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Collectif Pensée-Critique

Thèses sur la technologie | 27 février 2009

1 l'erreur des marxistes en général est de considérer la technologie comme neutre, comme une somme de machines. Ils pensent que la technique serait "plastique" et que l'on peut en faire ce que l'on veut, cependant, pour être conçue, utilisée, la technologie nécessite une attitude conforme a son égard, ainsi qu'une série d'infrastructures: en matière de conception matérielle, mais aussi d'élaboration idéelle première et de maîtrise d'un certain nombre de connaissances. elle pénètre alors la formation, l'éducation.

2 en pénétrant la sphère de l'éducation, elle y dissémine un ensemble de normes d'applications qui deviennent progressivement des normes morales, comportementales et sociales.

3 son usage quotidien définit également certaines attitudes conformes aux normes de la technologie de part l'interaction constante que nous avons avec les objets technologiques qui peuplent notre quotidien. cette interaction avec la machine influe sur notre mental et nos interactions avec les autres êtres humains.

4 la technologie, plus qu'une simple infrastructure,pénètre l'ancienne superstructure et s'érige en une nouvelle supertructure. la technologie est nihiliste, elle détruit les anciennes valeurs, et recompose un nouveau système de normes et de valeurs conformes à elle même. la rationalité, la logique se dépouillent progressivement des restes d'éthique qui la composent. seul compte le maximum d'efficacité, d'utilité, de productivité, etc.

5 la technique pénétrant de plus en plus notre quotidien, annonce la mort sur le long terme de l'interaction inter humaine. il y a dix ans par exemple, le cercle d'amis proches d'un américain moyen était de 3 personnes, aujourd'hui, il n'est plus que de 2, et cette tendance est à la baisse.

6 l'usage constant de la machine a des effets psychosomatiques désastreux. besoin de se conformer au rythme de la machine, répétitivité, hyper-régularité engendre des réaction de colère, de stress, de violence.

7 Il est bien évident qu'un retour en arrière demeurera impopulaire, et que les machines et la technologie peuvent constituer une source de vie meilleure, et nous débarrasser des charges de travail, cependant, à cause de cela, les marxistes n'ont jamais voulu reconnaitre les effets pervers de la technologie, et l'on toujours sous estimé. il n'est pas certain que dans une société communiste, le développement des machines ne se poursuive dans le sens du développement présent, ce qui provoquerait une existence d'une anorexie mentale déconcertante.

8 la technologie constitue à l'instar de la nature, un nouveau milieu dans lequel se joue le rapport de domination entre l'homme et son monde. par la technologie nous avons cru nous défaire de la domination de la Nature, mais nous n'avons pas saisi que la technologie constitue malgré la transformation de la matière une extension de celle-ci, dans laquelle ce rapport se trouve de nouveau inversé. l'homme se trouve à nouveau dominé par son milieu.

 

La technique en tant qu'idéologie et culture dominante:

la technique demande pour être employée une certaine rigeur, une recherche du maximum d'efficacité, un certain pragmatisme, et appèle donc a conditionner des sujets sérieux, réalistes, rigoureux, etc. ce qui ne pose pas de problème en soi, si ce n'est la nécessité de conditionner l'ensemble des sujets usant de la technique à ces normes comportementales, donc premier risque d'uniformisation humaine. La technologie reussirait-t-elle alors à réaliser ce vieux mythe Démocratique Républicain d'un peuple unifié, d'une totalité fondue dans l'un, qu'elle à elle même contribué à détruire lorsque la science, en détruisant l'hégémonie de la morale et de la religion, commença a s'imposer. ce que l'idéalisme n'a pu faire, le matérialisme en serait-il alors plus a même. Cependant, quel bonheur tire t on d'une réalité purement positive, d'un matérialisme désanchanté ?

la technologie ne constituerai pas un risque d'aliénation si elle n'était pas omniprésente dans l'existence. cependant, elle l'est, et ce, de plus en plus. ce qui laisse alors présager que les sujets sont de plus en plus en intéraction quasi constante avec des machines, en situation de dépendance parfois, cette constance ouvrant la possibilité à l'idéologie technicienne de s'imposer et ce de manière beaucoup plus radicale. c'est un peu comme si vous mettiez un tonneau de vin devant un alcoolique.

 

Nous le savons, l'usage constant de technologies peut être un danger pour la santé physique et mentale (déconnexion avec le réel, enfermement dans un univers virtuel, troubles affectifs, affaiblissement du lien social, névroses, psychose, stress, troubles du sommeil, cancers).

nous avons parlé de matérialisme désanchanté, cependant, dans le système capitaliste s'est produit une forme d'enchantement prenant pour support la technique : c'est le Spectacle, en tant que série d'image s'insérant entre le sujet et son monde, cette diffraction entrainant un nouveau rapport au monde aliéné par des images qui constitue le nouvel obscurantisme capitaliste.

le spectacle est la nouvelle morale du capitalisme, comme le fut la religion autrefois, il est le supplément d'âme nécessaire au capitalisme technicien, et constitue un mode de contrôle  et de  domination des êtres supplémentaire. Détruire le spectacle ne veut pas dire détruire toute perçeption imagée du réel, tout enchantement, mais simplement réintroduire dans la culture, dans les pratiques, une dimension chaleureuse, idéale de l'existance, des émotions, déconnectée de la technique, et voire même en opposition à celle-ci.

 

Publié par pensée-critique à 11:37:38 dans réflexions sur la technologie | Commentaires (0) |

à l'attention des étudiants et des lycéens, de tous ceux qui en ont marre du gouvernement Sarkozy | 03 février 2009

1 Aujourd'hui, c'est toute l'éducation qui est menacée, de la maternelle à l'Université. L'argumentaire s'oriente vers les problèmes de budgets, les suppressions de postes, et les formations au rabais, et l'accroissement de la charge de travail. Cependant, ce prétendu déficit économique relève du mensonge politicien quand on voit tout l'argent trouvé pour pallier la crise, aider les entreprises, quand on constate l'augmentation des budgets pour la police, l'armement, la surveillance, quand on constate encore la multiplication des centrales nucléaires. Il n'est pas ici question de déficit mais bien plus de priorités étatiques, déterminée par la vision du monde du groupe dominant. Le néo-libéralisme à tenté de faire croire à la fin des idéologies, mais cela est faux. En réalité, les neo-libéraux ont bien plus imposé la leur sur les bases d'une structure qu'ils avaient préalablement contribué à établir, et nous ont fait croire que cela constituait une réalité, une vérité universelle, rejetant ainsi toute alternative a ce modèle dans le champ de l'impossible, de l'idéal. Il ne s'agit pas ici d'un complot mais simplement d'un conflit en ce qui concerne des vision du monde relatives a des postures sociales qui s'opposent, dont les intérêts divergent


2 Ce qui se qui se prépare relève ainsi d'un projet bien plus ambitieux qu'une simple adaptation de l'université à l'économie: Le gouvernement Sarkozy prévoit pour la maternelle, un renforcement de la (/sa) morale, et un contrôle social accru des élèves et des enseignants, notamment avec l'installation de bornes biométriques dans les établissements, les fichiers Base élève, Base enseignants, base école, et la création d'une officine privée chargée de surveiller les positions politiques des enseignants, de repérer les leaders de mouvement. Ceci montre clairement la volonté du Gouvernement Sarkozy de préparer sur le long terme une population docile et soumise à son idéologie, et ce dès la petite enfance.


3 Les réformes des lycées et des Universités répondent également a cette double logique marchande et de contrôle. Par exemple, le remplacement de la filière « sciences économiques et sociales », qui constituait tout de même une filière d'éveil à une pensée critique, sera remplacée par une filière intitulée « science et gestion de l'entreprise ». Les parcours seront de plus en plus individualisés, et les élèves de plus en plus en compétition les uns avec les autres.

Il faut alors nous rappeler les travaux de Michel Foucault et Gilles Deleuze sur les sociétés de contrôle. Il expliquent dans Surveiller et Punir et postscriptum sur les sociétés de contrôle que l'Entreprise, l'Ecole, et la Prison se sont construites et calquées sur le même modèle: isoler les éléments, les mettre en concurrence et en synergie et mettre en place des dispositifs afin qu'ils se sentent surveillés en permanence. Ainsi se sont construites les sociétés disciplinaires du XIXème siècle, et ainsi semble se construire la société du XXIeme siècle sous l'ère Sarkozy. Il n'est alors pas anodin que le gouvernement veuille la peau des filières universitaires de Philosophie, et cherche a transformer les sciences sociales en science de gestion et de management, car c'est dans ces disciplines que cette pensée critique y est encore enseignée. Il n'est en effet pas bon pour un pouvoir de donner des armes à ses ennemis. Les politiques libérales en matière d'enseignement cherchent à évider le savoir toute dimension critique, politique afin que celui-ci ne soit plus réduit qu'a un ensemble de protocoles opératoires directement applicables. Savoir c'est pouvoir, ignorer c'est être soumis à la domination de ceux qui savent.

 


4 En ce qui concerne les Universités, Il est question de suppression de bourses, et de l'allongement l'année universitaire. Ceci veut ainsi dire que les étudiants sans capital économique devront travailler en dehors des cours pour financer leurs études, ce qui ne constitue pas réellement un contexte propice à la réussite. De plus, si la durée de l'année universitaire est prolongée, le problème s'aggravera, puisque les quatre mois de vacances sont généralement utilisés par les étudiants pour travailler et financer leur année à venir. Ce qui signifie qu'à terme, on ne pourra faire d'études que si l'on appartient à une classe sociale élevée. Les enseignants futurs seraient issus des classes dominantes de la société, et diffuseraient leur vision du monde, de l'ordre social aux classes dominées, ce qui assurerait alors la soumission idéologique de celles-ci. De plus, cette situation constituait une régression sociale phénoménale en matière de démocratisation de l'enseignement. Le discours sur l'égalité des chances est ainsi biaisé, puisqu'il faudrait être bien né pour bien réussir, c'est a dire disposer à la naissance des capitaux culturels, relationnels et financiers pour atteindre les hautes position sociales, les classes dominées ne pouvant espérer au meilleur de leur sort que des places de chefaillons, de laquets du groupe dominant, ou encore de simples fonction d'exécutants subalternes. Il faut ainsi sortir du discours Républicain sur l'égalité des chances, car en vérité il n'y en a pas. Nos milieux sociaux d'origine conditionnent notre réussite future. Ce discours sert tout au plus de justification, de légitimation de la posture dominante d'une élite sociale et rien d'autre. Il sert à rendre responsable le « mal né » de son échec, de sa position dominée et souvent miséreuse dans la société. Il engendre une sorte de syndrome de Stockholm, ou la victime adopte le discours de son bourreau, et préfère alors s'en prendre à elle même qu'a son oppresseur.

 

5 Mais les universités ne sont pas les seules à faire les frais du gouvernement Sarkozy. Le publique et le privé se sont déjà mis en grève. Les ouvriers de Renault, par exemple sont depuis quelques mois au chômage technique, et ne sont pas certains de conserver leur emploi.

Les jeunes de Tarnac ont fait les frais de la paranoïa du pouvoir en place, qui les a incarcérés sous loi antiterroriste, qui leur a collé une identité de terroriste d'ultra gauche, et crée une image médiatique monstrueuse et complètement déformée, avant de les relâcher progressivement, bien que l'un d'entre eux soit toujours inculpé, sans preuves de quoi que ce soit.


6 La stratégie du gouvernement est de diviser pour régner, c'est à dire d'attaquer chaque secteur en particulier en espérant en faire céder un maximum, notamment en jouant sur l'individualisme, le corporatisme, les intérêts particuliers de chacun, pour monter les secteurs en lutte les uns contre les autres. Pour cela il argumentera que qu'il ne peut satisfaire tout le monde, car il n'en a pas les moyens, et qu'il faut faire des choix.


7 Ainsi, seules les forces sociales qui pourront lui opposer une résistance conséquente pourront le faire céder. Quant aux autres, elles seront soumises a leur sort.


8 En tant qu'universitaires, nous n'avons que peu de poids sur les éléments déterminants du système, c'est à dire l'économie, la production et la diffusion. Par conséquent nous ne pourront faire reculer le gouvernement sans entrer en lien avec d'autres secteurs en crise, qui de par leur position dans la structure économique, seront plus a même de le faire plier.


9 Nous ne nous opposons pas qu'a de simples réformes, mais à un véritable projet de société, à la mise en place d'un ordre social dans lequel nous vivons, mais dans lequel vivent aussi nos parents, nos amis, menacés ou touchés par le chômage et la précarité, et dans lequel vivront nos enfants (pour ceux qui en auront), et ce sont eux, bien plus que nous qui feront les frais de cet ordre social, de la précarité, d'un contrôle social accru, et des désastres climatiques.

Nous devons ainsi nous abstraire de nos postures individualistes, et réfléchir et agir de manière globale.


Face à une offensive aussi globale que celle qui se met en œuvre aujourd'hui, nous ne pourrons répondre efficacement que par une réponse tout aussi globale!


A bas le Gouvernement Sarkozy

Publié par pensée-critique à 11:09:35 dans actu | Commentaires (0) |

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