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La plus grande erreur du Marxisme a été de ne pas percevoir que centrer la révolution sur le développement exclusivement matériel, le progrès technique aboutirait l'avènement d'une Technocratie. En effet, en considération du fait que le progrès technique pose comme exigence de répondre a une certaine logique, un certain comportement, une certaine formation de l'esprit, détermine une certaine manière de penser l'espace et de ressentir l'existence, et en posant le progrès technique comme condition première, si ce n'est unique, de la révolution prolétarienne, le marxisme entraîne le prolétariat, non vers son émancipation mais son aliénation profonde dans le Technicisme. De même et en continuité, le Trotskisme, en cherchant dans l'alphabétisation du prolétariat, non l'éveil d'une pensée critique, mais une appropriation pure et simple des bases élémentaires de la culture technicienne, préparait le prolétariat non à son émancipation mais à sa conversion de classe ouvrière à classe technicienne. Le Trotskisme commet ainsi l'erreur fondamentale de nier la dialectique négative, et par là même bride la capacité de celui-ci à opérer une transformation de la culture. De ce fait, il est évident que bien que le progrès technique constitua une élévation matérielle des conditions d'existence prolétarienne, il n'en constitue pas moins une nouvelle aliénation, à l'univers technicien. Tout est alors pensé suivant la logique propre à la technique, sans interférence d'une dimension métaphysique. Il en découle ainsi la mort de la culture littéraire, poétique, de l'imagination, qui se voit progressivement conditionnée par la technique elle-même, entraînant alors le règne du positivisme. Il n'y a plus ici de place pour l'imaginaire pur, mais au départ, pénétrance de la pensée technicienne dans l'imaginaire, puis probablement destruction de l'imaginaire. Ne pas prendre en compte que la technique réduit l'espace que l'on croyait illimité de la pensée, revient à laisser toute puissance à celle-ci de s'imposer, et conduit l'humanité dans un Etat de réduction d'elle-même, d'aliénation quant à ses origines. Il est bien évident que cette évolution une fois aboutie est irréversible, et continue toujours plus loin dans son processus de destruction de la métaphysique, de conversion de l'humain en simple relais de la Technique. Par conséquent les socialistes marxistes doivent à présent réintroduire une dimension existentielle dans leurs théories s'il ne veulent pas que la technocratie se substitue au communisme.
une autre réflexion, dans le même sens, traduite en terme marxiste, concernerait la relation infra/superstructure (base matérielle, techno économique / droit, Etat, idéologie, culture, religion, voire science et langage) et l'articulation dialectique entre les deux, et la limite de certains discours marxistes, que nous perçevons, dans la tendance à estimer qu'il suffirait de transformer, d'aménager l'infrastructure pour libérer le prolétariat, et faire exploser la superstructure, qui serait alors redéfinie par ce même prolétariat. Nous pensons qu'il y a ici une erreur fondamentale de réflexion, que nous n'attribuerions pas à Marx lui-même, mais à une interprétation maladroite ou rapide de sa pensée.
De plus la base matérielle de la société n'est plus la simple société industrielle éclatée du XIXeme et début XXeme siècle, mais un système d'organisation mondial, le système technicien (cf : Jacques Ellul, le système technicien ), constitué d'interdépendances, produisant sa logique interne, redéfinissant la superstructure suivant ses propres exigences. Ellul parle d'ailleurs de renversement entre superstructure et infrastructure, c'est le système technicien qui devient superstructure, qui est alors déterminé par l'idéologie, les lois, la culture, qu'il a au préalable engendré, diffusé.
La révolution serait alors libération du prolétariat en ce qui concerne la domination bourgeoise, mais soumission de celui-ci aux contraintes du système technicien. Le prolétariat n'exprimerait pas son idéologie propre issue de la négation du monde bourgeois, mais sa soumission nouvelle à l'univers technicien. Avec les conséquences nécessaires qu'implique l'avènement d'un tel type de socialisme, bureaucratisation pour une meilleure administration, et technocratisation, pouvoir de décision dans les mains des techniciens, des experts, et non dans celles du prolétariat auto organisé. Une nouvelle classe dominante émergerait alors, celle des techniciens, qui pose une nouvelle étape de la lutte de classes.
selon Ellul, avec lequel nous nous accordons ici, on ne peut attribuer l'échec de l'URSS à la seule ambition ou folie de Staline, mais bien à cette inconscience de ce qu'est le processus de technicisation, et ses conséquences, sociales, politiques, idéologiques, métaphysiques, et culturelles.
L'erreur du trotskisme est alors d'avoir porté le stalinisme comme seul responsable d'un échec qu'il serait potentiellement apte à répéter, et d'avoir loupé au passage cette analyse.
Il s'en suit qu'il serait aujourd'hui d'une inconscience frappante de ne s'attaquer qu'à l'infrastructure et de penser que le prolétariat sera ensuite émancipé et apte à s'autodéterminer. Pour sortir de la naïveté qui considérerait la technique comme neutre et gratuite, sans exigences, ni contraintes, et éviter de répéter a nouveau les dérives Staliniennes, il semble alors nécessaire de projeter une offensive conjointe contre l'infrastructure : réappropriation collective des moyens de production par le prolétariat, auto organisation, etc.
et la superstructure : critique de l'idéologie bourgeoise, et développement collectif d'une nouvelle métaphysique qui redéfinirait le rapport de l'humain à la technique, de l'inconscience à la conscience du phénomène, condition nécessairement préalable à son émancipation. Or une telle réflexion n'existe quasiment pas aujourd'hui, et n'existera pas sans une prise de conscience réelle de ce qu'est le système technicien, de ce que la Technique implique comme conséquences (nous les connaissons pour l'environnement, mais nous les ignorons en ce qui concerne l'esprit, les pratiques culturelles, les modes de représentation du vivant).
Il y a ainsi deux révolutions à mener de front, de concours : l'une matérielle et sociale, contre la domination bourgeoise, l'autre, métaphysique, contre la domination du système technicien.
Autant la première nous serait acquise dans la pensée, autant la seconde nous échappe encore, et c'est sur l'exploration de cette piste de réflexion que nous désirerions poursuivre...
1 l'erreur des marxistes en général est de considérer la technologie comme neutre, comme une somme de machines. Ils pensent que la technique serait "plastique" et que l'on peut en faire ce que l'on veut, cependant, pour être concue, utilisée, la technologie nécessite une attitude conforme a son égard, ainsi qu'une série d'infrastructures, en matière de conception matérielle, mais aussi d'élaboration idéelle permière et de maitrise d'un certain nombre de connaissances. elle pénètre alors la formation, l'éducation.
2 en pénétrant la sphère de l'éducation, elle y discémine un ensemble de normes d'applications qui deviennet progressivement des normes morales, comportemenatles.
3 son usage quotidien définit également certaines attitudes conformes aux normes de la technologie de part l'intéraction constante que nous avons avec les objets technologiques qui peuplent notre quotidien. cette intéraction avec la machine influe sur notre mental et nos intéractions avec les autres êtres humains.
4 la technologie, plus qu'une simple infrastructure, pénètre l'ancienne superstructure et s'érige en une nouvelle supertructure. la technologie est nihiliste, elle détruit les anciennes valeurs, et recompose un nouveau système de normes et de valeurs conformes à elle même. la rationalité, la logique deviennent se dépouillent progressivement des restes d'éthique qui la composent. seul compte le maximum d'efficacité, d'utilité, de productivité, etc.
5 la technique pénétrant de plus en plus notre quotidient, annonce la mort sur le long terme de l'intéraction interhumaine. il y a dix ans par exemple, le cercle d'amis proches d'un américain moyen étatit de 3 personnes, aujourd'hui, il n'est plus que de 2, et cette tendance est à la baisse.
6 l'usage constant de la machine a des effets psychosomatiques désastreux. besoin de se conformer au rythme de la machine, répétitivité, hyper-régularité engendre des réaction de colère, de stress, de violence.
7 Il est bien évident qu'un retour en arrière demeurera impopulaire, et que les machines et la technologie peuvent constituer une source de vie meilleure, et nous débarasser des charges de travail, cependant, a cause de celà, les marxistes n'ont jamais voulu reconnaitre les effets pervers de la technologie, et l'on toujours sous estimé. il n'est pas certain que dans une société communiste, le développement des machines ne se poursuive dans le sens du développement présent, ce qui provoquerait une existence d'une anorexie mentale déconcertante.
8 la technologie constitue à l'instar de la nature, un nouveau milieu dans lequel se joue le rapport de domination entre l'homme et son monde. par la technologie nous avons cru nous défaire de la domination de la Nature, mais nous n'avons pas saisi que la technologie constitue une transformation de celle-ci, dans laquel ce rapport se trouve de nouveau inversé. l'homme se trouve à nouveau dominé par son milieu.
par conséquent nous vous invitons à réfléchir avec nous afin que le communisme ne se transforme jamais en un univers technicien déshumanisé.
Publié par pensée-critique à 16:11:28 dans réflexions sur la technologie | Commentaires (0) | Permaliens
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