Il y a tout un discours aujourd'hui sur la réalité objective. On nous présente le capitalisme, le marché, l'économie, l'entreprise, la concurrence, la démocratie républicaine et l'intérêt général, comme une réalité indépassable, dont il est nécessaire de s'accommoder, à la quelle il faut même participer activement. On nous présente alors la réalité comme une création spontanée, un ordre naturel des choses. Ce discours, qui a tendance a proclamer la fin des idéologies, occulte par là même, et paradoxalement, que la réalité est le produit de l'action humaine, de l'exercice de la volonté. En outre, ce qui a façonné les sociétés du XIXeme du XXeme siècle ne sont autres que la confrontation de deux grands types de volontés particulières, la base exploitée et l'élite dominante de la société. La réalité objective vécue par chacune de ses sphères donne lieu à des rapports aux mondes antagoniques, fruit de leurs positions sociales. Le réel ne peut ainsi être perçu dans sa totalité, mais est appréhendé en fonction de positions dans la société qui donnent lieu à des représentations subjectives particulières, des fragments de celle-ci. Le discours dominant n'échappe pas à cette règle, et constitue un système de représentation propre à ceux qui dirigent, façonnent la société. Ce discours dominant est assuré dans sa médiation par tout un ensemble de dispositifs tels que l'école, les médias, ou la publicité, chargés d'assurer la transmission de ces idées à l'ensemble de la population.
Ce discours qui se masque derrière la structure établie du monde, se confond avec celle-ci, et constitue alors une totalité convergente. Cependant, il écarte de fait toute possible évolution divergente, toute contestation, de cet ordre ainsi établi, puisqu'il place alors le possible, l'abstraction en marge. Hors, l'abstraction est le processus nécessaire à tout changement, tout dépassement historique. Sans cette abstraction, il n'y aurait pas eu de Révolution Scientifique, de Révolution Française, d'évolution de la condition ouvrière.
L'abstraction est ainsi l'étape première dans la lutte contre l'obscurantisme, l'idéologisme. Le discours dominant est ainsi idéologique puisqu'il nie l'abstraction, la reléguant à l'idéalisme, la rêverie, par opposition au concret, à ce qui est. Cette idéologie moderne, nous l'appelons Rationalité Technicienne, instrumentale, ou en finalité : elle prend appui sur la logique propre à la science et la technique, et s'impose aux esprits dans leurs lecture du monde Humain. La puissance de ce discours est son pragmatisme, il s'appuie sur ce qui est, ce qu'il produit pour se justifier, et engendre ainsi un univers totalisant, clos sur lui-même. Il n'y a plus ici de volonté à exercer pour transformer celui-ci, mais simplement à gérer ce qui est.
De plus, ce discours, dans sa négation des idéologies, se nie lui-même comme idéologique. Le réel n'est ainsi pas le conflit entre la réalité objective, et les différentes subjectivités, mais le conflit entre ces subjectivités mêmes, dont il faut rappeler qu'elle sont elles même produit de positions objectives, dans la société.
Le fait qu'une subjectivité s'impose aux autres entraîne de fait une disharmonie entre positions objective et représentation. Il s'agit ici d'une situation d'aliénation, et de domination.
Ainsi le discours dominant, de nature idéologique, s'impose par son apparente objectivité, aux différentes couches du social et de la pensée et annihile par la même le processus intellectuel qui fut la source de son développement, figeant ainsi le présent dans un cycle répétitif indéfini, ou l'histoire ne serait plus, car l'histoire est produit de l'exercice de la volonté humaine.
Il en résulte que la destruction progressive de la pensée critique, dans la logique de rationalisation économique, constitue le parachèvement d'un système total clos sur lui-même, ayant éliminé les derniers résidus d'autonomie intellectuelle, pouvant s'opposer à son bon fonctionnement. Ce qui se joue aujourd'hui dans le sauvetage de la pensée abstraite, c'est l'accessibilité pour tous à son contenu critique, qui constitue le dernier rempart à la domination d'un obscurantisme technico-economique.
Publié par pensée-critique à 17:22:05 dans analyses et essais politiques | Commentaires (0) | Permaliens
La plus grande erreur du Marxisme a été de ne pas percevoir que centrer la révolution sur le développement exclusivement matériel, le progrès technique aboutirait l'avènement d'une Technocratie. En effet, en considération du fait que le progrès technique pose comme exigence de répondre a une certaine logique, un certain comportement, une certaine formation de l'esprit, détermine une certaine manière de penser l'espace et de ressentir l'existence, et en posant le progrès technique comme condition première, si ce n'est unique, de la révolution prolétarienne, le marxisme entraîne le prolétariat, non vers son émancipation mais son aliénation profonde dans le Technicisme. De même et en continuité, le Trotskisme, en cherchant dans l'alphabétisation du prolétariat, non l'éveil d'une pensée critique, mais une appropriation pure et simple des bases élémentaires de la culture technicienne, préparait le prolétariat non à son émancipation mais à sa conversion de classe ouvrière à classe technicienne. Le Trotskisme commet ainsi l'erreur fondamentale de nier la dialectique négative, et par là même bride la capacité de celui-ci à opérer une transformation de la culture. De ce fait, il est évident que bien que le progrès technique constitua une élévation matérielle des conditions d'existence prolétarienne, il n'en constitue pas moins une nouvelle aliénation, à l'univers technicien. Tout est alors pensé suivant la logique propre à la technique, sans interférence d'une dimension métaphysique. Il en découle ainsi la mort de la culture littéraire, poétique, de l'imagination, qui se voit progressivement conditionnée par la technique elle-même, entraînant alors le règne du positivisme. Il n'y a plus ici de place pour l'imaginaire pur, mais au départ, pénétrance de la pensée technicienne dans l'imaginaire, puis probablement destruction de l'imaginaire. Ne pas prendre en compte que la technique réduit l'espace que l'on croyait illimité de la pensée, revient à laisser toute puissance à celle-ci de s'imposer, et conduit l'humanité dans un Etat de réduction d'elle-même, d'aliénation quant à ses origines. Il est bien évident que cette évolution une fois aboutie est irréversible, et continue toujours plus loin dans son processus de destruction de la métaphysique, de conversion de l'humain en simple relais de la Technique. Par conséquent les socialistes marxistes doivent à présent réintroduire une dimension existentielle dans leurs théories s'il ne veulent pas que la technocratie se substitue au communisme.
une autre réflexion, dans le même sens, traduite en terme marxiste, concernerait la relation infra/superstructure (base matérielle, techno économique / droit, Etat, idéologie, culture, religion, voire science et langage) et l'articulation dialectique entre les deux, et la limite de certains discours marxistes, que nous perçevons, dans la tendance à estimer qu'il suffirait de transformer, d'aménager l'infrastructure pour libérer le prolétariat, et faire exploser la superstructure, qui serait alors redéfinie par ce même prolétariat. Nous pensons qu'il y a ici une erreur fondamentale de réflexion, que nous n'attribuerions pas à Marx lui-même, mais à une interprétation maladroite ou rapide de sa pensée.
De plus la base matérielle de la société n'est plus la simple société industrielle éclatée du XIXeme et début XXeme siècle, mais un système d'organisation mondial, le système technicien (cf : Jacques Ellul, le système technicien ), constitué d'interdépendances, produisant sa logique interne, redéfinissant la superstructure suivant ses propres exigences. Ellul parle d'ailleurs de renversement entre superstructure et infrastructure, c'est le système technicien qui devient superstructure, qui est alors déterminé par l'idéologie, les lois, la culture, qu'il a au préalable engendré, diffusé.
La révolution serait alors libération du prolétariat en ce qui concerne la domination bourgeoise, mais soumission de celui-ci aux contraintes du système technicien. Le prolétariat n'exprimerait pas son idéologie propre issue de la négation du monde bourgeois, mais sa soumission nouvelle à l'univers technicien. Avec les conséquences nécessaires qu'implique l'avènement d'un tel type de socialisme, bureaucratisation pour une meilleure administration, et technocratisation, pouvoir de décision dans les mains des techniciens, des experts, et non dans celles du prolétariat auto organisé. Une nouvelle classe dominante émergerait alors, celle des techniciens, qui pose une nouvelle étape de la lutte de classes.
selon Ellul, avec lequel nous nous accordons ici, on ne peut attribuer l'échec de l'URSS à la seule ambition ou folie de Staline, mais bien à cette inconscience de ce qu'est le processus de technicisation, et ses conséquences, sociales, politiques, idéologiques, métaphysiques, et culturelles.
L'erreur du trotskisme est alors d'avoir porté le stalinisme comme seul responsable d'un échec qu'il serait potentiellement apte à répéter, et d'avoir loupé au passage cette analyse.
Il s'en suit qu'il serait aujourd'hui d'une inconscience frappante de ne s'attaquer qu'à l'infrastructure et de penser que le prolétariat sera ensuite émancipé et apte à s'autodéterminer. Pour sortir de la naïveté qui considérerait la technique comme neutre et gratuite, sans exigences, ni contraintes, et éviter de répéter a nouveau les dérives Staliniennes, il semble alors nécessaire de projeter une offensive conjointe contre l'infrastructure : réappropriation collective des moyens de production par le prolétariat, auto organisation, etc.
et la superstructure : critique de l'idéologie bourgeoise, et développement collectif d'une nouvelle métaphysique qui redéfinirait le rapport de l'humain à la technique, de l'inconscience à la conscience du phénomène, condition nécessairement préalable à son émancipation. Or une telle réflexion n'existe quasiment pas aujourd'hui, et n'existera pas sans une prise de conscience réelle de ce qu'est le système technicien, de ce que la Technique implique comme conséquences (nous les connaissons pour l'environnement, mais nous les ignorons en ce qui concerne l'esprit, les pratiques culturelles, les modes de représentation du vivant).
Il y a ainsi deux révolutions à mener de front, de concours : l'une matérielle et sociale, contre la domination bourgeoise, l'autre, métaphysique, contre la domination du système technicien.
Autant la première nous serait acquise dans la pensée, autant la seconde nous échappe encore, et c'est sur l'exploration de cette piste de réflexion que nous désirerions poursuivre...
1 l'erreur des marxistes en général est de considérer la technologie comme neutre, comme une somme de machines. Ils pensent que la technique serait "plastique" et que l'on peut en faire ce que l'on veut, cependant, pour être concue, utilisée, la technologie nécessite une attitude conforme a son égard, ainsi qu'une série d'infrastructures, en matière de conception matérielle, mais aussi d'élaboration idéelle permière et de maitrise d'un certain nombre de connaissances. elle pénètre alors la formation, l'éducation.
2 en pénétrant la sphère de l'éducation, elle y discémine un ensemble de normes d'applications qui deviennet progressivement des normes morales, comportemenatles.
3 son usage quotidien définit également certaines attitudes conformes aux normes de la technologie de part l'intéraction constante que nous avons avec les objets technologiques qui peuplent notre quotidien. cette intéraction avec la machine influe sur notre mental et nos intéractions avec les autres êtres humains.
4 la technologie, plus qu'une simple infrastructure, pénètre l'ancienne superstructure et s'érige en une nouvelle supertructure. la technologie est nihiliste, elle détruit les anciennes valeurs, et recompose un nouveau système de normes et de valeurs conformes à elle même. la rationalité, la logique deviennent se dépouillent progressivement des restes d'éthique qui la composent. seul compte le maximum d'efficacité, d'utilité, de productivité, etc.
5 la technique pénétrant de plus en plus notre quotidient, annonce la mort sur le long terme de l'intéraction interhumaine. il y a dix ans par exemple, le cercle d'amis proches d'un américain moyen étatit de 3 personnes, aujourd'hui, il n'est plus que de 2, et cette tendance est à la baisse.
6 l'usage constant de la machine a des effets psychosomatiques désastreux. besoin de se conformer au rythme de la machine, répétitivité, hyper-régularité engendre des réaction de colère, de stress, de violence.
7 Il est bien évident qu'un retour en arrière demeurera impopulaire, et que les machines et la technologie peuvent constituer une source de vie meilleure, et nous débarasser des charges de travail, cependant, a cause de celà, les marxistes n'ont jamais voulu reconnaitre les effets pervers de la technologie, et l'on toujours sous estimé. il n'est pas certain que dans une société communiste, le développement des machines ne se poursuive dans le sens du développement présent, ce qui provoquerait une existence d'une anorexie mentale déconcertante.
8 la technologie constitue à l'instar de la nature, un nouveau milieu dans lequel se joue le rapport de domination entre l'homme et son monde. par la technologie nous avons cru nous défaire de la domination de la Nature, mais nous n'avons pas saisi que la technologie constitue une transformation de celle-ci, dans laquel ce rapport se trouve de nouveau inversé. l'homme se trouve à nouveau dominé par son milieu.
par conséquent nous vous invitons à réfléchir avec nous afin que le communisme ne se transforme jamais en un univers technicien déshumanisé.
Publié par pensée-critique à 16:11:28 dans réflexions sur la technologie | Commentaires (0) | Permaliens
Le quotidien dans la modernité est organisé de telle façon que le travail absorbe la quasi-totalité de notre existence. Il nous prend tout notre temps, dispose notre psychisme au delà de l'activité même. Il comprend ainsi l'instant du réveil qu'il détermine, la préparation hygiénique, énergétique, et esthétique, le temps de transport, les pauses, dont le but est d'accorder temps de régénération (psychique, alimentaire) en vue de relancer la productivité, ainsi que le sommeil réparateur, qui répond également aux fonctions précédemment citées. Au final pour une journée de travail effectif de 7 ou 8 heures, c'est plus du double dont nous sommes dépossédés. Si l'on considère que le travail est usant (physiquement et psychologiquement) abrutissant, et qu'il peut continuer de hanter l'individu durant son temps libre, on en déduit que le travail constitue un système d'organisation aliénante et totalitaire, duquel il est difficile de s'échapper. Et quand bien même le travailleur ne serait pas obnubilé par son activité journalière une fois celle-ci terminée, il est alors contraint de s'adonner à d'autres taches quotidiennes telles que faire son ménage, sa lessive, sa vaisselle, remplir ses factures, faire ses courses au supermarché, s'occuper des enfants pour ceux qui en ont, et bien souvent, aller à la banque, chez le garagiste, ou autre réparateur, celles-ci engendrant également parfois des tensions psychiques. En conclusion, une existence totalisante, qui ne laisse que peu de temps disponible. Les 35 heures n'y changèrent rien!
A partir de cela, peu de temps pour la réalisation de soi et la politique, et dans ce cadre, généralement une obligation de choisir l'une ou l'autre, à fréquence réduite. Les politiques et les médias voudraient nous faire croire que le capitalisme est un système permettant à tous de se réaliser. Ils en appèlent à la participation citoyenne, et après cela il faudrait que la population se remette au travail, « travaillent plus pour gagner plus ». Quelle incohérence, Quelle hypocrisie ! La situation idéale, pour concilier réalisation de soi et politique étant encore le travail à mi temps, le RMI, les professions artistiques, ou la vie étudiante, toutes les situations que le système tend a faire disparaitre. De plus ces conditions d'existence ne sont pas généralisables dans le cadre du système capitaliste, et c'est pour cela qu'une transformation fondamentale de la structure sociale demeure nécessaire, transformation qui se détacherait des conception de propriétés privées et d'accumulation individuelle du capital. Il s'agit également de rompre avec les conceptions productivistes, sans quoi l'auto organisation n'a que peu d'intérêt.
La réduction du travail constitue ainsi la condition indispensable de l'émancipation de l'humanité. Réduction du temps de travail, mais aussi réduction des activités humaines, qualitativement et quantitativement, de production et de services. C'est-à-dire abandon des productions matérielles et activités socialement dispensables!
Il ne fait nulle doute que certains pourraient alors se sentir déroutés par la perte de certaines marchandises qui leurs sont cher, auxquelles ils s'identifient, cependant, de deux choses, l'une est que cette identification n'est que virtuelle, réside dans une fétichisation de la marchandise, à laquelle est attribiée un symbole, une idée, qui n'est pas le produit même, l'autre, est que la consommation de marchandise au delà des premières nécessités, est une drogue, un alcool, un soma, bref une compensation psychique à une existence vide de sens. par exemple, quiconque se prive de télévision pendant quelques jours tend a rescentir un manque, a perçevoit le vide de son exitence, cependant, un sevrage a long terme de télévision entraine un retour d'intérêt pour d'autres activités, comme la lecture, la peinture, la musique, le sport, la discussion... Ainsi la perte de certains biens marchands constitura alors un gain existentiel non négligeable, et la réduction du travail un espace de bien être propice a l'émancipation de soi.
Publié par pensée-critique à 15:57:19 dans réflexion critique sur le travail | Commentaires (0) | Permaliens
Intro
De nombreux auteurs se sont essayés à définir la structure sociale et les enjeux propres à la modernité. Qu'il s'agisse de fragmentation sociale, de multitude, de gauchisme moderne, de progressisme, de citoyennisme, de libéralisme existentiel ou d'unidimentionnalité, ceux-ci, au-delà de leurs orientations respectives, tentent de décrire à peu près le même phénomène. Nous nous sommes intéressés à ces auteurs principalement du fait de leurs orientations politiques fortement divergentes, afin de confronter leurs analyses sur la structure socio-politique de la Modernité, et plus spécifiquement en ce qui concerne la transformation des forces d'opposition au modèle dominant.
Ces analyses ont en commun qu'elles traitent d'un même phénomène, partent d'une même période historique, définissent un même contexte global : la seconde moitié du XXeme siècle, notamment les 30 glorieuses, la mise en place de l'Etat Social/Providence, et des politiques Keynésiennes après la seconde guerre mondiale, puis les années 80 a 2000, le démantèlement du modèle social, le retour à une économie libérale.
C'est de ce contexte global, dont nous tenterons de présenter les principaux aspects, qui constituera l'objet premier de cette analyse. Nous reprendrons également l'analyse de Louis Chauvel sur « le retour des classes sociales ? », qui nous parait hormis quelques oublis la plus complète a notre connaissance pour traiter de la question.
Les 30 Glorieuses
Cette période peut se définir en ce qui concerne ses traits principaux par : une forte croissance économique, de nombreuses luttes sociales, notamment dans les années 60 et 70, pour l'acquisition de droits et d'avantages sociaux pour les couches de population les plus défavorisées, mais aussi par le contexte de guerre froide américano-soviétique, les avancées scientifique sen matière d'automatisation, et leur application entraînant d'une part une augmentation considérable du taux de productivité, et d'autre part une diminution démographique de la classe ouvrière, et une forte croissance de la population de cadres et des professions du tertiaire, et enfin la mise en places de politiques Sociales, et une amélioration globale du niveau de vie, permettant l'avènement de la société marchande. C'est aussi a cette période, surtout en Europe, suite au traumatisme de guerre, que se constitue une idéologie de la Paix, un refus du conflit, et un modèle de contestation basé dorénavant sur la négociation.
On assiste ainsi à cette période à un amoindrissement relatif des inégalités de salaire, permettant un accès plus grand à la consommation, notamment pour la classe ouvrière (les « ouvriers de l'abondance »), et un assouplissement en terme de mobilité sociale, une démocratisation de l'enseignement supérieur.
Tandis que la classe ouvrière tend a s'affaiblir numériquement, du fait de l'automatisation et de l'explosion du tertiaire, mais aussi idéologiquement, en terme de sentiment d'appartenance, d'identité collective, apparaît dans le discours, les consciences, l'expression de « nouvelles classes moyennes », auxquelles s'identifient tant les ouvriers qualifiés, les employés, les enseignants, et autres professions intellectuelles.
Celles-ci sont à distinguer de la désignation classe moyenne issue de la pensée Marxienne, désignant les classes du milieu, les cadres, situé entre la Bourgeoisie et le Prolétariat.
On assiste alors à une multiplication des sentiments d'appartenances, s'accompagnant d'une multiplicité d'enjeux symboliques, de genre, d'ethnie, d'orientation sexuelle, de religion, mais aussi concernant la reconnaissance des spécificités locales suite à l'effacement des Etats Nations dans la mondialisation.
Le tournant des années 80
Les années 80 furent marquées d'une part par la récession économique, qui voit alors l'idéal du modèle de l' Etat Social s'effacer, et par la chute du Bloc Soviétique. Le capitalisme libéral restant seul vainqueur tend à s'imposer de nouveau.
Les transformations idéologiques sont ainsi importantes. En effet, tandis que les inégalités resurgissent, l'idéologie de la moyennisation, de la fin des classes, de l'inter compétitivité, et de la collaboration de classe sur le modèle de la négociation tend à s'imposer, tandis que l'idéologie Marxiste connaît son déclin, que le « Prolétariat » se désorganise.
Cette période voit aussi l'expansion d'une catégorie sociale fortement hétérogène, dont il n'existe pas de terme fédérateur dans le langage, le discours politique qui puisse les structurer en tant que classe sociale. Souvent appelés les exclus, les marges, les outsiders, ou encore le lumpen prolétariat, cet ensemble social se retrouve mise hors jeu sans possibilité de se structurer idéologiquement, et matériellement, et ne se manifeste que lors de mouvements sporadiques incapables de se lier les uns aux autres et souvent même, mis en compétition les uns avec les autres.
Il y a ainsi disharmonie, décalage temporel entre conditions objectives et condition subjectives, entre situation et représentation, qui brouille la mise a jour des enjeux réels propres aux groupes sociaux.
Synthèse des analyses sur la modernité
Nous avions ainsi dit que les analyses sur la modernité et les forces d'opposition décrivaient le même phénomène, nous allons alors tenter de discuter sur le fait qu'elles partagent le même pessimisme.
L'ensemble des analyses sur la modernité décrivent celle-ci comme l'ère de la fin des classes et de l'intégration du prolétariat, de l'unidimensionnalité, du consensus autour du capitalisme, de la démocratie, de la république, mais aussi, conjointement, comme une société multiplen divisée, atomisée, fragmentée, ou l'opposition politique ne se constituent plus sur des enjeux relatifs à une position économique et sociale dans le processus de production, à un antagonisme de classe. L'illusion des 30 glorieuses en ce qui concerne la moyennisation de la société à fait disparaître l'antagonisme de classe et démobilisé le mouvement ouvrier, et les avancées de la mondialisation on eu tendance a effacer les identités nationales, à diffuser la conscience d'une citoyenneté mondiale. Les enjeux politiques se sont alors constituées sur tout un ensemble de luttes parcellaires, relatives a des appartenances symboliques, religieuses, de genre, ethniques, régionales, d'orientation sexuelle, ainsi qu'un ensembles de risques transcendantes aux classes sociales, notamment en matière d'énergie, et d'environnement.
Ces analyses qui dominent la scène intellectuelle depuis une 20 aine d'années, tendent aujourd'hui, à décrire le présent comme un univers pétrifié, inerte, immuable, indépassable, dans lequel la lutte de classe a laissé place à l'inter compétitivité au sein d'un ensemble convergeant vers un but commun. Cependant, cette analyse si elle est objective, n'en est pas moins contestable. En effet, ces théories ne reflètent qu'une représentation d'un état antérieur de la société projeté entièrement dans le présent, sans analyse critique plus fine de la situation, constituant alors un discours politico-idéologique allant dans le sens du pouvoir dominant. Cette analyse n'est pas vraie car elle n'est que partielle, car d'une part, elle ne prend pas en compte que les conditions objectives qui constituaient la base de la moyennisation de la société ont changées, et d'autre part, elle ne reflète pas la dynamique des forces sociales en œuvre, la conflictualité croissante qui se dessine, les opposition au consensus global, qui même si elles ne sont que peu structurées, pourraient à l'avenir donner naissance à une force nouvelle, qui réactiverait alors sur des bases plus avancées la lutte de classes.
Nous estimons ainsi que les luttes pour l'acceptation des différences - en ce qui concerne les différences fondamentales constituant de réelles formes de négation de la vérité établie, de l'idéologie dominante sont en train de s'imposer. Ces luttes pour la démystification du mensonge social sont toutes celles qui s'opposent à l'idéal type de l'homme blanc chrétien hétérosexuel, à sa posture dominante : la luttes pour l'émancipation des femmes, les différents ethnies, les orientations sexuelles. Ces luttes sont vraies car elles balayent les fausses consciences et les théories naturalistes légitimant la supériorité génétique d'une fraction de l'humanité sur l'ensemble.
Les luttes religieuses, quant à elles ne constituent que les derniers élans de résistance de l'ordre ancien face à la rationalité technologique la où celle-ci fait la preuve de son irrationalité. Enfin les luttes de types régionalistes ne sont que le symptôme d'une perte de pouvoir et d'identité liée à l'entrée des Etats Nation dans la mondialisation. Ces deux derniers types de luttes contrairement aux premières sont fausses de part leur caractère conservateur, car elles se basent sur un ordre social et des instituions, dont le caractère mystifiant à été démasqué et démenti intellectuellement depuis déjà longtemps. Leur victoire ne constituerait alors pas un dépassement du présent, un avancement dans le dévoilement de la vérité, mais un retour à l'aliénation de la conscience, un blocage de l'histoire.
Il est ainsi possible que dans les démocraties occidentales, le triomphe des luttes pour l'acceptation des différences, dans le cadre de la logique d'égalité, remette alors au goût du jour, la question des classes sociales, du fait de la remontée croissante des inégalités économiques. Cette lutte pour l'égalité constitue en effet une lutte pour la vérité dans la mesure où elle est la négation de l'idéal type de l'homme occidental dominant, qui est également bourgeois capitaliste. Elle se révèle alors lutte de classes.
Enfin, pour clôturer cette partie en ce qui concerne les erreurs d'analyse de la structure sociale, nous opposerons que l'ensemble des analyses sur la moyennisation de par leur cadre trop anthropocentrique, ne peuvent être que réductrices et fausses, si elles ne prennent pas en compte le phénomène de la mondialisation, et la manière dont ce processus influe sur l'organisation géo-économique du monde. En effet, c'est comme si on avait analysé la société française et ses mutations en se centrant exclusivement sur les grandes villes et en excluant les campagnes, ou les banlieues. Il est ainsi nécessaire, dans le cadre de l'économie mondialisée, de la délocalisation de l'industrie, de repenser les inégalités, les classes sociales sur une base mondiale afin de mettre à jour la profondeur des inégalités qui n'apparaissent pas dans la structure sociale nationale des Etats occidentaux.
Classe Bourgeoise et fin des classes : une confusion dans l'analyse...
Les analyses sur la fin des classes ne font que traiter de l'endormissement de la lutte de classe, du fait de la dissolution du mouvement ouvrier. Elles ne s'intéressent qu'a une seule classe : le prolétariat. Cependant, elle ne traite pas de l'autre classe antagonique : la bourgeoisie. Ici réside l'erreur d'analyse fondamentale de la théorie de la fin des classes, qui l'invalide instantanément. En effet, la bourgeoisie, la vraie, la haute bourgeoisie aristocratico financière, dynastique, n'a jamais cessé d'être, d'avoir conscience de ses intérêts en tant que classe, de s'organiser. Cercles de réflexion, syndicats, lobby de pression, rallyes mondains, homogamie et reproduction sociale, capital financier et patrimoine démesuré, élitisme, on voit bien que la structure sociale n'a guère évolué depuis le XIXeme siècle (voire antérieurement). Qu'elle s'affirme ouvertement dans un système libéral, ou concède des formes hybrides de social libéralisme, d'Etat social à économie de marché, la bourgeoisie n'a cessé d'être, de dominer socialement, économiquement, matériellement, symboliquement, et idéologiquement.
... Qui tient du discours idéologique sur la démocratie
Le discours idéologique sur la démocratie se fonde sur plusieurs présupposés source de confusion. Le premier concernerait la notion d'intérêt général, qui tient de l'amalgame entre intérêt du peuple/de la nation et intérêt de l'Etat, d'où la notion d'Etat Nation.
La notion apparaît suite à la Révolution Française et l'avènement de la démocratie, et définit l'intérêt général comme intérêt supérieur aux intérêts particuliers, transcendant la nation. Ainsi, suivant cette définition, les classes dominantes et dominées agiraient de concours pour l'intérêt de la collectivité, pour un progrès global dont tous bénéficieraient à des échelles différentes. L'Idéal républicain nous décrit une société à la fois homogène et atomisée dans laquelle l'individu-citoyen contribuerait a son échelle au bien commun. La République et ses institutions constitueraient ainsi un dispositif de contrôle social dont l'objet serait la création d'un consensus. L'idéal Républicain s'oppose à la reconnaissance des opinions politiques hors de ce consensus, et par la même la possibilité d'auto détermination du peuple, il est par essence anti-démocratique.
Le second présupposé est en partie la conséquence du premier : au XIX eme siècle, lorsque les luttes sociales s'accentuèrent, le pouvoir dû concéder tout un ensemble d'avancées sociales afin de justifier la démocratie. S'en suit une seconde définition de la démocratie et de l'intérêt général : le paternalisme, pouvoir bienveillant, ou socialisme bourgeois (Marx) : le Bourgeois agit au nom du peuple, pour le bien de celui-ci, mais toujours en tant que bourgeois. Cette dimension philanthropique constitue certes une avancée puisque le pouvoir est ici exercé pour le peuple, mais toujours pas par celui-ci. Il ne s'agit pas là réellement d'une démocratie.
S'en suit tout au long du XIX et XXeme siècle un ensemble de luttes politiques aboutissant à l'apparition dun pluralisme politiques, plus ouvert à gauche, dans lequel il est plus ou moins admis que l'intérêt général se joue dans un rapport de force, essentiellement numérique en terme de légitimité, entre les différents intérêts de classe. Cependant, les années 60 à 80 marquent un tournant déterminant dans l'histoire politique moderne, ou la reconnaissance d'intérêts spécifiques indépendants des classes sociales entraînent l'amoindrissement de l'antagonisme premier, et provoquant le retour à l'acceptation initial d'intérêt général.
La démocratie ainsi fondée sur le consensus républicain, tolérant le pluralisme (bipartisme officieux) dans la mesure ou celui-ci ne remet pas en cause, ou n'as pas la force effective de remettre en cause l'ordre établi, mais aménage celui-ci en fonction des tensions relatives au sein de la société, dont l'Etat est l'appareil de régulation, bloquant par là même toute potentielle transformation fondamentale de la structure sociale. Le paradoxe du pluralisme républicain réside ainsi dans une tolérance relative de la pensée, si celle-ci s'incorpore au consensus, est précédée par l'idéologie du pouvoir.
Le consensus républicain basé sur la libre entreprise, l'égalité des chances, le mérite, la reconnaissance de l'individu, est ainsi la condition de la liberté pour ceux qui disposent de conditions sociales favorables, c'est-à-dire de la culture, du capital économique, du patrimoine, des réseaux, pour atteindre les positions sociales avantageuses. Mais il résulte de la contrainte pour ceux qui n'en disposent pas. Pour ceux-ci s'en suit une situation d'aliénation entre condition objectives d'existences et idéologie du système, entraînant une incapacité individuelle d'en jouir, une disposition à la soumission, à la dépréciation de soi, à défaut d'outils théoriques pour penser la réalité et la déconstruire, la révéler en tant qu'elle est idéologie.
La Démocratie vraie ne peut être la démocratie du consensus Républicain, car a ce moment là, elle est pénétrée par une idéologie qui se masque derrière le réel et qui cherche à s'imposer à la conscience comme système rationnel, bridant alors toute émancipation, toute autodétermination du peuple.
Elle ne pourra devenir vrai qu'à partir moment ou l'idéologie Républicaine se sera effondrée et où les positions idéologiques (subjectives) émanant des conditions matérielles (objectives) d'existence pourront s'affirmer clairement en tant que tel, et ou l'endoctrinement laissera place à l'autodétermination et l'expression des rapports antagoniques. A ce moment là il sera possible de distinguer les idéologies fausses des idéologies vraies, et de déterminer un intérêt général qui sera l'expression des conditions objectives d'existence du plus grand nombre, un consensus vrai et dynamique, à tout moment redéfinissable, car autoproduit par l'expression du rapport entre les différentes forces composant le social.
Mais là encore, la Démocratie ne constitue pas un système abouti, du fait qu'elle se fonde sur un principe implicite amalgamant le nombre et le vrai, sur la « tyrannie de la majorité ». Or historiquement, il est rare que le plus grand nombre ait été porteur de vérité de manière initiale, et celle-ci émergea bien d'avantage par la pression constante de minorités agissantes. Il en résulte alors que la démocratie devient le lieu d'affrontement entre le vrai et les faux, et laisse alors libre cours à toute sorte de courants politiques en quête de pouvoir, car constituant le courant d'expression privilégié de la démagogie ce qui bloque alors l'avènement du vrai et proclame le triomphe de la fausse conscience, l'expression de l'opinion.
La démocratie véritable ne pourrait alors se fonder sans un esprit critique poussé global et avéré, une norme sociale de déconstruction/reconstruction constante des idéologies, détruisant les fausses consciences, affirmant les vraies jusqu'à ce que celles-ci soient réfutées à leur tour, et dont l'aboutissement ultime, l'utopie résiderait dans la formulation d'un consensus indiscutable signifiant la mort de la politique et de la démocratie.
Il est cependant bien évident qu'a cet instant, l'aboutissement du processus démocratique ne constitue qu'une utopie chimérique, et que de plus la mort de la démocratie, tel que nous l'entendons, constituerait un état final de l'humanité, , une structure pétrifiée dans laquelle l'histoire ne serait plus.
A l'instar des démarches scientifiques et philosophique, où la quête de la vérité réside dans la déconstruction perpétuelle du faux, la quête de destruction de la démocratie telle que nous la présentons constitue un processus dynamique de dépassement constant du présent, , qui en tant qu'idéologie dominante, serait le moteur d'une société plus juste et satisfaisante pour le plus grand nombre.
Retour des classes sociales, retour de la démocratie ?
Il ne fait nul doute que le consensus produit de l'idéologie du groupe dominant bloque aujourd'hui possibilité de la démocratie. En effet, si celle-ci était l'expression du peuple, elle serait l'expression de la position du groupe dominé, non celle du pouvoir. Le retour des classes sociales et leur autodétermination politique, c'est-à-dire l'auto organisation, pourrait alors signifier la naissance de la démocratie, au sens étymologique du terme, c'est-à-dire non comme une fiction, un mythe transcendant reflétant de manière théâtrale la structure d'une société basée sur un modèle hiérarchique de domination, mais comme mode d'organisation réel, vivant, conflictuel et dynamique.
Publié par pensée-critique à 10:30:06 dans analyses et essais politiques | Commentaires (0) | Permaliens
la plupart des personnes suspectées de sabotage sur les voies SNCF on été relachées, il y a a priori lieu de se réjouir de constater que le pouvoir n'est pas encore total, ne peut se permettre n'importe quoi, enfermer n'importe qui, n'importe comment.cependant,deux personnes sont encore retenues dont une pour le chef d'accusation suivant "direction d'une cellule a vocation terroriste". en regard a ce que nous avons pu avancer précédement, il existe une certaine tendance à l'inversion dans cette histoire, a savoir que la terreur est bien d'avantage le fruit d'un gouvernement paranoïaque qui depuis 2001 met en place des lois permettant l'arrêt de n'importe qui pour suspition de terrorisme, ce qui génrère un état de peur surement bien plus grand que la menace réelle. L'Etat transmet sa peur à la population, dont il se dit le garant, et par la même réduit de manière légitime (au sens du pouvoir) les libertés, renforce le contrôle tant policier qu'idéologique. le déclin probable des systèmes capitalistes en tant que tel laisse alors place a des sociétés au contrôle renforcé. des discours de fadela amara, sur les jeunes des banlieues, et la nécessité de l'éducation républicaine, sarkozy et son retour a la morale, alliot-marie, et ses fichiers EDWIGE, son projet d'extention de la videosurveillance, son fantasme anarcho autonome, on a affaire a la même logique: renforcer le consensus sociétal, le contrôle idéologique basé sur des représentation mystifiées ou déformées (la république, la démocratie, la morale, l'intérêt général...), d'autre part, contraindre les désafiliés de ce consensus par la force, l'intimidation, la peur, au travers d'une police, de lois et de dispositifs techniques de surveillance.
pour ceux qui n'auraient pas suivit l'affaire, il ne s'agit pas d'une question de liberté de pensée, ou d'expression, mais d'une suspition d'intentions, autrement dit, vous pouvez penser ce que vous voulez, dire ce que vous voulez, a condition de ne pas faire ce que vous voulez, ou bien, dans ce cas, vous pouvez dire et penser ce que vous voulez et alors on vous soupçonnera de réaliser un jour en pratique cette pensée, et vous serez mis sous surveillance, et peut être un jour arrêté, comme julien coupat et ses amis, ou bien alors, ne réalisez pas vos rêves, et vivez soumis, dociles, contraints, et vous ne serez pas surveillés, vous vivrez libre de votre servitude.
les deux dernières personnes incarcérées doivent être libérées rapidement!
leur libération en signifira pourtant pas la fin de la lutte, ce genre d'opération du pouvoir, si elle n'est pas contestée, continuera de se répéter, de plus ces personnes passeront leurs vies entières sous surveillance policière. c'est ici l'Etat, le Gouvernement, la Police, et l'idéologie qu'il faut affronter.
Nous ne voulons pas de ce monde, ni de son passé, ni de sa tendance en devenir. Nous nous confronterons a ces esprits malades qui tentent de le façonner.
Publié par pensée-critique à 10:05:39 dans actu | Commentaires (0) | Permaliens
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