<< Un chien pleure | Anorexie Vs Boulimie | Music addict >>
Un jour, j'ai vomi très fort, très longuement et très bruyamment. J'ai vomi de longs spasmes entrecoupés de larmes. Ça a commencé avec des bonds et des rebonds dans l'estomac. Du ressac et des lames déferlantes en fientes amères et abondantes. Redondances, relents, regrets. Tout se détraque, plus envie de rien. Tout se détruit, contrarie, éreinte.
Puis on s'habitue à la fracture, la cassure. Les vomissures éclaboussent les murs et maculent la blancheur. Les raclures d'ongles s'enfoncent en travers de la gorge. On devient sale, on devient pâle. On devient aigre, on devient maigre.
Les jours passent, la salive manque, les veines se montrent, le visage se creuse et les rides se marquent de sillons violacés qui creusent des rires en arabesques sur les joues blêmes. Des rires-sorcières blafardes, rictus sur des figures hagardes. Défigures.
On passe son temps à se repaître de ridicules bouchées. On perd son temps en allers-retours entre la cuisine et les toilettes. A se vider. A se délivrer. A se délaver. Le temps de larmes et de dégoûts. Reflux, rebut, repue.
A peine lavées, les mains en tremblent encore. L'odeur les poursuit. La pestilentielle odeur de pourritures acides. L'infect décomposition de nos entrailles. Puis la répugnance s'enfuit. Puis s'installe l'oubli. On vit de nausées en nausées. On reste allongée. Plus de force. Plus de visage. Fantôme, farce, impuissance, répugnance, étourdissement. Plus rien ne passe. On se casse. On se lasse. Les lèvres au bord du gouffre de la cuvette, le front calé sur le froid. Agenouillée comme en prière, les bras enserrant la céramique, les yeux vitreux, le corps en spasmes.
Petit à petit on émiette un peu plus, on trie, on élimine. Les cadavres n'ont pas besoin de se nourrir pour exister. On a peur que ça recommence, que le mélange se balance à l'intérieur, à nouveau. Nonchalance, honte, remord, remontrances, maltraitances de son corps. On a tort. On le sait. On ne fait rien. On ne change rien. La nausée nous secouera encore comme des pantins mort-nés. Elle coule dans nos veines, avec son terrible bruit en écho et saccage nos ventres de son âcreté de sanglots.
Publié par ecrirecesthurler à 21:51:49 dans Maux en prose | Commentaires (7) | Permaliens
01-10-2008 09:16
De Flo Sujet:
Oui, Saxo, pour moi
01-10-2008 09:13
De Flo Sujet:
So, c'est juste
01-10-2008 09:11
De Flo Sujet:
Armanny, il est vrai
22-09-2008 13:18
De lasaxophoniste
Sujet:
moi je n'ai connu... Url: [Liens]
22-09-2008 02:35
De Armand Rothan Manny Sujet:
Trier... Url: [Liens]
21-09-2008 12:01
De So Sujet:
J'ai bien lu
20-09-2008 05:27
De Armand Rothan Manny Sujet:
Vomir le temps... Url: [Liens]| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
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