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AstriZouille

Les charmes de la vie de famille revus et corrigés

Sage, trop longtemps... FIN | 20 juin 2006

Mon mari a senti le danger, pas moi. Je n’ai rien vu venir, les événements ont décidé pour moi. Il m’appelait plus souvent, me conseillant de discuter avec notre ami, psychothérapeute. Il m’entourait comme jamais et m’étouffait de ses absences, de ses conseils tardifs, de ses maladresses à la maison. Il connaissait par cœur les couloirs de l’hopital mais ne savait ni déboucher un évier ni ranger ses chères céréales aux fruits rouges. Parfois, il m’attendrissait voire me bouleversait avec son incompétence notoire à vivre en dehors du milieu médical.

La suite, vous l’avez devinée bien sûr. J’ai changé, je me suis sentie exister, j’ai découvert que je pouvais faire des choses pour moi seule, que je pouvais dépenser mon salaire sans me reprocher de gaspiller l’argent du ménage, l’argent durement gagné par mon mari. Celui-là était mien. Encouragée par mes fils, j’ai oublié mes pantalons à pinces, les moccassins et les ballerines ringardes, quitté mes jupes strictes et découvert le plaisir d’une coquetterie différente. Mes vieux chemisiers ont retrouvé une seconde vie sur des jeans, je suis devenue sexy et indépendante sans m’en rendre compte.

Charles, un tout jeune instituteur en formation dans ma classe a apprécié. Son culot m’a beaucoup amusé, j’en parlais même à la maison le soir tant ces jeux-là me semblaient inoffensifs. Si Charles a amorcé quelque chose, c’est Patrick qui en a profité à la rentrée suivante. Agé de 29 ans, son charme me faisait rougir, son humour me transportait et son charisme me chavirait. On se croisait quinze fois par jour, nos corps se frolaient. Un jour, une petite fille s’est légérement bléssée dans la cour, ses larmes étaient intarrissables. Patrick nous a rejoint, s’est accroupi contre moi et l’a fait rire. Sa présence m’a chamboulé, mon trouble s’est remaqué et il a osé m’inviter à dîner.

Depuis, je revis et ne connais plus la solitude ni ne ressens cette boule d’angoisse dans le creux de mon ventre. Juste l’excitation de le retrouver, le plaisir de l’attente. Nous discutons ensemble, des heures durant de nos lectures, du ciné, de nos collègues, de notre métier, de notre vie passée et future, de nos proches, de mes enfants beaucoup. Je ne suis plus jamais seule, même quand je remplis mon caddie pour mes trois garçons, il pousse le sien à mes côtés qu’il remplit de plats préparés. Je sais une seule chose maintenant, pour lui je ne préparerai jamais des petits repas qui attendront au chaud trop longtemps.

Mon mari ? Il travaille toujours autant, essaie d’être compréhensif et je crois qu’il y parvient bien. Je ne vis plus avec lui bien sûr mais il m’arrive encore de lui remplir son réfrigérateur. Les garçons sont grands, ils vont et viennent entre nos deux maisons selon leurs besoins : devoirs de sciences et bidouillages informatiques avec et chez Papa, petites copines, soirées crêpes, câlins, linge sale et ventres creux chez moi.

 Je suis une femme heureuse, je peux me prétendre épanouie même. Mon mari et mes garçons ont encore un peu de chemin à faire pour comprendre mais ils vont bien et savent pouvoir compter sur moi. Je suis quand même encore un peu la même ! Quant à ma copine, elle m’a trouvé super, détendue, gaie et veut que l’on fête le deuxième anniversaire de mon autonomie retrouvée : deux ans déjà, deux ans seulement après vingt ans à être sage, trop sage…

Publié par Solène P. à 10:26:12 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (4) |

Y'a pas que Freud, bordel ! | 19 juin 2006

*image empruntée à l'aejcpp ,club de "doctorants" qui soutiennent l'enseignement de la psychanalyse à l'université. Il faut lire au dessus du divan "explosé" : "Soyez bref". ;-))

Quand le besoin d'une aide venant de l'exterieur se fait sentir, ou bien simplement un accompagnement, un soutien, pourqoi ne pas s'écouter ? C'est l'instinct de vie, notre sixième sens, ou simplement le bon sens qui nous rapelle que l'on peut trouver des chemins plus doux. Avant de se lancer, certaines notions sont importantes. Mais rarement complètement objectives.  Chaque école prêchant pour sa paroisse et rêvant d’écraser les autres, il est difficile de s’y retrouver. Et dans le domaine psy, les idées reçues ont la vie dure.

Premier cliché : les psys sont farfelus. Dans la réalité, ils sont simplement humains et ont donc quelque défaut parfois. Ainsi celui qui ne quittait jamais son costume, tout froissé, et son nœud pap… et avait posé dans sa salle d’attente une moquette immonde qu’il n’avait pas pris soin de couper… La classe ! Un autre, à Versailles, avait au contraire un cabinet aspetisé et froid, coiffure et bouclettes rousses parfaitement ordonnées, lunettes dorées derrière un bureau rangé au carré. On peut passer de l’un à l’autre, puis opter pour un intermédiaire ! Il faut trouver chaussure à son pied et un psy pour sa tête.

Deuxième cliché : le divan ! Haaaa le mythe du divan sur lequel on s’étend, sur le dos dans une position de soumission canine. Là encore, le divan est un investissement de psychanalyste uniquement. Les autres psys vous proposeront chaise d’école à l’assise bien raide ou charmants fauteuils club selon. Les fesses calées dans les seconds, d’un joli bleu de surcroît, posés sur une moquette jaune et entourés de jouets forment un environnement plus favorables à des échanges personnels.

Quant aux longs monologues, le dos tourné à votre interlocuteur qui griffonne (sa liste de courses ?) ou pianote sur un clavier (si, ça existe ), ils sont aussi réservés au cabinet du psychanalyste. Inutile de s’attarder sur son cas, si la psychanalyse vous attire c’est que vous avez déjà beaucoup avancé et avez entre les mains de bien meilleures pistes de reflexions que ce que ce billet pourrait vous apporter.

Démystifier le psy ? Si ce blog en avait les moyens, sans doute me lancerais-je. Combien de fois un psy entend-il à l’annonce de sa profession : « Ho.Faut pas que je parle trop. Vous allez tout deviner » et de s’en aller. Démoniaque, sorcier, devin, on prête aux psys de bien drôles de pouvoirs.

Si l’envie vous prend, en premier lieu, gardez à distance toute influence exterieure : ni votre mari (« c’est pour les fous !), ni votre mère (Donne-toi un coup de pied au c**), ni votre copine (à part la psychanalyse, y’a rien qui vaille. Regarde-moi ! Heu… justement), … ne peuvent être de bon conseil.

Et, quel que soit votre interlocuteur psy, il se doit de vous expliquer la marche à suivre, sa méthode et vous permettre d’y reflechir. Attention aux psychiatres, qui un beau matin vous demanderont de parler en leur tournant le dos : l’inspiration psychanalytique n’est pas une méthode… De même lorsqu’on ne vous relance pas lors d’un silence trop long et devenu douloureux : en dehors de la technique psychanaytique, un bon psy doit vous soutenir dans vos reflexions et vous aider à percer vos retranchements, progresivement et sans violence.

Pensez aussi à faire un point avec lui sur votre avancée, vos doutes, vos craintes,…régulièrement.

A vos marques ! Prêts ? Quand on a trouvé un psy pour sa tête (et un bonnet lilas lala et un bonnet lilas tra lala), la vie, c’est franchement le pied !

Publié par Solène P. à 09:28:36 dans > Bon air et Santé débonnaire | Commentaires (0) |

Le bon goût du chocolat... équitable forcément ! | 16 juin 2006

Ce billet ne devrait pas figurer dans mes humeurs éphémères, parce qu'il s'agit de développement durable. Vous voyez le malaise... il serait sans doute plus judiceux de le placer dans Bon air et santé débonnaire, mais cette rubrique se veut plus pratique, médicale ou psychologique. Bref, la vie de ce blog me met le nez dans mes contradictions.

Développement durable, écologie, commerce équitable et marché du bio sont des sujets en vogue. Je ne devrais pas dire ça, il ne faut surtout pas que ce soit une mode. Non, ce sont plus précisemment des préoccupations qui se généralisent. Chacun fait un geste, à sa manière en triant ses déchets, en croquant dans du chocolat ou en buvant du café équitables, en fermant le robinet d'eau pendant qu'il se frotte les dents, en initiant ses enfants au respect de la planète.

Il est pourtant quasi impossible d'être 100% équi-écologisto-bio. En faisant vos coulis, confitures, pains et autres recettes bio, vous faites tourner à plein régime vos robots, machines à pain, réfrigérateur et congélateur. En vous lançant dans la culture d'un potager, vous videz les réserves d'eau de la planète. En faisant vos courses à la coopérative bio, vous devez prendre la voiture etc. Les trucs et astuces ne manquent pas pour éviter cela, c'est évident. Mais alors, mesdames, il va vous falloir retourner à vos foyers . Et là,moi, je dis, hiiiiiiiiiiiic

Dans la maison Astrizouille, on fait ce que l'on peut. On est bio à 20% environ (farine, compotes, sucre, noix de lavage). Si l'on se lance dans l'achat de légumes, fruits et viandes bio, les courses devraient être faites au moins deux fois par semaine, et pas à la porte d'à côté. Alors, pour le moment, la mozzarelle se marie à des tomates "botoxées à la DHEA".

On n'achète plus de marques des grands groupes agroalimentaires : pas de purée en sachet, pas de riz incollable (et mon riz ne colle pas... ), pas de pâtes Lustucru ou de raviolis Buittoni, pas de pom'potes, pas de choco BN ou de Prince, pas de yaourts aromatisés avec pulpe et sans pulpe et mixés et avec morceaux et sur coulis Danone,... Et pourtant on mange ! Mais mon congélateur a le ventre plein de gâteaux, pains et plats maison et mon four est en train de sécher, porte ouverte, une série de petites meringues (à la fleur d'oranger, waouhhhhh).

Ici encore, les plaquettes de chocolat au lait ont le goût vrai du chocolat et non du beurre de cacao enrichi de sirop de fructose-glucose et autres améliorants. Les copines d'Astre et Zouille le goûtent, le boudent d'abord pour craquer ensuite. Sa provenance, le Brésil, les intrigue tant que mordre un carré devient irrésistible. Notre chocolat est devenu la vedette des goûters entre copines, il fait causer et voyager et réfléchir. Je ne saurais trop vous conseiller de le goûter pour découvrir à quel point nos papilles sont manipulées : le bon chocolat ne peut qu'être celui fabriqué avec des produits sains, en aucun cas la géniale barre de Côte d'Or aux noisettes caramélisées (aaaaargh, une faiblesse, je suis faite !) dont la liste des composants est longue comme mon bras et impossible à fabriquer avec les seules fèves de caco, un peu de beurre et de sucre de canne.

Ici, il y a une maman enchaînée, provisoirement disponible mais dont la vraie nature bouillonne. Difficile de renier une éducation tournée vers l'autonomie financière, l'épanouissement social et la réalisation par le travail, pourtant mener une vie de mère au foyer (à ce sujet, lire ffffff femme au foyer ) vissée à ses founeaux, réglées sur les horaires d'école, émotionnellement dépendante des humeurs familiales, à la liberté limitée me semble une étape nécessaire.

Pour débattre, je suis à vous ! ;-))

Arguments plus engagés et raisonnables sur le Glob de Fab et celui de ses potes.

Publié par Solène P. à 16:05:13 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (0) |

Fffffffff Femme au foyer | 15 juin 2006

Dire que l’on est une femme au foyer n’est pas simple : les F sont sur-représentés et on les postillonne. D'autre part, ce n’est que rarement une situation complètement consentie, ensuite quelles femmes acceptent de "tenir le foyer" ?

Le féminisme et le partage des tâches hommes-femmes sont passés par là. Nous n’en sommes plus à laver, ranger, repasser, cuisiner, décorer, coudre et tricoter pour faire de notre sweet home la vitrine de la réussite de notre mari. Toutefois lorsqu’aucun train ne nous attend le matin pour rejoindre un patron oppréssé, force est de constater que l’on s’attèle à ces tâches-là. Quand j'ai compris que je n'étais plus en congés maternité, mais désormais au foyer, un vent de panique m'a fouetté. En y repensant je revis la chute dans un gouffre glacial et sans fond, yeux exorbités et machoire pendante, suivie d'une pluie de charbons en pleine face et d'un atterrissage le cul dans un nid de rosiers et piracanthas. Le calme est alors revenu, une petite déprime l'exigeant !

Parce qu’après le départ de tous, la mère s’arme du balai et d’une éponge, ramasse les pyjamas qui trainent, ouvre et ferme les fenêtres, lance la soupe, fait la queue à La Poste, étend le linge en rentrant, bouffe une tomate croq-au-sel les bons jours, administre les rendez-vous et gère le courrier. Bien malgré elle, elle devient le chef d’orchestre de la maison : « Où se trouve notre avis d’imposition, chérieeeeee ? », « Là où il était du temps où je travaillais, ce temps où tu trouvais tout seul… ». Elle est un agenda sur pattes, lance les invitations, gère les obligations, rythme les activités. Elle jette quelques idées, ses envies à elle, de femme seule au beau milieu de l’agitation familiale, mais qui est là pour les attrapper ?

Une mère au foyer est donc une femme provisoirement, et dans l’intérêt d’une famille, retenue à la maison. Le sacrifice en vaut la chandelle et bien plus. Démonstration plus tard. Mais être au foyer ne signifie pas s'y enfermer ou se l'aliéner. C’est l’occasion d’initier des changements de vie, permettre à sa moitié de s’impliquer professionnellement corps et âme, démarrer d’autres activités, nouer de nouvelles relations, s’inscrire dans une dynamique sociale différente, s’engager dans la vie des crèches, des écoles, de la ville, lancer des projets et des réflexions, consacrer du temps à certains et parfois même à une recherche active d’emploi.

Le stress, les responsabilités, la contrariété, le manque cruel de temps, la pression ne sont pas l’apanage des « actifs », mais on peut jalouser les femmes au foyer qui maîtrisent leur organisation au poil, savent tenir à distance les importuns et choisir leur stress. L’experience de la tenue d’un foyer, aussi fâcheux, funeste et formidable soit-il, à plein temps permet de définir ses limites, mettre au point très rapidement une organisation légère pour des emplois du temps lourds, administrer une équipe de trois personnes exigeantes et plus, évoluer dans le difficile univers du monde émotionnel et en sortir enrichie, déterminée et prête à casser des barres !… ou à vider un bar (100%, clin d’oeil. Merci de votre compréhension ) .

A celui qui me trouve parfois inamicale... avec tout mon amour 

Lire aussi : Oser être une mère au foyer , dans la collection Questions de parents, Albin Michel , de M.P. Delplancq-Nobécourt

Publié par Solène P. à 11:02:07 dans > Couple, sans les maux de tête | Commentaires (0) |

Fins de mois difficiles ? | 14 juin 2006

Et si on faisait les comptes ? Non pas sur le papier, il y a longtemps que l’on n’a plus le temps et que l’on a perdu le fil des dépenses et des crédits sur le compte joint ! La maison tourne, simplement on culpabilise quand on ajoute une paire de chaussures dans le placard, on se dit blasé des bons restos, on serre les fesses quand on signe les chèques à la rentrée et on promet de limiter le budget cadeaux de Noël…

Il est urgent de faire le point quand on grimace avant de faire le plein d’essence, quand on boude un diner parce qu’il faut apporter une (bonne) bouteille de vin ou un gros bouquet, quand on trouve que notre enfant est décidemment invité trop souvent à des anniversaires, quand on se surprend à remplir son caddie de pâtes et pommes de terre,…

La première chose à faire est d’alléger rudement son caddie hebdomadaire. L’un des postes extrêmement honéreux que l’on peut facilement réduire : les produits ménagers. A force d’observer les caddies et de discuter entre copines (lancez la mode des thés-hygiène, où l’on cause le doigt en l’air des préférences de chacunes… je vous en recauserai à l’occasion d’un autre billet !), je sais que nos étagères regorgent de produits divers très parfumés, plus ou moins efficaces, de lingettes, de sprays, de tablettes, de poudre, etc. La plupart d’entre nous fait un plein de produits d’hygiène tous les mois environ, le ticket passe alors du simple au double. Echelonner les achats évite de racheter ce que l’on a déjà, de traîner dans le rayon et craquer devant un spray que l’on n’a pas encore, plus un gadget pour parfumer le lave-vaiselle, plus de l’adoucissant, plus des parfums d’interieurs (parfaitement nocifs, rappel…). N’achetez que lorsque vous avez un besoin.

Sélectionnez vos préférés, resistez aux nouveautés (Cillit Bang : le nom est génial. Pont final.) et limitez-vous : un seul produit pour le sol (testez un pschitt de liquide vaisselle dans votre sceau : ça marche super !), un seul pour les vitres et les surfaces brillantes, un autre pour vos meubles cirés (une bonne cire fait l’affaire et encrasse moins le bois), deux bouteilles de crème à récurer (l’une dans la salle de bain, l’autre sous l’évier) et de l’eau de javel (en bidon, en petites bouteilles ou en tablettes). Ma faiblesse : Vigor, produit à tout faire, du sol au grenier en faisant un détour par le garage, efficace et parfumé.

En débarrassant vos étagères des produits en surnombre, vous aurez déjà l’impression d’avoir fait un grand ménage.

A vos chiffons !

*Image extraite du site de la ville de Marseille qui incite à une consommation écocitoyenne. Initiative à encourager ! 

Publié par Solène P. à 10:49:28 dans > Maison & Budget : PME en roues libres | Commentaires (0) |

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