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Et hop ! Un copié-collé de Francine. Non, pas la farine, ça c’est sur http://lodeurdupain.blogs.marieclaire.fr/ .
Francine tient un journal intime, un vrai, hors blog, avec petite clé dorée pour le préserver des regards indiscrets. Elle m’a fait suivre ce qui suit, j’y ai mis ma patte, un peu, un tout petit peu et avec son accord. Mais pas mon grain de sel, pourtant ça me démange…
Bref, elle voulait partager sa vie, un peu dure ces temps-ci.
Quand Olivier m’a annoncé qu’il avait rencontré quelqu’un, j’ai réagi avec calme. Mes copines étaient stupéfaites, elles auraient voulu que je jette ses affaires par la fenêtre,que je hurle et que je pleure dans leurs bras. Ben non. Même pas mal.
Evidemment que ce n’était pas vrai. J’étais chavirée à l’interieur, mais ça m’arrangeait de croire qu’il avait une lubie, qu’il vivait un coup de folie et qu’il me reviendrait. A défaut de moi, au moins vers ses enfants, Cyrille et Valentin.
Notre mariage était sans nuage, j’avais arrêté de travailler à sa demande, j’assurais l’intendance, choisissant l’huile d’olive et les tomates séchées selon ses désirs, administrant la vie des enfants, me faisant souris quand il bossait à la maison. Dans notre petit appartement, il travaillait dans le salon, je m’affairais donc dans la cuisine ou dans la chambre, fer à repasser ou casserole toujours en main.
Lorsqu’il est parti, je me suis trouvée abandonnée à moi-même. Je devais m’occuper de moi, trouver un travail, compter une assiette de moins à table, parler aux enfants, tenir debout, me coucher seule. On ne peut pas dire que notre sexualité était folichonne, mais m’endormir seule, je crois que c’est l’une des choses les plus difficiles. Même si l’on ne se touchait plus, qu’on s’endormait en décalé.
J’observe mon ex-mari, écoute d’une oreille critique ce qu’il me dit, hausse les yeux ou soupire tant son comportement me semble puérile, naïf. Je dois être agressive, très agressive même, tant il m’est douloureux de le regarder, de l’entendre mais de ne plus pouvoir rien partager, que des horaires de RV, des informations froides, le nom de son avocat, les papiers à fournir, le nez qui coule de Cyrille, les chaussures un peu juste de Valentin, le manque d’appétit de la grande, les colères du petit,… Il s’occupe de ses enfants tous les week-ends. Quand ils rentrent, ils sont joyeux, ils ont fait plein de choses et partagé des repas avec l’Autre. Moi j’ai compté les heures, pleuré et pleuré, juré et juré. Confier ces deux petits êtres que j’ai portés à cette salope, c’est l’horreur. Les imaginer rire dans son jardin, savoir qu’ils lui font des dessins, qu’elle partage avec eux sa passion pour la musique,… Elle est belle, elle est mûre, elle est violonniste. C’est épouvantable tant elle semble irréelle, élégante, si différente de ce que je suis devenue.
Je suis une pauvre chose abandonnée, ronde de mes deux grossesses, sans véritable avenir profesionnel, aucun projet et plus de désir. Bien sûr j’ai trouvé un travail, très rapidement, dans une maison de la Presse. Ma mère a accouru pour m’aider, auprès des enfants. Je vis en vase clos, ma mère, mes enfants et moi.
Tout va de travers, chaque fois que je le vois, lui, devenu officiellement mon ex-mari et officiellement le mari de Marie, je deviens blême, hargneuse, maladroite et méchante.
Je sais qu’il s’inquiète, qu’il aurait voulu autre chose, autrement pour moi. Mais je m’en bats les… Qu’il crève. Lui et son petit mariage, lui et ses nouveaux succés professionnels, lui et sa pitié.
Deux ans et demi… voilà ce dans quoi je m’enlise depuis deux ans et demi. Incapable de sortir de cet échec, incapable d’oublier ma tranquillité d’autrefois, rêvant de tomber par accident dans des bras réconfortants, d’être prise en charge, qu’on décide pour moi, qu’on me berce comme je berce Valentin ces derniers temps.
Finalement, l’aimais-je cet homme ? A me relire, je ne le crois pas. En tout cas pas de cet amour de conte de fées dont je rêve encore à 38 ans.Publié par Solène P. à 16:24:03 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (2) | Permaliens
Pffiou, je ne sais si c'est la chaleur ou l'approche de la fin d'année mais les filles me sortent par les trous de nez. La grande boude, a la mine triste, se la joue ado avant l'heure et ne veut plus rien avaler. Il faut dire que je lui ai présenté une purée maison aux épices, si je m'étais contenté de mettre du beurre, elle en aurait au moins ingurgité une cuillerée. Sa petite soeur s'est baffrée, normal, avec elle tout passe et repasse tant que l'on n'y met pas le mot fin.
Mais elle aussi me casse les pieds. "Nan", "Viens pas", "pas moi", elle s'entraîne à formuler des phrases négatives, brèves mais efficaces. Au point que je me fâche, tire par un bras mon animal rouspétant (houuuu c'est mal ça !) et me casse la voix pour la faire coopérer. Peine perdue, à l'heure du bain, je n'ai d'autre choix que de laisser l'eau couler sur son visage (Nan, pas la tête en arrière, nan pas le gant sur les yeux, nan me lave pas, nan, nan, nan) puis la soulever de force pour la sortir de la baignoire.
Et là, 18 kilos de bonne femme, 1,05 m de mauvaise humeur et le vocabulaire de ses trois ans lui font lâcher :
"Moi en colère.Toi vraiment pas zentille, moi va le dire à Papy et Mamie. Vais mettre ton corps dans le tuyau de douche. Tu partiras avec l'eau du bain". Et voilà, on jette se mère avec l'eau du bain !
Je n'ai plus qu'à m'en prendre au père. C'est lui qui a fait écouter Petit Ours Brun en CD, où l'on entend l'adorable et inoffensif ourson dire "Je vais changer de Maman. Je veux une maman qui ne gronde pas et qui donne des bonbons". La révolution est en marche...
Publié par Solène P. à 15:18:03 dans > Enfants, leurs mystères | Commentaires (0) | Permaliens
"Hier, une de mes amies de longue date est venue déjeuner avec moi. J’étais heureuse de la revoir et paniquée, j’ai tellement changé depuis la dernière fois…" Propos recueillis par Solène P. Merci à Ludivine de ses confidences : J’ai 42 ans, on me dit plutôt jolie et je le crois depuis que je peux porter des jeans et des Converse sans me sentir ridicule ou en décalage. Dans ma garde-robe, des hauts en mousseline, légerement vaporeux, trois jeans dont un taille basse et un autre avec un grand revers, des jupes que je porte avec une superbe paire de bottes marron, des tas de chemisiers qui vont avec tout et plein de breloques cheap, un peu de couleur aussi. Quand j’y pense, je suis encore toute étonnée de porter ces vêtements, de m’y sentir parfaitement à l’aise et même élégante. J’aime choisir tous les soirs la tenue du lendemain. Sauf avant-hier.
Hier, une de mes amies de longue date est venue déjeuner avec moi. J’étais heureuse de la revoir et paniquée, j’ai tellement changé depuis la dernière fois. Au téléphone, elle a insisté d’ailleurs, subtilement néanmoins, pour que je lui parle un peu de ma nouvelle vie, que je l’assure de mon bonheur.
Nous nous sommes cotoyées chaque jour pendant cinq ans, mes fils et ses enfants étaient dans la même école et nos maris exerçaient dans le même cabinet médical. On se comprenait, on partageait nos soucis avec les enfans, la solitude due aux exigences du métier de nos maris.Nos petites frustrations une fois partagées s’évaporaient, me semblait-il. Et puis elle savait me faire rire, elle était bien moins angoissée que moi ! Je crois que nous étions des opposées : elle n’était à l’aise que dans le bazar, les jouets éparpillés dans le salon, les peits copains de ses enfants allant et venant librement dans sa maison. J’admirais son calme, sa patience et son eternelle joie de vivre. Quand son mari est parti exercer à l’étranger, j’ai mis deux mois à me préparer à leur départ, six mois au moins à m’en remettre. Quand les déménageurs sont arrivés chez elle, rien n’était vraiment prêt, c’est moi qui ai pris les choses en main tant sa nonchalance me dépassait littéralement.
Moi, j’étais prévoyante, organisée, je maîtrisais tout à la maison.
Publié par Solène P. à 10:33:16 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (0) | Permaliens
Pendant ces presque vingt années, j’ai tenu la maison, bricolé la plomberie, réparé les vélos, les trains éléctriques aussi, recousu les pantalons déchirés, organisé les vacances, les colonies, les camps à l’étranger pour mes enfants, suivi l’évolution de nos revenus, pris les décisions pour placer de l’argent, choisi nos voitures, assuré notre vie sociale en lançant les invitations, etc. J’ai été présente à toutes les réunions parents-profeseurs, tenu un stand dans toutes les kermesses scolaires, assisté à tous les matches de volley, bercé, grondé, câliné, encouragé, rassuré, guidé,… la liste est si longue et me renvoie à une telle solitude.
Mon mari n’était jamais là dans ces moments-là, rien ne pouvait être prévu à l’avance. Urgences, gardes, séminaires se succédaient. Quand il était à la maison, je devais y faire régner le silence pour qu’il puisse récupérer de ses heures de garde. Exiger le silence de trois garçons, c’est un vrai sport d’endurance dont je garde des courbatures. J’étais un excellent petit soldat, parfaite en tout point.
Quand Marc est rentré en cinquième, j’ai eu un sursaut qui m’a conduite à reprendre l’enseignement. Mes garçons allaient bien, ils étaient lancés, savaient se garder tout seul. Je parle de sursaut parce que ça y ressemble : j’ai appelé un jour l’académie, comme ça pour savoir si je pouvais ré-enseigner, pensant que ce serait long et compliqué. On m’a donné un poste très rapidement, en remplacement d’un congés maternité.
Face à trente petits trublions qui me rapelaient mes enfants au même âge, j’ai fondu. Mon stress a disparu, je les ai même fait rire et la suite ne m’a apporté que des joies. Il m’a fallu préparer mes cours, écouter des parents inquiets, assurer tous les jours auprès de leurs enfants. Je vivais dans un état d’excitation constant, je pouvais raconter ma journée au dîner, puis je retournais travailler une bonne heure ou plus parfois avant de m’endormir comblée.
Publié par Solène P. à 10:27:02 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (0) | Permaliens
La suite, vous l’avez devinée bien sûr. J’ai changé, je me suis sentie exister, j’ai découvert que je pouvais faire des choses pour moi seule, que je pouvais dépenser mon salaire sans me reprocher de gaspiller l’argent du ménage, l’argent durement gagné par mon mari. Celui-là était mien. Encouragée par mes fils, j’ai oublié mes pantalons à pinces, les moccassins et les ballerines ringardes, quitté mes jupes strictes et découvert le plaisir d’une coquetterie différente. Mes vieux chemisiers ont retrouvé une seconde vie sur des jeans, je suis devenue sexy et indépendante sans m’en rendre compte.
Charles, un tout jeune instituteur en formation dans ma classe a apprécié. Son culot m’a beaucoup amusé, j’en parlais même à la maison le soir tant ces jeux-là me semblaient inoffensifs. Si Charles a amorcé quelque chose, c’est Patrick qui en a profité à la rentrée suivante. Agé de 29 ans, son charme me faisait rougir, son humour me transportait et son charisme me chavirait. On se croisait quinze fois par jour, nos corps se frolaient. Un jour, une petite fille s’est légérement bléssée dans la cour, ses larmes étaient intarrissables. Patrick nous a rejoint, s’est accroupi contre moi et l’a fait rire. Sa présence m’a chamboulé, mon trouble s’est remaqué et il a osé m’inviter à dîner.
Depuis, je revis et ne connais plus la solitude ni ne ressens cette boule d’angoisse dans le creux de mon ventre. Juste l’excitation de le retrouver, le plaisir de l’attente. Nous discutons ensemble, des heures durant de nos lectures, du ciné, de nos collègues, de notre métier, de notre vie passée et future, de nos proches, de mes enfants beaucoup. Je ne suis plus jamais seule, même quand je remplis mon caddie pour mes trois garçons, il pousse le sien à mes côtés qu’il remplit de plats préparés. Je sais une seule chose maintenant, pour lui je ne préparerai jamais des petits repas qui attendront au chaud trop longtemps.
Mon mari ? Il travaille toujours autant, essaie d’être compréhensif et je crois qu’il y parvient bien. Je ne vis plus avec lui bien sûr mais il m’arrive encore de lui remplir son réfrigérateur. Les garçons sont grands, ils vont et viennent entre nos deux maisons selon leurs besoins : devoirs de sciences et bidouillages informatiques avec et chez Papa, petites copines, soirées crêpes, câlins, linge sale et ventres creux chez moi.
Je suis une femme heureuse, je peux me prétendre épanouie même. Mon mari et mes garçons ont encore un peu de chemin à faire pour comprendre mais ils vont bien et savent pouvoir compter sur moi. Je suis quand même encore un peu la même ! Quant à ma copine, elle m’a trouvé super, détendue, gaie et veut que l’on fête le deuxième anniversaire de mon autonomie retrouvée : deux ans déjà, deux ans seulement après vingt ans à être sage, trop sage…
Publié par Solène P. à 10:26:12 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (4) | Permaliens
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