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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

La douleur est un mystère | 24 juillet 2006


La douleur est un mystère, une source glacée, qui ne cesse de couler dans des cœurs livides en révolte. Elle s'engouffre dans les fissures, la mort à son bras.

Petites particules de sang vermeil, recouvrent le ciel,  la petite fille veut mourir seule au soleil, les maux aiguisés, le corps tendu, l'âme perdue, les flammes noires brûlent  dans sa mémoire. Décadence des mots, les pleurs sont tombeau, breuvage amer, aux lèvres du néant. Demeurée crucifiée à son passé, futur égaré, son espoir s'effrite, l'aile cassée. Petite fille disséquée, par des peurs stockées.

Ils se tiennent hauts et droits...

Couchée sur les lys noirs, le visage fébrile écorché par le feu du massacre, le corps inerte, souillée par les lames en guise de regard, elle se prépare. Prête à trancher les fils de la vie, sourire d'enfant, cascade de sang, heureuse elle attend la faucheuse, dans son jupon sanglant, accompagnée de sa poupée, symbole de sa honte. La pièce est devenue un champ de bataille, elle essaie tant bien que mal de camoufler les failles.

Ils se tiennent immobiles et féroces...

Couchée, sur son socle maudit, recouverte par les morsures des raclures, gorgée jusqu'aux os. Elle ne ressent plus rien, elle a quitté sa coquille, pour une mort sans fin.


"Souvenir"

Publié par ecrirecesthurler à 16:09:52 dans Souvenir :) | Commentaires (16) |

Elle attends... | 21 juillet 2006


Elle se remet en question. Elle cherche des réponses à ses questions... La tête fatiguée à vouloir chercher le comment du pourquoi. Et ça fait mal de ne pas savoir, le coeur et l'esprit ne peuvent s'apaiser, les maux ne sont plus au repos.
Elle demeure dans le noir. Le coeur si rouge, dans la crainte, dans un couloir. Elle affronte ses ombres... Mais dans chaque peur il y a de la lumière, parfois minime, mais elle est là, sous des épaisseurs. Bien là.

Elle attend. La vie, la mort. Elle souffre, fait des efforts. Elle attend un sourire, une main... Mais elle se heurte au mur du silence, incompréhensible. Incapable de communiquer, elle regarde de l'extérieur. Elle est si familière avec les mots et pourtant n'obtient aucune réponse de personne...

Elle a peur d'aimer. De peur de se faire oublier, de se faire rejeter ou tout simplement de se faire torturer... Mais tous les humains n'ont pas un mauvais fond, tout n'est pas toujours si noir, il y a parfois quelques couleurs qui réchauffent le cœur... Même si...

Elle s'apaise. Mais pour combien de temps, juste pour une particule de vie, elle revient et elle recommence... Elle le vit et ça ne change rien. La vie est toujours la même avec ses peurs et ses peines, mais dans le noir il y a toujours un espoir...



PS  :  Véro,  je suis désolée,  je n'ai pas su résister...  Je sais que tu comprendras et que tu ne m'en voudras pas...  Pas à moi...  Parce que c'est moi...  Parce que c'est toi...  Et parce que c'est nous...

PS2  :  Sujet : Flo   /   Verbe : Véro   /   Complément : commentaires   /   Objet : aider   /   Source d'inspiration : Flo

Publié par ecrirecesthurler à 22:36:03 dans Souvenir :) | Commentaires (22) |

Vivre... | 20 juillet 2006


Il faut parfois quitter le monde des illusion, des peurs, se faire violence, laisser entrer la lumière, vouloir qu'elle rentre. Vouloir. Il faut le vouloir. Se dire que la vie n'est pas faite pour être juste, qu'il faut se cogner à elle, lui dire qu'on veut vivre, qu'on veut être bien, être patient avec son coeur et son corps. Mais vivre, s'apaiser. La vie n'est pas rose, il y a beaucoup de noir, de boue. C'est un marécage dans lequel on peut se noyer. Parfois il faut savoir prendre d'autres mains, se laisser guider...

 En ne voulant jamais souffrir, on ravale, au plus profond, sa peine, ses douleurs. On les cloisonne pour qu'elles ne remontent pas à la surface. Et on avance, on va surmonter, en avoir d'autres, mais avancer. Il faut toujours avancer, espérer que quelque chose va arriver, quelque chose de beau, de mieux. Il ne faut pas se leurrer, On sait très bien, qu'à tout moment, il peut y avoir ébullition, et que tout ça nous éclate à la tronche. Mais on fait avec. C'est un risque à prendre...

Mourir c'est la facilité de la vie. Pourquoi vouloir mourir, alors que beaucoup s'accrochent à un fil, à un souffle de la vie, et qui ne le souhaitent pas. Tout le monde n'a pas la chance de vivre, même si c'est dur. Savoir que c'est dur, que ça fait mal, c'est une preuve que l'on est vivant et que l'on peut toujours s'en sortir. Il faut avoir confiance en soi,  prendre sur soi, crier son mal, enlever ses piques, petit à petit... Pour ça, il faut écrire, c'est un moyen de confrontation entre nous et nous. Il faut parler, beaucoup, parler ce que l'on ressent, de ce que l'on a ressenti. Notre souffrance. Il faut sortir tout ça. Ca va nous détruire à petit feu. Mais ça ne s'évacue pas en 10 minutes, ça prend du temps...

Tous les matins, c'est pareil. Il faut se lever, prendre sur soi, se dire que c'est une nouvelle journée, tout faire pour qu'elle soit meilleure que celle d'avant. Prendre soin de soi, de son cœur, de son corps. Sourire, se forcer à sourire. Aimer ce qui nous entoure, quitter le monde si noir. Regarder l'extérieur, avec des yeux nouveaux, se dire qu'on a la chance d'être là pour pouvoir sentir cette fleur, regarder le soleil se coucher. Se dire que la vie est belle, même si on ne le pense pas. Et qu'à force de se le répéter, de se donner les capacités, on va finir par la trouver belle. Qu'ailleurs, il y pire que nous. Que l'on a un minimum de chance. Qu'il faut se réveiller, ne pas succomber à l'envie d'aller plus bas...

Oui ça fait mal. Oui on a mal. On souffre. Mais pour ne plus souffrir, il faut arrêter de se dire que tout va mal. Il faut se dire : je vais aller mieux. On n'a pas le droit de souffrir. On ne devrait pas souffrir...

Ps  :    Sujet : Flo    /    Verbe : Véro    /    Complément : Msn

Publié par ecrirecesthurler à 17:41:54 dans Souvenir :) | Commentaires (17) |

Poupée... | 18 juillet 2006


Comme une poupée de pierre... prise par le temps, rattrapée par le temps. Poupée fossile qui se lasse d'attendre. Abandonnée là, sur le bord d'un trottoir, seule et sans cœur. Sans yeux. Sans vie. Elle aussi a besoin qu'une petite main la ramasse et la ranime, la berce et la console. Poupée meurtrie, trop longtemps oubliée, fatiguée...

Comme une poupée de verre... prise par la peur, surprise par la peur. Poupée transparente et éphémère, solitaire. Poupée docile qui sait bercer et consoler. Ignorée ici, sur le bord de sa route, muette et sans couleur, désabusée... Elle aussi aimerait tant qu'une petite main la serre dans ses bras et lui promette le bonheur. Poupée cassée, trop longtemps délaissée, endolorie...

Comme une poupée de terre... prise par la mort, hantée par la mort. Poupée futile qui ne sert plus à personne. Inutile et condamnée. Rejetée ailleurs, sur le bord d'un trop loin, froide et sèche. Désespérée, désorientée. Elle aussi manque d'amour et d'affection, de douceur et de tendresse. Poupée sans voix, trop longtemps abandonnée et qui ne demande qu'à parler, qu'à crier...

Publié par ecrirecesthurler à 22:31:11 dans Maux en prose | Commentaires (19) |

Pour mel.ludy | 15 juillet 2006


J'ai écrit ce texte lorsque mon premier chat est mort. Ce soir, je le publie pour Ludivine, parce que je comprends ce qu'elle ressent et que je pense à elle qui vient de perdre son chien "Granit". Voir son blog

Regardez ce bébé chat qui débarque dans votre salon. Une boule de poil avec des yeux effarés, les pattes toujours en mouvement. On lui apprend à jouer avec une ficelle. On n'ose plus bouger lorsqu'il s'endort sur vos genoux car c'est un enchantement de le voir si abandonné, si confiant.

Et puis le bébé chat meurt. C'est injuste, affreux, laid. Le petit corps, hier encore si charmant, n'est plus que poussière. J'ai rarement été si malheureuse. Il me manque toujours. Quand je me couche, je le sens encore qui s'allongeait, posait sa tête au creux de mon épaule ou sous mon menton. Je le sens qui n'est plus là et cela me rend encore plus triste, malgré moi, malgré les années qui passent. C'est qu'en treize ans, il s'est incrusté dans ma mémoire, synonyme de douceur, de délicatesse, de fascination. Personne au monde n'a eu droit à sa petite patte posée comme une fleur sur ma paupière, à son petit coup de tête en passant, à son ventre tiède lorsqu'il était vautré sur un fauteuil, en admiration devant les porcelaines.

Je me rappelle lorsqu'il mettait sa tête contre sa patte : ses petits coussinets roses dessinaient, autour de sa truffe, une constellation de galets brillants dans son poils doré. La lumière de la lampe glissait sur sa fourrure grise. Il faisait semblant de dormir mais, en réalité, il attendait que je dépose un baiser sur son oreille.

Voilà, c'est fini. Ses yeux se sont fermés, tout doucement...

Publié par ecrirecesthurler à 20:10:19 dans Espoirs | Commentaires (19) |

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