Depuis plus de 20 ans l'ensemble des réformes en ce qui concerne l'éducation convergent toutes dans une optique de libéralisation, de privatisation du savoir. Celle-ci, comme l'ensemble de la société, s'est vue réduite à l'état de spectacle et de marchandise.
La gauche, depuis la désillusion du socialisme, ne fait qu'adopter une position conservatrice, de résistance. Elle s'est appliquée à se modeler à l'image du pouvoir, pour que celui-ci puisse l'intégrer, ou la prendre en compte. Elle est ainsi devenue citoyeniste et technocratique. Elle pense dorénavant que par le pouvoir, ne formule plus ses aspirations que dans le langage du pouvoir, c'est-à-dire un langage technique, gestionnaire. Elle formule sa critique dans cette même logique qui est : comment adapter l'école, le travail, la santé, l'environnement à l'économie, au capitalisme. Elle place l'état en sauveur, comme l'instance qui va tout régler, et lui demande alors d'être juste et bon, de moraliser le capitalisme.
Tout ce qu'elle fait depuis 20 ans, c'est ralentir, parasiter la marche du système, la tendance historique du capitalisme, mais sans perspective de l'enrayer, de la dépasser. Au mieux, elle sert à l'état de jugulateur social, qui va lui mâcher le travail, en lui composant un programme de gestion sociale du capital. Elle est ainsi le relais de l'état dans le sens ou elle lui permet de contenir une population potentiellement révolutionnaire. Mais ce que le capitalisme concède n'est toujours que temporaire, n'est valable qu'à court terme(5 à30 ans), et les réformes de gauche sont bien davantage des mesures de pacification, que de progrès social.
La gauche ne propose ainsi pas une critique fondamentale de l'enseignement, mais se cantonne, dans une tentative désespérée, de sauvegarder le vieil état social des 30 glorieuses. La gauche se fige dans le passé. Mais le passé tout comme la gauche, est révolu.
Nous n'avons pas de programme défini de ce qu'il faudrait faire pour l'école, nous pensons que l'école, tout comme le reste de la société ne peut être réformée dans le capitalisme. Nous ne revendiquons rien car nous n'attendons rien de l'Etat. Nous pensons cependant que la gauche passe complètement (et à juste titre, car elle est avide de pouvoir) à coté des problèmes de fond du système scolaire qui sont : le contrôle social, la classification, l'apprentissage de la hiérarchie, du respect de l'autorité, de l'ordre, la domination, l'idéologie de la performance, le rapport à l'institution comme médiation nécessaire, la récession de l'esprit critique et de la créativité.
Ce que nous poserions comme perspective d'urgence serait : lutter contre l'intronisation de la biométrie et autres dispositifs techniques de contrôle social, lutter contre le retour de tout ordre moral, religieux ou autre, qui converge avec l'optique capitaliste, créer des organismes autonomes d'éducation, sur le modèle des universités populaires.
L'école telle que nous la verrions devrait accorder une certaine autonomie dans l'apprentissage, où l'élève ne serait plus en position de spectateur consommateur de connaissance, de compétence, mais dans celle d'acteur, auto producteur de connaissances. Il ne devrait pas être cloisonné à une salle de cours, soumis à la cloche, et à l'autorité patriarcale. Les enseignants ne seraient là que pour aider, guider, non inculquer. Ils ne devraient pas être soumis à des programmes scolaires, mais d'avantage réceptifs aux demandes des élèves. Ces derniers ne devraient pas être évalués, soumis a des systèmes de notations visant à classer, sélectionner, hiérarchiser, et impliquant stress, pression sociale, humiliation... ceci ne constitue qu'un bref et utopique aperçu de ce que nous penserions devoir être l'école, qui peut néanmoins nous servir de guide pour exercer notre volonté à améliorer le vivant.
POUR UNE ECOLE NON CITOYENNE , NON REPUBLICAINE, NON RENTABLE, NON PATRIOTIQUE, NON PATRIARCALE, NON CYBERNETISEE
POUR UN APPRENTISSAGE CREATIF, AUTONOME, COLLECTIF ET LUDIQUE !!!
E-C-R
Pour ce faire : s'opposer idéologiquement à l'hégémonie des bureaucrates de gauche, par une théorie critique radicale de leur mode d'action, qui implique le reste de leur objectifs (conscients et/ou inconscients), c'est à dire contenir une population débordante, en la fédérant autour de revendications technocratiques masquant une idéologie sociale démocrate conservatrice désireuse de pouvoir, et sans perspectives offensives. s'organiser hors des relais du pouvoir: c'est à dire des partis politiques, des syndicats. Partager nos expériences pratiques et tactiques de la lutte, détourner les manifs, bloquer l'économie, occuper des lieux, y développer la vie!
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