Perdre espoir de voir une fée
Chasser le noir de ses pensées
Perdre confiance face au néant
Du long silence en attendant
Ecrire le jour, écrire la nuit
Etre mal toujours, espérer un bruit
Prier l'amour, cet ange maudit
Chasser les vautours du cœur meurtri
Espérer une fée sur son épaule
Inscrire des maux, la mort qui frôle
Pleurer une larme sur un sourire
Vouloir aimer, vouloir grandir
Espérer la voir avant de partir
Garder espoir en son sourire
Publié par ecrirecesthurler à 15:20:47 dans Maux en vers | Commentaires (26) | Permaliens
Volontaire ou involontaire, il est comme un désert, une errance du cœur solitaire, à la recherche de son double, partance de l'âme suicidaire, que l'oubli veut noyer en eaux troubles.
A l'aperçu des souvenirs qui enrichissent la mémoire et ne fléchissent pas sous le poids des années écoulées en survie.
Oubli, berce-moi de tes murmures, mets des mots sur mes ratures, revêts mes ailes déchirées d'une toute nouvelle parure, colore mes yeux de tes aquarelles et donne-leur cet éclat de miel, que se ternisse à jamais ce regard vide et fané, tourné vers l'arrière, vers l'oubli.
Publié par ecrirecesthurler à 16:02:23 dans Maux en prose | Commentaires (15) | Permaliens
Il y avait, dans un passé lointain (ou bien était-ce dans un futur proche ?) une Princesse qui avait perdu son Royaume en l'espace d'un battement de cils. Sa peine était immense, car ce qu'elle avait aimé était à présent perdu ; on ne lui avait pas laissé sa chance, et son cœur se révoltait contre cette injustice. Alors elle partit dans les bois se cacher avec sa tristesse, n'emportant que sa petite carapace et ses deux petites ailes ; car cette Princesse était aussi une fée, et chacun sait que les fées ont des ailes pour voleter et une carapace pour se protéger.
Assise sur une pierre, au beau milieu d'une clairière, elle pleura. Puis comme le soir venait, la petite Princesse se roula en boule dans sa carapace et s'endormit... Au matin, la chaleur du soleil vint l'éveiller doucement ; elle sortit la tête de dessous son abri, et les rayons de lumière dans ses longs cils de fée lui firent voir mille couleurs. Elle se frotta les yeux, et s'assit dans l'herbe encore fraîche de la rosée du matin. Il était temps pour elle de songer à trouver un abri durable...
Alors elle partit à travers bois ; elle marcha tout droit, car il n'y avait pas de sentier, ou alors elle ne l'avait pas trouvé. La Princesse avança ainsi jusqu'au soir, espérant rencontrer des gens qui puissent l'aider et peut-être devenir ses amis ; mais elle ne vit personne. Elle croisa des animaux de toutes sortes, parfois même des créatures fantastiques, et ils lui plurent beaucoup ; mais ils ne pouvaient pas l'aider. Elle ne savait pas qu'en s'enfonçant dans la forêt, elle s'éloignait des régions que les gens fréquentent habituellement. Là où elle se trouvait maintenant, il y avait des tas de belles choses, des merveilles insoupçonnées, mais personne avec qui partager les joies de ces découvertes... Finalement, la nuit tomba de nouveau ; la petite Princesse frotta ses bras et ses jambes égratignés par les branches et les ronces, planta sa carapace entre les racines d'un arbre et s'y installa pour passer une seconde nuit de solitude dans les bois.
Cette fois-ci, ce ne fut pas le soleil qui la réveilla, mais un bruit : toc, toc, toc... Quelqu'un frappait à sa carapace. Intriguée, elle sortit la tête, et se trouva face à un bien étrange personnage : des habits plutôt ridicules, des cheveux un petit peu trop longs, et une plume sur son chapeau.
« Bonjour, dit-elle, en essayant de ne pas rire devant ce spectacle insolite ; qui es-tu ?
- Bonjour, répondit le personnage ; moi, je suis un ménestrel, et toi ? »
... / ...
Ecrit par Gatrasz
Publié par ecrirecesthurler à 14:44:01 dans Espoirs | Commentaires (11) | Permaliens
Au moment où tout bascule, quand plus rien ne nous retient, rejoindre le crépuscule, le vrai, celui des anciens, celui qui chante là, derrière les haies d'épines, celui qui crie au cœur, assassine, celui qui reprend la nature des erreurs de jeunesse, et qui laisse ce venin dans les mots, dans les gestes.
S'arrêter un instant, souffler puis se jeter, à corps perdu dans ce décor de poussière, souffrir pour de bon, se laisser moisir, recouvrir par l'éphémère des mots en suspension, ne plus avancer à tâtons dans la lumière mais éclairer la nuit d'une seule bougie, incandescence venteuse, flamme qui danse et s'émerveille, chaleur et pâleur de la lueur austère, s'envoûter de ce cierge jusqu'au passage vers l'au-delà.
Pourquoi faut-il rechercher l'innocence oubliée, pourquoi faut-il se plier aux normes de la perfection, se mouler jusqu'à en oublier nos peines, se couler dans ce masque d'étain, de fonte et de vermeil, les ailes rougies aux contours flasques, le cœur meurtri par tant de larmes, l'âme en peine au coin de la Seine, le regard désabusé par tant de déception.
Publié par ecrirecesthurler à 13:56:33 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
Je ne sais pas aimer, je demande trop, trop d'attention, trop d'affection, trop d'amour ou d'amitié.
Je sais pas parler de moi autrement qu'en vers ou en prose, incompréhensible pour qui ne sait pas lire entre mes lignes.
Je dérange tout le monde avec mes questions, mes doutes, mes peurs, mes peines. Trop sensible, c'est ridicule, je pleure tout le temps. Trop égoïste pour comprendre ou écouter, j'ai le cœur bien trop froid pour qu'on s'intéresse à moi, pour aimer réellement.
Je ne sais faire que du mal, détruire tout ce que j'aime, tout ceux que j'aime. Je n'ai jamais rien su construire de beau autour de moi, même pas une vraie famille à moi, je ne peux même pas avoir d'enfant, j'ai juste des rêves et des espoirs. Je ne sais bâtir que des barricades. Je ne sais pas aimer.
Saloperies de traumatismes et de manques. Ca ne sert à rien de s'approcher de moi. Je ne sers à rien. A rien d'autre qu'à faire du mal. Pardon.
Publié par ecrirecesthurler à 21:32:57 dans Maux en prose | Commentaires (6) | Permaliens
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