
Publié par ecrirecesthurler à 23:14:30 dans Maux en prose | Commentaires (3) | Permaliens
Passer à côté de sa vie, sa dérive, voler dans l'air pur qui se fait de moins en moins putride, rester au calme, au chaud dans un nid, de poussière et de vent que l'oiseau a tressé.
Devenir cancre et s'immoler de mille feux, la peur au ventre, prier Dieu, l'hémisphère interdit, le donjon menacé.
Ne plus savoir transpercer les nuances, les couleurs sont mon unique chance, de transporter encore quelques avis, du côté abject de cette sordide nuit.
Ne pas rêver de beau, de sage, de confort, se laisser surprendre par l'abrupt coupure de l'aurore et voir son sang couler, ses veines se refroidir, les lèvres pâles, le teint clair, le vide appelle le cœur en son sein, la brûlure éternelle vient en vain le cacher.
Se méprendre au contraire du danger à venir, pour garder la tête hors de l'eau, et l'écume passagère.
Publié par ecrirecesthurler à 10:53:27 dans Maux en prose | Commentaires (12) | Permaliens
Je vagabonde seule au pays des horreurs, le cercle d'initiés a réfréné mes peurs mais la paix survenue me laisse tout de même cet arrière-goût acide, ce sentiment de n'exister qu'au travers de mes écrits, cette violence faite à moi-même par l'intermédiaire de ces maudits farceurs.
Déposer des fleurs sur le marbre d'un tombeau, faire tomber de ses mains glacées un bouquet de roses séchées, presque blanchies par l'usure de ce long trajet vers nulle part, s'allonger sur une pierre qui refuse le corps et le laisse à la portée des oiseaux de mauvais augure.
Un cœur qui saigne n'est jamais beau à voir, un cœur qui aime ne peut toujours le savoir. Rendre les armes contre une poignée de cailloux, se donner du plaisir en jouant dans la boue, renaître amoindrie mais pourtant en sursis, et dévorer sa rage au profit du courage.
Je me suis endormie sur des fleurs, je me suis réveillée sur un tombeau...
Publié par ecrirecesthurler à 09:48:04 dans Maux en prose | Commentaires (7) | Permaliens
Emprisonnée dans le passé, empêtrée dans ce cachot de l'incompréhension, la mémoire a des failles, des fêlures. Indicibles fissures que seul l'ange peut entendre.
A trop vouloir griffer les parois, les mains ensanglantées finissent par se casser comme du verre. Le sol est jonché de terre, funeste couche qui n'accueille plus personne. Les cafards me rongent de l'intérieur, témoins de l'irréversible gâchis.
Les barreaux de ma cellule m'enserrent la gorge, j'étouffe entre les murs étroits qui m'épient et me lancent leurs pierres lourdes de fracas. Ecrouée à leur place, je subis la démesure de leurs actes, enchaînée à leurs pieds, je me débats dans la fange de leurs vices. Mon ange, viens et sauve-moi de ma prison.
Publié par ecrirecesthurler à 10:11:42 dans Maux en prose | Commentaires (25) | Permaliens
Comme un petit animal traqué qui ne sait plus dans quelle direction il doit aller, qui ne sait plus à qui il doit ouvrir son cœur, à qui il doit se raccrocher, à qui il peut se fier, par qui il peut se laisser apprivoiser, caresser, emporter.
Publié par ecrirecesthurler à 21:11:25 dans Maux en prose | Commentaires (7) | Permaliens
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