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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Les ballons rouges | 23 août 2008



Je récupère des miettes tel un pigeon effaré
Des miettes perdues sur un oreiller
Des miettes maintenues en suspension dans l'air
Comme des ballons rouges
Les mêmes que j'ai au bord des yeux
Des ballons de foire qui ne durent qu'un temps
Des ballons tous ronds, tout rebonds
Des ballons couleur soleil qui, pourtant
Attristent mon sommeil

Je me nourris de ces miettes et ne les jette
Je me gorge de leur substance
D'un appétit vorace
Je me rue sur leur essence
Dans une folie tenace
Je les serre dans ma main
Qu'elles ne s'envolent au loin
Elles pousseront derrière moi
Poucet me sortira des bois
Où ne fleurissent que des pleurs
Sous les ballons de couleur

Publié par ecrirecesthurler à 09:53:53 dans Maux en vers | Commentaires (9) |

Au centre de la vie : personne | 22 août 2008



J'essaie de faire le plein. Le plein de monde autour de moi. Je vais au centre commercial. Je regarde les gens au travers des rayons. J'imagine leurs vies. Je vois leurs sourires. Je devine leurs familles. Je surprends leurs conversations. J'écoute leurs opinions. Je me cache en épieuse. Je me dévoile en curieuse.

J'apprends la vie des autres. Je me fabrique une vie faite de petits bouts en pioche. De petits rien pas si moches, en somme. Je me régale de la vie des autres pour ne pas vivre seule. je me réjouis de leurs bonheurs, m'attriste de leurs peines. Je me languis à leur contact. J'attends mon heure, la mienne, en les regardant passer sans s'arrêter, en les imaginant de loin sans arrêt.

Au centre commercial, tout est vivant, plein de couleur, tout est dedans, moi à l'extérieur. C'est ma procuration pour la vie. C'est mon alibi pour ne pas rentrer seule le soir. C'est ma survie au centre de leurs espoirs, à eux. Eux, les autres. Les alliés de mes quelques heures de foule grapillées.

Alone. Alone avec un chat. Alone à chaque pas. Alone pour tout faire, pour tout défaire. Alone pour tout construire, tout détruire. Alone pour vivre...

Publié par ecrirecesthurler à 13:46:46 dans Maux en prose | Commentaires (7) |

Si si si lents cieux | 20 août 2008



Peut-être que j'appartiens
Au silence fabulateur
Des papiers déchirés
Peut-être j'appartiens
Au silence des murs
Dénudés dénaturés
Peut-être j'appartiens
Au silence d'une ville
Après la pluie d'o-bus
Peut-être j'appartiens
Au silence du sourire
Qu'on mutile qu'on tue
Peut-être j'appartiens
Au silence d'une pierre
Qu'une main n'a pas pu
Jeter pour exhumer
Leurs cœurs par ricochets
Peut-être j'appartiens
Au silence de mes cils
Missiles pour un grain
De bonheur posthume
Requiem sur le bitume
Peut-être j'appartiens
Au silence mais un silence
Dirait-il ton insolence
Héritière de Lancelot

Inès A.

****
Photo: Inès A., RER C, jour de canicule
Inspiration : flots de vague-à-l'âme venant d'Elle(s)
Intonation : comme du slam

Publié par ecrirecesthurler à 13:22:44 dans Funambule | Commentaires (5) |

La distance m'éloigne de toi | 06 août 2008



A s'éloigner d'une rive, on risque de perdre pied, de s'égarer, de s'emmurer. A déborder de son carcan de bois, la barque chavire et la vue de la rive s'étrique en s'éloignant de nos chants. Perdre pied pour ne plus revenir.
On aime ce qui est beau, ce qui rend fort, ce qui tient chaud. On aime ce qui réconforte, ce qui nourrit, ce qui transporte. On aime et on ne se rend pas bien compte de la distance à parcourir pour aimer. La distance...

Les rues qui défilent, les murs qui désabusent, les villes qui enserrent. Champ clos de la vision de l'amour dans le lointain.
Pêle-mêle, les attributs des lunes se meurent en dérisoires petites incertitudes. La nausée languit. La chaussée blémit. Il est tard. Il est loin. Je ne sens plus rien. Plus rien d'autre que ce tumulte en ma tête. Ce chaos épileptique de routes disjonctées, ce quiproquo qui me rend aveugle et sourde au moindre murmure.
Alors, je persiste. Je continue mon chemin vers l'amour lointain, l'amour hautain...

Publié par ecrirecesthurler à 10:33:23 dans Maux en prose | Commentaires (7) |

Post-it | 01 août 2008



Ma vie c'est celle qui s'écrit sur un post-it. Une vie toute simple, finalement. Une vie de merde sur un post-it jaune. Des petits caractères qui s'enchaînent et se croisent, ne laissant que peu de place à l'imagination, au rêve. De minuscules lettres qui emplissent le petit carré. De ridicules symboles du destin sans ambage, tous tordus, tous vilains.
Un post-it étroit et pas droit. Un post-it blême plein de problèmes. Un post-it maigre et bien aigre...

Ma vie est courte et ne s'inscrit pas sur un carré de verdure ondoyante.
Ma vie tourne en rond et ne s'étire pas en soieries chatoyantes.

Ma vie, c'est ce post-it noirci, gribouillé, raturé à froisser et à jeter.
Ma vie, c'est ce post-it vierge à remplir d'amour et de bonheurs et à coller sur mon coeur.

Publié par ecrirecesthurler à 11:19:52 dans Maux en prose | Commentaires (13) |

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