, et recompose un nouveau système de normes et de valeurs conformes à elle même. la rationalité, la logique se dépouillent progressivement des restes d'éthique qui la composent. seul compte le maximum d'efficacité, d'utilité, de productivité, etc.
5 la technique pénétrant de plus en plus notre quotidien, annonce la mort sur le long terme de l'interaction inter humaine. il y a dix ans par exemple, le cercle d'amis proches d'un américain moyen était de 3 personnes, aujourd'hui, il n'est plus que de 2, et cette tendance est à la baisse.
6 l'usage constant de la machine a des effets psychosomatiques désastreux. besoin de se conformer au rythme de la machine, répétitivité, hyper-régularité engendre des réaction de colère, de stress, de violence.
7 Il est bien évident qu'un retour en arrière demeurera impopulaire, et que les machines et la technologie peuvent constituer une source de vie meilleure, et nous débarrasser des charges de travail, cependant, à cause de cela, les marxistes n'ont jamais voulu reconnaitre les effets pervers de la technologie, et l'on toujours sous estimé. il n'est pas certain que dans une société communiste, le développement des machines ne se poursuive dans le sens du développement présent, ce qui provoquerait une existence d'une anorexie mentale déconcertante.
8 la technologie constitue à l'instar de la nature, un nouveau milieu dans lequel se joue le rapport de domination entre l'homme et son monde. par la technologie nous avons cru nous défaire de la domination de la Nature, mais nous n'avons pas saisi que la technologie constitue malgré la transformation de la matière une extension de celle-ci, dans laquelle ce rapport se trouve de nouveau inversé. l'homme se trouve à nouveau dominé par son milieu.
La technique en tant qu'idéologie et culture dominante:
la technique demande pour être employée une certaine rigeur, une recherche du maximum d'efficacité, un certain pragmatisme, et appèle donc a conditionner des sujets sérieux, réalistes, rigoureux, etc. ce qui ne pose pas de problème en soi, si ce n'est la nécessité de conditionner l'ensemble des sujets usant de la technique à ces normes comportementales, donc premier risque d'uniformisation humaine. La technologie reussirait-t-elle alors à réaliser ce vieux mythe Démocratique Républicain d'un peuple unifié, d'une totalité fondue dans l'un, qu'elle à elle même contribué à détruire lorsque la science, en détruisant l'hégémonie de la morale et de la religion, commença a s'imposer. ce que l'idéalisme n'a pu faire, le matérialisme en serait-il alors plus a même. Cependant, quel bonheur tire t on d'une réalité purement positive, d'un matérialisme désanchanté ?
la technologie ne constituerai pas un risque d'aliénation si elle n'était pas omniprésente dans l'existence. cependant, elle l'est, et ce, de plus en plus. ce qui laisse alors présager que les sujets sont de plus en plus en intéraction quasi constante avec des machines, en situation de dépendance parfois, cette constance ouvrant la possibilité à l'idéologie technicienne de s'imposer et ce de manière beaucoup plus radicale. c'est un peu comme si vous mettiez un tonneau de vin devant un alcoolique.
Nous le savons, l'usage constant de technologies peut être un danger pour la santé physique et mentale (déconnexion avec le réel, enfermement dans un univers virtuel, troubles affectifs, affaiblissement du lien social, névroses, psychose, stress, troubles du sommeil, cancers).
nous avons parlé de matérialisme désanchanté, cependant, dans le système capitaliste s'est produit une forme d'enchantement prenant pour support la technique : c'est le Spectacle, en tant que série d'image s'insérant entre le sujet et son monde, cette diffraction entrainant un nouveau rapport au monde aliéné par des images qui constitue le nouvel obscurantisme capitaliste.
le spectacle est la nouvelle morale du capitalisme, comme le fut la religion autrefois, il est le supplément d'âme nécessaire au capitalisme technicien, et constitue un mode de contrôle et de domination des êtres supplémentaire. Détruire le spectacle ne veut pas dire détruire toute perçeption imagée du réel, tout enchantement, mais simplement réintroduire dans la culture, dans les pratiques, une dimension chaleureuse, idéale de l'existance, des émotions, déconnectée de la technique, et voire même en opposition à celle-ci.
Publié par pensée-critique à 11:37:38 dans réflexions sur la technologie | Commentaires (0) | Permaliens
1 Aujourd'hui, c'est toute l'éducation qui est menacée, de la maternelle à l'Université. L'argumentaire s'oriente vers les problèmes de budgets, les suppressions de postes, et les formations au rabais, et l'accroissement de la charge de travail. Cependant, ce prétendu déficit économique relève du mensonge politicien quand on voit tout l'argent trouvé pour pallier la crise, aider les entreprises, quand on constate l'augmentation des budgets pour la police, l'armement, la surveillance, quand on constate encore la multiplication des centrales nucléaires. Il n'est pas ici question de déficit mais bien plus de priorités étatiques, déterminée par la vision du monde du groupe dominant. Le néo-libéralisme à tenté de faire croire à la fin des idéologies, mais cela est faux. En réalité, les neo-libéraux ont bien plus imposé la leur sur les bases d'une structure qu'ils avaient préalablement contribué à établir, et nous ont fait croire que cela constituait une réalité, une vérité universelle, rejetant ainsi toute alternative a ce modèle dans le champ de l'impossible, de l'idéal. Il ne s'agit pas ici d'un complot mais simplement d'un conflit en ce qui concerne des vision du monde relatives a des postures sociales qui s'opposent, dont les intérêts divergent
2 Ce qui se qui se prépare relève ainsi d'un projet bien plus ambitieux qu'une simple adaptation de l'université à l'économie: Le gouvernement Sarkozy prévoit pour la maternelle, un renforcement de la (/sa) morale, et un contrôle social accru des élèves et des enseignants, notamment avec l'installation de bornes biométriques dans les établissements, les fichiers Base élève, Base enseignants, base école, et la création d'une officine privée chargée de surveiller les positions politiques des enseignants, de repérer les leaders de mouvement. Ceci montre clairement la volonté du Gouvernement Sarkozy de préparer sur le long terme une population docile et soumise à son idéologie, et ce dès la petite enfance.
3 Les réformes des lycées et des Universités répondent également a cette double logique marchande et de contrôle. Par exemple, le remplacement de la filière « sciences économiques et sociales », qui constituait tout de même une filière d'éveil à une pensée critique, sera remplacée par une filière intitulée « science et gestion de l'entreprise ». Les parcours seront de plus en plus individualisés, et les élèves de plus en plus en compétition les uns avec les autres.
Il faut alors nous rappeler les travaux de Michel Foucault et Gilles Deleuze sur les sociétés de contrôle. Il expliquent dans Surveiller et Punir et postscriptum sur les sociétés de contrôle que l'Entreprise, l'Ecole, et la Prison se sont construites et calquées sur le même modèle: isoler les éléments, les mettre en concurrence et en synergie et mettre en place des dispositifs afin qu'ils se sentent surveillés en permanence. Ainsi se sont construites les sociétés disciplinaires du XIXème siècle, et ainsi semble se construire la société du XXIeme siècle sous l'ère Sarkozy. Il n'est alors pas anodin que le gouvernement veuille la peau des filières universitaires de Philosophie, et cherche a transformer les sciences sociales en science de gestion et de management, car c'est dans ces disciplines que cette pensée critique y est encore enseignée. Il n'est en effet pas bon pour un pouvoir de donner des armes à ses ennemis. Les politiques libérales en matière d'enseignement cherchent à évider le savoir toute dimension critique, politique afin que celui-ci ne soit plus réduit qu'a un ensemble de protocoles opératoires directement applicables. Savoir c'est pouvoir, ignorer c'est être soumis à la domination de ceux qui savent.
4 En ce qui concerne les Universités, Il est question de suppression de bourses, et de l'allongement l'année universitaire. Ceci veut ainsi dire que les étudiants sans capital économique devront travailler en dehors des cours pour financer leurs études, ce qui ne constitue pas réellement un contexte propice à la réussite. De plus, si la durée de l'année universitaire est prolongée, le problème s'aggravera, puisque les quatre mois de vacances sont généralement utilisés par les étudiants pour travailler et financer leur année à venir. Ce qui signifie qu'à terme, on ne pourra faire d'études que si l'on appartient à une classe sociale élevée. Les enseignants futurs seraient issus des classes dominantes de la société, et diffuseraient leur vision du monde, de l'ordre social aux classes dominées, ce qui assurerait alors la soumission idéologique de celles-ci. De plus, cette situation constituait une régression sociale phénoménale en matière de démocratisation de l'enseignement. Le discours sur l'égalité des chances est ainsi biaisé, puisqu'il faudrait être bien né pour bien réussir, c'est a dire disposer à la naissance des capitaux culturels, relationnels et financiers pour atteindre les hautes position sociales, les classes dominées ne pouvant espérer au meilleur de leur sort que des places de chefaillons, de laquets du groupe dominant, ou encore de simples fonction d'exécutants subalternes. Il faut ainsi sortir du discours Républicain sur l'égalité des chances, car en vérité il n'y en a pas. Nos milieux sociaux d'origine conditionnent notre réussite future. Ce discours sert tout au plus de justification, de légitimation de la posture dominante d'une élite sociale et rien d'autre. Il sert à rendre responsable le « mal né » de son échec, de sa position dominée et souvent miséreuse dans la société. Il engendre une sorte de syndrome de Stockholm, ou la victime adopte le discours de son bourreau, et préfère alors s'en prendre à elle même qu'a son oppresseur.
5 Mais les universités ne sont pas les seules à faire les frais du gouvernement Sarkozy. Le publique et le privé se sont déjà mis en grève. Les ouvriers de Renault, par exemple sont depuis quelques mois au chômage technique, et ne sont pas certains de conserver leur emploi.
Les jeunes de Tarnac ont fait les frais de la paranoïa du pouvoir en place, qui les a incarcérés sous loi antiterroriste, qui leur a collé une identité de terroriste d'ultra gauche, et crée une image médiatique monstrueuse et complètement déformée, avant de les relâcher progressivement, bien que l'un d'entre eux soit toujours inculpé, sans preuves de quoi que ce soit.
6 La stratégie du gouvernement est de diviser pour régner, c'est à dire d'attaquer chaque secteur en particulier en espérant en faire céder un maximum, notamment en jouant sur l'individualisme, le corporatisme, les intérêts particuliers de chacun, pour monter les secteurs en lutte les uns contre les autres. Pour cela il argumentera que qu'il ne peut satisfaire tout le monde, car il n'en a pas les moyens, et qu'il faut faire des choix.
7 Ainsi, seules les forces sociales qui pourront lui opposer une résistance conséquente pourront le faire céder. Quant aux autres, elles seront soumises a leur sort.
8 En tant qu'universitaires, nous n'avons que peu de poids sur les éléments déterminants du système, c'est à dire l'économie, la production et la diffusion. Par conséquent nous ne pourront faire reculer le gouvernement sans entrer en lien avec d'autres secteurs en crise, qui de par leur position dans la structure économique, seront plus a même de le faire plier.
9 Nous ne nous opposons pas qu'a de simples réformes, mais à un véritable projet de société, à la mise en place d'un ordre social dans lequel nous vivons, mais dans lequel vivent aussi nos parents, nos amis, menacés ou touchés par le chômage et la précarité, et dans lequel vivront nos enfants (pour ceux qui en auront), et ce sont eux, bien plus que nous qui feront les frais de cet ordre social, de la précarité, d'un contrôle social accru, et des désastres climatiques.
Nous devons ainsi nous abstraire de nos postures individualistes, et réfléchir et agir de manière globale.
Face à une offensive aussi globale que celle qui se met en œuvre aujourd'hui, nous ne pourrons répondre efficacement que par une réponse tout aussi globale!
A bas le Gouvernement Sarkozy
Publié par pensée-critique à 11:09:35 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
hier s'est déroulé une des plus grosses manifestation depuis le mouvement anti-CPE de 2006, certains disent même depuis 1995. Il est assez évident que ce mouvement
constitue une réaction massive à la crise financière, et surtout aux attaques sociales successives du gouvernement Sarkozy, cependant, on ne voit pas bien aujourd'hui à quoi ce mouvement pourrait aboutir. Ou du moins, on peut le craindre, il n'est pas exclu que le gouvernement recule sur ses réformes, ou bien ne cède que face aux quelques forces motrices de ce mouvement pour orchestrer sa division. Face à celà doit s'orchestrer dès a présent une convergence des luttes, une unification de celles-ci.
ce mouvement n'aura de victoire s'il ne balaye pas un gouvernement qui aujourd'hui expérimente une nouvelle fois sa force, après deux ans d'exercice. Il en a déja fait l'expérience l'an dernier avec le mouvement étudiant anti-LRU, qui pourrait être une répétition de ce qui se passe aujourd'hui si nous ne tirons pas dès à présent les conclusions de cet échec. Ce mouvement n'aura de victoire réelle sans la démission du gouvernement Sarkozy.
On a vu hier, l'opportunisme d'un PS absent des débats depuis le début du reigne Sarkozien, qui se met au devant de la scène, et tente de revenir de manière messianique, pour diriger un mouvement qui jusque là, lui échappait totalement. Il ne faut cependant pas se leurrer, si le PS n'a pas bougé jusque là, c'est qu'il est en majorité en accord avec la politique sarkozienne, mais désire simplement exercer le pouvoir a sa place. Jamais de changement acceptable n'adviendra dans un tel consensus mou.
l'état de l'environnement, la crise financière, le taux de dépression de plus en plus massif, la souffrance du/au travail, la dégradation de l'éducation et l'accroissement du contrôle social et policier nous montrent assez clairement quel est le bilan du capitalisme, qu'il soit social, libéral ou conservateur. Il n'y a pas d'issue dans le présent sans sortie du capitalisme.
De plus, les récents événement en Grèce, les licenciments massifs conséquentiels aux répercutions de la crise économique en Chine, etc... laissent présager la possibilité d'une lutte sociale bien plus globale que le seul cadre National.
dans ce contexte, les PS servent de tampons, il font office de Police douce et sociale dont le but est finalement le maintient de l'ordre capitaliste. Ne nous laissons par conséquent pas berner par cet éveil soudian. les politiques socio-économiques du PS inspirées du Keynesianisme et des New Deals, se basent d'une part sur la croissance, l'extension des marchés, qui eux mêmes entrainent d'une part une charge de travail toujours maintenue, accrue, et d'autre part l'évidement des reçources naturelles, et l'accroissement de la dégradation environnementale, c'est a dire une dégradation constante des condition d'existence. de plus la croissance n'est pas une donnée économique fiable pour construire un modèle sociétal. niveler la société par le bas n'est qu'un leurre d'économiste pour légitimer une position opulente des classes dominantes. en effet, les 30 glorieuses et les 30 ans qui suivent nous démontrent que celles-ci sont toujours à l'abrit en période de récession, et seul le "bas peuple trinque". par conséquent il n'est plus possible d'espérer un changement social soutenable sans une redéfinition radicale des modèles économiques.
que l'on soit marxiste ou non, ce qui se passe aujourd'hui est bel et bien l'illustration de ce qu'on appèle une lutte de classes et face à l'énorme enjeu (social économique culturel et environnemental) qui se pose face a nous, il n'y a plus a s'encomber de compromis: il faut en finir avec le Capitalisme!
Publié par pensée-critique à 11:26:26 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
"Nous devons lutter pour la diminution maximale du travail salarié, source d'aliénation, de souffrances physiques (surtout dans les pays du tiers monde) s'accompagnant bien souvent de souffrances psychiques dans les sociétés post industrielles (taux de stress élevé, lié a un rythme de travail et de vie trop intense). Le travail salarié, de plus, est une source d'exploitation indéniable pour le travailleur, dont le patron extorque une part toujours conséquente de plus value. Il le fait travailler bien plus qu'il ne le paie. En se réappropriant cette plu value, il serait possible soit d'augmenter les salaires, soit de diminuer le temps de travail par travailleur en augmentant l'emploi de ceux qui sont inoccupés, qui ne trouvent pas de travail, tout en maintenant le même niveau de salaires, et ainsi rompre la concurrence que génère le système capitaliste entre les travailleurs mêmes. C'est cette seconde option qui nous parait le mieux convenir à la construction d'une existence émancipée.
L'émancipation collective présuppose une participation active de chacun à la politique, la démocratie, l'autogestion, mais aussi une "libération des cerveaux", une possibilité de "réalisation de soi". Le mensonge pluriséculaire selon lequel le travail serait réalisateur n'a désormais plus cours. Nous n'y croyons pas. Qu'il s'agisse de se faire exploiter par le patronat ou bien autogérer le même système sans ce dernier revient au même, à la différence que dans le second cas, nous nous auto-exploiterions. La réalisation de soi nécessite du temps libre, chose que nombreux d'entre nous n'ont pas (factures, courses, rendez vous à la banque, s'occuper des enfants, d'ailleurs toujours moins qu'on ne le désirerait, etc.). Les trois 8 (travail, repos, liberté) tant glorifiés par Trotski en son temps ne tiennent plus aujourd'hui, nous en éprouvons les limites. La réduction du travail pourrait ainsi permettre aux ouvriers de sortir de leur déterminisme social de par l'accès qui leur serait alors véritablement donné à la culture.
De plus, l'explosion du secteur tertiaire depuis les années 50 à entrainé la genèse d'un certain nombre de professions socialement inutiles, (dont nous ne feront pas une liste exhaustive ici), mais dont l'inexistence n'empêchait pas le social de fonctionner pour autant. A ce qui aurait pu être de par l'automatisation, la possibilité d'une émancipation collective, le capitalisme à répondu par la création de besoins artificiels, donc faux, qui sont la condition du maintient de notre précarité existentielle.
La société marchande, dont la futilité n'est plus à prouver, nous ensevelit de ses gadgets dont l'enrichissement humain est proche du néant, ou si vous préférez est inversement proportionnel à l'enrichissement de la Bourgeoisie. De plus cette hyperproduction de marchandises n'a de cesse d'entrainer le pillage des ressources planétaires et l'augmentation croissante de l'émission de gaz à effet de serre, etc. La surproduction est ainsi source d'épuisement humain, d'abrutissement et de régression intellectuelle, de désastre écologique.
Nous devons par conséquent déconstruire le discours idéologique sur la question du travail, de la croissance, de l'extension des marchés, que ce soit en terme d' "opulence généralisée" (critique donc d'Adam Smith et de Keynes), qui donne toujours la part belle à la classe dominante, ou en terme de morale: nous devons revendiquer le "droit à la paresse", cher à Lafargue, qui d'ailleurs n'est pas tant un droit à la paresse qu'a l'existence. Ensuite nous devrons aider les travailleurs à déconstruire empiriquement la structure sociale organisée autour du travail afin de détruire d'une part la division entre commandant et exécutant, d'autre part l'ensemble socio professionnel superflu tel que le patronat, la police et autres agences de sécurité, les infrastructures en amont, fournissant armes, et dispositifs de surveillance, les activités petites bourgeoises du tertiaire tels que vendeur, commercial, etc.
La réduction maximale du travail doit constituer un des axes principaux de notre lutte pour l'émancipation!"
Publié par pensée-critique à 01:02:59 dans réflexion critique sur le travail | Commentaires (0) | Permaliens
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