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Collectif Pensée-Critique

Sur la question de l’environnement, et ses conséquences politiques, économiques, techniques, sociales et psychologiques | 10 décembre 2009

« Le paradoxe présent de l’écologie, c’est que sous prétexte de sauver la terre, elle ne sauve que le fondement de ce qui en à fait cet astre désolé »

 

L’insurrection qui vient, Comité Invisible

(sixième cercle « l’environnement est un défi industriel »)

 

            La question fondamentale de l’écologie n’a jamais été, dans le fond, la sauvegarde de la Terre, de la Nature, de la Vie en tant que telle. La planète possède la capacité de se régénérer, de s’autoréguler, de produire de la vie. Elle n’a pas besoin de l’humanité ni des autres espèces pour exister. Si la question de l’écologie se pose aujourd’hui, ce n’est que dans la mesure ou le développement des activités humaines tend vers l’anéantissement d’un certain nombre d’espèces. Cependant, en dehors d’une poignée d’écologistes radicaux affectés par le sort animal et végétal[1], l’écologie politique ne se soucie de la sauvegarde des autres espèces que dans la mesure où leur existence constitue la condition de survie de l’espèce humaine. Ce qu’il s’agit alors, c’est de sauver une catégorie abstraite qu’est l’Humanité. Abstraite parce que dans ce cadre réflexif, l’Humanité est considérée comme une catégorie homogène, indifférenciée. Cette réduction de l’Humain à sa simple dimension mécanique et fonctionnelle est la pirouette héritée de la pensée occidentale, du christianisme au scientisme, qui permet d’isoler les corps et d’envisager la transposition de l’être dans n’importe quelles conditions d’existences, sans lui faire subir de dégât. La théorie de l’évolution darwinienne est une catastrophe envisagée sur le plan humain, dans la mesure ou elle fait de l’homme une entité passive, qui évolue dans un milieu sans jamais chercher à interférer sur son monde. A la vérité, toute évolution des conditions d’existence d’un groupe d’hommes est une destruction sa forme de vie antérieure, une décomposition de certains de ses rapports. Il est néanmoins nécessaire de distinguer évolution de type désirante et évolution imposée, notamment en ce qui concerne le plan politique. L’évolution désirante se pose sur le plan éthique, elle est la détermination d’un groupe à se diriger vers des formes de vie plus en phase avec ses besoins. L’évolution imposée se constitue soit sur le plan matériel, dans le rapport avec la matière, ses nécessitées, ses potentialités, soit sur le plan de la domination politique, et dans ce cas sur le plan moral, c'est-à-dire sur le plan du traitement des corps abstrait des conditions économiques, sociales, culturelles, psychologiques. Ce que prétend aujourd’hui l’écologie politique, c’est un traitement des populations qui implique la possibilité de les abstraire de leur dimension éthique afin de surimposer une nouvelle moralité, au nom de prétendues nécessités matérielles[2].  

I Productivisme et Environnement

 

            Les problèmes fondamentaux de la question écologique sont : le changement climatique, la pollution de l’eau, de l’air, des sols, ainsi que la diminution des ressources énergétiques. Les conséquences de ces problèmes sont la manière dont ils affectent les corps, entraînent leur décomposition. Bien évidemment, pour l’écologie politique, la question est en réalité inversée. Fondamentalement c’est cette décomposition des corps qui est la véritable source des problématiques environnementales, et donc la source de son existence. Tous ces problèmes ont en commun qu’ils prennent leur source dans l’activité industrielle de production intensive, modèle développé et diffusé par les sociétés Nord Occidentales. La question de l’environnement est indissociables des autres problèmes liés à la société industrielle, et se situe au cœur de la problématique du capitalisme, et de manière plus globale du productivisme.

            Il n’est à notre avis pas nécessaire de faire un exposé approfondi sur le rapport du capitalisme à l’environnement, tant les recherches abondent à ce sujet. Nous tenons simplement à rappeler que la dynamique fondamentale du capitalisme, l’accroissement constant du taux de profit, impose la production et la consommation de masse, et par conséquent la consommation immodérée (le pillage, le gaspillage, la destruction) des ressources naturelles[3]. Cette dynamique de « destruction créatrice », dont on doit la parenté terminologique à ce cher Schumpeter, ne peut conserver sa dimension productive que dans la mesure où la nature peut encore se régénérer. Dans l’éthique capitaliste, cela signifie que cette dynamique ne reste productive que dans la mesure ou il est encore possible de puiser les ressources nécessaires pour pérenniser la création de la valeur, de la marchandise. La question environnementale suppose une autre éthique que celle qui est à la base du capitalisme. Elle en appelle selon nous à un besoin urgent de communisme.

            On pourrait nous rétorquer que le communisme est également un système qui tend vers la consommation immodérée des ressources, pollue à outrance, et contribue au réchauffement climatique. Cependant, l’exemple historique du Socialisme Russe[4] ne permet pas selon nous de statuer sur ce propos, et ce pour la raison que la situation de coexistence pacifique, de course au progrès, de concurrence Est/Ouest, ressemble davantage à une situation de type capitaliste que communiste. Pour notre part, nos estimons que si le capitalisme, du fait de sa dynamique fondamentale ne peut être que productiviste, a contrario, la question du communisme est ambivalente[5]. Le communisme envisagé exclusivement au niveau socioéconomique peut tendre vers le productiviste, tandis que considéré dans une configuration sociale et environnementale, il est possible d’envisager une limitation de la production matérielle à la stricte nécessité, et ce dans une configuration plus égalitaire.

            Ainsi, si le capitalisme est indissociable du productivisme, il n’en va pas de même pour le communisme. Le communisme véritable implique en effet, dans la théorie Marxienne, une capacité des sociétés humaines à prendre en compte les limites de leur milieu, afin de se développer dans une configuration de préservation mutuelle. Cependant, la possibilité de réalisation du communisme, au sens ou Marx l’entendait, ne se limite pas à l’égalité socio-économique et la préservation environnementale. Il implique l’autonomie des hommes ainsi que la sortie du travail aliéné, la diminution du « règne de la nécessité ». Or le développement d’un gigantesque complexe technoscientifique que suppose aujourd’hui l’impératif environnemental risque fort de renforcer la nécessité du travail aliéné et de rendre impossible toute autonomie humaine.

 

II Progrès Technique et Environnement

 

Reconnaissance du risque et impératif technoscientifique :

 

            Le problème actuel de la politique gestionnaire, de l’anarchisme[6] au fascisme, consiste en un consensus admis autour de la reconnaissance d’un risque systémique, dont l’unique réponse constitue un appel à l’accroissement du complexe technoscientifique[7]. Seul un nouveau progrès technique peut nous sauver de la catastrophe provoquée par le progrès technique. Le paradoxe se pose alors en vue du fait que le risque technoscientifique protège et rend nécessaire la dynamique du progrès, et sous tend ainsi la nécessité d’une organisation économique, sociale et culturelle qui puisse l’accueillir. L’impératif du progrès présuppose donc l’absolutisation de la science et de la technologie ainsi qu’une organisation totalitaire de la société, une subordination des besoins humains aux nécessités du complexe technoscientifique.

 

Vers l’établissement d’une nouvelle Technocratie

 

            S’ils n’ont pas de hauts revenus et ne possèdent pas de moyens de production, les scientifiques et les techniciens prennent une importance sociale de plus en plus déterminante dans le cadre de la problématique environnementale. Qu’ils travaillent pour le compte des industriels, de l’Etat, du parti, d’associations militantes, ou à leur compte, les techniciens et scientifiques deviennent de plus en plus incontournables. Si l’idéologie ne disparaît pas pour autant, comme on a pu le croire il y a quelques décennies, sa base discursive s’est profondément modifiée. Le discours idéologique se justifie et s’énonce aujourd’hui sur le plan technoscientifique et tout discours qui ne comprend pas cette dimension est immédiatement invalidé. Le degré de technoscientificité est ainsi devenu l’échelon de la valeur de tout discours politique. Scientifiques et techniciens jouissent ainsi d’une reconnaissance symbolique indéniable dans la société (qui peut s’accompagner de gratifications matérielles conséquentes). Ils deviennent un modèle social, culturel et idéologique désirable. Ils sont vecteurs de leurs propres systèmes de normes et valeurs qui sont celles de la science et de la technique, de l’organisation du complexe technoscientifique.[8]

 

L’absolutisme technoscientifique et l’impossibilité de la démocratie

 

            L’exercice du politique se constitue de plus en plus sur une base experte. L’information, le savoir, l’expertise y prennent une place de plus en plus importante. La démocratie ne peut plus exister qu’a l’état formel : il s’exerce toute une propagande en amont de la délibération pour la faire infléchir dans le sens que requiert la technoscience. La démocratie n’a définitivement plus pour fonction que de garantir auprès de la population une illusion de liberté qui masque cette domination experte. La démocratie véritable dans le cadre d’une société technoscientifique supposerait d’une part une scientifisation du politique, comme il a été précédemment expliqué, et d’autre part une modification radicale de la pensée du citoyen. En effet, en fonction de la technicisation et de la scientifisation du discours politique, la réflexion citoyenne et militante doit pouvoir s’appuyer sur un savoir technoscientifique approfondi pour être reconnue comme valide. Ceci implique que pour saisir les enjeux du débat politique et délibérer en connaissance de cause, le citoyen doit nécessairement avoir suivi une formation scientifique approfondie, sans quoi cette délibération est arbitraire et sans valeur au regard des nécessités du système. Ainsi, traiter les problèmes environnementaux de manière démocratique, implique la nécessité de modifier la pensée collective, la culture, en fonction des impératifs technoscientifiques, par conséquent de conformer la pensée, l’imaginaire, les affections de chaque citoyen à l’univers technoscientifique. D’une part, ce projet de démocratie prend des airs de totalitarisme, d’autre part, il est irréalisable. En effet, se tenir informé du développement et des avancées des recherches demande beaucoup de temps, ce qui entraîne une colonisation du temps libre par la technoscience, de plus, la délibération démocratique, qui implique une connaissance du monde assez large, est incompatible avec un système fortement spécialisé et fragmenté[9]. Ce qui signifie que soit nous nous soumettons à la domination effective des experts, soit à une domination symbolique qui entraîne l’ensemble de la société dans un univers clos se réduisant au monde technoscientifique, et conduit à l’avènement d’un nouveau sujet :  « l’homo technologicus »[10].

 

La reconnaissance de risques systémiques est un appel à l’inflation illimitée du contrôle et de la répression

 

            Le concept de risque en sciences est par définition une méthode d’évaluation scientifique qui a pour objet définir les probabilités d’une catastrophe. Cette méthode contient de ce fait une finalité qui est la gestion, le contrôle, la maîtrise, et l’élimination des risques. Dans le contexte des sociétés industrielles avancées, le risque n’est plus un élément exogène à la société, mais il prend sa source dans la société même[11]. Par conséquent, la gestion des risques environnementaux implique à la fois un contrôle des systèmes productifs, mais également, un contrôle disciplinaire des corps[12], c’est à dire à la fois une surveillance systémique des comportements, un conditionnement psychosocial, et le déploiement d’un ensemble de dispositifs techniques, juridiques et policiers de répression. Hans Jonas proposait quant à lui d’établir une nouvelle éthique, basée sur le « principe de responsabilité », et qui pourrait se fonder sur une « heuristique de la peur » afin de soumettre le sujet à l’impératif environnemental[13]. Si l’on récapitule, usage de la science à des fins disciplinaires, contrôle des corps, surveillance généralisée, perfectionnement de la police, moralisation et instrumentalisation de la peur constituent les outils indispensables à l’émergence d’un nouveau fascisme.

 

Gestion technoscientifique de l’environnement et impératif de rendement

 

            Ce qui se dessine, à droite comme à gauche, dans les perspectives de gestion technoscientifique de la question environnementale, n’est rien d’autre que le maintient d’une tendance spécifique inhérente à la civilisation Occidentale : le principe de rendement[14]. La logique productiviste se transfère de la production illimitée de marchandises à la production illimitée de savoirs scientifiques, de recherches, de technologies, de contrôles, de règlementations juridiques et administratives. Qu’il y ait décroissance ou non du système de production de marchandises, n’empêche alors pas l’accroissement exigé de complexes technoscientifiques. S’il y a décroissance du système productif, alors l’effort social sera concentré sur le développement plus rapide de ce complexe, tandis que si le système persiste et tente de développer de la marchandise verte[15], ce développement sera ralenti, mais il n’en demeurera pas moins que la quantité de travail exigée restera identique. Ce qui veut dire qu’à la répression capitaliste présente, la nécessité de « gagner sa vie », se surajoute une autre répression[16] : la nécessité de restreindre ses déplacements, sa consommation en eau, en énergies, en marchandises. Or la fuite dans la consommation de spectacles marchands constitue la seule source de plaisir tolérée par le capitalisme, la seule compensation concédée à une existence consacrée au labeur et la l’administration de son existence. Ainsi, la répression environnementale pourrait très bien retirer le peu de joie compensatrice possible à l’intérieur du capitalisme et donner lieu à une situation potentiellement explosive. Il est par conséquent possible d’envisager que soit l’insatisfaction du désir érotique provoque une exaltation de la pulsion de mort, et par conséquent une situation de guerre totale qui entraîne la civilisation vers son anéantissement, ou bien dans une ère de répression totale, d’affaiblissement de la volonté des sujets, de dictature fascisme, ou alors que le désir érotique redevienne une puissance de subversion, générant un élan révolutionnaire qui puisse faire exploser l’ordre établit. 

 

 

 

Conclusion

 

Nous avons soulevé dans cette analyse que les problèmes environnementaux étaient liés à la logique productiviste, c’est-à-dire croissance illimitée de la production par la voie de l’industrialisation, à l’idéologie occidentale du progrès technologique. Si le capitalisme implique nécessairement une forme de productivisme, le socialisme, historiquement, ne doit cette logique qu’a l’état de retard en terme d’industrialisation qu’avait la Russie du début du XXeme siècle, la foie aveugle dans le progrès technique caractéristique des cultures occidentales de ce début de siècle, et la situation de concurrence qui l’opposait aux société capitalistes. Cette logique, qui est une aberration du point de la théorie marxienne, permet donc d’envisager la possibilité de réalisation d’une société communiste qui ne soit pas productiviste et tienne compte des nécessités environnementales. Cependant, bien qu’ayant élaboré une réflexion sur le machinisme, Marx ne pouvait prévoir la nouvelle aliénation que suppose le déploiement sans limite d’un système technoscientifique, ainsi que l’impossibilité d’une démocratie et d’une autonomie dans la décision que suppose ce modèle, c'est-à-dire au final, l’impossibilité de l’autogestion dans ce cadre systémique, à moins que l’ensemble des membres de la société ne se résolve à ne consacrer son existence qu’à la technoscience. Là où il était possible d’entrevoir l’émancipation humaine vis-à-vis du « règne de la nécessité » se glisse progressivement, à chaque défaillance du système, un appel à l’accroissement du complexe technoscientifique, qui nous éloigne petit à petit de cette émancipation, et tend à nous maintenir dans un état d’asservissement. Pire encore, ce que présuppose la future gouvernance environnementale, qu’elle soit capitaliste ou socialiste, à travers la problématique du risque ainsi que le principe de responsabilité, à savoir renforcement du contrôle systémique, de la discipline des corps, instrumentalisation de la peur et de la contrainte, n’est ni plus ni moins que le retour de l’autoritarisme et l’entrée de la civilisation dans une nouvelle ère, celle de l’écolofascisme.

Ainsi, l’abandon tout espoir vis-à-vis d’un système qui n’en comporte pas, ne fait que nous libérer de son emprise, et nous permet ainsi d’entrevoir une autre porte de sortie. Du fait de notre situation de précarité, nous considérons que n’avons pas besoin d’une abondance de marchandise pour vivre. Nous estimons qu’il n’y a pas non plus besoin d’un accroissement du complexe technoscientifique qui aurait pour but de trouver comment maintenir le même niveau de production, mais version verte. Ce dont nous avons besoins aujourd’hui, au-delà des nécessités matérielles minimales, c’est de se réapproprier du temps, non exclusivement du temps consacré à l’oisiveté, mais du temps consacré à la politique, à l’amour, à l’amitié, au jeu, à l’art, à la compréhension du monde. Si ce projet semble de prime abord Utopique, nous soutenons que les projets pragmatiques proposés par les différents aspirants à la gouvernance ne constituent que le prolongement de la misère existentielle caractéristique de l’existence capitaliste. Notre projet n’est pas gestionnaire et technocratique,  nous ne prétendons pas participer à la l’accompagnement de ce système en pleine nécrose. Ainsi, seul un soulèvement révolutionnaire peut rendre possible une existence qui serait débarrassée du surtravail, de la sur-répression, et qui laisserait libre cours à la joie et au développement autonome de la personnalité et des potentialités de chacun.

 

Collectif-Pensée-Critique


Bibliographie pour approfondir le propos

-Herbert Marcuse, L’Homme Unidimensionnel / Quelques conséquences sociales de la Technologie / Le problème du changement social dans la société technologique / Vers la libération : au-delà de l’homme Unidimensionnel / Eros et Civilisation / Le Marxisme Soviétique

-Jacques Ellul, le Système Technicien / la technique ou l’enjeux du siècle / le bluff technologique

-Jürgen Habermas, la science et la technique comme idéologie

-Ulrich Beck, la société du risque, sur la voie d’une autre modernité / la dynamique politique de la société mondiale du risque (conférence)

-Hans Jonas, le principe de responsabilité, une éthique pour la civilisation technologique

-Theodore Kaczynski / Unabomber, la société industrielle et son avenir (manifeste)



[1] Nous entendons « affectés par le sort animal et végétal » comme une disposition éthique, c’est à dire une conception de l’être pris dans un ensemble de rapports dont il n’est objectivement et subjectivement pas dissociable, qui composent son monde, son existence, sa vie. Georgio Agamben explique les grecs avaient deux termes pour désigner la vie : « Zoé », qui désigne la vie abstraite, réduite à sa dimension mécanique, et qu’il désigne par le concept de « vie nue », et « Bios » qui est la vie entendue dans un ensemble de rapports qui la constitue, et qu’il désigne par « f orme de vie ». Ainsi ce que nous entendons ici, c’est que cette affection est partie prenante d’une forme de vie, d’une existence indissociable des rapports matériels, symboliques et affectifs qui la compose, ou l’être et son milieu ne peuvent exister indépendamment l’un de l’autre, mais forment une seule entité.

[2] Bien qu’il s’agisse, dans le cadre de l’écologie capitaliste, de préserver les intérêts des classes dominantes. On assiste en outre, du fait de la destruction progressive des milieux, à l’émergence de « réserves naturelles », à la constitution de la Nature en tant que « patrimoine », ainsi qu’en tant que marchandise.

[3] Voire Herbert Marcuse, Eros et Civilisation, L’Homme Unidimensionnel et Vers la Libération

[4] Voire Herbert Marcuse, Le Marxisme Soviétique, et Vers la Libération

[5] Voire les écrits de Marx sur la question environnementale

[6] Nous dissocions cependant l’anarchisme primitiviste des autres formes d’anarchisme. En effet, si l’anarchisme primitiviste reconnaît l’existence d’un risque systémique lié à l’activité industrielle et technoscientifique, il n’en appelle pas à un nouveau progrès, mais plutôt à l’éradication de tout progrès.

[7] « La technique pose des problèmes, entraîne des difficultés, et il faut plus de technique, toujours plus de technique pour les résoudre. Il y a bien autoaccroissement. » Jacques Ellul, Le Système Technicien

[8] «  La technique exige de l’homme un certain nombre de valeurs : précision, exactitude, sérieux, réalisme, vertu du travail, et une certaine attitude de vie : modestie, dévouement, coopération, des jugements de valeur claire : sérieux, efficace, utile. », « La technique est neutre, hors du champ de la morale, elle détruit la morale, et produit sa propre morale. »,  « Le discours moral qui s’y ajoute est une autre justification de celui qui se sait objectivement justifié au préalable. (…) Ce ne sont pas les valeurs qui nous autorisent à juger la technique, mais la technique qui est créative de valeurs. (…) C’est parce que la technique a supprimé l’esclavage et le servage que l’Homme à pensé et parlé de Liberté » Jacques Ellul, Le Système Technicien

[9] « Dans la mesure ou le processus technique dépend de sa propre structure, la qualification de l’homme y est impérieuse. Il faut un Homme à la fois beaucoup plus compétent dans sa spécialité, et beaucoup mois apte à une réflexion. Plus il y a de facteurs, plus il est aisé de les combiner, plus l’urgence dans chaque progrès est claire, plus le progrès est évident, mois il y a d’autonomie humaine. » Jacques Ellul, Le Système Technicien

[10] Néologisme, par opposition à homo œconomicus et homo sociologicus

[11] Voire Ulrich Beck, la société du risque, sur la voie d’une autre modernité et la dynamique politique de la société mondiale du risque (conférence)

[12] Voire les cours de Michel Foucault au collège de France sur le lien entre biopolitique et pouvoir disciplinaire, ainsi que surveiller et punir et La Volonté de savoir

[13] Hans Jonas, le principe de responsabilité, une éthique pour la civilisation technologique

[14] Voire : Herbert Marcuse, Eros et Civilisation. Herbert Marcuse explique dans cet ouvrage que le trait spécifique du principe de réalité dans la civilisation occidentale productiviste, trait que l’on peut retrouver tant dans la société soviétique, que dans la société capitaliste, est le principe de rendement. Si ce principe est inhérent à la logique capitaliste, l’accroissement constant du taux de profit, il ne s’applique au socialisme qu’en fonction de trois caractères : l’état de retard en terme d’industrialisation de la Russie du début du XXeme siècle, sa conception du progrès imposée par le regard porté sur le développement du capitalisme occidental, et la situation de concurrence, imposé par la coexistence pacifique. Pour Marcuse, ce principe de rendement n’est pas une fatalité. Il considère en effet que les progrès techniques en terme d’automatisation permettent d’envisager une réduction générale du temps de travail et d’émanciper la société de la nécessité du travail aliéné. Cette réduction des activités humaines est également prise en compte par l’auteur dans le sens ou celles-ci sont en train de détruire progressivement toute possibilité d’existence. Elle constitue ainsi une nécessité environnementale.

[15] « Marchandise verte », appellation « bio », ne sont bien évidemment que des termes ironiques qui masquent en fait la volonté de maintenir prioritairement un mode de vie spécifique jusqu’à ce qu’il soit impensable que celui-ci puisse encore être maintenu. Il s’agit de repousser de quelques années la catastrophe, dans l’intérêt, bien évidemment de la domination capitaliste.

[16] Ibid note 14 : la sur-répression est la forme répressive issue de l’ordre social, de la domination de classe, qui se surajoute à la répression nécessaire des instincts. Herbert Marcuse distingue trois couples antagoniques dans le cadre de la civilisation industrielle : principe de réalité/principe de rendement, répression nécessaire/sur-répression, et sublimation/ désublimation répressive. La désublimation répressive constitue la manière dont la société de consommation détourne les instinct libidinaux, non vers des activités réalisatrices, permettant d’atteindre un stade supérieur de développement, mais vers des activités de satisfaction directe mais détournée des instincts, qui ont pour effet l’affaiblissement de la pulsion de vie, d’Eros, et par conséquent la suprématie de l’instinct de mort, Thanatos. Cet instinct de mort est sublimé en destructivité et est employé par le capitalisme à des fins productives dans le cadre de la concurrence, de la lutte pour l’existence, de la course au profit.

 

Publié par pensée-critique à 15:11:47 dans actu | Commentaires (0) |

x | 03 décembre 2009

Publié par pensée-critique à 16:37:57 dans actu | Commentaires (0) |

commentaires au sujet du "communiqué du NPA 86 sur les faits du samedi Octobre à Poitiers" | 16 octobre 2009

voici le communiques avec entre [ ] nos remarques:

 "La manifestation contre la prison de Vivonne, contre le système carcéral, contre les structures répressives était justifiée. Plus personne n’ignore l’état ignoble de nos prisons dénoncé par des rapports parlementaires nationaux et par des études européennes.
[parce qu'il faut que ce soit les institution légitimes de l'ordre dominant qui l'admettent pour que celà soit vrai?]


Une partie des manifestants, visiblement venus à Poitiers pour en découdre, ont cassé des vitrines de banques et de magasins et ont tagué des slogans anti-système.
 [que l'on peut aussi interpréter ainsi: un groupe déterminé à détruire la manifestation incarnée de la destruction, que représente la civilisation occidentale capitaliste, est venu à poitiers pour en découdre avec la société capitaliste marchande et l'obscurantisme puritain que représente la religion chrétienne]

 Le NPA86 condamne sans réserve ce vandalisme et les violences physiques commises, en plus en plein milieu de la foule venue au festival « des Expressifs ». La portée politique nous échappe. Cette violence nous inquiète. Elle est le symptôme d’une société bloquée, qui n’offre aucun espoir.
[bien vu pour une fois, comme quoi la portée politique ne vous échappe pas tant que ça!!]

Comment en est-on arrivé à ce qu’une partie de la jeunesse ne voie plus que la violence comme mode d’action politique ?
 [on en est arrivé là parce que les prétendus partis d'opposition se sont concentrés sur le citoyennisme, la lutte "démocratique", la démagogie populiste, et parfois le réformisme social libéral, et n'ont eu de cesse d'évincer et de mettre à la marge toute radicalité, toute tentative de développement d'un mouvement véritablement révolutionnaire, notamment en reproduisant dans ses déclarations les schémas et catégories de pensée de l'idéologie dominante. Aujourd'hui, cette radicalité diffuse commence à se propager et à s'organiser en force politique, et bien qu'elle en soit encore à un stade embryonnaire, et en pleine maturation théorique, elle constitue peut être la nouvelle force politique de gauche avec laquelle il faudra compter à l'avenir ]

Les actes de samenedi soir [ça s'est déroulé dans l'après-midi, non?] ne changeront rien, ni au système capitaliste ni au sort des prisonniers. Il sont dangereux et ont empêché les poitevins de faire la fête en ville.
[ah ah ah, ils les ont empêché de s'évader dans les décombres de la société spectaculaire marchande aliénante]

La révolte ne doit pas aller dans des voies sans issue.
[sans doute qu'elle doit alors s'exprimer dans les urnes!]

Le NPA86 continue de penser que la seule force pour lutter contre le système capitaliste, c’est le nombre, pas la violence minoritaire.

[mieux vaut 5 lions que 50 moutons, mieux vaut une force consistante et bien organiser qu'un gigantesque réseau vaste et lache, disposer à la trahison pour les jouissances immédiates d'un réformisme capitaliste marchand. Si le nombre est important, il ne faut pas le chercher chez le Bloom, le citoyen, le bon sujet biopolitique surpacifié, ou l'ouvrier traversé surdéterminé par l'ahbitus petit-bourgeois, aux relants nationalistes (on pense par exemple ici aux grèves ouvriéristes nationalistes soutenues en angletterre par une organisation soeur de la GR (courant gauche révolutionnaire du NPA). le nombre n'est pas là aujourd'hui, il ne le sera pas tant que les classes dominées investiront encore leurs espérances dans le capitalisme avancée, le réformisme bourgeois, et les mouvements citoyens. En attendant, une fraction de plus en plus importante de la jeunesse, qui comprend certainement des personnes parmi les plus lucides et désillusionnés quant à l'ordre capitaliste n'en peut plus d'attendre le réveil et la maturation tant attendue du mouvement ouvrier. Quitte à creuver dans ce système sans que celui-ci ne change, autant lui cracher sa merde à la gueule! nihiliste et sans perspective nous direz-vous ?
Certes au point de vu ultra limité d'un NPA (que nous connaissons bien pour s'y être intéressés un temps), composé de nombreux militant incapables de s'abstraire de leurs postures morales et normes sociales surintégrées, n'adoptant un point de vue compréhensif que pour justifier la tendance au réformisme du (pseudo-)mouvement ouvrier, mais jamais pour défendre les mouvements offensifs désireux d'en découdre avec l'ordre dominant. Ce que vous concevez comme un mouvement nihiliste représente bien plus pour nous un mouvement vitaliste, désireux de détruire l'immense machine de destruction du vivant que représente le capitaliste avancé de la civilisation occidentale.]

Nous demandons que la justice n’utilisent pas ces faits pour condamner au hasard des jeunes militants qui ne partagent pas ces méthodes injustifiables.
[ bref à l'instar du citoyennisme et du négrisme vous pratiquez la moralisation, la dissociation, et la distinction entre bon et mauvais manifestants, distinction qui n'est que le reflet de la pensée dominante de l'ordre capitaliste bourgeois]

[ Nous entendons bien que la mise en place d'une subjectivité révolutionnaire adéquate au sein de la classe ouvrière, appui nécessaire au processus révolutionnaire, est bien difficile a constituer, et qu'il ne se débloque généralement qu'en période de crise profonde du système. Mais en attendant, est il possible de condamner une jeunesse qui ne veut plus attendre, qui ne peut plus attendre. nous voyons dans cette impatience et cette montée de radicalité le symptome d'une crise en cours, qui va de pair avec le renforcement de la violence et du contrôle capitaliste. Les perspectives d'avenir dans une telle civilisation c'est la précarité, la maladie, l'osbcurantisme intellcetuel, la servitude, la guerre, la destruction et la mort. l'offensive contre la civilisation c'est la réappropriation de la vie, de la joie, de la santé, de l'intelligence. Le rôle du NPA et des partis communistes depuis plus de 60 ans : différer continuellement l'instant de la propagation de la vie, couper le mouvement ouvrier des forces radicales, et s'appuyer sur l'idéologie petite-bourgeoise de masse, pour en garder le contrôle et l'instrumentaliser, au lieu d'assumer pleinement une radicalité critique, qui ne préfigure que dans les textes d'idéologues ne vivant la révolution qu'en fantasme idéaliste et de jeunes militants illusionnés, et instrumentalisés pour faire le sale boulot. Il y a finalement une différence très nette entre avoir la masse prolétaire de son coté, et se ranger par opportuniste du coté de la masse prolétaire intégrée objectivement et subjectivement au capitalisme. la première situation est communiste révolutionnaire, la seconde est sociale démocrate réformiste. Vous pouvez nous sortir toutes les excuses que vous voudrez, pour justifier marxistement et trotrskystement vos stratégies, lorsqu'une personne ou une organisation adopte un double discours, le véritable discours est toujours le plus à droite. Bref, avouez le, vous n'êtes pas révolutionnaires!]

Publié par pensée-critique à 09:24:13 dans actu | Commentaires (0) |

Au sujet de la manifestation anti-carcérale du 10/10/09 à Poitiers /suivi de Civilisation et destructivité | 13 octobre 2009

 

Tout d’abord nous allons revenir sur les déclarations de la majorité des médias, avant de discuter véritablement du sujet à proprement parler. Le discours de ces médias se compose des éléments suivants:

Manifestations anti-carcérale/Environ 250 manifestants/Destructions de biens marchands/dégradation de monuments religieux/Ultra Gauche/Anarcho Autonomes/Organisés/Armés/Dangereux

Généralement, les articles s’accompagnent des pleurnicheries du Maire sur la mauvaise image donnée à Poitiers et le coût des réparations. Bref, c’est assez maigre. Peut-on se prétendre informé ? Cela dépend de ce qu’on appelle une information.

 

Si être informé consiste à :

1/ ne pas parler de la cause de ce rassemblement, c'est-à-dire la question anti-carcérale, mais se limiter à parler des « débordements », des « casseurs », des « dégradations »

2/ ne pas faire d’analyse sur les acteurs en présence et en faire une totalisation que l’on regroupera sous la désignation : « anarcho autonome d’ultra gauche »

3/ ne pas faire de lien entre la question de la prison et les questions de société, la question du capital, la question de la morale judéo-chrétienne.

4/ recueillir les propos du maire, c'est-à-dire d’une seule des parties, qui pose d’emblée des jugements moraux pré admis sur les événements, notamment en employant des termes comme « grave », « dangereux ».

5/ prétendre que les manifestants sont venus armés, et ne pas faire de différence entre un fumigène et un explosif, qu’ils sont « très bien organisés », (face à un dispositif de police ultra minime au départ, et donc facile à déborder, même s’il s’était agit d’une manif de 30 grand mères) alors que tous prétendent que c’était le bordel, et que tout s’est fait de manière spontanée.

6/ se faire son jugement dans son canapé sans avoir pris part à la situation, sans connaître les acteurs, leurs histoire, leurs objectifs, et en ayant subit depuis l’enfance une propagande unilatérale qui vend les mérites du capitalisme, du libéralisme, du christianisme, et du consumérisme

Alors vous regardez TF1 !

 

Sinon, vous pouvez également prêter attention à ce qui suit: Vers une analyse compréhensive de la situation

Civilisation et Destructivité

Il n’est pas possible de comprendre les actes des dits « black blocks anarcho autonomes d’ultra gauche », comme bien d’autres événements similaires, sans prendre en compte la structure sociale et la dynamique de la civilisation dans lesquelles ils s’expriment. Cette analyse est bien connue et tient son point de départ dans la Métapsychologie Freudienne, et son développement dans l’analyse Marcusienne de la civilisation (Eros et Civilisation). La révolte, la violence, la destructivité, les psychopathologies qui s’expriment dans, par et contre la civilisation ne sont ni des éléments qui lui sont exogènes, ni des anomalies, elles sont le reflet des traits fondamentaux de la civilisation elle-même, de sa dynamique propre, de sa dialectique. Les individus révoltés, violents, destructeurs ou psychopathes sont positifs au sens où ils adoptent une réponse conforme à leurs conditions objectives d’existence, qui sont le produit de la civilisation et de l’organisation capitaliste de la société. Ils sont positifs dans leur antagonisme, dans leur négation déterminée de l’ordre dominant. La civilisation occidentale capitaliste à pour réflexe de traiter ces êtres comme des anomalies qu’il faut neutraliser pour perpétuer son existence. Son réflexe n’est donc pas l’autocritique, la remise en question de son fonctionnement, de ses réalisations, la réflexion sur ses potentialités, mais bien plutôt l’élimination pure et simple du problème. L’élimination prend des formes diverses suivant la période historique et le degré de nuisance du problème en question, et va de l’élimination directe de la vie, à des formes disciplinaires de redressement moral et physique, à l’enfermement et à la surveillance.

 

La civilisation occidentale se base sur le principe de rendement comme principe de réalité. Ce principe de réalité est constitutif du capitalisme, de la course à l’accroissement du taux de profit. Il est le principe de réalité des classes dominantes capitalistes, au niveau national comme mondial, introjecté par une série d’institutions qui s’inter-déterminent : la Famille, l’Ecole, la Télévision, la Publicité, le Travail, l’Eglise.

 

Le principe de réalité consiste en un report constant du principe de plaisir, c'est-à-dire sur une répression de l’instinct de vie (Eros). Si le report de la satisfaction immédiate du désir consiste en un instinct de conservation de l’Humain, permettant le développement de formes de sublimation, de détournement des pulsion et de réinvestissement de celles-ci dans des activités permettant la transformation du monde objet, de la réalité matérielle, dans le sens de l’apaisement de la lutte constante pour l’existence, cet affaiblissement d’Eros provoque de manière conséquentielle un déséquilibre entre l’instinct de vie et l’instinct de mort (Thanatos). Le progrès de la civilisation est ainsi surinvesti par l’’instinct de mort, qui est sublimé en instinct de destruction. L’instinct de destruction est alors parti prenante des réalisations humaines, de sa transformation du monde objet. Il s’insère dans l’appareil productif sous la forme de destructivité méthodiquement organisée. Il se manifeste dans les activités destructrices de l’homme, c'est-à-dire d’une part la destruction et le pillage de la nature, et d’autre part dans la guerre et la répression Etatique. Il s’incarne de la manière la plus flagrante dans les fonctions policières et militaires.

 

En tant que surdétermination de l’être par le social, par la classe dominante, ses normes, ses valeurs, ses affects, son éthique projetée dans l’universel, érigée en morale, le principe de rendement consiste en une restriction du principe de réalité, et s’appuie sur la réification, c'est-à-dire une conception du monde objet qui fait abstraction de ses détermination, de ses processus constituant, de sa dynamique interne et de ses antagonismes.

 

Le capitalisme avancé est totalitaire au sens où il est en capacité d’absorber les instincts de destruction et les instincts de vie, d’administrer Eros et Thanatos dans la dynamique du système productif. Les instincts de vie non satisfaits et réprimés par l’impératif de rendement son d’une part détournés de leur objet dans des activité compensatrices, sublimatoires tels que l’art, la science, ou bien dans des activités désublimées telles que la consommation de produits de luxe investis des valeurs joyeuses, prestigieuses, valorisantes, glorifiantes du système lui-même. C’est ce que Marx appelait le fétichisme de la marchandise. Dans le capitalisme avancé et sa tendance à la dématérialisation, la consommation porte autant sur des productions matérielles que sur des productions immatérielles. La société capitaliste avancée devient alors Spectaculaire Marchande, et pose alors un voile idéologique sur une réalité fétichisée. La répression des instincts de vie entraîne d’autre part un déséquilibre exaltant la destructivité. Cette destructivité est également canalisée dans des activités compensatrices de plusieurs ordres. D’une part, il s’agit des activités de répression physiques, policières et militaires. D’autre part, cette destructivité productive est réinvestie dans des activités compétitives, c'est-à-dire concurrence scolaire, économique, sport, jeux de société. Tandis que les activités professionnelles, et celles de sélection sociale, mettent en jeu la compétition dans le cadre d’enjeux réels, c'est-à-dire qui concernent des situations matérielles d’existence ; la compétition ludique dans le cadre de sports amateurs et de jeux de société fait office de défouloirs, elles permettent la décharge de pulsion agressives dans le cadre virtuel de la destruction simulée. Eros et Thanatos ainsi pris au piège de la machine capitaliste contribuent alors au développement et à l’équilibre de l’appareil productif.

 

L’appareil productif ne peut intégrer l’ensemble de la population, et d’ailleurs les capitalistes n’en ont pas besoin, bien au contraire : au niveau économique, le maintient d’une population non intégrée permet la perpétuation et l’exaltation du principe de rendement, puisqu’il contraint les salariés à se conformer aux normes de ce principe, et d’accepter n’importe quelle contrainte de travail, au risque de mettre en péril leurs conditions matérielles d’existence, et qu’il maintient une partie de la population dans la pénurie, ce qui permet en cas de crises, de grèves, de se débarrasser des premier salariés, et de puiser dans ce vivier potentiellement prêt à accepter n’importe quel travail, dans n’importe quelle condition, afin de reconstituer ses effectifs nécessaires, et même d’accroître la puissance numérique de l’Etat protecteur du Capital au niveau policier et militaire. C’est en quelque ligne l’analyse marxiste sur la fonction sociale du lumpenprolétariat pour la bourgeoisie dans l’économie capitaliste. Ainsi, maîtriser les conditions d’intégration totale de la population au sein du système productif constituerait pour ses acteurs un effort considérable et superflu de contrôle des déterminations, des conditions spécifiques d’existence qui constituent chaque corps. De plus le développement d’une population non intégrée à l’ordre dominant permet à la domination de disposer d’un vivier constant de boucs émissaires, dont la fonction consiste alors dans l’attribution du port de la responsabilité des disfonctionnements du système. Ces populations constituent alors la figure de l’antisocial, et subissent des formes de désignation stigmatisantes, les constituant alors comme l’Ennemi commun à abattre, ce qui permet alors au groupe dominant de détourner l’attention de l’opinion publique, quant à sa responsabilité relative aux différentes crises du système. Si ce processus se manifeste de manière parfaitement involontaire et mécanique chez de nombreux politiciens et idéologues, d’autres son plus avertis de ce fait, et en usent très habilement pour défendre leurs intérêts et leur position sociale.

 

Ce mécanisme de désignation de l’Ennemi, qui répand la peur chez les sujets de l’Empire et les rend ainsi docile et malléables, les dispose à la servitude est bien antérieur à l’avènement du la société capitaliste. Il était déjà présent dans la Rome Antique, avec l’opposition entre Barbares et Civilisation. Il repose sur le mythe du chaos et de la destruction relatif aux invasions barbares, qui serait la fin de la civilisation. Ce mécanisme s’est également perpétué sous des formes plus mystiques avec la religion chrétienne. L’Ennemi est alors constitué par la représentation du Diable, Satan, Lucifer, l’invasion barbare par le mythe de l’Apocalypse, et du règne de l’Antéchrist. La figure de Dieu représente l’ordre, l’Empire. Le chrétien est alors le sujet servile de cet ordre, qui est l’expression de la volonté divine, mais qui est en réalité celle de la classe dominante, du clergé et de la noblesse. Cette structure de la soumission s’incarne dans les différentes institutions que sont la Famille, l’Ecole, l’Entreprise, l’Etat. Dieu est le père, le maître, le patron, le président, bref, la figure de l’autorité. Tout ce qui n’est pas conforme à la volonté de Dieu est l’expression du Diable, ainsi, toute révolte contre une autorité injuste est considérée comme défi lancé à Dieu, et comme manifestation du Démon. Servir Dieu conduit à la félicité, désobéir à Dieu conduit à la damnation. La religion chrétienne se base également sur le principe de culpabilité : l’Homme porte la culpabilité du péché originel et Dieu donna en sacrifice sont fils le Christ pour racheter ce pêché. L’Homme, responsable de ce sacrifice devant Dieu lui doit ainsi obéissance, sous peine de damnation. Voici en quelques lignes comment la religion construisit et instrumentalisa la peur et disposa l’être à la culpabilité et la soumission, et par conséquent comment elle occupa la fonction sociale de contrôle idéologique de la population, répandant la tristesse et empêchant le développement vital d’une Humanité joyeuse.

 

Si la religion à perdu de son influence face à la poussée scientifique et positiviste, qui s’est accompagnée de nombreuses remises en question philosophiques, économiques et sociales, elle à été d’une part réintégrée au système capitaliste, à l’état de patrimoine, et par conséquent de marchandise, et d’autre part à l’état de moralité abstraite et surimposée par la classe dominante, qui avait alors pour justificatif le monde objet qu’elle avait préalablement établit. Cependant, la crise de légitimité des sciences et techniques, précédemment érigées en croyances transcendantales contre la religion, a rouvert une brèche au sein de la modernité permettant une résurgence du christianisme, notamment aux Etats-Unis. Les Etats-Unis ayant bien souvent été précurseurs de tendances fondamentales dans le développement de la civilisation depuis leur avènement en tant que puissance dominante au niveau mondial, il est nécessaire d’y constater un symptôme potentiel de basculement du monde vers l’obscurantisme religieux, et d’affronter la religion au moment ou elle n’a pas totalement recouvré sa puissance. Ce dont il s’agit ici n’est pas tant de croire ou ne pas croire en Dieu, mais de dissocier la question de Dieu de celle du Politique, la question de la croyance de la question morale, et ainsi de dépouiller la religion de ces fonction de dispositif de contrôle social à la solde de l’ordre établit. En effet, la morale religieuse à encore récemment fait office de prétexte pour contribuer à la justification de la guerre impérialiste, et au massacre de populations civiles dans le but de d’accaparer les ressources naturelles d’un territoire et d’y implanter de nouveaux marchés.

 

La civilisation occidentale capitaliste, judéo-chrétienne, spectaculaire marchande, impérialiste et répressive ainsi démasquée, que représente alors la destruction de quelques vitrines de boutiques, de quelques biens marchands, et la dégradation de quelques monuments religieux face à la répression de la vie caractéristique de l’ordre dominant, face à la morale chrétienne qui anéantit de nombreuses vies durant divers croisades, qui maintint la population durant des siècles dans la peur, la culpabilité, la misère et l’ignorance ; face au système de production capitaliste qui détruit progressivement l’ensemble de l’écosystème et les ressources du milieux naturel, qui maintient objectivement une majeure partie de la population dans la frustration psychique, la souffrance physique, l’impuissance, la pénurie, et la haine ; face à l’impérialisme qui détermine des populations entières à la guerre pour des intérêts qui leurs sont étrangers ; face au protectionnisme national qui expulse des millions de sans papiers, les condamnant ainsi à la misère et souvent à la mort ? Que cela représente-t-il, sinon la manifestation de la révolte d’Eros, puissance animée par la volonté de répandre la vie et la joie, contre ce qui tend à sa décomposition ? Ce que l’Etat désigne par « black blocks anarcho autonomes » et « cellule d’ultra gauche à vocation terroriste», c’est en réalité cela. C’est un ensemble d’êtres sensibles désillusionnés des mystifications et obscurantismes de l’idéologie dominante, et animés par un désir de répandre la vie et la joie dans et contre une civilisation qui répand peur et terreur, qui est animée par l’instinct de mort et qui tend vers sa propre destruction ; un mouvement déterminé par la civilisation destructrice à détruire la destruction elle-même, pour la sauvegarde et le développement d’Eros.

 

 

 

Publié par pensée-critique à 15:09:52 dans actu | Commentaires (0) |

Les Médias et les limites de l’analyse journalistique | 12 octobre 2009

1/ Les limites de l’objectivité : la réception subjective

 

Une information objective consisterait à produire un récit des faits sans y glisser de jugement de valeur ni d’élément interprétatif. Cependant, la réalité de l’entendement humain étant essentiellement subjectif, bien qu’interagissant avec le monde objet dont l’homme se sert comme support pour exister, il ne peut y avoir de réception objective, neutre des faits. L’être recevant l’information est ainsi affecté par celle-ci et se construit alors des représentations en fonction de cette affection. Or généralement, cet entendement est limité, puis que le sujet réceptif est passif. L’Homme face à son poste télé, radio, sur Internet, ne peut appréhender les affections que du point de vue d’une rationalité limitée : la combinaison particulière des élément constituant son expérience singulière, son histoire, c'est-à-dire son processus de socialisation. Or si l’on considère que ce processus est déterminé par la vie dans la famille, à l’école, par les émissions de télévision, la publicité, force est d’admettre que l’entendement de chacun est en partie ou totalement déterminé, de manière médiatisée, par l’Etat et le Capital. En ce sens nos affections sont, dans le cas d’une attitude de positivité parfaite vis-à-vis de cette détermination, celles que l’Etat et le Capital attendent de nous. Ainsi l’objectivité du journalisme, même si elle se contente d’une description pure, se rallie toujours au parti de l’Etat et du Capital, puisqu’elle ne s’oppose pas aux processus sociaux de construction des subjectivités, qui déterminent l’a priori de la réception de l’information.

 

2/ Idéologie et réception de l’information : critique de la réification comme autolégitimation

 

L’activité journalistique instituée, en ne traitant que des faits, et par conséquent en éludant les processus déterminants, produit généralement une analyse réifiée, chosifiée. Elle révèle plus la fixité de la situation que sa dynamique propre, et par conséquent procède de l’inversion entre l’effet et la cause. Elle part de la réalité établie sans en expliciter les mécanismes, et se fait organe de légitimation et de diffusion des normes, des valeurs, de la morale (de la classe) dominante. En cela, les médias constituent un des dispositifs de reproduction de l’ordre établit. Cependant, cette erreur méthodologique n’est pas volontaire, elle n’est pas la manifestation d’un mégacomplot visant l’asservissement de la population. Il s’agit d’une conjonction d’éléments et de processus plus complexes : le processus de socialisation de l’individu, et les processus de sélection inhérents à l’activité journalistique. En ce qui concerne le premier processus, nous naissons tous dans un monde préétablit, qui nous préexiste. Nous sommes initialement tous soumis à la détermination de ce monde, et cette détermination initiale se combine à un ensemble de déterminations hétérogènes et constantes qui composent progressivement notre manière d’être affectée, de nous représenter le monde, l’existence, la vie, ainsi que, de manière conséquentielle, notre manière d’agir, notre orientation politique et notre prise de parti dans l’action. Sur ce point, le manifestant, le flic, le journaliste, le politicien, l’ouvrier, et l’entrepreneur capitaliste ne diffèrent pas. Ils diffèrent au niveau qualitatif, c'est-à-dire que les expériences qui composent leurs déterminations ne sont pas semblables, elles ne partent ni n’aboutissent aux mêmes positions dans la société. Le Capitaliste, en tant qu’appartenant au groupe social dominant ayant réalisé, matérialisé sa propre Utopie, ayant transformé le monde à l’image de sa propre idéologie, de ses désirs et de ses intérêts, et ainsi produit une unité entre subjectivité et objectivité, a la réalité pour lui. Il n’a point besoin de justification, car le monde existant, fruit de sa domination, expression de sa volonté, fait office pour lui de justification, d’où la récurrence dans le discours de la droite de l’expression « réalité objective ». En ce qui concerne le journalisme, le processus d’entrée dans la profession est à la fois un apprentissage de méthodes, de compétences, et un processus de normalisation. C'est-à-dire que le journaliste apprend les méthodes, les compétences, et les normes de la profession, puis lorsqu’il se présente pour une embauche, se trouve face à face avec une ligne éditoriale avec laquelle il doit partager une certaine représentation du monde, pensée par les employeurs comme étant objective, et qui est le fruit du façonnement du monde par la classe dominante. En cela, le journaliste animé par une disposition positive à l’égard de l’idéologie dominante et du monde préétablit ne subit pas de pressions et se sent totalement libre dans sa profession. Simplement, s’il n’est pas contraint dans l’exercice de sa profession, il n’en est pas moins libre pour autant. Il est seulement déterminé positivement dans une posture spécifique qui lui confère sa place, et dont il ne peut se défaire. Il est libre de suivre, mais pas de s’écarter, car dans cas, il se ferait renvoyer et devrait changer de journal, ou pointer à l’ANPE. En ce sens, sa liberté n’est qu’un subterfuge.

 

3/ Projection de représentations dans le traitement de l’information : le référentiel connoté des journalistes

 

Partant de ce qui précède, tout journaliste pense qu’en relatant les faits, il révèle la réalité et la vérité, et que tout ce qui le contredit n’est qu’idéologie. En ignorant sa propre subjectivité, le journaliste réinjecte dans sa retranscription des fais des jugements qui sont ceux de l’idéologie dominante. Il s’appuie de plus sur un ensemble de représentations et de catégorisations préétablies, qu’il estime neutres, mais qui ne le sont pas, et agissent de manière performative sur les représentations des récepteurs de l’information. Ces représentations et concepts sont en fait la production intellectuelle des idéologues passés et présents de la domination, qui font de ce fait office d’autorité, et contribuent à l’établissement du statu quo. S’ils ont pour but de produire des représentations adéquates à l’appréhension du monde objet, ils ont bien davantage pour effet de produire un masquage de cette réalité objective, sous forme de moralité ou de spectacle, et par ce biais, une disposition non éthique de la population administrée à la servitude. Ces intellectuels prédéterminés par les normes et valeurs de la domination, contribuent ainsi à sa défense et à sa reproduction. Le journaliste adoptant ces concepts et représentations pour tenter de décrire le réel perd ainsi sa neutralité et se fait alors malgré lui le médiateur de normes et valeurs dominantes. C’est un entrepreneur de morale qui s’ignore. Pour se sortir de cette posture, et ainsi justifier sa prétention à la vérité, le journalisme devrait alors se soumettre à une profonde autocritique, à une remise en question radicale de ses présupposés moraux et intellectuels hérités de la civilisation occidentale, ainsi que de sa méthodologie positiviste au caractère profondément réifiant.

 

4/ Le journalisme contre le positivisme et l’idéalisme bourgeois : vers l’Intersubjectivité et l’Analyse Compréhensive

 

A partir de là, il s’avère impossible et illusoire de produire une information neutre et objective. Le nihilisme et le relativisme absolu que l’on pourrait être tenté de revendiquer afin d’obtenir une information de qualité se révèlent alors sous leur jour le plus chimérique puisqu’ils demeurent impuissant face au système de représentation et d’affectation du récepteur. En effet, celui-ci, prédéterminé, y projettera alors ses normes et valeurs et ne dépassera alors pas sont degré d’entendement limité. Si le discours journalistique à pu prétendre relater une vérité et une réalité objective, en ignorant l’effet que cette information pouvait produire sur le récepteur, c’est parce que l’épistémologie journalistique s’est basé sur deux postulats erronés : le premier réside dans l’illusion de produire de l’objectivité à travers la simple description des faits, sans nécessairement s’intéresser aux causes, aux subjectivités ou du moins de manière limitée et superficielle : erreur caractéristique du positivisme et de l’empirisme, car aboutissant à la réification. Le second postulat concerne la conception libérale de l’individu libre et autonome dans sa pensée. Cela supposerait un individu non déterminé au niveau social, politique, intellectuel et moral, c'est-à-dire qui n’appartiendrait et n’aurait jamais appartenu à aucune famille, à aucune classe sociale, qui n’aurait jamais entendu parler de citoyenneté, de république, de démocratie, de bien, de mal, et qui se serait construit son jugement dans une expérience directe et immédiate au monde, en en comprenant les relation de causalité, les processus et les modes de détermination. C'est-à-dire que cette posture nécessiterait à la fois le sujet Ethique de Spinoza, ainsi que le sujet a-classiste de l’Utopie Communiste de Marx. Or, dans la réalité effective, on est très loin d’un tel sujet Utopique. Le sujet dont on parle est un sujet surdéterminé au plan intellectuel et affectif. Son affectivité et sa morale sont celles de l’ordre établit, de la classe dominante, elles lui sont introjectée, par le médium de structures institutionnelles telles que la famille, la télévision, l’école, le travail. A partir de cela l’Utopie objectiviste de l’activité journalistique devient instrument de domination à la solde de la civilisation occidentale capitaliste, puisqu’elle se base sur les fondations de l’idéalisme abstrait et ne tient pour le coup plus compte de la réalité matérielle et effective. Pour réaliser pleinement et véritablement sa prétention à la neutralité, le journalisme doit disposer de récepteurs non surdéterminés, et doit par conséquent contribuer à l’avènement d’un tel sujet. En cela, le journalisme véritable sous-tendrait une démarche profondément révolutionnaire. Cependant, les journalistes sont généralement très bien intégrés à la société, au capitalisme, à l’ordre établit, et n’ont dans la majeure partie des cas pas intérêt à un basculement révolutionnaire qui pourrait modifier leur situation de classe privilégiée. Cela signifie alors que leur Utopie de neutralité et d’objectivité n’est pas tenable dans la situation présente et qu’elle doit être abandonnée. Ainsi, le journalisme, au lieu de fuir éternellement une subjectivité et une idéologie dont il ne peut se défaire, devrait bien plus remettre en cause sa propre méthodologie, et se concentrer sur l’éthos, l’intersubjectivité, les processus et les déterminations des sujets, plutôt que sur la morale, l’objectivité, les faits et les effets. Il devrait abandonner le positivisme et l’empirisme, et proposer des analyses compréhensives approfondies sur les groupes et les mécanismes sociaux, afin de développer un niveau d’entendement supérieur à l’idéalisme obscurantiste et périmé de la philosophie humaniste des lumières. Pour cela il faudrait alors que les journalistes soient préalablement initiés aux bases indispensables des sciences humaines et sociales, au matérialisme et à l’éthologie. Dans ce cas, le journalisme deviendrait une institution profondément différente, critique et pertinente, qu’il serait difficile d’instrumentaliser. Ce ne serait plus un dispositif de façonnement des subjectivités, de contrôle de la pensée et des affections, mais un véritable outil d’ouverture vers un niveau d’entendement supérieur. Ainsi distancié de ses fonctions de contrôle social, il constituerait le plan fixe d’affrontement de l’intersubjectivité, et deviendrait potentiellement un des médiums d’une remise en question fondamentale de la civilisation.

Publié par pensée-critique à 15:38:54 dans actu | Commentaires (0) |

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