Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

AstriZouille

Les charmes de la vie de famille revus et corrigés

Belle-Mère à 32 ans | 15 novembre 2007

Ecoutons le récit de Valentine, belle-mère à 32 ans, mère à 37 ans et future mariée... du genre que je bafferais bien, en fait. Ben quoi ? Faut bien le dire...

Quand j'ai rencontré Louis, je démarrais dans la vie active. Je venais de gagner mes premiers salaires et ma nouvelle indépendance me laissait dans un état d'excitation constante. Tout était beau sauf mon célibat. Je me disais que j'étais nulle en amour, que je ne me marierai jamais, j'enviais mes copines qui parlaient déjà bébé...
Je sortais beaucoup, entre filles, au ciné, au concert,... On riait fort, la vie était légère et sans soucis réél.

Louis avait posé une photo sur son bureau qui m'avait troublée. Qu'un homme affiche ainsi sa tendresse pour son épouse et son bébé, tous deux bien blonds, mais pas bien beaux... me chamboulaient. Je me suis mise à le regarder différemment, nous déjeunions fréquemment ensemble le midi, j'en suis arrivée à lui confier mes peines de cœur et on partageait de sacrés fous rires en même temps qu'un regard neuf sur la boîte qui nous avait fraîchement embauchés, quasiment en même temps.

De son côté, il s'épanchait un peu aussi. Je ne peux pas prétendre avoir reçu ses confidences, il est plutôt secret mais je comprenais que sa femme n'avait d'yeux que pour leur bébé. Ca m'exaspérait. Elle lui confiait un milliard de choses à régler alors qu'elle biberonnait et babillait toute la journée : appeler la banque, congédier leur nounou, mettre la voiture en révision...

Moi, je dis qu'une femme peut rester femme tout en étant mère ! C'est du moins ce que je me disais à l'époque et cette femme-là me faisait sortir de mes gonds. Sans le vouloir, c'est ainsi que j'ai férré Louis, si j'ose dire, en quête de plus de légereté et plus si affinités.

De fil en aiguille, nos sorties professionnelles se sont multipliées, on se voyait de plus en plus en dehors de nos bureaux mais toujours cernés par nos collègues et clients. Evidemment, j'ai fini par rencontrer sa femme lors d'une soirée de la boîte, à laquelle maris et femmes étaient conviés. J'ai remarqué ses rondeurs, sa veste étriquée, ses chaussures bon marché et ses efforts pour ne pas perdre de vue Louis. Mais lui semblait l'éviter, il se mêlait à toutes les conversations et elle ne pouvait pas suivre. J'avais un peu pitié d'elle, sirotant seule un coca. Finalement un collègue lui a fait la conversation.

C'est au cours de cette soirée, alors que je fumais ma clope dehors qu'il a déposé un baiser très furtif, à peine perceptible sur mes lèvres. J'étais transportée, j'avais l'impression d'avoir pris le pouvoir sur le monde, d'être une bête irrésistible... L'été arrivant et les congés de chacun avec, les choses se sont accélérées. N'ayant pas de vacances parce que trop récemment embauchés, nous avions quartier libre dans les bureaux vides... et chez lui. Sa femme était partie dans sa famille, le délaissant. Je savais que leur couple était liquidé et je ne m'en sentais pas responsable. Son épouse multipliait les maladresses, n'entendant pas les besoins de son mari. Alors le « plus si affinités » a été consommé, je le sentais si heureux et il me transportait. Cafés, pubs, drugstores, Paris en rollers, séances de ciné s'enchaînaient, nous pouvions compter nos heures de sommeil sur les doigts d'une main mais l'on était heureux.

Comme je l'ai dit, il est d'un tempérament secret. Avec lui, je fais les questions ainsi que les réponses. Alors je ne sais pas grand chose de leur séparation puis de leur divorce. Ne sachant de quoi elle était capable, je jouais tous mes atouts et affirmais ma position tout en gardant des distances salvatrices. Elle ne s'est même pas battue pour son bonhomme, Louis a récupéré ses affaires, il voyait sa fille aussi souvent que possible. De mon côté, je trouvais que ça manquait de colère, de vengeance, de douleur explosive, de vases qui se cassent contre les murs et je trouvais cela vraiment louche. Moi, je suis sanguine et je craignais que dans ce calme, mon Louis se mette à hésiter. D'autant que je ne me sentais soutenue nulle part. Alors j'ai resséré mon emprise, lui accordant peu de temps pour aller chercher sa fille et la redéposer le dimanche soir.

Tout cela semble odieux mais j'étais amoureuse et je le suis encore. Je sais ce qui a perdu leur mariage, je m'astreinds à compenser.
Ainsi, nous continuons à sortir beaucoup et à recevoir tout autant, même depuis la naissance de Tanguy. Je continue à travailler et je prends en charge le maximum de choses. Je fais en sorte que sa vie reste légère, je reste sa maîtresse et je me fais inventive.

Bien sûr, sa fille vient tous les quinze jours pour le week-end. Elle m'a conquise et elle est comme ma fille. Mais je suis souvent agacée tant elle emmène un morceau de sa mère à chaque fois ! Elle est toujours mal habillée, à peine coiffée, une odeur désagréable de cour de récré dans les cheveux et puis elle est parfois sans gêne, odieuse. Quand je peux, je la fais travailler parce que sa mère laisse passer beaucoup de choses. Je pense que dès le CP, il faut exiger une écriture soignée et des cahiers propres. Je serai aussi exigente avec Tanguy plus tard. Elle est beaucoup trop souillon. A la maison, elle ne manque de rien, mais chez sa mère, parfois je me pose des questions... Je me demande si elle ne joue pas avec des bouts de bois ! Louis ne supporte pas que j'émette la moindre critique mais il lui a quand même fait réécrire toute une liste de mots qu'elle savait lire mais pas écrire. Forai, poulle, coc et renarre, je m'en souviens parfaitement !Pour le moment, je rêve à un deuxième enfant avec Louis. A un appartement plus grand. A un mariage en grand, en blanc, avec orchestre. Sa fille est déjà toute excitée à l'idée de porter mon voile. C'est prévu pour juin, alors le bébé attendra jusque là pour être conçu.

Peut-être pour notre nuit de noces ?

Publié par Solène P. à 21:45:58 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (0) |

Liberté éphémère, au volant | 03 juillet 2007

Prendre le volant la grise. Sur l'A14, à cet instant, elle se sent maître du monde, comme libérée de poids qui ne lui appartiennent pas. A cette heure sans grande circulation encore, les gens ne sont pas encore sortis de leurs bureaux, elle double tous les véhicules et savoure sa liberté.

Seule dans sa voiture, son petit sac sur le siège passager, radio éteinte, elle tient fermement le levier de vitesse et n'hésite pas à faire râler la voiture, comme le ferait un mec, pour faire grimper encore un peu le compteur. Elle est sûre d'elle-même, certaine de réussir à passer les épreuves de la vie et là, dans sa petite voiture, elle se sent forte, prête à tout affronter.

Lui viennent en tête ces chansons honteuses, qu'elle adore en secret et qui lui donnnent l'impression d'être légitime, bien dans son époque, si féminine aussi. Gardant en tête les paroles de Sardou, celles de Goldman aussi, elle fonce droit devant elle et fredonne « être une femme ».

En approchant de son appartement, en zigzaguant dans la circulation plus dense de Boulogne, gardant une conduite sèche et rapide, elle sait qu'elle vient de naître à l'âge adulte. Les trois derniers jours ont fait d'elle une adulte. C'est ainsi, elle ne les avait pas vus venir et ne s'y était pas préparée. Mais la sensation de puissance, d'autorité qu'elle ressent à l'instant, derrière son volant, la rassure, elle en est capable.

Et un adulte fait ses courses régulièrement pour remplir le frigo. Alors, elle se gare, attrape son sac et en vérifie rapidement le contenu : oui, elle a de quoi payer ses achats. Elle essaie de marcher droit, avec assurance, mais sans son volant, elle a du mal à toucher terre, le sol est cotonneux. Heureusement, l'ambiance musicale du magasin est entraînante, elle reprend ses esprits et se dirige dans les rayons qui l'intéressent. Un litre de lait, trois tomates, une boîte de thon, du pain de mie... Passage en caisse et retour dans la voiture.

Il ne lui reste plus que deux minutes de conduite, bientôt elle retrouvera son appartement. Elle sait qu'elle ne pourra y rester longtemps, à peine une nuit. Mais c'est déjà ça, après, demain, on verra. Elle trouve une place, prend ses sacs et ferme les portes de sa voiture. Elle grimpe posément ses deux étages, ce n'est pourtant pas l'envie de faire claquer ses chaussures sur le parquet vieillissant qui lui manque. Refermant la porte derrière elle, elle se surprend à humer l'odeur feutrée de son appartement, à écouter ses pas et les bruits que font ses sacs quand elle se déplace, quand elle les pose, quand elle les ouvre.

Mais elle se reprend. Elle est femme, elle est adulte, elle ne doit pas se complaire dans cet état curieux, entre-deux, à moitié vivante ou bien simplement étonnée de l'être. Mais oui, c'est ça, elle est vivante mais sans joie, vivante sans vie. Elle remet son sac à main à sa place, dans la petite entrée, prêt à repartir, le trousseau de clés bien en évidence. Puis elle retourne à ses sacs en plastique et range méthodiquement chaque boîte sur la bonne étagère ou dans le mini-réfrigérateur.

Elle se souvient alors de la raison qui l'a poussée à rentrer pour une nuit. Il lui faut des sous-vêtements propres, elle est lasse de laver chaque soir depuis trois jours à la main les siens, et fouiller chaque matin ses étagères de jeune fille pour trouver de quoi améliorer sa tenue. Elle va dans la salle de bain et se prépare un petit sac de voyage.

Demain a lieu l'enterrement, ensuite le temps reprendra son cours.

Publié par Solène P. à 16:07:12 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (0) |

Divorcée, deux ans déjà... | 26 juin 2006

Et hop ! Un copié-collé de Francine. Non, pas la farine, ça c’est sur http://lodeurdupain.blogs.marieclaire.fr/ .

Francine tient un journal intime, un vrai, hors blog, avec petite clé dorée pour le préserver des regards indiscrets. Elle m’a fait suivre ce qui suit, j’y ai mis ma patte, un peu, un tout petit peu et avec son accord. Mais pas mon grain de sel, pourtant ça me démange…
Bref, elle voulait partager sa vie, un peu dure ces temps-ci.

Quand Olivier m’a annoncé qu’il avait rencontré quelqu’un, j’ai réagi avec calme. Mes copines étaient stupéfaites, elles auraient voulu que je jette ses affaires par la fenêtre,que je hurle et que je pleure dans leurs bras. Ben non. Même pas mal.
Evidemment que ce n’était pas vrai. J’étais chavirée à l’interieur, mais ça m’arrangeait de croire qu’il avait une lubie, qu’il vivait un coup de folie et qu’il me reviendrait. A défaut de moi, au moins vers ses enfants, Cyrille et Valentin.

Notre mariage était sans nuage, j’avais arrêté de travailler à sa demande, j’assurais l’intendance, choisissant l’huile d’olive et les tomates séchées selon ses désirs, administrant la vie des enfants, me faisant souris quand il bossait à la maison. Dans notre petit appartement, il travaillait dans le salon, je m’affairais donc dans la cuisine ou dans la chambre, fer à repasser ou casserole toujours en main.
Lorsqu’il est parti, je me suis trouvée abandonnée à moi-même. Je devais m’occuper de moi, trouver un travail, compter une assiette de moins à table, parler aux enfants, tenir debout, me coucher seule. On ne peut pas dire que notre sexualité était folichonne, mais m’endormir seule, je crois que c’est l’une des choses les plus difficiles. Même si l’on ne se touchait plus, qu’on s’endormait en décalé.

J’observe mon ex-mari, écoute d’une oreille critique ce qu’il me dit, hausse les yeux ou soupire tant son comportement me semble puérile, naïf. Je dois être agressive, très agressive même, tant il m’est douloureux de le regarder, de l’entendre mais de ne plus pouvoir rien partager, que des horaires de RV, des informations froides, le nom de son avocat, les papiers à fournir, le nez qui coule de Cyrille, les chaussures un peu juste de Valentin, le manque d’appétit de la grande, les colères du petit,… Il s’occupe de ses enfants tous les week-ends. Quand ils rentrent, ils sont joyeux, ils ont fait plein de choses et partagé des repas avec l’Autre. Moi j’ai compté les heures, pleuré et pleuré, juré et juré. Confier ces deux petits êtres que j’ai portés à cette salope, c’est l’horreur. Les imaginer rire dans son jardin, savoir qu’ils lui font des dessins, qu’elle partage avec eux sa passion pour la musique,… Elle est belle, elle est mûre, elle est violonniste. C’est épouvantable tant elle semble irréelle, élégante, si différente de ce que je suis devenue.

Je suis une pauvre chose abandonnée, ronde de mes deux grossesses, sans véritable avenir profesionnel, aucun projet et plus de désir. Bien sûr j’ai trouvé un travail, très rapidement, dans une maison de la Presse. Ma mère a accouru pour m’aider, auprès des enfants. Je vis en vase clos, ma mère, mes enfants et moi.

Tout va de travers, chaque fois que je le vois, lui, devenu officiellement mon ex-mari et officiellement le mari de Marie, je deviens blême, hargneuse, maladroite et méchante.
Je sais qu’il s’inquiète, qu’il aurait voulu autre chose, autrement pour moi. Mais je m’en bats les… Qu’il crève. Lui et son petit mariage, lui et ses nouveaux succés professionnels, lui et sa pitié.

Deux ans et demi… voilà ce dans quoi je m’enlise depuis deux ans et demi. Incapable de sortir de cet échec, incapable d’oublier ma tranquillité d’autrefois, rêvant de tomber par accident dans des bras réconfortants, d’être prise en charge, qu’on décide pour moi, qu’on me berce comme je berce Valentin ces derniers temps.

Finalement, l’aimais-je cet homme ? A me relire, je ne le crois pas. En tout cas pas de cet amour de conte de fées dont je rêve encore à 38 ans.

Publié par Solène P. à 16:24:03 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (2) |

Sage, trop longtemps... 1/3 | 20 juin 2006

"Hier, une de mes amies de longue date est venue déjeuner avec moi. J’étais heureuse de la revoir et paniquée, j’ai tellement changé depuis la dernière fois…" Propos recueillis par Solène P. Merci à Ludivine de ses confidences :

J’ai 42 ans, on me dit plutôt jolie et je le crois depuis que je peux porter des jeans et des Converse sans me sentir ridicule ou en décalage. Dans ma garde-robe, des hauts en mousseline, légerement vaporeux, trois jeans dont un taille basse et un autre avec un grand revers, des jupes que je porte avec une superbe paire de bottes marron, des tas de chemisiers qui vont avec tout et plein de breloques cheap, un peu de couleur aussi. Quand j’y pense, je suis encore toute étonnée de porter ces vêtements, de m’y sentir parfaitement à l’aise et même élégante. J’aime choisir tous les soirs la tenue du lendemain. Sauf avant-hier.

Hier, une de mes amies de longue date est venue déjeuner avec moi. J’étais heureuse de la revoir et paniquée, j’ai tellement changé depuis la dernière fois. Au téléphone, elle a insisté d’ailleurs, subtilement néanmoins, pour que je lui parle un peu de ma nouvelle vie, que je l’assure de mon bonheur.

Nous nous sommes cotoyées chaque jour pendant cinq ans, mes fils et ses enfants étaient dans la même école et nos maris exerçaient dans le même cabinet médical. On se comprenait, on partageait nos soucis avec les enfans, la solitude due aux exigences du métier de nos maris.Nos petites frustrations une fois partagées s’évaporaient, me semblait-il. Et puis elle savait me faire rire, elle était bien moins angoissée que moi ! Je crois que nous étions des opposées : elle n’était à l’aise que dans le bazar, les jouets éparpillés dans le salon, les peits copains de ses enfants allant et venant librement dans sa maison. J’admirais son calme, sa patience et son eternelle joie de vivre. Quand son mari est parti exercer à l’étranger, j’ai mis deux mois à me préparer à leur départ, six mois au moins à m’en remettre. Quand les déménageurs sont arrivés chez elle, rien n’était vraiment prêt, c’est moi qui ai pris les choses en main tant sa nonchalance me dépassait littéralement.
Moi, j’étais prévoyante, organisée, je maîtrisais tout à la maison.

Publié par Solène P. à 10:33:16 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (0) |

Sage, trop longtemps... 2/3 | 20 juin 2006

J’ai rencontré mon mari à 18 ans. Nous venions d’avoir le bac, lui préparait médecine et louait une chambre chez notre voisine. Moi je me destinais au métier d’institutrice. J’avais vingt-deux ans quand nous nous sommes mariés parce qu’il voulait un bébé. J’adorais ses projets, je disais oui à tout et j’assurais financièrement pour nous deux pendant ses études. L’aîné de nos fils est né dix mois après notre mariage, mon mari était de garde ou en stage, je ne sais plus. Quand Stéphane a eu treize mois, Vincent est né. Deux ans plus tard, j’ai eu Marc. Encore aujourd’hui, ils sont mes soleils, mais ils me boudent un peu, nous communiquons moins. Je ne sais comment leur expliquer ces presque vingt ans à être sage, trop sérieuse pendant trop longtemps. Je n’ai fait aucun reproche à Stéphane quand il est rentré après avoir abîmé la voiture, j’ai simplement marqué mon désaccord quand Marc s’est pris une cuite… je sais que ce sont les bêtises que je n’ai pas pu faire, une liberté, des transgresions que je n’ai pas connues et qui m’ont conduite à tromper mon mari, à le quitter et à fragiliser l’équilibre de quatre personnes que j’adore.

Pendant ces presque vingt années, j’ai tenu la maison, bricolé la plomberie, réparé les vélos, les trains éléctriques aussi, recousu les pantalons déchirés, organisé les vacances, les colonies, les camps à l’étranger pour mes enfants, suivi l’évolution de nos revenus, pris les décisions pour placer de l’argent, choisi nos voitures, assuré notre vie sociale en lançant les invitations, etc. J’ai été présente à toutes les réunions parents-profeseurs, tenu un stand dans toutes les kermesses scolaires, assisté à tous les matches de volley, bercé, grondé, câliné, encouragé, rassuré, guidé,… la liste est si longue et me renvoie à une telle solitude.

Mon mari n’était jamais là dans ces moments-là, rien ne pouvait être prévu à l’avance. Urgences, gardes, séminaires se succédaient. Quand il était à la maison, je devais y faire régner le silence pour qu’il puisse récupérer de ses heures de garde. Exiger le silence de trois garçons, c’est un vrai sport d’endurance dont je garde des courbatures.  J’étais un excellent petit soldat, parfaite en tout point.

Quand Marc est rentré en cinquième, j’ai eu un sursaut qui m’a conduite à reprendre l’enseignement. Mes garçons allaient bien, ils étaient lancés, savaient se garder tout seul. Je parle de sursaut parce que ça y ressemble : j’ai appelé un jour l’académie, comme ça pour savoir si je pouvais ré-enseigner, pensant que ce serait long et compliqué. On m’a donné un poste très rapidement, en remplacement d’un congés maternité.

Face à trente petits trublions qui me rapelaient mes enfants au même âge, j’ai fondu. Mon stress a disparu, je les ai même fait rire et la suite ne m’a apporté que des joies. Il m’a fallu préparer mes cours, écouter des parents inquiets, assurer tous les jours auprès de leurs enfants. Je vivais dans un état d’excitation constant, je pouvais raconter ma journée au dîner, puis je retournais travailler une bonne heure ou plus parfois avant de m’endormir comblée.

Publié par Solène P. à 10:27:02 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (0) |

1| 2| >>