La vie ce n'est pas de la barbapapa rose et tendre. Ce n'est pas de la guimauve mauve et chaude. Ce n'est pas de la douceur qui fond sous la langue. La vie c'est des tripes et du sang. C'est un coeur qui bat et qui nous explose à la gueule. La vie c'est des coups et des mauvais. La vie c'est pas de chance et pas de soleil pour certains. La vie c'est des salauds qui nous la volent et ne nous la rendent jamais. Des enfoirés qui nous baisent et nous détruisent jusqu'au moindre souffle.
La vie ce n'est pas de la fine dentelle. C'est des plaies, des bosses et des cicatrices recousues de fil noir. C'est du noir et blanc, pas de couleurs, pas de fleurs, du froid et du visqueux. C'est de la gangrène qui se propage plus vite que des fleurs sauvages. C'est du moisi qui recouvre tout et qui tâche le blanc de l'innocence sans rédemption. La vie est faite pour les beaux et les gentils, pour les riches et les polis. La vie est faite pour ceux qui promettent mais qui nous quittent, pour les amis qui n'en sont pas et qui oublient. La vie accapare trop et ne laisse pas le temps de s'apercevoir que certains ont besoin de vie, justement.
La vie ne m'a pas épargnée. La vie n'est pas faite pour moi. Je ne la mérite pas.
Publié par ecrirecesthurler à 09:06:08 dans Maux en prose | Commentaires (7) | Permaliens
La pluie n'arrête pas de lécher les vitres. Les gouttes disloquées se heurtent et s'entrechoquent. Le cliquetis de leurs traînées en devient lancinant. Zigzag en flou écrasés par le vent. Serpentins d'eau, de poussière et d'argent.
Il pleut et des litres barbouillent les vitres. Il pleure et les heures s'étiolent en douleurs. Triste temps. Tristement. Le martèlement captive l'attention quelques secondes. Puis la libère et la troue. La relâche.
Clapotis doucereux qui caresse le verre froid. lentement, une à une, brisées dans leur élan, leurs rondeurs épurées deviennent miroirs difformes, où se mirent les reflets de mille choses, où scintillent les rêves trop grandioses.
Publié par ecrirecesthurler à 09:42:37 dans Maux en prose | Commentaires (2) | Permaliens
Ecoutez la prière en murmures, les mots qui dansent et jamais ne s'envolent, les voix silencieuses qui chuchotent, égrenant la vie aux pétales fripés.
Entendez les boursoufflures marmonner leurs douleurs, les jointures se craqueler et la fièvre haleter, écorchant, malgré elles, le tracé de la destinée.
Les mains épileptiques serrent des bijoux trop lourds, des perles démesurées qui refusent la caresse, des colliers aux tons ternes qui étranglent les chairs, coupant la respiration et limitant le souffle, des dorures en forme de gouttes de rosée qui altèrent le message.
Le poids des cailloux est vain quand le corps se détend, le froid de la pierre est sain quand la mort se suspend.
Publié par ecrirecesthurler à 21:30:57 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
Tu es poussière et tu retourneras poussière
Tu es sorcière qui cabriole parmi les pierres
Envolés les plaisirs d'antan, chocolat chaud et confiture de figue
Dispersés les contes de printemps lorsque tout devient vide
La société reste aveugle aux feuilles mortes qui recouvrent ma peine, comme un linceul friable aux multiples coutures, un vêtement de poussière qui lacère ma peau et déchire en mon coeur, les trésors enfouis ravivés des rancoeurs.
Douce errance de l'automne sur mes frêles épaules, qui jette un mauvais sort à mes haillons de misère. Le fouet de la pluie sur mes joues engourdies, le froid de l'hiver sur des mains déjà transies, que reste-t-il au vent si ce n'est que mes larmes?
Publié par ecrirecesthurler à 09:49:19 dans Maux en prose | Commentaires (22) | Permaliens
De solitude en lassitude, je reste ce brouillon de Cendrillon, ce bruit de cendres dispersées, et parce qu'à force de lutter seule, je m'essouffle et m'enlise, les cicatrices fleurissent à nouveau, en anémones sur mes bras, chaudes et douloureuses.
De désuétude en inquiétude, j'ai coupé les chairs avec un filament de lune, aux reflets d'argent et de délivrance, aux reliefs de sang et d'indifférence. La bulle m'étreint la gorge et m'oppresse de sa rondeur si parfaite et immaculée.
De finitude en habitude, j'ai soigné le mal par le mal et le rituel assassin, ritournelle de mes nuits froides, a entamé son refrain de chagrin, laissant sur ma peau ce goût âcre et tenace, le goût du passé qui s'écoule, l'odeur infecte d'une prison sans murs.
Publié par ecrirecesthurler à 10:06:16 dans Maux en prose | Commentaires (15) | Permaliens
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