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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Je sais pas aimer | 15 janvier 2007

Je ne sais pas aimer, je demande trop, trop d'attention, trop d'affection, trop d'amour ou d'amitié.
Je sais pas parler de moi autrement qu'en vers ou en prose, incompréhensible pour qui ne sait pas lire entre mes lignes.
Je dérange tout le monde avec mes questions, mes doutes, mes peurs, mes peines. Trop sensible, c'est ridicule, je pleure tout le temps. Trop égoïste pour comprendre ou écouter, j'ai le cœur bien trop froid pour qu'on s'intéresse à moi, pour aimer réellement.
Je ne sais faire que du mal, détruire tout ce que j'aime, tout ceux que j'aime. Je n'ai jamais rien su construire de beau autour de moi, même pas une vraie famille à moi, je ne peux même pas avoir d'enfant, j'ai juste des rêves et des espoirs. Je ne sais bâtir que des barricades. Je ne sais pas aimer.

Saloperies de traumatismes et de manques. Ca ne sert à rien de s'approcher de moi. Je ne sers à rien. A rien d'autre qu'à faire du mal. Pardon.

Publié par ecrirecesthurler à 21:32:57 dans Maux en prose | Commentaires (6) |

Pénètre mon sommeil | 15 janvier 2007


Pénètre mon sommeil, mets ta joue contre la mienne, chuchote-moi tout bas, pour ne pas que je fonde.

Mes yeux mouillés sont rangés sous mon lit, dans ce petit étui de satin rouge vermeil, pour que les rêves qui peuplent mes nuits les assèchent un peu et les émerveillent.

Depuis cette enfance qui n'avait pas de place chaude, depuis cette chute dans les précipices, depuis ces gouffres qui m'enserrent, depuis cette léthargie de fiel, mes yeux cachés sont emplis de rêves déçus.

Publié par ecrirecesthurler à 10:10:13 dans Maux en prose | Commentaires (3) |

Muette est sa haine | 14 janvier 2007


Poupée lacérée, sans vie

Aux yeux emplis de terreur

Qui rêve jour et nuit

D'échapper à l'horreur

V
entre lacéré chaque jour

E
ncore et toujours

Son cri saignant l'amène

Dans la chambre des peines

Ventre caressé, oppressé

Durant toutes ces d'années

Raide comme une fleur sans tige

Blanche comme la neige qui se fige

Muette est sa haine

Gicle sa colère

Ses entrailles l'entraînent

Toujours vers hier

Publié par ecrirecesthurler à 10:19:19 dans Maux en vers | Commentaires (1) |

Epitaphe | 13 janvier 2007


Amis, quand vous m'aurez conduite au cimetière
N'entourez mon tombeau que d'objets souriants
De signes de regrets, de cyprès larmoyants
Gardez-vous d'attrister ma demeure dernière

Placez-y des lilas aux thyrses ondoyants
Que le zéphyr balance ainsi qu'une crinière
D'humbles fleurs émergeant de ces touffes de lierre
Qui rampe même l'hiver en tapis verdoyants

Que l'ombre y soit touffue et que l'herbe y gazonne
Que le pinson y chante et l'abeille y bourdonne
Qu'on entende les cris des oiseaux querelleurs

Loin des près odorants, loin des coteaux fertiles
J'ai vécu de longs jours, exilée dans les villes
Laissez-moi m'endormir au doux parfum des fleurs

Publié par ecrirecesthurler à 09:55:23 dans Maux en vers | Commentaires (5) |

Mélancolique leçon des morts | 12 janvier 2007


Quelques ares de paix dans la périphérie bruyante des villes, des rencontres inattendues avec l'éternité, mes larmes ont réchauffé le granit et le marbre, mes bras ont embrassé les froides roses et les fines bruyères, mes yeux ont croisé les regards endeuillés, mes bras ont enserré d'impalpables souvenirs, mais le rideau est tombé sur ce pathétique spectacle de la mort et de la vie qui se damnaient à se trouver drôles.


Ressentir des ailleurs, des ondes, des sensations, écouter la douceur du silence, long, à l'ombre des ifs et des herbes rares, deviner la présence de ces hommes et femmes de pierres derrière leurs miroirs.


Lire, comme dans un livre l'histoire de ces êtres déchus, oubliés, vagabonds de la postérité, être virtuels qui collent à la mémoire de ceux qui les ont aimé, anges asexués étreignant l'imaginaire.


Se cacher sous un voile dont les plis délicats laissent deviner les contours macabres, se laisser saisir par le désarroi des survivants figés dans la pierre, par leurs visages meurtris, ravagés, désemparés, que ni les pollutions, ni l'usure du temps ne parviennent à estomper, recouverts de mousses et de lichens.


Admirer la tendresse du regard et du sourire des anciens que la mort sépare, le désarroi d'un enfant arraché trop tôt qui, injustement, n'a pas eu sa chance.


Désordre végétal joyeux et libertaire, anarchie minérale, fouillis de pierres sans dieu ni maître, de pierres fendues, disloquées, désagrégées en petits morceaux, minéral retournant harmonieusement au minéral, tombeaux mangés par les herbes folles, noyés dans le lierre, où l'on aime à venir, rompre la solitude des morts.

Publié par ecrirecesthurler à 08:54:07 dans Maux en prose | Commentaires (5) |

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