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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Alcool | 19 mai 2006



Nous partons à une soirée au cours de laquelle ils tiennent absolument à me présenter à des "gens". Durant cette soirée, ils boivent beaucoup trop. Je retourne, seule, à la voiture et m'endors sur le siège arrière. Un coup sur la vitre, des éclats de rire puis des cris. Ils se disputent à nouveau. Elle dit : "Laisse, je vais conduire, donne-moi la petite et monte derrière!" En chemin, elle est malade, se met à vomir sur elle puis, volontairement, sur moi qui me recroqueville sur le siège. Et elle rit de me voir ainsi.

Le lendemain, je dois "nettoyer la voiture", dit-elle. C'est ma faute. Je ne suis pas assez "coopérative".

L'alcool, ça rend fort selon elle.

— Prends une gorgée ma chérie, ça te détendra. Arrête de gigoter tout le temps, c'est très pénible et en plus ça me donne le tournis. Tu ne voudrais pas me rendre malade à nouveau? Dépêche-toi, bois ou je t'enfonce la bouteille de force! Fais plaisir à tata, joue encore avec moi. Tonton? T'inquiète pas ma puce, il va arriver. Et puis qu'est que ça peut bien te foutre en plus? Viens, on s'amuse toutes les deux en attendant. Ouvre la bouche, laisse toi faire.
Ah! C. justement on t'attendait. Ouvre bien grand, toi, tu vas voir ce que Tonton va te mettre, c'est encore bien meilleur que la bouteille, tu verras.

— Arrache-lui son slip, dépêche-toi! P'tite salope, t'as encore pissé au lit! Tu la veux ta punition? On peut rien en faire, j'y arrive pas. Tu m'énerves aussi, toi, à rester plantée là. Va-t-en que je puisse me concentrer sur elle. Et toi, arrête de serrer les cuisses!
Tiens-lui au moins les mains. J'peux rien faire avec toi p'tite conne, mais j'vais t'agrandir moi. Elle saigne trop, la vache! Elle va en foutre partout. Tu la tiens ou quoi? Tu fais quoi là?
J'essaie encore, j'ai trop envie. Je te laisserai pas tranquille tant que je serai pas rentré. Alors, tu vois ce qu'il te reste à faire? Calme-toi ou ça va mal aller. Je vais jouir et après tu me suceras, p'tite salope!
Pleure, tu pisseras moins, c'est pas toi qui lave les draps. Je vais revenir avec F. et G. Et t'as intérêt à être plus coopérative!

Publié par ecrirecesthurler à 20:18:27 dans Inceste / Viols | Commentaires (0) |

Suicide | 19 mai 2006


BR>"SE SUICIDER, C'EST VOULOIR MOURIR POUR EXISTER DANS LA MEMOIRE DE CEUX QUI RESTENT"


Il n'y a pas très longtemps que j'ai compris le sens de cette phrase que je me répète pourtant si souvent. C'est appeler au secours, vouloir mourir mais vivre en même temps, rechercher une aide pour survivre au milieu des fantômes du passé, ne plus se souvenir de ce passé et apparaître en tant qu'être et non plus en tant qu'objet sexuel.

Publié par ecrirecesthurler à 20:15:52 dans Maux en prose | Commentaires (4) |

Sang | 19 mai 2006


Un autre mot qui me hante. Le sang des femmes "normales", le sang qui donne la vie ou qui la reprend, le sang naturel ou le sang souillé de douleur. Celui qui m'a fait prendre conscience que quelque chose n'allait pas en moi. Le sang qui coulait sur le carrelage de l'hôpital. J'ai tellement honte de tout salir ainsi. Tellement mal aussi que je m'échoue sur ce carrelage avec délectation. Enfin, je suis à l'abri. Enfin, quelqu'un va s'occuper de moi et me deviner. Je suis libre, libérée de leur emprise. Il fait chaud, un jeune homme me serre contre lui et me relève doucement. Il a peur, moi aussi. Nos yeux se croisent quelques secondes et je sais qu'il a compris l'ampleur du désastre et la détresse dans laquelle je me trouvais.

Pourtant, je n'ai rien dit à personne. Durant ces quelques jours, je suis brusquement muette. Physiologiquement, je ne peux plus parler, tant la douleur et la honte me serrent la gorge. Choc post-traumatique, déchirure de la vulve sur 2 centimètres de chaque côté, "suture" dit le médecin à cet infirmier. Pourquoi toutes ces questions auxquelles je ne peux répondre? Je voulais qu'on m'aide, qu'on me garde dans cet hôpital. Je voulais un peu de chaleur, d'affection et de sécurité.

Mais il pleut et elle me ramène à la maison. Elle ne me lâche pas la main. Le silence, pas de bruit, pas de vague, mais la punition pour tout le remue-ménage que j'ai occasionné. La punition que je ressens dans leurs regards et dans la main qui serre mes doigts de plus en plus fort. Une main froide, sèche et rêche. Une main qui caresse et qui frappe en même temps. Une main de MERE et de BOURREAU.

Pourquoi j'ai laissé faire ça? Pourquoi je leur ai permis de m'enseigner toutes ces horreurs, tous ces "jeux"? Il suffisait d'un mot pour tout arrêter. Je devais dire NON. Mais je ne parlais pas. Je souffrais et pleurais en silence. Tétanisée, je cherchais des réponses aux questions qui secouaient ma tête en tous sens. Tout est embrouillé : EUX, MOI, NOUS, HIER, AUJOURD'HUI.

Je vis dans ce passé qui me poursuit et me traque. Je vis comme attirée par ces scènes de violence et de sexe qui me répugnent tant. Je vis à reculons alors qu'eux avancent à grands pas vers l'avenir. Ils ne se doutent de rien. Ils ne savant pas ma souffrance, mes cauchemars, mes doutes et mes angoisses. Ils ne voient pas si je ris ou si je pleure, si je vis ou si je meurs.

Publié par ecrirecesthurler à 20:13:37 dans Inceste / Viols | Commentaires (0) |

Délivrez-moi | 19 mai 2006


Plus rien ne sera jamais comme avant. Je n'existe plus. Je suis une autre, désolidarisée de mon enfance, je ne mérite plus d'être comme avant. Trop souillée. Que me reste-t-il de cette jeunesse? Des visions d'horreur, de nudité et de dégoût. Des jours entiers à pleurer. Des corps enchevêtrés : un, deux, trois, plus, trop... Je ne sais plus. Qui sont ces gens? Que font-ils? Je ne sais même pas. Je suis dessus, dessous, debout, assise ou allongée. Ils me dictent les règles à suivre. Quel autre choix que celui d'obéir à leurs désirs? Comment leur faire comprendre que je ne comprends pas? Que je ne connais pas encore ces choses et que j'ai mal?

C'est éteint, c'est allumé, il pleut, il neige, l'orage gronde, j'ai froid. Combien de temps ça a duré? Combien de temps ça va encore durer? Délivrez-moi de ces hommes et de ces femmes qui me terrorisent! J'ai peur qu'ils reviennent. J'ai peur qu'ils recommencent avec moi, avec d'autres, avec eux-mêmes.

Chaque jour, j'espère qu'ils vont entendre mes prières et qu'ils vont demander PARDON. Chaque jour, je souffre un peu plus et je lutte pour survivre dans le monde des étrangers à tout cela. Tout est sale en moi. Le savon n'y changera rien. Aucun sang ne coule et pourtant tout est sale à l'intérieur. J'ai l'impression d'être remplie de leurs immondices, que jamais je ne pourrais me débarrasser de ce trop plein d'ordures.

Publié par ecrirecesthurler à 20:11:41 dans Inceste / Viols | Commentaires (1) |

Les maux | 19 mai 2006



Ce n'est pas facile d'écrire que pour soi. Ce ne sont que des mots qui restent sur le papier, prisonniers, qui ne profitent à personne et dont personne ne profite. Ils deviennent alors inutiles. Sentiment étrange car ce sont précisément ces mots-là les plus difficiles à dire, à avouer, car dangereux et dérangeants.

Le 1er mot sur ma liste, le plus terrible, le plus honteux et déshonorant de tous : le mot VIOL : celui que je n'ai jamais pu prononcer une seule fois. Celui qui me brûle les lèvres et que l'on devine derrière mon regard. Par pitié, délivrez-moi de ce mot et de tout ce qu'il représente pour moi. Aidez-moi à le prononcer ne serait-ce qu'une seule fois, à le hurler pour l'expulser enfin de mon corps et de mon coeur. Quel soulagement ce serait de me l'avouer. Alors, peut-être, les autres mots seront-ils plus limpides.

Méli-mélo : FELLATION, SODOMIE, VAGIN, SUCER, AVALER, VOMIR, TOUCHER, MAIN, OBJET, JOUET, PENETRATION, EMBRASSER, CARESSER, JOUIR, EJACULER, RECOMMENCER... Tout ceci est demandé si gentiment que je ne peux refuser. Trop soumise, je ne fais qu'obéir aux ordres que l'on me donne. Je ne parviens plus à décider par moi-même. Si je refuse, en voilà d'autres :

BATTRE, CRIER, GIFLER, GRIFFER, ATTACHER, ENFERMER, AFFAMER, SALIR, PUNIR, COGNER, toujours et encore... Des bleus qui sont autant de cicatrices : sternum fracturé, disques et vertèbres écrasés. C'est lourd le corps d'un homme qui se jette sur une petite fille de 6 ans!

Je continue avec : ACTES DE BARBARIE, SEQUESTRATION, MENACES, TORTURES, PEDOPHILIE, INCESTE, PERVERSITE. Rien que des mots corrects. Aucune vulgarité, aucune grossièreté, aucune incongruité. Des mots tellement chargés de souffrances, d'émotions et de souvenirs. Puis-je d'ailleurs nommer "souvenirs" toutes ces images qui me hantent et défilent sans cesse dans ma pauvre tête? ce ne sont que des cauchemars, des fantômes du passé qui vont et viennent au gré de mes pulsions de vie ou de mort. Des salauds, des pervers qui ont tout pris en moi : l'affection, les repères, la foi, l'amour, l'estime, le sommeil, la confiance et la vie. Cette affection que je recherche toujours avec ferveur et assiduité et qui me manque terriblement aujourd'hui.


Ils voulaient un "jouet", ils l'ont eu mais ils ont tout cassé.

Publié par ecrirecesthurler à 19:58:15 dans Inceste / Viols | Commentaires (9) |

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