Il faut de la mélancolie pour écrire. De la mélancolie et de la solitude. De la guitare larmoyante. Une chanson qu'on écoute pour la énième fois. Qu'on se repasse en boucle. Avec ce sentiment d'on ne sait quoi, qui nous remplit d'un triste émoi. Ma métamorphose me conduit vers un nouveau moi...
Il faut une soirée comme une autre pour écrire. Une soirée sans rien de spécial. Où notre corps fatigué laisse s'échapper des maux mal soignés. Alors les pensées nous emportent bien loin. Loin dans le passé. Loin dans le futur. Dans des moments qu'on aimerait toucher du bout des doigts. Comme un refuge parfois. A l'aube ou au crépuscule. D'un souvenir ou d'un rêve...
Il faut avoir envie de pleurer pour écrire. Pleurer de tristesse, de regret, d'envie d'aimer. Peu importe l'objet, on a envie de donner. On sent dans nos veines la force de l'amour à déverser. Ces soirs là on pourrait tout pardonner au passé. Pardonner à tous ces êtres qui nous ont blessé. Dire que ce n'est rien et que l'on continue à vivre malgré tout. Et nos yeux sont lourds de sommeil. Alors on s'endort légèrement saoulée. La trêve avec nous-même fut éphémère. Mais au petit matin, elle nous a donné la force d'exister...
Publié par ecrirecesthurler à 23:17:45 dans Maux en prose | Commentaires (0) | Permaliens
C'est un jour sans. Un jour sans fin. Et j'imagine cent fins. Cent fins d'un jour avec. Sauf que c'est un jour sans. Et que de fin il n'en reste qu'une, enfin : continuer à écrire sur ma feuille volante, qui ne sait pas voler. A moins que je ne la froisse. A moins que je ne la jette. A l'autre bout d'une pièce. Pour qu'elle y laisse des traces. Pour qu'elle y reste en place. Pour qu'elle perde ses plis. Et ses arêtes coupantes.
J'ai froissé ma feuille volante. Et je ne sais plus quoi y écrire. C'est traversée de sensations fugaces, volantes et volatiles, que je voudrais écrire. Mais il y en a trop. Toujours ce trop. Comme une nuée de papillons qui s'abattent sur moi. Alors je m'en vais et je n'écris pas. Car le trop me fait peur. Car le trop me fait fuir. Puis il me fait partir, au galop sur ma monture d'angoisse, pour semer des papillons, dans le creux de mes sillons.
J'ai froissé ma feuille volante. Elle ne s'est pas fâchée. Je l'ai jetée au loin. Elle n'est même pas revenue. C'est comme ça, parfois. Je ne mesure pas le poids de mes gestes. Je jette sans vouloir jeter, sans le vouloir vraiment. Et puis, ça ne revient pas. Et puis, ça ne revient plus. Quant au poids de mes mots, je le passe sous silence. Quand au fardeau de mes maux, je le laisse au silence.
J'ai traversé la pièce. J'ai ramassé ma feuille volante. Elle était si légère. Je l'ai dépliée, avec le dos de ma main, comme on peut défroisser d'une caresse. Le début de mon texte était là, intact sur le fond, froncé sur la forme. Infondé. Déformé. Puis j'ai continué à écrire sur ma feuille volante. Froissée. Je continue de dire. Je continue d'écrire. Je continue de penser, qu'à écrire mes pensées, un jour je pourrais les renier.
C'est un jour avec. Un jour avec ma feuille, qui n'est toujours pas volante, mais qui est défroissée. Ce sont mes émotions qui s'envolent, portées par les papillons. C'est un jour avec. Et j'aimerais que le mot fin ne soit jamais inventé. Et je voudrais pouvoir écrire au fil de mes lignes. Ecrire des signes sur mes feuilles. Volantes, violentes ou non.
Publié par ecrirecesthurler à 21:42:14 dans Maux en prose | Commentaires (11) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 15:06:06 dans Maux en prose | Commentaires (15) | Permaliens
Elle était jolie cette maison que j'habitais depuis tant d'années... Son toit brun, ses deux grandes fenêtres au travers desquelles on pouvait voir tout ce qui se passait à l'extérieur... Mais... je ne m'y sentais pas bien.
Bien sûr, dans mon enfance, je ne voyais pas bien l'intérieur, je ne me préoccupais pas de l'enjoliver, ni d'apprécier ses beautés. Pendant longtemps, j'y étais presque insensible, j'y vivais par habitude...
Lorsque quelqu'un me faisait remarquer qu'une décoration était plus ou moins jolie, je n'y portais pas attention... Ou plutôt, je ne voulais pas y porter attention, je la cachais ou bien je ne la regardais plus... Je vivais dans ma maison comme une automate. Lorsque quelqu'un me complimentait sur une pièce particulièrement agréable, je rougissais, disant que ce n'était rien, juste une illusion...
Puis un jour, cette maison qui m'était auparavant si familière me devint tout à coup, je ne sais pour quelle raison, inhabitable... Je la détestais, je la fuyais, je ne lui trouvais plus rien de beau. Elle me faisait mal et je lui faisais mal. Je la sentais presque hantée, comme habitée d'une maladie que je croyais incurable. Et j'avais beau fuir, cette maison me suivait... J'aurais voulu la démolir. Je la voyais si laide que je pensais qu'elle n'avait plus le droit d'exister...
Longtemps, j'ai fait mal à ma maison, jusqu'au jour où, sur mon chemin, j'ai croisé des décorateurs, des spécialistes en intérieur...
Je les ai laissé entrer dans ma maison que je trouvais si laide, et qu'ils ont trouvée belle... Ils m'ont fait ressortir les plus belles décorations que j'avais cachées au plus profond de mon sous-sol. En plus de les avoir oubliées, lorsque je les ai ressorties, j'ai eu peine à croire que ces petites choses qui rendent la vie si belle m'avaient déjà appartenu...
Puis, je me suis mis au travail et avec l'aide de ces décorateurs hors-pairs, j'ai fini par trouver de belles choses pour ma maison... Et j'ai enfin pu accepter de les accrocher bien en vue, non pas pour les montrer aux autres dans le but de faire envie, mais bien plus pour les voir et les admirer moi-même. Quelle satisfaction que de redécouvrir la beauté intérieure de ma maison...
Cette maison n'a pas d'adresse et ne coûte pas un sou à chauffer... J'y habite seule, mais j'y ai beaucoup de visites puisque maintenant, je laisse les portes ouvertes ; j'ai jeté le cadenas qui les a maintenues fermées si longtemps...
Cette maison n'a pas d'adresse, mais elle a un nom, elle s'appelle : MOI...
Cette maison que j'ai détestée et à laquelle j'ai fait si mal, c'était moi...
Je me suis longtemps crue pleine de défauts et dépourvue de toutes qualités. Mais grâce à ces gens qui ont croisé mon chemin, j'ai réappris à m'aimer et à décorer mon intérieur. Je ne fais que commencer à réparer ma maison intérieure... Je souhaite que lorsque j'aurai enfin terminé et qu'à nouveau, je me sentirai parfaitement bien dans ma maison, je deviendrai moi-même décorateur afin d'aller aider d'autres personnes qui n'aiment pas leur maison. Je ne fais que commencer, la route sera longue, mais bien entourée, elle me semblera plus facile !!
(Auteur inconnu)
Publié par ecrirecesthurler à 20:28:03 dans Maux en prose | Commentaires (16) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 15:19:28 dans Souvenir :) | Commentaires (9) | Permaliens
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