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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Pénètre mon sommeil | 15 janvier 2007


Pénètre mon sommeil, mets ta joue contre la mienne, chuchote-moi tout bas, pour ne pas que je fonde.

Mes yeux mouillés sont rangés sous mon lit, dans ce petit étui de satin rouge vermeil, pour que les rêves qui peuplent mes nuits les assèchent un peu et les émerveillent.

Depuis cette enfance qui n'avait pas de place chaude, depuis cette chute dans les précipices, depuis ces gouffres qui m'enserrent, depuis cette léthargie de fiel, mes yeux cachés sont emplis de rêves déçus.

Publié par ecrirecesthurler à 10:10:13 dans Maux en prose | Commentaires (3) |

Mélancolique leçon des morts | 12 janvier 2007


Quelques ares de paix dans la périphérie bruyante des villes, des rencontres inattendues avec l'éternité, mes larmes ont réchauffé le granit et le marbre, mes bras ont embrassé les froides roses et les fines bruyères, mes yeux ont croisé les regards endeuillés, mes bras ont enserré d'impalpables souvenirs, mais le rideau est tombé sur ce pathétique spectacle de la mort et de la vie qui se damnaient à se trouver drôles.


Ressentir des ailleurs, des ondes, des sensations, écouter la douceur du silence, long, à l'ombre des ifs et des herbes rares, deviner la présence de ces hommes et femmes de pierres derrière leurs miroirs.


Lire, comme dans un livre l'histoire de ces êtres déchus, oubliés, vagabonds de la postérité, être virtuels qui collent à la mémoire de ceux qui les ont aimé, anges asexués étreignant l'imaginaire.


Se cacher sous un voile dont les plis délicats laissent deviner les contours macabres, se laisser saisir par le désarroi des survivants figés dans la pierre, par leurs visages meurtris, ravagés, désemparés, que ni les pollutions, ni l'usure du temps ne parviennent à estomper, recouverts de mousses et de lichens.


Admirer la tendresse du regard et du sourire des anciens que la mort sépare, le désarroi d'un enfant arraché trop tôt qui, injustement, n'a pas eu sa chance.


Désordre végétal joyeux et libertaire, anarchie minérale, fouillis de pierres sans dieu ni maître, de pierres fendues, disloquées, désagrégées en petits morceaux, minéral retournant harmonieusement au minéral, tombeaux mangés par les herbes folles, noyés dans le lierre, où l'on aime à venir, rompre la solitude des morts.

Publié par ecrirecesthurler à 08:54:07 dans Maux en prose | Commentaires (5) |

Masque de glace | 10 janvier 2007


Porter ce masque de froideur durant des années pour ne pas tomber plus bas, camoufler derrière ses sourires les plus tendres, ses envies d'être serrée par des bras chauds de tendresse, ses troublantes souffrances, sa peur du gouffre profond et ses vilaines cicatrices du rejet, pour dissimuler le sang glacial inondant ses veines et sa détresse exubérante.


Porter ce masque de glace et puis, par crainte de ne laisser que des cendres, parce que la vie cogne, là derrière le coeur, tout de même, parce que les pas continuent de s'égrener sur le tracé de la destinée, laisser s'approcher quelques ombres tièdes, quelques feux, quelques yeux.


Porter ce masque de larmes chaudes qui creusent des sillons en dessous, le long des joues blêmes, et laisser la glace se briser au contact de cette chaleur, et laisser le masque tomber sur un visage d'enfant souriant.

Publié par ecrirecesthurler à 09:48:19 dans Maux en prose | Commentaires (2) |

La bourrasque infernale | 09 janvier 2007


La bourrasque infernale, impitoyable, implacable a rompu mes racines, ne laissant que du givre sur mes os et une inflammation perpétuelle sur mon cœur. J'erre parmi les ravages, hirondelle aux ailes brisées, chaton au pelage ensanglanté.


Le rugissement de mes entrailles semble bien inutile, le hurlement de ma voix s'enlise dans la boue, la minceur de mes os les rend silencieux, la pâleur tragique de mon visage éloigne les plus accueillants.


Ma douleur persiste, là, étalée telle une plaie rampante, sur le sol nu, recouvert de fiel, décor de misère qui entoure ma mort, empêchant mes douleurs de raviver mon cœur.


Désolation, aridité, infertilité, mutisme absolu qui ne dit pas l'abomination, qui ne crie pas la damnation.

Publié par ecrirecesthurler à 09:51:05 dans Maux en prose | Commentaires (4) |

Trouble | 07 janvier 2007

         Coldplay - Trouble

Publié par ecrirecesthurler à 11:24:12 dans Maux en prose | Commentaires (4) |

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