Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

esprit-critique-révolutionnaire

Collectif Pensée-Critique

Sur la Technologie | 13 mai 2008

La genèse du processus scientifico-technologique trouve ses fondements dans la volonté des sociétés humaines à s'émanciper des contraintes qui leurs sont imposées par la nature. La technologie de pointe voit le jour dans l'avènement de la science, et son application pratique, en ce qui concerne, en premier lieu, la question de la production. Le processus technologique fut à ce moment porteur de grands espoirs en ce qui concerne l'émancipation massive de l'humanité, quant à la diminution de la charge de travail nécessaire à sa survie.

 

Cependant, au fur et à mesure que la technologie s'est développée, elle n'a pas entraînée la diminution du temps de travail, l'émancipation de l'humanité, mais a astreinte celle-ci à une charge de travail supplémentaire pour satisfaire des besoins préalablement inexistants. A ce propos, on ne peut nier l'influence des classes dominantes de la société, en outre, de la bourgeoisie capitaliste, et de son homologue bureaucrate soviétique, en matière d'avidité, d'exploitation, de contrôle social. Les classes dominantes en effet ont tout intérêt à occulter ce projet initial d'autonomie, puisque celui-ci entraînerait la remise en question de leur position hiérarchique. On constate ainsi à un processus inverse au projet initial : l'autonomie croissante du processus technologique, et son intrusion, son expansion, dans la plupart des sphères du social, du vivant. 

 

D'abord développée pour favoriser le système productif et par conséquent les besoins les plus primaires de l'humain, la technologie dans la modernité s'est ensuite progressivement appliquée à trois grand domaines : la santé, le contrôle, les loisirs; altérant la structure du social, les modes de vie, en créant des besoins subsidiaires la rendant en apparence indépassable.

 

Il nous semble assez difficile de nier les avantages procurés par la science et la technologie en matière de santé, cependant, le processus technologique avançant, de nouveaux maux apparaissent, et ce du fait que la science, de par son intégration au processus industriel, influe sur l'environnement, les rapports sociaux, les modes de vie, les rythmes biologiques. Ainsi, la toxicité et le rythme effréné des métropoles, l'isolement de plus en plus poussé des « individus »,  l'aseptisme alimentaire, la soumission fréquente à des ondes cancérigènes, sont directement responsable de la déficience immunitaire, de l'augmentation croissante du niveau de stress, du taux de dépression, de maladies chroniques, respiratoires, cancéreuses. Même s'il ne s'agit que d'effets pervers, la science et la technologie sont ainsi les causes directes des maux actuels de l'humanité.

Le processus scientifico-technologique a cela de particulier qu'il est employé à résoudre les problèmes de l'humanité, et qu'en ce faisant, il en génère d'autres, qui à leurs tours sont résolus par la technologie, et ainsi de suite ; cependant plus le processus technologique avance, plus les problèmes engendrés s'avèrent désastreux, voire irréversibles.

 

Technologisme et capitalisme étant liés, toute solution envisagées pour résoudre un problème, qu'il soit social, biologique ou environnemental, est inéluctablement de nature technique et économique, et converge toujours dans une certaine logique : le maintient de l'ordre établi, de la structure sociale, de la logique du progrès, de l'idéologie dominante. Il n'est pas envisageable pour le système capitaliste technicien de  rompre avec la tendance historique en cours. Devant le désastre croissant de la civilisation, l'augmentation de la peur, de l'insatisfaction sociale, la réponse du capitalisme technicien réside dans une mutation en société de pacification, c'est-à-dire de contrôle, et de loisirs. 

 

Science et technologie sont ainsi de plus en plus employées à des fins policières : vidéosurveillance généralisée, fichage ADN, tazers, boîtiers anti-jeunes, géolocalisation, rétention de données électroniques, informatiques (e-mails, liste des sites visités, sms, messages vocaux), écoutes téléphoniques, passeports et cartes d'identités biométriques, etc ; dans le but d'intimider, de dissuader de toute contestation, et ainsi de réguler les comportements, de les normaliser, de maintenir la population soumise, docile.

 

Les loisirs ensuite, constituent la seconde face du contrôle des masses, la carotte après le bâton. Le vieil adage « panem et circenses », du pain et des jeux, principe initial du contrôle social par la satisfaction des besoins humains minimaux nécessaires à la survie, et par le spectacle, comme instant de socialisation, de grégarisme cathartique, est toujours d'actualité, via de nombreuses manifestations sportives (football, boxe, F1). La barbarie antique a simplement laissée place à des formes plus pacifiées de spectacle.

Ce qui diffère réellement de la Rome Antique, c'est d'une part la symbiose qui s'est développée entre distraction et consommation, et d'autre part, du fait que consommation implique production et donc système technicien. On assiste ainsi à la pénétrance de la technologie  jusque dans l'espace privé, l'intimité. La technologie envahit toutes les sphères de nos vies. Elle est omniprésente. Ce qui devait sortir l'humanité de sont état de besoin à réussi à devenir un besoin, à se rendre indispensable.

 

L'existence n'est plus qu'usage continuel d'objets de plus en plus sophistiqués : réveille matin, brosse à dent ou rasoir électrique, cafetière,  voiture, GPS, téléphone portable, badge d'entrée à reconnaissance électronique, borne biométrique, la machine de travail (la chaîne ou le pc), le téléphone portable, la carte de crédit, le lecteur DVD, l'agenda électronique, la clé mp3, la télévision, son catastrophisme, ses reality show, ses publicités, Internet et ses jeux en ligne, sa vie fictive, son cybersexe, les animaux de compagnie électroniques, le vibro-masseur et autres sex toys...  usage continuel de technologie, dont nous devenant dépendants.

On accède alors à une étape supérieure dans le processus de séparation, de dissolution du lien humain, propre au capitalisme technicien. Ce processus nous entraîne vers un monde de moins en moins authentique, de plus en plus artificiel. L'homme n'est désormais plus lié à son prochain, mais connecté à la machine ; il ne s'agit pas ici de quelconque roman ou film de science fiction, mais de la réalité.

 

La technologie dans le monde/ la réalité capitaliste constitue une force sociale plus puissante que la volonté d'autonomie. cependant, la réalité n'est pas capitaliste, la réalité reste à inventer.

 

La structure sociale, la pensée, le mode de vie des sociétés occidentales capitalistes ne sont pas adaptées à l'accueil, à la maîtrise de la technologie. Le processus technologique n'est pas en train de libérer l'humanité, mais de la détruire ; nous pensons que pour enrayer cette dynamique, le pouvoir actuel doit être anéanti, jusque dans ses fondements politiques, matériels, structurels, sociaux, psychiques, et idéologiques.

 

Après quoi, reste à voir la manière dont évolue le processus technologique. Il n'est cependant pas dit que ce dernier ne prenne fin dans une société débarrassée de la domination capitaliste. Il se peut très bien que la technologie devienne de plus en plus autonome, soumettant, asservissant l'humain à ses propres besoins, contraintes, à celles du système qu'elle génère. La société post-moderne devra donc placer la question de la technologie comme point central de sa réflexion, mais il n'est pas dit que progressivement elle ne se laisse happer, séduire par les possibilités qu'offre celle-ci, en faisant fi des conséquences que son usage peut engendrer.

 

Par conséquent, nous préconisons qu'au pire, la technologie doit être employée avec la plus grande vigilance, ce sur quoi nous restons extrêmement sceptiques, et qu'au mieux, elle doit être abandonnée.

 

E-C-R

Publié par pensée-critique à 10:43:30 dans réflexions sur la technologie | Commentaires (0) |

Présentation

E-C-R est un médium de diffusion de pensée critique dont le but est de fournir a ceux qui le désirent des outils pour penser le monde, la situation politique, les rapports humains, et ainsi leur permettre d'accéder à un savoir critique théorique, afin de remettre en cause la légitimité de l'ordre dominant, ses bases idéologiques et normatives.

nous ne sommes pas une force qui cherche a gonfler, a rassembler autour d'elle, a rameuter le plus grand nombre. nous tentons simplement de détruire la pensée dominante, la normativité dans sa virtualité, la fausse vérité qui se dissimule dans la perception de la réalité. nous invitons ainsi quiconque passe sur ce site a nous faire part de ses commentaires, de ses remarques.
sur ce bonne lecture!
 
Nous mettons également à disposition une petite bibliographie si vous souhaitez approfondir vos connaissances!

nous disposons par ailleurs depuis peu d'une adresse mail dans le cas ou vous souhaiteriez nous faire parvenir certains textes, ou si vous désirer dialoguer de manière plus approfondie avec nous.

Rechercher

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Compteur

Depuis le 24-05-2006 :
41519 visiteurs
Depuis le début du mois :
1513 visiteurs
Billets :
70 billets

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03