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<< Divorcée, deux ans déjà... | Vive le célibat ! | Mordre dans la chaire d'une prune chaude... >>
Ces jours-ci, l'air léger de l'été a pris possession de ma petite tête. Rajoutez à ce délicieux méfait de la météo, des enfants heureux ailleurs que dans mes pattes ou devant le frigo, un potager tout échevelé avec des feuilles de roquettes odorantes et de prometteuses courgettes, des projets professionnels qui redonnent confiance, une psy en vacances et une bonne copine qui m'a proposé de partager un pot de crème glacée Ben&Jerry Banane-chocolat en bord de Seine...
Je vis sans montre, sans contrainte, sans le stress d'un entretien (provisoirement j'éspère, merci de croiser les doigts avec moi !), dans l'attente passive ou lascive d'un départ à la mer. Je sirote un citron préssé en berçant un bébé emprunté à une bonne copine (c'est pratique, vous ne vous levez pas la nuit !), je papote de tout et surtout de rien, me sape léger, câline le chat de la voisine qui s'abandonne grassement dans l'herbe surchauffé et boucle tranquillou les dernières obligations administratives ou pécuniaires.
Ce comportament agace ma tendre moitié, qui a perdu tout moelleux à mon encontre. Ses lèvres sont sèches et pincées (c'est fou ce qu'il me rappelle mon père ! Et pas dans les meilleurs moments), son cou tendu comme plein de petits arcs, le regard fuyant, ailleurs... Quant aux mots, pas la peine de savoir compter, ils sont tous coincés en un triste désordre derrière sa glotte aïguisée. Ni bonjour, ni au revoir, ni tais-toi salope, rien, le silence qui meuble tout, les mots non-dits qui se cognent partout et rebondissent, le lit trop chaud d'une présence lourde et vide, les désirs tus parce qu'inopportuns, les soupirs retenus et le sommeil qui vient enfin... Enfin ! Après avoir lutté pour ne pas rallumer la lumière, ni trop bouger, ni se relever, ne rien faire qui puisse réveiller le monstre assoupi, sa mauvaise humeur déstabilisante, son mal-être dont vous ne savez que faire.
Hauts les coeurs et vive le célibat ! Difficile dans mon cas mais tellement salutaire parfois ! On devrait tous avoir un nid secret, avec un bon lit douillet, un vieux magnétoscope qui grince et des vieilles séries dans lesquelles se refugier. Si mes parents étaient encore là, je crois qu'aujourd'hui je serais dans ma chambre d'enfants, entre envie de pleurer et envie de savourer la vie, entre la culpabilité d'être seulement moi et l'envie d'être mieux que ça pour lui, entre déchirement d'être femme et mère, si seule parfois avec tant de monde qui a besoin de moi et pour lesquels je suis si peu.
Si ses parents étaient près de nous, je le renverrai vers ses anciennes pénates, qu'ils fassent un peu le ménage dans ses méninges... parce que, non, décidemment tout n'est pas ma faute et je n'ai aucune dette.
Publié par Solène P. à 12:02:21 dans > Couple, sans les maux de tête | Commentaires (0) | Permaliens
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