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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Si facile de partir | 15 mai 2007



Des gouttes qui tombent, les unes après les autres, emportant les échos et les ondes qui rampent. Des parois qui tombent, les unes après les autres, dominos réduisant en poussière le balbutiement de ma renaissance. Des mots qui s'attachent. Des mots sans ma voix, essoufflée.

Mon regard en proie au désarroi, en croix, percute le vide, absorbe les mensonges de ma perception visuelle. J'entends des chants, glas lugubres et glaciaux, ceux de ma raison qui s'effrite, trop sensible, berçant l'illusion marécageuse de ma pensée sans ossature jusqu'à la dissoudre totalement.

Le souffle de ma voix, chuchotements en roulements entre la gorge enrouée et les larmes embuées, mes suppliques s'estompent. Si facile de partir.

Publié par ecrirecesthurler à 14:45:32 dans Maux en prose | Commentaires (12) |

Le cercle du vice | 14 mai 2007



Douceur d'une étoile éteinte, qui enveloppe les réminiscences du rien. Simili rêve qui transite sur un fond couleur soir. Allongée, livrée aux étourdissements du changement de sens. Réveil dans une réalité où raison fusionne avec perception. Tout semble nuageux.

Bercée par l'évidence vide de toute question superflue. Pressions et tensions s'entremêlent. Lianes labyrinthiques de mon moi sans racine. Je tourne en rond dans ce cercle du vice. J'échoue toujours au même endroit de ma pensée. Je perds patience. Je perds connaissance. Je sors de l'ellipse, sans un bruit, sans une douleur.

Douceur d'une étoile éteinte, qui emporte pour la dernière fois l'ordre de mes rêves. Voie libératrice. Ma coquille se referme sans un bruit, sans une douleur.

Publié par ecrirecesthurler à 15:36:43 dans Maux en prose | Commentaires (5) |

Injection létale | 12 mai 2007



Injection létale. Le temps s'assoupit. Les ombres aussi. Enorme fissure. Fermer les tentures. Emailler le ciel. Le regard errant à la surface de la terre. La tête se mouvant si lentement. Horizon obstrué, gigantesque.

Les mots s'effacent. Les sens se décolorent. Essence inodore. Aquarelle aux coulées abstraites, aux traînées malsaines, aux salissures frissonnantes. Infinie douceur de savoir que rien ne se dilatera jamais plus. Ultime appel, lancé sans retour perceptible. La défaillance comme solution.

Les mots vont se mouvoir sans émouvoir. Le regard va se cogner comme un écho sans rappel sur le vide monumental. Le chemin va s'éloigner de la lisière de mon monde. Son du cristal de la dernière larme qui tombera sans fin en cette injection létale.

Publié par ecrirecesthurler à 11:34:36 dans Maux en prose | Commentaires (12) |

Rêve qui crève | 11 mai 2007



Un regard. Des sons. Des rêves. La luminosité trop régulière, l'esprit trop vaste. Vasque emplie d'échos, de demie-teintes. Je vole. Un murmure emmure toutes les issues. Le réel asservi à l'imaginaire.

Un vague anéantissement lorsque les pas s'éloignent tandis que ceux du silence arrivent. Sourire masqué. Lèvres lissées et acérées comme des lames. Les pas s'estompent. L'espace se rétrécit. La main tremble. Le regard se fissure. Retour aux rêves sans image. La neige voletige si près du gouffre, au bord des larmes. Je te promets, je ne pleurerai pas.

Derrière la fenêtre, l'air tremble. Le rêve semble. Les pas dans le couloir. Tu t'en vas ? Tu m'en veux ? Univers clos de la tempête évanescente. Confinée. Mon corps s'entête à vouloir suivre la rigidité du mur. L'appui ne signifie pas que je suis. L'infirmière me parle. On m'emmène. Le corps accepte pour un moment, permet, se soumet.

Non, la petite fleur ne crèvera pas...

Publié par ecrirecesthurler à 10:23:48 dans Maux en prose | Commentaires (10) |

Jour sans sommeil | 10 mai 2007



Le réveil m'englue, m'enclume, me martèle la tête de son cliquetis. Et pourtant il ne fait pas jour. Sourd, le bruit qui bloque les mots, ébouriffe l'obscurité. Les parois de mes rêves se cognent à celles de mes phrases. Echos rebondissants de lieux en lieux, de liens en luttes, de souvenirs en parfois. Des blancs comme endroit où ma mémoire tarde à me retrouver.


Juste une fois. Que la douceur du sommeil me prenne sans rechigner. Que mes rêves ressemblent à des toiles d'araignées, sans battements, sans course dans les couloirs de ma mémoire. Je recherche le point de départ, de mon départ. La fissure ne s'est pas refermée. La cicatrice ne s'est pas arrêté de saigner. Mes pensées en flot, en flopée ne sont pas devenues souterraines. Refus de s'épancher.


Le vernis des années a séché, comme une croûte épaisse, durcie aux vents des corbeaux et des vautours terrés dans chaque cavité creusée par les mots. Volant comme d'innommables vestiges de mes carences. Poser des pierres pour bâtir une paroi sanitaire.


Les cognements parallèles du cœur vont s'arrêter. Retour vers. Le jour se lève. Le jour m'achève. Jour sans sommeil.

Publié par ecrirecesthurler à 09:44:06 dans Maux en prose | Commentaires (5) |

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