Impression de vivre à reculons. A rebours. Tout s'agite autour de moi. Décalée. Parler, rire, manger, boire. Je ne suis pas dans cette vie-là. Marcher, dormir, écouter, rêver. Je ne suis plus dans cette vie-là. Je vis à contresens. L'esprit embrouillé. La peur au ventre. Malaise perpétuel. Danse macabre. Danse avec ma mort. Elle est là. Elle rôde. La vie me quitte et personne ne voit rien. Personne n'entend rien. Ouvrez les yeux, s'il vous plaît. Regardez-moi. Entendez-moi. Laissez-moi une chance de vivre encore. Parmi vous.
Zombi dans la vie. La mort ne veut pas de moi. Pas encore. Assujettie. Parcours du combattant tous les matins. Personne ne voit rien. Personne n'entend rien. J'appelle. Solitude. Silence. Un cri. Un écho. Le néant. Perle de sang au bord des cicatrices. Perle de larme autour du cœur. Jai mal. J'ai peur. J'appelle. Mais la vie s'enchaîne et ne me laisse pas le temps de la rattraper. Vidée. Elle tourne. Je reste sur place. J'espère. J'attends. J'attends mon heure. J'attends le bonheur. Le bonheur qui fuit avec la vie. Une étincelle, une seule. Un miracle de la vie. Enchaînez-moi avec la vie. Réconciliez-moi avec elle. Pâle envie. Pas l'envie. Difficulté de naître. Péril de n'être, juste qu'un zombi dans la vie. Désarticulée. Désunie. Désolidarisée. Où est cette solidarité ? Qui mérite le bonheur ? Je n'appartiens plus à la vie mais la mort ne veut pas de moi.
Vous n'avez pas besoin de moi. Mais, moi, j'ai besoin de vous. J'ai besoin de vos sourires, de vos paroles réconfortantes, de votre chaleur. Et puis surtout j'ai besoin de toi, « assise sur mon épaule », pour m'entendre pleurer même si tu es loin. Le bonheur fait si mal quand on ne peut l'atteindre. Le bonheur des autres, qui vivent sans me voir. Triste agonie. Plaie ambulante. Allez !... Avance, « la violette » !
Publié par ecrirecesthurler à 21:44:36 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
Oui je me fais du mal, volontairement. Je coupe, je brûle, je griffe et je recoupe sur les mêmes plaies. Mais quel soulagement quand la lame pénètre ma chair! Quel apaisement! Enfin libérée du poids de la honte et de la culpabilité. Il ne me reste plus que cela. Exprimer les mots par les maux. Apporter la paix par la violence. Chanter la victoire du mal. Me punir de n'avoir su résister aux fantômes du passé. Souffrir pour avoir permis leur envol. Et puis renaître.
Je dois me couper. Je dois me punir. Je dois avoir mal... encore un peu plus profond à chaque fois. Je me sens si bien... maintenant. Libérée. Mes fantômes se sont envolés. Oh! Pas très loin. Leurs chaînes les retiennent. Liés les uns aux autres. Liés à moi. Enchevêtrés jusqu'à la mort. Et tu redeviendras poussière... J'ai mal mais je vis.
Je t'ai donnée toute ma confiance, N. Mais ce silence... maintenant... Il est insupportable. Entends-moi. Ecoute-moi. Vois ces cicatrices. Elles sont aussi pour toi. Pour que tu viennes me chercher, me secourir, me délivrer de ce morbide poison. Empêcher la lame de couper trop profondément. Inexorablement.
Publié par ecrirecesthurler à 07:05:57 dans Maux en prose | Commentaires (10) | Permaliens
Le besoin est là, toujours. L'envie aussi, sous-jacente. A qui profitent les mots? Et qui devine les maux? Qui panse les plaies. Parler, dire. Souffrir mais sourire, à nouveau. Revivre. Et raisonner, essayer. Sortir de la bulle et exploser. Briser la coquille et expulser. Le fiel et le venin amer. Vomir autre chose que du sucre. Vomir le passé. Infect et infecté. Soulagement de le voir se répandre. Apaisement de l'entendre fuir.
Publié par ecrirecesthurler à 18:55:08 dans Maux en prose | Commentaires (6) | Permaliens
VIVRE EST BIEN PLUS DIFFICILE...
Publié par ecrirecesthurler à 09:29:22 dans Maux en prose | Commentaires (4) | Permaliens
C'est comme si j'avais une plaie ouverte et un couteau qui ne cesse de remuer à l'intérieur, l'empêchant ainsi de cicatriser.
Toi, tu as pansé la plaie et, petit à petit, elle a commencé à se refermer et le couteau a disparu. Tu vois, elle peut guérir!
Tu l'as pansé mieux que personne parce que tu es la seule à savoir me parler et me faire parler, parce que je te fais confiance, parce que tu as dit qu'on allait s'en sortir ensemble et parce que je t'aime.
Mais tu as retiré ta main trop tôt et la plaie s'est rouverte, le sang s'est remis à couler et la douleur est revenue.
J'ai mal, N. Reste encore, s'il te plait, pour me protéger et me surveiller. Repose ta main sur la plaie et sois patiente jusqu'à ce qu'elle soit complètement cicatrisée.
Publié par ecrirecesthurler à 13:00:36 dans Maux en prose | Commentaires (0) | Permaliens
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