Au grand âge de la vie
Temps de rire et d'oubli
Tant de pire et de cris
Captivée
Par l'arbre calciné du passé
Capturée
Par l'âcre mélodie surannée
Je deviens vagabonde de moi-même
Va-nu-pieds dans mon monde
Sans sentir, au fond de moi
Le gel ennivrer mes doigts
Qui n'écrivent qu'en émois
Mes saisons sont brûlées
Ma raison s'est murée
Ma maison c'est ton âme
Que les autres condamnent
Que les autres gouvernent
En laissant porte close
A l'amour si grandiose
Qu'il lapide comme l'hiver
Les pierres muettes d'hier
Publié par ecrirecesthurler à 10:49:42 dans Maux en vers | Commentaires (16) | Permaliens
Si au loin se dessine la promesse de la vie
Si le loin me destine la prouesse de l'oubli
Alors, sans hésitation, j'en franchirai le seuil
Laissant derrière moi mes années de deuil
Si l'azur me tend ses bras dénués de regrets
Je partirai sans remords emportant mes secrets
L'outre-ciel me verra sortir de mes sentiers
Et lever les yeux comme une enfant subjuguée
Je ne perdrai pas en route les objets, les repères
Je ne vivrai plus de peurs, de noirceurs, de mystères
Mon seul vêtement sera cousu de bel or
Et ma valise ouverte telle la boîte de Pandore
Publié par ecrirecesthurler à 10:03:38 dans Maux en vers | Commentaires (9) | Permaliens
Vertige de l'esplanade
Tout devient fade
Parapluie de l'oubli
Tout passe en gris
Tout passant va
Tout pas s'en va
Tout passe sans vie
Sans cri
Sans lie
Sans l'épaisse substance
Sans plus de résistance
Qu'un cadenas de moitié
Ouvert pour prolonger
Le vicieux plaisir
De pouvoir l'ouvrir
Publié par ecrirecesthurler à 16:10:43 dans Maux en vers | Commentaires (6) | Permaliens
Pas de répit
Pas de sursis
L'écorchure fait des charpies
La morsure dévoile le gris
Et moi je fais des ratures
Et des éclaboussures
Sur ma peau de sciure
Ma peau déçue
Ma poésie hésite
Ma prose éclose
Je rame et je trame
Quelle que soit la chose
Quel que soit le drame
Je rame en silence
Dans mon vague à l'âme
Qui n'est pas du slam
Qui n'a pas de sens
Mais qui apaise mon âme
En effervescence
Publié par ecrirecesthurler à 11:11:55 dans Maux en vers | Commentaires (8) | Permaliens
Je récupère des miettes tel un pigeon effaré
Des miettes perdues sur un oreiller
Des miettes maintenues en suspension dans l'air
Comme des ballons rouges
Les mêmes que j'ai au bord des yeux
Des ballons de foire qui ne durent qu'un temps
Des ballons tous ronds, tout rebonds
Des ballons couleur soleil qui, pourtant
Attristent mon sommeil
Je me nourris de ces miettes et ne les jette
Je me gorge de leur substance
D'un appétit vorace
Je me rue sur leur essence
Dans une folie tenace
Je les serre dans ma main
Qu'elles ne s'envolent au loin
Elles pousseront derrière moi
Poucet me sortira des bois
Où ne fleurissent que des pleurs
Sous les ballons de couleur
Publié par ecrirecesthurler à 09:53:53 dans Maux en vers | Commentaires (9) | Permaliens
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