Le pâle disque d'or de mes jours sans joie est revenu, déposant une pluie fine sur ma souffrance. Sourire friable comme du sable, sourire laiteux comme un ciel de traîne. Impression de recevoir un fragment du soleil, un rayon de vent. J'ouvre mes mains, comme une enfant. Le vide implore de la tendresse comme un lambeau posé sur la plaie de ma tristesse.
Vie fugace et fragile comme une fleur éphémère, corps de poussière qui se gerce de douleurs. J'ai froid. La neige brume en moi. Je perds pied. Je m'abîme dans ce gouffre, avide d'amour, avide d'enfance, celle que je ne cesse d'entendre pleurer à travers mes souvenirs marbrés.
Faiblesse incompréhensible. J'ai peur de tes pas qui s'éloignent. J'ai peur de ta voix inaudible. J'ai peur que ton souvenir ne s'efface. J'ai peur d'être poussée vers le faux monde, le monde inventé, le monde dont on ignore tout et qui pourtant nous attire. Douceur de l'oubli. Candeur froissée, quand le jadis occultait mon corps qui déjà ne m'appartenait pas.
Publié par ecrirecesthurler à 10:31:11 dans Maux en prose | Commentaires (14) | Permaliens

Profitez de mes faiblesses, de ce désir d'amour, de ce déréglement du cœur, de ce vide à combler. Je ne peux que me haïr et haïr cette image de moi. Je voudrais tellement pouvoir hurler la souffrance qui brûle les plaies à vif comme un fer rougi. Je cherche en vain des couleurs, l'apaisement, mais les tessons de l'écho déchirent ma tristesse. Je me cherche même dans les clairs-obscurs de la lune égarée, en pleurs, aux confins de mes nuits blanches. Esseulée dans la nuit qui a perdu sa poussière d'ambre, dans la nuit qui a perdu ses étoiles comme je n'ai plus de repères.
Je me cherche dans mon côté sombre, dans mes ombres, enfouies, dans le monde que je pensais pourtant avoir enseveli. Tout se fissure. Le balancier lancinant de la guillotine a tranché le blanc silence en éclats de vermeil. La souffrance éclabousse. L'œil crevé de la nuit, pleurs à pleurs, tend ses bras. Je les repousse. J'ai mal. Je me berce de ce mal car je n'ai plus le droit de vivre. Les vieux démons bercent mes noirs desseins.
Un souffle gris gémit sur le manteau de chair, celui que je vomis chaque jour, dans les gorges du silence. Je ne supporte plus les miroirs. Mon reflet me blesse. Je ne vois plus qu'une enfant meurtrie qu'il me faut aider. Je lui tends ma main transparente mais elle se meurt un peu plus chaque jour. Dire l'indicible. Martèlement sourd au loin. Parfum de ce passé qui me boit, qui m'assaille, qui fait fuir mes aurores, de dégoût. Le clou s'enfonce inexorablement dans les chairs de mon silence.
Publié par ecrirecesthurler à 10:42:38 dans Maux en prose | Commentaires (18) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 14:45:32 dans Maux en prose | Commentaires (12) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 15:36:43 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
Injection létale. Le temps s'assoupit. Les ombres aussi. Enorme fissure. Fermer les tentures. Emailler le ciel. Le regard errant à la surface de la terre. La tête se mouvant si lentement. Horizon obstrué, gigantesque.
Les mots s'effacent. Les sens se décolorent. Essence inodore. Aquarelle aux coulées abstraites, aux traînées malsaines, aux salissures frissonnantes. Infinie douceur de savoir que rien ne se dilatera jamais plus. Ultime appel, lancé sans retour perceptible. La défaillance comme solution.
Les mots vont se mouvoir sans émouvoir. Le regard va se cogner comme un écho sans rappel sur le vide monumental. Le chemin va s'éloigner de la lisière de mon monde. Son du cristal de la dernière larme qui tombera sans fin en cette injection létale.
Publié par ecrirecesthurler à 11:34:36 dans Maux en prose | Commentaires (12) | Permaliens
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