La vie est-elle un leurre ? La vie est-elle douceur ? On court après un tout, après un rien, on croise des moments de bonheurs intenses, on se fige dans des moments de silences, entre douceur et horreur, entre flux et reflux, on cherche la plénitude, on cherche l'absence, et le courant nous emporte vers d'autres rives, vers d'autres illusions, noyés par la vase rancœur, noyés par le courant des pleurs. On s'entrechoque contre les sourires, contre nos peurs, radeau dérisoire, sur lequel on broie du noir, bulle d'écume à l'abattoir, enfermée dans son cafard, on laisse place au torrent d'émotions, à d'improbables fusions, en espérant trouver une âme convulsive pour un moment de clarté, et nous avançons à reculons dans un grand moment de solitude.
Tu as touché les profondeurs, noyée par l'amertume, ton oxygène est devenue peur, ton atmosphère est devenue terreur, ton corps prolifère la douleur, ton cœur n'a plus de couleur, ton âme comme une fleur s'est fanée, plus envie d'exister, le souffle du vent est devenu un parfum mélancolique, petite enfant laisse couler tes pleurs dans ce jardin diabolique.
Ta vie a basculé dans l'horreur, elle t'essouffle, elle t'étouffe, noyée dans ce fleuve qui te dégoûte, petite enfant à rendu son dernier souffle. Ton âme s'est fanée, les feuilles des arbres comme tes pleurs sont tombées, dans la nuit tu as poussé un cri, comme le ciel devenu gris, tu as prié pour que ça s'arrête, mais il n'y a eu que bourrasque et tempête. Tes mots couleur d'automne, couvrent ton âme triste et monotone, ton cœur s'égare en hiver, c'est la saison des glaces, leurs souillures ont laissé des traces, petite fille n'a plus de repère.
"Vie"
Publié par ecrirecesthurler à 09:16:25 dans Souvenir :) | Commentaires (17) | Permaliens
Ils sont là dans ma tête, ils ne chantent plus un air de fête, et en même temps l'ont-ils déjà chanté? Ils sont là présents sur le bout de ma langue mais ne veulent se jeter sur le bout de mes lèvres, que m'arrive-t-il, l'encre ne fait que de s'effacer, les pages blanches viennent me hanter, tout est gris dehors, l'encre de chine s'est évaporée, j'ai perdu ce trésor, le trésor d'être aimée, les mots se bousculent, les monts se confondent, pour se fondre dans cette mare de sang, eux qui recouvraient tant bien que mal mes plaies, les cisaillent une à une, et se meurent peu à peu, que m'arrive-t-il ?
Ils ne sont plus sur le papier, ils ne dansent plus bien alignés, mais en même temps l'ont-ils déjà été ? Des mots dorés, des mots rêvés, comme des cadeaux sans les rubans, comme des Noëls sans les enfants. Des mots miroirs, des mots tiroirs, un encrier qui reste vide, la tête pleine de bêtises, des pages qui restent blanches, un cœur qui flanche. J'ai perdu le fil de mes idées, le jour où l'ange m'a oubliée, j'ai jeté mes lignes à la figure de l'absence, abandonné mes proses pour de plus fortes doses... J'ai regretté ce temps, où la course folle des mots dansants, m'entraînait dans une valse endiablée, moi l'ange aux ailes brisées... Qu'arrive-t-il à mes vers ? Maintenant, tout va de travers, je regarde vers l'arrière, sans passer la frontière, du présent qui s'attarde, sans me ramener............
C'est une course folle qui m'emmène dans un tourbillon sans fin, je ne cesse de souffrir, je n'ose penser au lendemain, mais que m'arrive-t-il, les mots s'évaporent, me laisser tomber dans l'oubli, autour de moi les mains se bousculent, mais les larmes me tirent vers le bas, des mots souffrance, des mots absence, je suis tiraillée de tous les côtés, plus de rimes, que des brides, des vers coupés. L'ange n'a plus de plume à tremper dans l'encrier, plus d'ailes pour voler, on m'a volé, le cœur envolé, les mots m'ont oubliée, seule devant la page blanche j'abandonne je flanche.
Et je perds confiance. Course contre la mort, qui a raison qui a tort ? Course en solitaire, plus de mots, plus de vers. Des mains sont présentes mais l'ange est absente, des cœurs sont ouvert mais mes yeux demeurent derrière mes paupières, comme des portes closes, des prisons moroses, aux fenêtres vides de sens et d'ennui, de larges abîmes sans fonds ni parois, des déserts ultimes, où se brise ma voix.
J'ai beau hurler en silence, j'ai beau masquer les violences, resteront toujours ces cicatrices infâmes, et ce masque de honte et de larmes, qui du passé ressurgissent chaque jour, sans que je ne parvienne à trouver de secours, pour m'oppresser davantage, avant que je n'atteigne un rivage. Un ange abandonné n'a plus d'espoir, un ange oublié n'a que le cafard, et la vision éperdue de ce souvenir, qui tarde tant à revenir.
Véro & Flo
Publié par ecrirecesthurler à 22:33:39 dans Souvenir :) | Commentaires (6) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 22:31:54 dans Maux en vers | Commentaires (5) | Permaliens
Où va-t-on droit devant, loin derrière, on tourne en rond, vers d'autres illusions, devant un avenir qui n'existe pas, le cœur déboussolé, l'âme démembrée. On court, après un tout, un rien, à travers un temps à rebours, un temps incertain. On prend le train du départ, le train direction nulle part, prenez garde aux théologies du bonheur, ici il n'y a pas d'ailleurs. Las, la marche se fait de plus en plus lourde, le corps est de plomb, quand est-ce que la route enfin se dessine, sur la route des rêves c'est marche ou crève..........On ne peut pas prendre de trêve, car un autre viendra prendre la relève, chemin à l'abandon, devient une obsession, un chemin qui nous mène, vers un bonheur obscène.....
Perdue, dans son enveloppe charnelle, noyée dans sa chair, plus un souffle pour remonter à la surface, au-delà des frontières, les mots entaillent peu à peu son écrin, son âme est devenue l'écorce de ses cicatrices, elle tente de résister mais en vain.
C'est une lutte acharnée qui commence entre le souffle et l'étouffement. . .
Habitée par la solitude, le corps dépecé, à la recherche d'une île inconnue pour se retrouver, mais le voyage est long, les eaux se font troubles, alors elle écrit pour cracher sur sa vie, pour vomir les maux qui lui font mal, elle hurle ses entrailles, les chairs se rétractent, le sang s'assèche, le cœur se déforme sous les défaites, enfermée dans le silence et l'obscur, elle attend, une autre page, une autre vie, d'autres mots à gerber avant qu'ils ne deviennent à leur tour que des cendres. . . .
L'innocence brisée, elle écrit, elle ne sait faire que ça, écrire des mots rouges sur des pages blanches, elle écrit sa honte, sa tristesse, sa souffrance, sa détresse, elle écrit ses maux avec une lame et ce ne sont pas des mots qu'elle découpe, c'est sa propre chair, elle n'arrive pas à vomir sa colère........son cœur étouffé par le soufre, elle se meurt, ne restent que ses mots aux goût de brûlé attisés par les blessures du passé.
Seule à marcher sur un fil de braise, les mots se brisent dans un silence.
Chaque nuit est une répétition bouleversante, un sommeil fragile, leurs présences flottantes, les souvenirs bouleversants remontent à la surface, comme un crachat à la gueule, les mains furtives sur la poitrine, resserrant le moindre petit souffle, le visage se fait humide sous cette langue répugnante, le temps est décousu, le temps est écorché, l'espace vide se remplit des immondices susurrées, son corps se déchire, laissant apparaître leurs cicatrices, leurs morsures.
Pas de failles, pas la moindre brèche pour s'échapper, elle ferme les yeux, pour oublier leurs yeux globuleux, leur soif d'innocence, espérant ainsi oublier.......
Entre ses cuisses, la lame la transperce, si violente, elle ne peut la repousser, plus de force, plus de courage, et elle erre, elle imagine, voyager hors du temps, vers l'exil, son exil.........
Griffée, épuisée, corrompue dans cette nuit diabolique, elle réussit enfin à s'endormir, immaculée de sang, elle sait que cette nuit sera une nuit à répétition, un perpétuel renouvellement, qu'elle court à sa perte, qu'ils veulent sa perte, sa chair et son sang.
Petite poupée de cire dans l'innocence est désarmée, sa douceur se consume, le cœur noyé par le chagrin, elle s'épuise, son corps se dissout dans une banalité...........
Véro
Publié par ecrirecesthurler à 22:28:35 dans Souvenir :) | Commentaires (20) | Permaliens
Entre le silence et l'absence, sur un air de déchéance et de cicatrices ouvertes en défaillances, les nuages passent et glissent, inondant mes joues d'une pluie sombre et triste. Un froid funeste s'empare de mes heures tragiques et maussades. Une incessante mélodie murmure entre mes murs que la mort est morsure, que mon sang est pourtant, mon seul filament de lune, même s'il est infortune.
Dialogue avec le vent fou de mes heures floues, je monologue avec une illusion de toi, fuyant la vie qui referme ses bras sur un cœur en décomposition bien trop avancée, sur des yeux qui en oublient de respirer, les pupilles dilatées par cet air vicié qui se lit en boucle, et qui ne s'arrête jamais, distillant goutte à goutte, des bribes de mes regrets.
Séquestrée par le vide et ton chant inaudible, je garde le sceau de tes mots mélancoliques, comme une empreinte de ton sourire nostalgique, tatouée à jamais dans mes chairs pétrifiées, par l'insoutenable attente qui rouvre des plaies démesurées...
Publié par ecrirecesthurler à 22:21:37 dans Espoirs | Commentaires (12) | Permaliens
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