Son fantôme me hante toujours. Le fantôme de la petite fille enfermée dans le noir. Le fantôme de la poupée encerclée de loups. J'entends sa litanie, sa gorge enrouée. Je sens sa vaporeuse essence au sein de mes entrailles. Je vois sa pudique petite main tendue comme une étoile de mer, cherchant l'amour à empoigner.
Elle psalmodie l'incompréhensible. Elle ne se retourne même plus sur la porte qui se ferme par fracas. Danse ambiguë à la lueur d'un contre-jour, ballet amer au pays des horreurs, le petit fantôme serre les poings en attendant l'aurore, le petit fantôme noie ses paupières en attendant la mort...
Publié par ecrirecesthurler à 10:00:41 dans Maux en prose | Commentaires (10) | Permaliens
Sortir des ténèbres pour lever un regard fier vers l'azur. Défroisser ses vertèbres et croire que la vie sera pure. Le mal a pris possession des coeurs. Le malin fait don de sa noirceur. Constellée de doutes, nature morte sur toile voilée, en apesanteur au milieu de l'impasse, confuse hésitation, entrer, sortir, oublier, mourir.
Un pacte silencieux scelle les parpaings de la vie, les vents contraires effondrent ce qui tient encore debout, tandis que la comète passe, que le soleil se casse, que le rire grandit, sourd, que le corps étouffe, lourd, sous le poids des années maudites et se fracasse contre les parois du désespoir d'y croire...
Publié par ecrirecesthurler à 11:12:35 dans Maux en prose | Commentaires (16) | Permaliens
Abasourdie par le bruissement des gens autour de moi. Je n'ai pas envie de parler, je n'ai pas envie de bouger, je n'ai pas envie de voir. Tous les regards tournés vers moi, à l'affût d'un mot, d'un geste. Je reste et me déleste, d'un battement de paupières, de ces larmes amères qui m'enbuent et m'engluent. Fausseté des sentiments, pauvreté des rapports. Négation de tout. Je ne veux plus être ivre d'eux. Je ne veux plus de leur compassion, de leur vil mépris, de leurs habitudes chatoyantes, moi qui larmoie au moindre soupir, moi qui m'apitoie au moindre sourire.
Délivrez-moi de leur emprise, libérez-moi de leur égoïsme désuet. Je ne veux plus rien savoir ni entendre, je ne veux plus rien devoir ni comprendre. Imperceptible fissure en démesure. Indescriptible meurtrissure qui s'élargit avec le temps et qui se referme sur moi. Je suis une cicatrice improbable qui ne mérite pas de guérir. Je suis un poison violent qui contamine votre sang. Eloignez-vous de moi. Sous les jets de pierres, je veux dormir et ne plus me réveiller. Sous vos yeux hagards, je veux pleurer en silence et ne plus rien attendre de personne...
Publié par ecrirecesthurler à 14:18:58 dans Maux en prose | Commentaires (20) | Permaliens
Dessin de Gatrasz
Vouloir voir à travers le temps, les interstices en solstices, les douleurs en apesanteur, la folie des jours meilleurs, que le vent de l'automne emporte pourtant bien loin de moi. Souvenirs égrenés sur des airs de violoncelle. Une parcelle de moi qui s'en va loin derrière. A l'extérieur, la vie s'éteint à petit feu, à l'intérieur, tout se consume en double jeu.
La pluie qui bat les carreaux n'apaise pas les contraintes des mots, et le sol jonché de terre effeuillée ne reçoit, pour seule offrande, que des larmes amères, telles des tessons de verre, que de chaudes voilures, qui le drape de murmures.
Publié par ecrirecesthurler à 17:24:08 dans Maux en prose | Commentaires (9) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 22:19:08 dans Maux en prose | Commentaires (16) | Permaliens
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