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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Dans le placard | 31 août 2006



Poupée placard, toute seule dans le noir,
Jetée au fond d'un puit,
Griffée par les ombres de la nuit, tachetée de sang.
Qui voudra d'elle maintenant ?
Les coups du temps l'ont couverte de poussière,
Ses veines plastifiées sont ouvertes sur un autre monde.
Recroquevillée sur elle-même,
Elle ne veut plus de contact avec les coins
Où coulent les habitudes.
Peur des lames suspendues pour trancher les certitudes.
Petite poupée désespoir a cogné sa tête aux pensées synthétiques...
Petite poupée hurle sa rage dans le placard.

Petite poupée assise sur le bord de la route,
Sous la pluie à compter les gouttes,
Recouverte de boue, s'en va à la dérive,
Parmi les débris, vers le cimetière des mépris...
Sa bouche est un marécage,
Elle ne veut plus dire un mot,
Ses yeux s'enlisent dans le noir.
Plus personne ne veut la prendre dans ses bras,

Elle n'est plus rien, elle n'a plus rien, son cœur s'engloutit...
Petite poupée se meurt seule et muette.


"Souvenir"

 

Publié par ecrirecesthurler à 08:57:57 dans Souvenir :) | Commentaires (37) |

Moi aussi j'ai fait un rêve | 30 août 2006


Moi aussi, j'ai fait un rêve. Serait-ce le même, serait-ce un autre ? Etait-ce elle, était-ce une autre ? Je lui ai dit « emmène-moi » et je l'ai suivie. Je lui ai dit « reste avec moi », elle est partie. On s'est dit « attendons-nous » et on a rit. Un bord de lac, un bout de chemin, un coin de table, un air de rien, un air de tout. Tout est bien qui finit bien.

Moi aussi, j'ai fait un rêve. Etait-ce toi, était-ce moi ? C'était nous. Plus d'anonyme, que des souvenirs. Plus de masque. Intimité dévoilée. Je ne t'ai pas dit « prends-moi la main ». J'ai oublié « vivement demain ». J'ai hésité « tu me manques déjà ». J'ai regretté « serre-moi fort ». J'ai préféré « continuons notre chemin ».

Si dans mon regard tu as vu un ange, dans tes yeux, j'ai aperçu ce lac. Je voudrais m'y noyer, je voudrais y revenir. Pour juste te prendre la main, sans rien avoir à dire, ni besoin d'expliquer. De toutes façons les mots sont inutiles. On se comprend trop bien. Pourtant, ils sont là, malgré nous. A plus tard pour te les dire. Te revoir pour un sourire. Te revoir sans dire « au revoir », sans dire « adieu ». Nous retrouver ailleurs pour dire « bientôt », pour dire « à deux ».

La première partie de ce rêve à deux chez V.e.r.o

Publié par ecrirecesthurler à 08:33:36 dans Souvenir :) | Commentaires (43) |

Femme fragile | 29 août 2006



Des gestes, des mots qui résonnent sur son corps dans sa tête. Ce qu'ils lui ont fait. Ce qu'ils n'avaient pas le droit de faire. Réveille toi. Ils ne recommenceront pas. La petite fille est restée dans la pièce. C'est une femme fragile, cassée par tant d'horreurs et de douleurs qui en est sortie... L'innocence brisée, faire confiance aux adultes qui en abusent. Crier, et personne n'entend. Comme enfermée dans une bulle de verre où tout le monde passe à côté...

Il faut pleurer, crier, cracher les mots qui font mal. La douleur, cette boule de venin qui coule dans ses veines, sa détresse. Ce qu'ils lui ont fait, cet abus de pouvoir sous prétexte qu'elle est l'innocence, le beau, le nouveau. Torture de corps et d'esprit, par des bourreaux. Victime sensible et innocente, désespérée, brisée. Cette petite fille, qu'est-ce qu'elle voit, qu'est-ce qu'elle ressent ? Qu'a t'elle envie de dire ?

Envie de dire beaucoup de choses, envie de dire "non, arrêtez !", "aimez-moi !", envie d'appeler ses parents, envie de serrer sa poupée, envie qu'on s'occupe d'elle, qu'on la console, qu'on la lave et qu'on la coiffe. Mais tout ce qu'elle voit, ce ne sont que des adultes autour d'elle, qui ne lui font que du mal, qui lui ont attaché les mains pour qu'elle ne bouge plus, qui lui ont mis une main sur la bouche pour qu'elle ne crie pas. Et pour qu'elle arrête de vomir....


"Souvenir"

Publié par ecrirecesthurler à 08:16:43 dans Souvenir :) | Commentaires (47) |

Je veux pas grandir | 28 août 2006


Elle vient de fermer la porte, il fait tout noir. La porte  elle l'a fermée complètement. J'ai peur, j'ai froid, je n'aime pas le noir. Ils me disent que je suis grande, mais moi, je veux pas être grande. C'est quoi d'abord être grande, c'est ça être grande. Pourquoi ça fait mal d'être grand ?

J'entends un bruit. Qui s'approche de moi. C'est quoi ce bruit ? Si j'appelle, ils ne vont pas être contents, je remonte le drap sous mon menton, j'ai peur, je serre ma poupée tout contre moi, elle se sauve, elle aussi a peur. Mon p'tit cœur bat très vite.
J'ai pas envie d'entendre ce bruit, j'ai beau fermer les yeux, me boucher les oreilles, rien à faire. Je ne veux pas l'entendre.  Ils sont là, je ne veux pas ouvrir les yeux. Non !

Ils se rapprochent, sont tout près de mon lit, ne pas dire un mot, ne pas crier, surtout ne pas prononcer leurs noms, sinon ils vont me briser.

J'ai mal au cœur.

J'essaye de crier, je ne peux pas, les mots ne sortent pas, ils restent dans ma tête, comme mes larmes dans mon cœur.
J'ai du mal à respirer. Ils vont me tuer.

Je ne veux pas être grande, je suis toute petite, me faite pas de mal,  je serai toujours sage, je ne dirai rien.
Si c'est ça être grand et ben je n'aime pas.

Les monstres m'ont brisée, je suis souillée.


"Souvenir"

Publié par ecrirecesthurler à 10:00:36 dans Souvenir :) | Commentaires (59) |

Particules | 21 août 2006


Petites particules, arrivées dans sa bulle, recouverte de pensées pures, roule à l'envers, soutenue par les sourires, fatiguée sur la route, tenue en laisse par la vie, elle ne peut s'accommoder. En manque, elle s'agite, un besoin d'action se fait ressentir, un vide qu'elle a besoin de combler par des passions, pour masquer  ses sources vives et profondes.

Plaisirs impolis, passions convenables, l'amour et l'ambition, alliés sans être liés, l'une s'affaiblit, l'autre se ruine. Le temps avance, les regards se croisent et se décroisent, des rencontres en tout genre, futiles, imprévisibles, inaccessibles. L'âge de raison n'a ni fin, ni commencement.

Misérable vie, si courte, toujours à courir, le compte à rebours enclenché, à chercher une vie tumultueuse et agréable, une vie bien rangée, on jette par-dessus bord ses plaisirs. Mais c'est dans la nature humaine, se sentir aimé, envie d'être aimé.

Et on avance, on perd la cadence, on ne sait pas où l'on met les pieds, l'esprit à l'envers, le cœur en folie, passions de feu, confusion mentale.

C'est bon d'avoir peur, d'aimer avec ardeur, l'éloquence de deux personnes, force et flexibilité jusqu'au cœur. Bâtir des parois, pour se protéger, ne plus pleurer de douleur, mais on a beau se cacher, l'amour ne cesse de nous retrouver, on ne peut vivre sans elle, on ne peut survivre sans elle.

"Souvenir"

Publié par ecrirecesthurler à 20:41:35 dans Souvenir :) | Commentaires (39) |

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