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AstriZouille

Les charmes de la vie de famille revus et corrigés

Où se montrer en Bretagne ? (2/4) | 16 août 2006

Au cimetière ! Et ce n'est pas de la blague. Les cimetières bretons sont les derniers salons où l'on cause.

Demain je vous parlerai de la plage, ou des crêpes, je ne sais plus. En attendant, parlons cimetière.

C'est LE sujet incontournable avec de vrais bretons, inépuisable et toujours d'actualité même en période creuse, c'est à
dire sans enterrement. Pour aller au cimetière, « nettoyer les tombes » on se fixe un jour dans la semaine. Plus la Toussaint bien sûr pour faire le tour de toutes les autres, et pour celles-là il faut faire de la voiture alors on prépare le voyage ! Si vous voulez des nouvelles d'un cousin éloigné, vous en aurez de bonne spour peu qu'il ait été croisé au cimetière. Sinon, ce n'est qu'un fils de rien, votre grand-mère l'avait bien dit ( de source sûre, il a monté une super boîte et sort bien son épingle du jeu dans le milieu du web. Mais il n'était pas au cimetière au bon moment pour honorer les siens... et ceux des autres)


Au cimetière, on s'observe tous du coin de l'œil :

- « c'est qui donc ça sur la tombe de Soizic ? »

- « Ho cette drôle-là, ça doit être sa fille, non ? »

- « Elle vient jamais par là celle-là. Non, ça doit être la Marie, qui lui faisait le ménage les derniers temps »

- « Haaa si ma mère voyait ça... C'est triste quand même. »

Et bien sûr, on prend un soin jaloux des siens enterrés là près de Soizic : la moindre feuille morte, le moindre grain de
poussière est chassé, la tombe est rincée pour effacer les traces de pluie puis fleurie.

Mais n'allez pas croire que l'on fait de même sur toutes les tombes. La vengeance étant un plat qui se mange froid (brrrr) voire très froid dans ce cas-là (hahaha), le breton ne fleurira jamais la tombe d'un ami très cher, de son cousin ou de son frère si ils ont eu le malheur d'avoir un mot de travers de leur vivant. Un mot, un seul... dont plus personne ne se souvient. Sauf l'intéressé qui saura vous conter l'anecdote en révélant un drame familial historique et insoupçonné. « Je ne lui pardonnerai pas ça. Tiens, il savait bien ce qu'il faisait, va. »

Le breton peut même décider, c'est du vécu, d'habiller la tombe de Pierre en déshabillant celle de Jacques. Non qu'il oserait déplacer un plant, il est bien trop respectueux mais écoutez cette conversation inédite sur le net (heureusement que les bretons de chez moi ne savent pas ce qu'est Internet... ni un ordinateur):

- Salut Marraine ! Alors, toujours fatiguée ? (Voix compatissante. N'allez pas penser que je puisse être sans coeur)

- C'est le temps, on a tempête ces jours-ci. (Canicule dans toutes les autres régions de France... Légère bise sur le Finistère sud). Mais faut qu'j'te dise.

- Oui, je t'écoute. (Franche canicule, bureau parisien non climatisé, attenton volatile... mais esprit immédiatement en alerte)

- Cette année j'enverrai pas d'argent ( pour fleurir une tombe parisienne), au lieu de ça je mettrai des fleurs
au cimetière à ton oncle, il est méritant lui aussi (dans le texte !)

- Mais bien sûr, bien sûr. Tu ne t'occupais pas de sa tombe ? (à deux mn de ta maison à pied, à 560 bornes des nôtres)

- Ha non. C'est à vous cette tombe.

Nous voilà officeillement proprio dîtes donc. Donc, cet été, j'ai choisi un plant qui « dure jusqu'à la Toussaint », j'ai nettoyé la tombe, découvert une ruche et ses abeilles excitées sous un pot, jeté le tout et suis allée à la plage.

Ces parisiens, n'ont de respect pour rien!

 

Publié par Solène P. à 17:18:53 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (1) |

La Bretagne, destination chic ou choc ? (1/4) | 13 août 2006

Vous êtes-vous déjà trouvé dans cette atmosphère de sortie d'école,
coincée entre deux ou trois poussettes, des marmots aux doigts collants
stationnés à droite et à gauche, tout concentrés sur leur goûter, vous
efforçant de circuler le long des couloirs trop étroits sans écraser
trop de petits pieds ni bousculer trop de matronnes ? Le tout en
faisant semblantde vous intéresser aux blablas de votre progéniture,
qui tête en l'air quête votre attention et se contrefiche du bon sens
de la marche... En ces temps de vacances, cette situation peut vous
paraître lointaine, pour ma part je l'appréhende déjà, la petite
dernière faisant son entrée en école maternelle. Mais ce n'est pas le
sujet.

C'est par contre bien dans ces conditions extrêmes que j'ai découvert que la Bretagne était du dernier chic.
- « J'ai oublié de te dire que Vincent ne pourra pas retrouver Jean-Charles au tennis, on part à Saint-Maloooooo »,
- « Ca tombe bien, nous déposons les enfants à Quiberonnnn chez mes beaux-parents ».


Puis
de retour de leur week-end, les mêmes ont bloqué la double-porte de
l'entrée avec poussettes et ribambelle de moins de cinq ans :
- « Tu as eu beau temps ? Nous, nous avons fait du bateau puis j'ai chiné un peu. Et toi ? »
- « Ho, les enfants ont fait leur stage de voile, moi comme d'habitude, je me suis offert une thalasso. »

Depuis
mon œil est bien plus aiguisé lors de mes séjours familiaux, plus ou
moins contraints, faut bien le dire... Et mon regard est tout en
ironie... et je me dis que leur Bretagne à ces deux-là n'est
décidemment pas la même que la mienne !

Je vous parlerai donc demain du dernier salon où l'on cause, en tout cas du lieu où il fait bon se faire voir : le cimetière !

Publié par Solène P. à 22:00:16 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (0) |

Le bon goût du chocolat... équitable forcément ! | 16 juin 2006

Ce billet ne devrait pas figurer dans mes humeurs éphémères, parce qu'il s'agit de développement durable. Vous voyez le malaise... il serait sans doute plus judiceux de le placer dans Bon air et santé débonnaire, mais cette rubrique se veut plus pratique, médicale ou psychologique. Bref, la vie de ce blog me met le nez dans mes contradictions.

Développement durable, écologie, commerce équitable et marché du bio sont des sujets en vogue. Je ne devrais pas dire ça, il ne faut surtout pas que ce soit une mode. Non, ce sont plus précisemment des préoccupations qui se généralisent. Chacun fait un geste, à sa manière en triant ses déchets, en croquant dans du chocolat ou en buvant du café équitables, en fermant le robinet d'eau pendant qu'il se frotte les dents, en initiant ses enfants au respect de la planète.

Il est pourtant quasi impossible d'être 100% équi-écologisto-bio. En faisant vos coulis, confitures, pains et autres recettes bio, vous faites tourner à plein régime vos robots, machines à pain, réfrigérateur et congélateur. En vous lançant dans la culture d'un potager, vous videz les réserves d'eau de la planète. En faisant vos courses à la coopérative bio, vous devez prendre la voiture etc. Les trucs et astuces ne manquent pas pour éviter cela, c'est évident. Mais alors, mesdames, il va vous falloir retourner à vos foyers . Et là,moi, je dis, hiiiiiiiiiiiic

Dans la maison Astrizouille, on fait ce que l'on peut. On est bio à 20% environ (farine, compotes, sucre, noix de lavage). Si l'on se lance dans l'achat de légumes, fruits et viandes bio, les courses devraient être faites au moins deux fois par semaine, et pas à la porte d'à côté. Alors, pour le moment, la mozzarelle se marie à des tomates "botoxées à la DHEA".

On n'achète plus de marques des grands groupes agroalimentaires : pas de purée en sachet, pas de riz incollable (et mon riz ne colle pas... ), pas de pâtes Lustucru ou de raviolis Buittoni, pas de pom'potes, pas de choco BN ou de Prince, pas de yaourts aromatisés avec pulpe et sans pulpe et mixés et avec morceaux et sur coulis Danone,... Et pourtant on mange ! Mais mon congélateur a le ventre plein de gâteaux, pains et plats maison et mon four est en train de sécher, porte ouverte, une série de petites meringues (à la fleur d'oranger, waouhhhhh).

Ici encore, les plaquettes de chocolat au lait ont le goût vrai du chocolat et non du beurre de cacao enrichi de sirop de fructose-glucose et autres améliorants. Les copines d'Astre et Zouille le goûtent, le boudent d'abord pour craquer ensuite. Sa provenance, le Brésil, les intrigue tant que mordre un carré devient irrésistible. Notre chocolat est devenu la vedette des goûters entre copines, il fait causer et voyager et réfléchir. Je ne saurais trop vous conseiller de le goûter pour découvrir à quel point nos papilles sont manipulées : le bon chocolat ne peut qu'être celui fabriqué avec des produits sains, en aucun cas la géniale barre de Côte d'Or aux noisettes caramélisées (aaaaargh, une faiblesse, je suis faite !) dont la liste des composants est longue comme mon bras et impossible à fabriquer avec les seules fèves de caco, un peu de beurre et de sucre de canne.

Ici, il y a une maman enchaînée, provisoirement disponible mais dont la vraie nature bouillonne. Difficile de renier une éducation tournée vers l'autonomie financière, l'épanouissement social et la réalisation par le travail, pourtant mener une vie de mère au foyer (à ce sujet, lire ffffff femme au foyer ) vissée à ses founeaux, réglées sur les horaires d'école, émotionnellement dépendante des humeurs familiales, à la liberté limitée me semble une étape nécessaire.

Pour débattre, je suis à vous ! ;-))

Arguments plus engagés et raisonnables sur le Glob de Fab et celui de ses potes.

Publié par Solène P. à 16:05:13 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (0) |

Marre, trop marre | 06 juin 2006

*Découvrez la Bédéthèque

- Marre des vendeurs de cuisine, fenêtres, assurances, et autres qui appelent à l’heure des devoirs-bain du soir-dîner-histoire-coucher des enfants !

- Marre de ces talons hauts qui me narguent en attendant d’être portés et de ce jeans trop serré

- Marre des enfants affamés toute la journée et de ceux qui n’ont pas d’appétit

- Marre de faire restau à toute heure, ici c’est pas à la carte !

- Marre des journées trop courtes et des pauses impossibles

- Marre des gens trop lents, partout, où que vous alliez…

- Marre des agressifs et des bougons

- Marre des sécurités enfants sur la cuisinière, qui marchent si bien que l’on ne peut plus allumer le gaz

- Marre des produits allégés, sans sucre(S) ni sucres ajoutés, dégraissés, sans matières grasses, sans conservateurs, sans additifs… qui nous bouchent la vue et cachent les bons produits

- Marre des tomates insipides qui résistent au temps (pas une ride après trois semaines… louche) et des pommes si bien lustrées…

- Marre des médicaments pour et des médicaments contre

- Marre des ordonnances à rallonge et des multiples antipyrétiques

- Marre des nez qui coulent et des otites

- Marre des devoirs scolaires systématiques

- Marre des maîtres et maîtresses qui croient tout savoir des enfants

- Marre de chercher sans trouver

- Marre de cette to-do-list qui ne désemplit pas

- Marre de la paperasse

- Marre de la poussière

- Marre des routines

- Marre des SPAM et autres « enlarge your penis »

- Marre des vacances « pour faire plaisir aux autres », sans joie

- Marre des budgets serrés et des projets sans arrêt repoussés

- Marre de ces nouveaux cheveux blancs qui frisottent crêpus

…à continuer…

Publié par Solène P. à 09:26:14 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (1) |

Auto-satisfaction toute féminine ! | 29 mai 2006

Nos magazines préférés nous connaissent si bien qu’ils évitent d’entretenir nos doutes, nos fragilités, notre fatigue pour mettre en avant l’idéal convoité en affirmant que les femmes sont formidables. Qu’il est donc agréable de se découvrir si talentueuses au quotidien, indispensables aux hommes, uniques et avec une telle estime de soi ! Remettons-en une couche…

Certes, les femmes assurent :

- au supermarché, montre en main, les courses pour quinze jours sont effectuées en 70 mn, temps de chargement et de déchargement inclus.

>>Monsieur fait mieux mais il a oublié les couches du bébé, surstocké les rouleaux de papier (et donc encombré les petits coins, déjà jonchés de journaux) et fait l’impasse sur les légumes (oui, mais ça s’épluche et ça se lave, pas les pâtes). Il a pensé aussi aux ampoules et à la super glue. Faut reconnaître, c’est pratique. Mais il vous faudra retourner compléter entre midi et treize heures, à côté du bureau. Lui, il ne peut pas, il ne dispose pas d’un réfrigérateur au bureau (« qu’est-ce que tu crois, on bosse, nous ! »), doit être présent aux réunions qui démarrent à onze heures et se terminent à quinze (il n’a même pas le temps de déjeuner, lui ! Il n’a surtout pas votre cran pour mettre fin à une réunion qui a trop duré, alors que vous maîtrisez cet art depuis votre retour de congé maternité au risque de vous faire mal voir… )

- en cuisine : là encore, les repas pour bébé, plus celui des grands qui detestent la peau des tomates et les courgettes et le poisson, plus celui de votre moitié qui-a-déjà-trop-mangé-ce-midi-alors-fais-léger-s’il-te-plait-ma-chérie (ha, tiens ? Il a donc parfois le temps de manger, le midi, lui…) seront servis à l’heure. Vous, vous vous lécherez les doigts, le fond des petits pots, les restes des assiettes et pour tenir le coup jusqu’au coucher, un paquet de crackers, une tablette de chocolat ou une banane (c’est toujours autant de vaisselle en moins !).

- au boulot : arrivée plutôt matinale, en général bien avant les hommes qui arriveront en ordre dispersé après neuf heures, généralement avant midi mais qui resteront tard… eux ! alors que vous, façon fonctionnaire, vous aurez tout bouclé à 18 heures, au milieu de l’après-midi donc… Elles ne sont jamais là quand on a besoin d’elles, dit-on derrière votre dos. J’en ai même entendu dire qu’on ne l’y reprendrait plus, à embaucher des femmes… Il nous faudrait quelques doubles de nous-mêmes pour leur enseigner la lecture méthodique des mails, le classemment des fichiers, l’anticipation des besoins et un poil d’organisation…

>>Le décalage entre les équipes féminines et masculines est loin d’être corrigé : les unes anticipent et classent, les autres brassent et s’agitent, donnant une impression de forte activité : rechercher un dossier quand le client est au téléphone, ça donne des sueures froides même aux plus endurcis. Quelle femme saura leur dire que les dosiers sont classés, que les informations leur ont été communiquées par écrit en temps et en heure, que vous ne vous souvenez même plus des détails parce que c’est déjà de l’histoire ancienne et que vous vous êtes attaqués à la suite ?

- à l’école : ça, vous ne le savez sans doute pas, mais quand vous arrivez à la crèche, à la fermeture, ou à l’école dans les mêmes eaux, vous êtes belles, vous assurez comme ce n’est même pas permis ! Vous avez quitté le bureau au pas de course en transférant vos appels professionnels sur votre portable, vous avez coincé un peu de lecture sous votre bras et avez pensé aux sacs plastiques contenant les indispensables petits suisses et autres denrées. Vous avez sauté dans le RER de 17h57, après c’est trop tard et on n’a pas tous les jours le cran d’affronter le regard des moniteurs à la garderie. Hop, le bus, un peu de marche à pied dynamique et ouf ! Mes petits chéris, vous avez passé une bonne journée ? T’es tombé dans la cour ? Ho lala… Tout ça encore maquillée et en talons !

- au lit : non merci, Chéri, c’est bien d’y avoir pensé mais pas ce soir. J’ai eu une journée difficile, oui, comme hier, et comme avant-hier, je te l’accorde. Ni demain. On verra pendant les vacances.

>>A moins que le petit dernier ait atteint sa troisième année, auquel cas, vous ne seriez pas contre un petit calin… et puis un autre pour rattrapper le temps perdu !


Ils ont bien raison, les magazines, les femmes sont formidables !

Publié par Solène P. à 20:54:36 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (0) |

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