Laisser les plumes s'envoler au gré du vent, nous délester un peu de ces souvenirs envahissants, de ces visions avec ou sans vie, de ces vérités avec ou sans été.
On a souvent l'impression que la pluie chasse la mélancolie, que les bourrasques mettent fin aux cauchemars, que les torrents déversent la peine inégalée, mais il n'en est rien. La pluie crépite, le coeur s'agite, les larmes ruissellent dans les caniveaux, emportant avec elles les restes orduriers, mais les traces demeurent, là, bien visibles, sur les joues amaigries, sur les routes inondées, gravées sur l'herbe détrempée et nauséabonde, telles des scories du temps que l'on ne peut oublier.
Publié par ecrirecesthurler à 09:26:35 dans Maux en prose | Commentaires (11) | Permaliens
La vie ne tient qu'à un fil.
Hier soir, ce fil si fragile s'est brisé, un éblouissement et dans les lumières jaunes et bleues, cet homme est venu s'endormir contre ma voiture.
Ce matin, son minuscule fil de soie s'est retissé petit à petit, il est hors de danger maintenant.
Mais moi... Mais moi? Moi qui n'arrive déjà plus à retendre mes fils, j'ai failli briser ceux de cet homme innocent. A cause de moi il ne passera pas Noël avec sa famille, mais seul, dans la chambre blanche, à cause de moi il est allongé là, livide, les yeux clos, le teint si pâle... A cause de moi, il était étendu sur la chaussée, les cheveux rouges, collés au bitume, les jambes repliées comme un foetus avorté...
Publié par ecrirecesthurler à 09:19:39 dans Maux en prose | Commentaires (16) | Permaliens
Murmurer, la voix éraillée d'un soupçon de suavitude.
Chuchoter, les lèvres gercées d'un brouillon de solitude.
Les sons restent muets, perturbant le vide autour, les accents cloîtrés se dilatent intensément au fil de la laborieuse mélodie, étranglée en signaux de désespérance, étouffée au cordon de barbelés qui suture la bouche venimeuse.
Parler pour ne rien dire, crier pour faire réagir, prier pour ne plus écrire.
Briser cet insoutenable silence, confinée dans une bulle en errance.
Publié par ecrirecesthurler à 09:55:18 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
Rentrant seule d'une soirée, une jeune femme est victime d'un insoutenable viol. Son petit ami, ivre de vengeance, se lance sur les traces du violeur, tandis que l'ex-mari de la victime tente de retenir ce dernier, avant de céder à son tour à d'irréversibles pulsions animales de sang et de mort...
Irréversible.
Parce que le temps détruit tout.
Parce ce que certains actes sont irréparables.
Parce que l'Homme est un animal.
Parce que le désir de vengeance est une pulsion naturelle.
Parce ce que la plupart des crimes restent impunis.
Parce ce que la perte de l'être aimé détruit comme la foudre.
Parce ce que l'amour est source de vie.
Parce ce que dans un monde bien fait le tunnel rouge n'existerait pas.
Parce ce que les prémonitions ne changent pas le cours des choses.
Parce ce que le temps révèle tout.
Le pire et le meilleur.
Publié par ecrirecesthurler à 13:27:40 dans Cinéma | Commentaires (16) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 09:49:47 dans Maux en vers | Commentaires (12) | Permaliens
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