Si tu me parlais encore un peu de toi, ça fait longtemps que je te comprends, j'ai l'impression de te connaître depuis toujours, je te lis, je t'écoute, je te devine, parce qu'on se connaît, parce qu'on se ressemble.
Mais à quoi ça te sert de faire semblant ? Arrête un peu de faire le clown de temps en temps, laisse couler tes larmes, crie ton désespoir, ouvre-moi ton cœur et range ta pudeur. Les douleurs, à l'abri au fond d'un tiroir sont comme les couleurs qui dégoulinent sous ton masque. Tu reviens de ta nuit, de ton néant, avec des bleus au cœur et des tourments, tu crois pouvoir faire face, et ranger les fantômes à leur place. Tu crois pouvoir faire illusion, avec un sourire sur une cicatrice, avec des fleurs dans la tête et des rôles de séductrice...
Fais tomber ton masque puisque je t'en donne l'occasion et ne joue plus à te cacher. Tu n'en seras pas moins appréciée ni moins aimée. Ne cherche pas la perfection dans d'autres regards, accepte ton reflet dans le miroir, ne reste pas ce clown mélancolique qui affiche un sourire pathétique pour brouiller les pistes. Quitte tes songes pour une fois, redescends de tes étoiles petite femme-enfant qui ne grandit plus, libère-toi du mensonge, reviens dans la lumière, sur le devant de la scène, réveille-toi mais ne t'enfuis plus. Tu tournes en rond, tu avances à reculons, tu refuses d'être toi-même et tu laisses le givre couler dans tes veines, alors que j'ai senti leur chaleur, que j'ai su ouvrir ton livre et percer tes mystères...
Laisse fondre ce cœur de glace... Laisse-moi une chance, laisse-moi une place... Ecris-moi encore des histoires pleines de couleurs pour me faire rêver, raconte-moi encore l'histoire de ton cœur pour t'en libérer. Si on parlait un peu de toi... Pour de vrai... Sans masque, en face à face, les yeux dans les yeux, ouvre ton cœur, ouvre tes yeux et regarde-moi...
A attendre, seule, dans mon jardin Mon sourire est devenu sanglot Mon cœur au bord du chagrin Mes souvenirs au fil de l'eau Pense à moi si t'en as besoin Pense à moi si t'en as le temps Pense à moi si t'en as envie...
J'ai pensé à demain Tu n'étais pas loin Au bout du chemin Tu tendais la main Je sentais mon coeur Je n'avais plus peur
De la mauvaise herbe a illuminé mon jardin et je souhaite Que les fleurs n'aient pas poussé que dans ma tête...
Ecrit...