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Les plages bretonnes ont un charme indiscutable.
Si j'ai un faible pour la beauté des galets et le raffut de ces derniers lorsque la mer les frappe, les enfants préférent le sable mouillé plus adapté à la construction de châteaux. La bretagne offre ce type de plages tout le long de ses côtes, les châteaux se construisent et se parent encore de coquillages et d'algues. A marée basse, les plages de sable sont merveilleuses et il faut prendre le temps d'observer ce que le génie enfantin a su créer, inventer, construire, mettre en forme... Tours, châteaux, chemins et tunnels côtoient les messages écrits dans le sable. Et parfois, vous croiserez ma blonde Astre costumée d'algues fraîches pour faire sa Vahiné des dunes bretonnes.
Si vous chassez le breton, à défaut de bigorneaux, crevettes et crabes désormais introuvables, ce n'est pas sur le sable chaud et confortable que vous le trouverez. Non, le breton ne se mêle pas aux vacanciers. Il préfère chausser sa famille de méduses (sandales en plastique très seyantes que lui-même ne porte que très rarement) pour escalader les rochers et se mettre en quête du plus doux d'entre eux afin dy poser sa serviette. Les plus jeunes glissent et se coupent, la belle-fille rale discrètement devant cette stupide et dangereuse torture, chacun cherche son équilibre encombré de son sac de
plage attitré. Les petits sceaux tombent à côté d'une petite mare laissée par la mer mais votre bouquin de l'été y sombre corps et biens.
Enfin, installé après avoir cherché longuement où poser ses fesses à défaut de s'allonger, il faut bien évidemment accompagner les enfants qui sans vous pourraient se rompre lecou avant d'atteindre l'eau et se baigner. Tout prenant deux fois plus de temps dans ces conditions, il est d'ailleurs l'heure de remballer et rebrousser chemin. Mais le breton est heureux et l'eau lui paraît chaude pour la saison. Même meilleure que l'an dernier.
Pour ma part, j'ai compliqué encore les choses tant cet exercice d'escalade me gave. Je vous propose donc de sacrifier à la mode et de troquer méduses contre tongs Havaïannas. L'espace entre le gros orteil et le doigt suivant risque à tout moment de se déchirer. Mais le vrai breton sait prendre des risques et les plus de soixante ans manient la tong avec une
dextérité à couper le souffle... Enfin, par chez moi en tout cas.
Publié par Solène P. à 15:37:00 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (1) | Permaliens
Au cimetière ! Et ce n'est pas de la blague. Les cimetières bretons sont les derniers salons où l'on cause.
Demain je vous parlerai de la plage, ou des crêpes, je ne sais plus. En attendant, parlons cimetière.
C'est LE sujet incontournable avec de vrais bretons, inépuisable et toujours d'actualité même en période creuse, c'est à
dire sans enterrement. Pour aller au cimetière, « nettoyer les tombes » on se fixe un jour dans la semaine. Plus la Toussaint bien sûr pour faire le tour de toutes les autres, et pour celles-là il faut faire de la voiture alors on prépare le voyage ! Si vous voulez des nouvelles d'un cousin éloigné, vous en aurez de bonne spour peu qu'il ait été croisé au cimetière. Sinon, ce n'est qu'un fils de rien, votre grand-mère l'avait bien dit ( de source sûre, il a monté une super boîte et sort bien son épingle du jeu dans le milieu du web. Mais il n'était pas au cimetière au bon moment pour honorer les siens... et ceux des autres)
- « c'est qui donc ça sur la tombe de Soizic ? »
- « Ho cette drôle-là, ça doit être sa fille, non ? »
- « Elle vient jamais par là celle-là. Non, ça doit être la Marie, qui lui faisait le ménage les derniers temps »
- « Haaa si ma mère voyait ça... C'est triste quand même. »
Et bien sûr, on prend un soin jaloux des siens enterrés là près de Soizic : la moindre feuille morte, le moindre grain de
poussière est chassé, la tombe est rincée pour effacer les traces de pluie puis fleurie.
Mais n'allez pas croire que l'on fait de même sur toutes les tombes. La vengeance étant un plat qui se mange froid (brrrr) voire très froid dans ce cas-là (hahaha), le breton ne fleurira jamais la tombe d'un ami très cher, de son cousin ou de son frère si ils ont eu le malheur d'avoir un mot de travers de leur vivant. Un mot, un seul... dont plus personne ne se souvient. Sauf l'intéressé qui saura vous conter l'anecdote en révélant un drame familial historique et insoupçonné. « Je ne lui pardonnerai pas ça. Tiens, il savait bien ce qu'il faisait, va. »
Le breton peut même décider, c'est du vécu, d'habiller la tombe de Pierre en déshabillant celle de Jacques. Non qu'il oserait déplacer un plant, il est bien trop respectueux mais écoutez cette conversation inédite sur le net (heureusement que les bretons de chez moi ne savent pas ce qu'est Internet... ni un ordinateur):
- Salut Marraine ! Alors, toujours fatiguée ? (Voix compatissante. N'allez pas penser que je puisse être sans coeur)
- Oui, je t'écoute. (Franche canicule, bureau parisien non climatisé, attenton volatile... mais esprit immédiatement en alerte)
- Cette année j'enverrai pas d'argent ( pour fleurir une tombe parisienne), au lieu de ça je mettrai des fleurs
au cimetière à ton oncle, il est méritant lui aussi (dans le texte !)
- Mais bien sûr, bien sûr. Tu ne t'occupais pas de sa tombe ? (à deux mn de ta maison à pied, à 560 bornes des nôtres)
- Ha non. C'est à vous cette tombe.
Nous voilà officeillement proprio dîtes donc. Donc, cet été, j'ai choisi un plant qui « dure jusqu'à la Toussaint », j'ai nettoyé la tombe, découvert une ruche et ses abeilles excitées sous un pot, jeté le tout et suis allée à la plage.
Ces parisiens, n'ont de respect pour rien!
Publié par Solène P. à 17:18:53 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (1) | Permaliens
Vous êtes-vous déjà trouvé dans cette atmosphère de sortie d'école,C'est par contre bien dans ces conditions extrêmes que j'ai découvert que la Bretagne était du dernier chic.
- « J'ai oublié de te dire que Vincent ne pourra pas retrouver Jean-Charles au tennis, on part à Saint-Maloooooo »,
- « Ca tombe bien, nous déposons les enfants à Quiberonnnn chez mes beaux-parents ».
Puis
de retour de leur week-end, les mêmes ont bloqué la double-porte de
l'entrée avec poussettes et ribambelle de moins de cinq ans :
- « Tu as eu beau temps ? Nous, nous avons fait du bateau puis j'ai chiné un peu. Et toi ? »
- « Ho, les enfants ont fait leur stage de voile, moi comme d'habitude, je me suis offert une thalasso. »
Depuis
mon œil est bien plus aiguisé lors de mes séjours familiaux, plus ou
moins contraints, faut bien le dire... Et mon regard est tout en
ironie... et je me dis que leur Bretagne à ces deux-là n'est
décidemment pas la même que la mienne !
Publié par Solène P. à 22:00:16 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (0) | Permaliens
Alors que mes valises viennent à peine de retrouver leur petit coin sombre sous les combles, ma vanity reste la gueule ouverte au beau milieu de la salle de bain : chargée de crèmes en tout genre pour et contre le soleil, de mascaras et autres crayons pour le cas où je serais aller danser, de tubes suintant, de brosses à dent en quantité familiale et autres misères. Le linge sale est déjà lavé, repassé, loué soit mon homme ! Mais pas tout à fait rangé... c'est ma contribution au bon équilibre de notre couple.
Par contre, je me suis attelée au jardin. Je n'irai pas dans le détail parce que je suis sans doute la seule à ne pas avoir l'ombre d'une tomate, ni même de ces jolies fleurs jaunes qui annonceraient leur venue prochaine. Mais le basilic embaume jusqu'à parfumer les mauvaises herbes égarées ou simplement l'air environnant, un délice. Et notre brave vieux prunier amputé d'un long bras par un récent coup de vent, produit des prunes qui se décrochent et roulent le long de ses branches. Je ramasse et je trie, agacée par la présence de minuscules hotes non invités mais bien plus rapides que moi pour se régaler.
Trois pots de confiture et une belle compote plus tard, je ramasse sous le soleil de nouvelles prunes égarées sur mon herbe trop sèche. Leur chute crève leur peau presque noire et leur chair fonce au soleil. Elles sont même chaudes sous mes doigts, juteuses et collantes. Malgré ma hantise des petites bêtes, je ne résiste pas au plaisir d'en croquer une, laquelle dégouline sur mon menton. Slurp ! Du coup, j'aspire plus fort et me pourlèche, le tout très bruyamment.
Hé quoi ? Je suis seule dans mon jardin, je fais ce que je veux... et mordre dans une prune aussi juteuse est un chouette moment, de ceux qui vous font dire que vous êtes heureux.
Publié par Solène P. à 15:04:49 dans > Bon air et Santé débonnaire | Commentaires (0) | Permaliens
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