Les mots sont émaillés, marbrés sur du papier glacé. Les lettres sont comme les couleurs des ailes des papillons. Si on pose le doigt dessus, elles s'effacent éphémères et ne reste plus que la trace de leur vécu. Les lignes sont telles des lames de rasoirs, ouvrant les veines, les artères centrales, les voies limpides, voile impudique. Vois l'impudique qui dépose les maux que je n'ose découvrir. Les mots mort-nés à qui j'insufflerai ce qu'il faut de larmes et de malheurs pour les ramener à la vie
J'aimerais tellement que les mots coulent en gel, en givre, en jérémiades. Je ne sais dire la mélancolie qui hante ma plume insomniaque. Insomnies comme une claque qui agitent la nuit de ses flaques. Je ne sais voir la lueur que je recherche désespérément parmi les miroirs mortifères, mortes enfers de mes tiroirs.
Il me faudrait tout oublier, écorcher les mots, les faire saigner, les faire gémir, les faire souffrir à ma place. Fleurs de soufre putrides et délétères. Fausse enfant sordide et solitaire. Mais les maux sont murmurés, murés dans une camisole qui m'isole et me condamne. Mots damnés qui effraient les mots à dire et à maudire. Les mots se marrent dans le labyrinthe de mon intérieur. Les mots se déchirent sur ma page vierge, sans souillures, sans ratures, pure et prude. L'horizon se marre dans la rouille de mon regard. Moi, je me perds dans l'encre séche qui rougit les paumes de mes mains.
Publié par ecrirecesthurler à 10:15:17 dans Maux en prose | Commentaires (6) | Permaliens
A faire souffrir, à faire pleurer...
Il faudrait que j'apprenne à aimer, que j'arrête de me cogner la tête contre des murs...
A trop chercher l'amour, à vouloir aimer, être aimée, on finit par se faire mal en se heurtant à l'absence, à l'indifférence, on finit par se demander pourquoi cette quête fait partie de notre raison de vivre, on finit par regretter d'avoir échangé sa confiance contre des promesses et des mensonges...
Il faudrait que j'apprenne à me méfier de mes sentiments, à être moins naïve face aux mauvaises intentions des autres...
Il faudrait SURTOUT que j'apprenne à grandir pour ne plus m'attacher à des personnes pour qui je ne représente rien...
Publié par ecrirecesthurler à 09:44:06 dans Maux en prose | Commentaires (12) | Permaliens
Puisqu'enfant, tout a commencé de travers, puisque l'on m'a appris la vie à l'envers, aujourd'hui je me pose beaucoup trop de questions, je remets tout en cause, y compris moi-même, y compris des valeurs telles que la confiance, la compréhension, l'attention, l'amitié et l'amour.
Des valeurs dont j'ai cherché, seule, la signification et l'enseignement, des valeurs auxquelles je crois fermement mais qui n'existent peut-être plus. Tout n'est que profits, bassesses et désillusions, les relations humaines me déçoivent énormément...
Ou bien j'ai le cœur trop sensible et je dois m'attacher à l'endurcir encore plus, ou bien je vis trop de rêves, d'espoirs et de promesses qui ne se réaliseront jamais, ou bien je devrais me renfermer un peu plus et me couper de ce monde égoïste...
Je suis bien trop naïve, une hirondelle blessée qui se prend les ailes dans le moindre filet, la vie n'est plus un conte de fée, pour personne, elle n'est faite que de batailles, de guerres et de pertes, les autres ne s'intéressent à vous que si vous leur apportez quelque chose en échange, l'indifférence règne, la générosité se perd dans l'horizontalité recherchée dans les rapports...
Publié par ecrirecesthurler à 10:53:20 dans Maux en prose | Commentaires (16) | Permaliens
Le poids du passé m'a appris à m'endurcir, à me fortifier, à murer mon cœur comme pour le protéger, comme pour me protéger, je le garde caché derrière ses hautes murailles de ronces et d'épines, je le garde secret par la honte qu'il transporte et le venin qui coule dans mes veines.
Le fardeau si pesant, pour le dos d'une enfant, l'a éloigné des autres et d'elle-même, terrifiante méfiance qui la fait s'enfuir au bout de son propre monde.
Je reste une adolescente déséquilibrée avec le souvenir d'un ventre gonflé et de rêves étouffés, le cœur en hémorragie, perdre sa virginité, en même temps que sa vie et sa dignité, habillée de pierre et pleurant des cailloux.
A l'intérieur la fleur a grandi, et moi je reste fanée...
Publié par ecrirecesthurler à 10:20:41 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 22:22:35 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
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