Le terme Démocratie vient de démos (le peuple) et cratos (le pouvoir). C'est ainsi le pouvoir du peuple, exercé pour et par lui même. Cependant, la notion de peuple porte en elle une certaine ambiguïté. Bien qu'il puisse y exister des hétérogénéités, Elle présuppose une identité, des pratiques, un mode de vie, des évidences et un idéal partagé. Il existe ainsi des mondes sensibles conciliables, qui coexistent, et des mondes en guerre parce qu'ils ne sont pas conciliables. La démocratie prend ainsi son sens dans un certain rapport de force, de puissance dans la capacité des mondes à matérialiser leur existence.
Analyse socio historique de la Lutte des classes
la notion de lutte des classes posée par le marxisme, décrit assez bien cette guerre des mondes, et prenait encore sens avant les dérives totalitaires en URSS (Marx comme Kaczynski s'accordent d'ailleurs sur le fait que la révolution ne pouvait se faire qu'a l'échelle internationale, ou du moins dans les états nations les plus puissants, car le pouvoir y serait assez déstabilisé pour permettre une révolution, et que si cette révolution n'était pas coordonnée dans les états socle du pouvoir mondial, celle ne pourrait aboutir du fait des déséquilibres internes et externes qu'elle engendrerait, et basculerait alors assez facilement dans l'autoritarisme) et l'instauration de l'État social en France. Les politiques sociales d'inspiration Keynésiennes on eu pour but assez évident de faire taire ce conflit, cette lutte potentielle entre le monde prolétaire, et de la classe bourgeoise capitaliste, libérale, bref de l'élite, du pouvoir, pour diffuser de manière douce et insidieuse, non par la force, son idéologie, et ainsi tenter de mettre fin a cette guerre des mondes, a endormir un rapport de force qui commençait à émerger. En effet, la sortie de la guerre permettait un nouvel essor du capitalisme préalablement en crise (crise de 1929) et donc une opportunité pour la classe bourgeoise de maintenir son pouvoir et même de l'accroître au niveau mondial. C'est ici que se pose la fin amorcée des états nation, le nationalisme local perdurant, tandis que l'état commença a se constituer sur une base mondiale. Ceci permettait à l'élite, dans une vision à long terme, de se réaggréger aisément ailleurs en cas de crise locale (actuellement, émergence de l'Asie, et signes de déclin américain). Il ne fait nulle doute que la démocratie constitue pour le pouvoir un dispositif de contrôle (coordonné avec les médias, la formation scolaire républicaine (nous verrons dans le paragraphe suivant en quoi), la technologie policière et marchande, les politiques de développement durable)
1/le système d'organisation des corps via le système démocratique républicain
Pour qu'un État soit démocratique, une pacification et une uniformisation sont nécessaires. Pour s'imposer au(x) monde(s), sur un territoire donné (local, national, continental, mondial) une idéologie doit briser les communautés, les mondes, les pratiques et les modes de vie de ceux ci, pour imposer le sien. Elle doit diviser pour reigner, et ainsi isoler, individualiser, pour que ne restent que des corps atomisés, affaiblis et donc plus facilement contrôlables. Elle doit briser les solidarités mécaniques, les liens d'entraide directe, pour poser la solidarité organique, les institutions de l'état comme nécessité entre les individus (durkheim). D'ou le négationnisme de la république en ce qui concerne les communautés et la lutte des classes, dans le fait de poser le citoyen, l'individu abstraction faite de son monde. Ainsi isolé, il est quasi impossible pour cet individu qui adopte cette logique libérale, de constituer une puissance qui puisse faire jouer avantageusement son rapport de force face au système. L'individu, ainsi affaiblit tombe assez aisément dans une position d'attentisme et de soumission, donc de désengagement politique.
2/La pacification via la présupposée nécessité de la société
la logique marchande, et la mode convergent dans cette logique d'atomisation et d'affaiblissement des mondes, du fait qu'ils véhiculent dans leurs discours cette idée de l'altérité normative, c'est a dire le fait que chacun doit être différent, qu'il faut mettre en avant ces différences individuelles, placées au dessus des liens, des similitudes, et non les poser dans une perspective dialectique dynamique individu/communauté. Plus généralement, l'être se retrouve désenchassé de son monde, étranger à celui-ci, incapable de le gérer(giddens), son processus de pouvoir et d'autonomie sont alors enrayés, celui-ci se retrouve donc pris totalement dans un processus de dépendance, de nécessité du système (kaczynski). La stratégie du système se constitue donc sur deux niveaux : le contrôle individuel via le processus de dépendance, et la libre circulation des flux et des marchandises. De plus, le systèmes doit, pour éviter les situation de crise, et garder la population sous contrôle, éviter les situations anomiques, c'est à dire de toujours veiller à ce que le niveau de stress, et d'insécurité n'atteignent pas un seuil critique, c'est pour cela qu'au delà des dispositifs policiers et sécuritaires, celui-ci présente toujours ses marchandises sous un jour positif (bonheur, divertissement, facilitation de la vie pratique et quotidienne, tabac et alcool marchands, nourriture marchande, altérée, aseptisée, ou génétiquement modifiée donc affaiblissante) (kaczynski)
suivant ce qui vient d'être présenté, nous pouvons affirmer que le système politique démocratique-républicain se pose sur la même logique, présentant un idéal positif, accompagné d'un code moral humaniste, et posant depuis l'après guerres, comme seule autre éventualité un idéal négatif : le Fascisme. Nous ne sommes pas de cet avis. Le fascisme comme système politique totalitaire dénie aussi bien la communauté que la république, puisqu'il s'appuie sur le principe de nationalité et la présupposée homogénéité de la nation, et peut aisément émerger au sein des sociétés démocratiques (1936, élection du parti NAZI en Allemagne). La différence qu'il existe entre le système actuel et le fascisme réside dans une stratégie plus élaborée, plus fine et insidieuse de contrôle des masses, ne consistant pas en l'élimination pure et simple de la population potentiellement insurrectionnelle, mais par sa pacification en amont : reproduction sociale via la socialisation primaire dans la famille, école républicaine, l'armée (ce n'est plus d'actualité; de plus, les dispositifs sont assez nombreux pour se substituer les uns aux autres, et la formation militaire outre l'idéologie avait comme effet de former la population à la guerre et donc à l'insurrection potentielle), les marchandises, le vote, la santé via les industries pharmaceutiques de la médecine scientifique... et en aval : la répression policière, la vidéosurveillance, les nanotechnologies, la biométrie, les RG, la carte d'identité... mais le système porte tout de même en lui les « gènes » du fascisme (forte répression, suprématie de l'état, négationnisme des hétérogénéité, des appartenances communautaires, et donc affaiblissement et isolation de l'être, mise sous contrôle de la population), qui constitue une de ses mutations logiques potentielles.
Cependant, le système se camoufle plus aisément, car les dirigeants des états nations ne sont que les médiums des décisions POLITIQUES* (au sens gestionnaire du terme), c'est à dire de directives prises en amont par des organismes méta-étatiques en ce qui concerne l'économie, l'écologie, la santé, l'armée (Europe, ocde, Onu...) sur lesquels les dits citoyens n'ont aucune prise
La notion de pluralisme issue du libéralisme politique constitue un dispositif stratégique, de contrôle et de pacification, du fait qu'il donne au « citoyen » l'illusion d'un choix dans l'expression de ses opinions politiques, de sa pensée, et d'un triomphe, ou dans la reconnaissance, la prise en compte de celle-ci via le vote. Cependant, la philosophie libérale (le libéralisme existentiel) tend à accepter l'expression de toute pensée, de toute opinion, à condition que celles-ci ne s'exprime pas en acte, ne se matérialise pas, ou que cette pensée ne porte pas à conséquence en ce qui concerne la structure sociale, l'ordre établi.
De plus le pouvoir dispose également de dispositifs de neutralisation en amont, qui sont :
Le stigmate historique porté par les partis affiliés aux régimes totalitaires, ce qui réduit considérablement leurs potentialités de victoire.
Le pragmatisme, la logique de rationalité instrumentale, entraîne le citoyen, formé dans ce prisme intellectuel depuis l'enfance, à penser de manière calculatrice. Il se prononce donc lors des élections pour le parti et le candidat qu'il juge le moins pire.
Le dispositif médiatique, qui permet d'influer fortement sur l'opinion publique, et qui est majoritairement investi, hors élection par le pouvoir, ou les partis dont l'idéologie consiste en une extension, une complétude de celui-ci (la gauche sociale démocrate par exemple, dont l'idéologie consiste en l'intégration des minorités dans le pouvoir, via la discrimination positive).
Les inégalités financières entre les différents partis, qui brident ou dopent les capacités de victoire via l'usage de techniques de médiatisation.
Enfin, le système des 500 signatures, qui favorise l'énarcho-technocratie, c'est à dire que les candidats aux élections sortis de l'ENA disposent de plus de capitaux relationnels, symboliques et financiers, et ont donc plus de chances d'obtenir les 500 signatures, et même de manière coordonnée, d'empêcher un candidat d'avoir les siennes, via les réseaux de connaissances, et les pressions mafieuses. Ce qui s'exprime donc dans le pluralisme, c'est un choix qui n'engage qu'à peu, entre l'idéologie de la classe dominante (la droite), et l'idéologie dominante intégratrice (la sociale démocratie) ou conservatrice (l'extrême droite).
Critique de la démocratie directe et participative
Cette idée de la démocratie est absurde pour deux raisons majeures au vu de ce qui a déjà été explicité précédemment : d'une part parcequ'elle s'exerce sur une population déjà majoritairement traversée par le prisme idéologique du pouvoir en place (au moins par certains de ses travers), d'autre part parce que les décisions politiques réellement importantes sont prises sans consultation du peuple. La démocratie directe, que prônent les libertaires, ne peut donc pas exister au sein du système capitaliste, puisque ce qu'il en ressort constitue l'expression de l'idéologie du pouvoir et de ses dérivées complémentaires.
L'abandon du concept de démocratie
On pourrait dire que théoriquement la démocratie est la condition nécessaire tout groupe humain constitué, de toute communauté, dans la mesure ou ces groupes partagent un monde, un mode de vie, un idéal commun, et que la liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres dans la mesure ou les rapports de force s'expriment de manière directe, dans la négociation commune au sein d'une existence partagée, et non par la médiation d'un code moral et d'un dispositif policier de contrôle extérieur à ce groupe, ainsi s'exerce la tyrannie de la majorité telle que la décrit tocqueville.
Cependant, se réaproprier une définition de la démocratie, se dire démocrate, ne fait qu'ajouter a la confusion, (théorique ainsi que dans les pratiques), et nous propulse ainsi dans un débat philosophique interminable entre prodémocrates et anti-démocrates, entre démocrates théoriques, et démocrates représentativistes, instrumentalistes (le pouvoir). La démocratie dans la mesure où elle est une condition nécessaire n'a ainsi pas besoin d'être posée comme cadre conceptuel dans la vie quotidienne des groupes humains. Cette idée pourrait par ailleurs devenir intéressante et réapropriable dans la mesure ou comme l'idée du communisme, elle aurait été abandonnée, invalidée par le pouvoir
n'oublions pas que la république démocratique fut remise au goût du jour lors de la révolution française, orchestrée d'ailleurs par la classe bourgeoise, après avoir été abandonnée pendant une période de 2000ans, et n'oublions pas non plus que ce système avait été pensé et établit dans la Grèce antique, dans un contexte citadin, pré sociétal ou déjà les groupes humains avaient atteint une telle densité que le fonctionnement communautaire devenait impossible, ce qui impliquait de fortes inégalités et des rapports de forces de pouvoir considérables, la rendant écrasante et inhabitable pour une part de la population, en ce qui concerne la prise de décisions collectives.
Dans une certaine mesure, la démocratie en son sens philosophico-éthymologique se révèle alors invalide sous sa dimension sociétale, et ne peut s'appliquer qu'aux bandes, et aux communautés réduites. La démocratie en société, de par sa tendance à doper le pouvoir individuel et de classe, via la représentativité, et la pacification qui l'accompagne, consiste alors en un système idéal de contrôle, de gestion des masses. C'est ici que se trouve l'antinomie, dans le fait que le pouvoir est exercé pour la classe dirigeante et par la classe dirigeante, sur et malgré le peuple (nous avons déjà discuté cette notion au début du texte). La démocratie ne prendrait donc sens qu'à une échelle locale, constituée d'êtres et de groupes qui coexistent, non à l'échelle d'une société qui n'en est même plus, tant elle constitue un vaste chaos atomique de liens faibles et d'étrangeté.
ce texte ayant dépassé son état embryonnaire n'en est néanmoins qu'a un état foetal avancé, il n'est par conséquent pas arrivé a sa pleine maturation, et sera redéveloppé plus tard...
Publié par pensée-critique à 16:03:56 dans analyses et essais politiques | Commentaires (0) | Permaliens
les conditions actuelles de la société industrielle capitaliste avancée
nous plongent dans une problématique totalement inversée de ses fondements initiaux
le système techno industriel ne répond dorénavant plus aux besoins humains,
c'est l'humain qui doit s'adapter pour répondre aux besoins de celui ci
de par ses innvovation pratiques, ses productions dont nous usons quotidiennement,
et qui deviennent partie constituante de notre vie,
la dépendance ne cesse s'accroitre, l'industrie de se poser comme nécessaire et indépassable.
nous nous retrouvons dans la nécessité de renouvellement quotidien de ses productions volontairement périssables
nous nous retrouvons démunis face aux disfonctionnements de ceux ci,
du fait du haut degré de complexité et de sophistication de la technologie moderne
jadis, la plus élémentaire des machines pouvait fonctionner 20 ans, était aisément réparable
de nos jours elle est obsolète et tombe en panne au bout de deux ans,
et nous devons nous en remettre aux incompétents techniciens des services après vente,
bien souvent impuissants du fait de la spécificité périssable de la machine elle même.
les industriels pourraient très bien opter pour un niveau de développement moindre,
pour une plus grande durabilité des biens
les citoyens pourraient très bien se mobiliser, faire pression sur les gouvernements,
mais il n'en est rien,
les intellectuels, de la science, de l'économie, de la politique savent très bien s'organiser,
pour garantir l'hégémonie et la nécessité du capitalisme avancé
le fait que la démocratie participative arrive au gout du jour,
et qu'elle ne se soit pas posée avant n'est donc pas un hasard,
tout comme le fait que les problématiques politiques qui y seront posées
porteront sur des domaines sans conséquences pour le système,
et non sur une remise en question réelle de celui ci
le fait que cette évolution soit voulue et controlée par quelques uns
ou que ce controle ne soit que le fait d'un processus de culturation,
d'un habitus de classe ne nous importe peu
mais qu'une élite s'organise pour en garantir le bon fonctionnement constitue pour nous un obstacle
rien de ce qui est posé dans la représentation politique classique, de droite à gauche,
ne s'oppose réellement, ni ne constitue une menace concrète pour le système, et son élite
aucune force politique à but électoral affiché n'est à même d'assumer la situation
de porter la radicalité d'une position à la mesure du désastre
(humain, affectif, intellectuel, écologique, culturel, économique)
c'est pourquoi nous trouvons aberrant le fait de voter,
parce que voter ne nous permettra jamais de vaincre
face à un système qui possède d'énormes moyens fianciers,
dispositif de propagande, de manipulation, d'embrigadement, de répression et de coercition,
pour se poser comme le seul réel possible,
pour nier ou diaboliser toute autre vision, position, perspective subversive,
c'est à dire qui ne constitue pas une altération améliorante de celui ci
nous le savons, nous le ressentons tous intimement,
le capitalisme avancé est en phase de s'effondrer
la question est donc, la suivrons nous dans sa chute, la laisserons nous couler seule,
ou serons nous les agents de son démantèlement ?
Publié par pensée-critique à 15:59:39 dans réflexions sur la technologie | Commentaires (0) | Permaliens
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Friedrich Engels :
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- Le Capital livre I, un Chapitre inédit du Capital, Livre III
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-Vers la Libération: au delà de l'Homme Unidimensionnel
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Publié par pensée-critique à 13:53:47 dans Bibliographie | Commentaires (0) | Permaliens
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