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Temps, Travail, vie quotidienne, réalisation de soi et participation politique | 05 décembre 2008

Le quotidien dans la modernité est organisé de telle façon que le travail absorbe la quasi-totalité de notre existence. Il nous prend tout notre temps, dispose notre psychisme au delà de l'activité même. Il comprend ainsi l'instant du réveil qu'il détermine, la préparation hygiénique, énergétique, et esthétique, le temps de transport, les pauses, dont le but est d'accorder temps de régénération (psychique, alimentaire) en vue de relancer la productivité, ainsi que le sommeil réparateur, qui répond également aux fonctions précédemment citées. Au final pour une journée de travail effectif de 7 ou 8 heures, c'est plus du double dont nous sommes dépossédés. Si l'on considère que le travail est usant (physiquement et psychologiquement) abrutissant, et qu'il peut continuer de hanter l'individu durant son temps libre, on en déduit que le travail constitue un système d'organisation aliénante et totalitaire, duquel il est difficile de s'échapper. Et quand bien même le travailleur ne serait pas obnubilé par son activité journalière une fois celle-ci terminée, il est alors contraint de s'adonner à d'autres taches quotidiennes telles que faire son ménage, sa lessive, sa vaisselle, remplir ses factures, faire ses courses au supermarché, s'occuper des enfants pour ceux qui en ont, et bien souvent, aller à la banque, chez le garagiste, ou autre réparateur, celles-ci engendrant également parfois des tensions psychiques. En conclusion, une existence totalisante, qui ne laisse que peu de temps disponible. Les 35 heures n'y changèrent rien!

A partir de cela, peu de temps pour la réalisation de soi et la politique, et dans ce cadre, généralement une obligation de choisir l'une ou l'autre, à fréquence réduite. Les politiques et les médias voudraient nous faire croire que le capitalisme est un système permettant à tous de se réaliser. Ils en appèlent à la participation citoyenne, et après cela il faudrait que la population se remette au travail, « travaillent plus pour gagner plus ». Quelle incohérence, Quelle hypocrisie ! La situation idéale, pour concilier réalisation de soi et politique étant encore le travail à mi temps, le RMI, les professions artistiques, ou la vie étudiante, toutes les situations que le système tend a faire disparaitre. De plus ces conditions d'existence ne sont pas généralisables dans le cadre du système capitaliste, et c'est pour cela qu'une transformation fondamentale de la structure sociale demeure nécessaire, transformation qui se détacherait des conception de propriétés privées et d'accumulation individuelle du capital. Il s'agit également de rompre avec les conceptions productivistes, sans quoi l'auto organisation n'a que peu d'intérêt.

La réduction du travail constitue ainsi la condition indispensable de l'émancipation de l'humanité. Réduction du temps de travail, mais aussi réduction des activités humaines, qualitativement et quantitativement, de production et de services. C'est-à-dire abandon des productions matérielles et activités socialement dispensables!

Il ne fait nulle doute que certains pourraient alors se sentir déroutés par la perte de certaines marchandises qui leurs sont cher, auxquelles ils s'identifient, cependant, de deux choses, l'une est que cette identification n'est que virtuelle, réside dans une fétichisation de la marchandise, à laquelle est attribiée un symbole, une idée, qui n'est pas le produit même, l'autre, est que la consommation de marchandise au delà des premières nécessités, est une drogue, un alcool, un soma, bref une compensation psychique à une existence vide de sens. par exemple, quiconque se prive de télévision pendant quelques jours tend a rescentir un manque, a perçevoit le vide de son exitence, cependant, un sevrage a long terme de télévision entraine un retour d'intérêt pour d'autres activités, comme la lecture, la peinture, la musique, le sport, la discussion... Ainsi la perte de certains biens marchands constitura alors un gain existentiel non négligeable, et la réduction du travail un espace de bien être propice a l'émancipation de soi.

 

Publié par pensée-critique à 15:57:19 dans réflexion critique sur le travail | Commentaires (0) |

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